‹ Traité de zoologie (volume 3)Chapitre 28 sur 50 · STADES SUCCESSIFS DU DÉVELOPPEMENT · texte numérisé non relu

STADES SUCCESSIFS DU DÉVELOPPEMENT

et les Distaplia, où les embryons se développent dans un diverticule spécial de la paroi du manteau (fig. 1580, p. 2199). L’œuf des Didemnum et des Diplosoma, entouré de la partie des téguments maternels (manteau et tunique) dont il s’est revêtu, se développe dans la cavité cloacale commune.

Dans la plupart de ces formes, l’œuf et embryon demeurent en complète liberté dans la chambre d'incubation; au contraire, chez un certain nombre de POLYcLI- NIDÆ (Amaroucium, Circinalium, Parascidia) et chez les Diplosoma, l'œuf adhère aux parois de la chambre cloacale, et il se forme souvent alors (POLYCLINIDÆ), dans la région d'adhérence, une sorte de placenta à la constitution duquel prennent part d'abord un épaississement des parois de la chambre cloacale de la mère, puis le follicule de l’œuf et un amas de cellules de la testa ou kalymmocytes !. C'est un acheminement vers ce qui se produit chez les Salpes, où un placenta nourricier volumineux se constitue, et donne au développement de ces animaux une allure toute particulière, tandis que dans un certain nombre d'espèces une enveloppe protectrice dite amnios se développe autour de l'embryon greffé dans la chambre cloacale de chaque blastozoïde. Maïs ici le développement de ces parties est si étroitement combiné avec celui de l'embryon, qu'il est impossible de les exposer séparément (p. 2337).

Stades successifs du développement des Tuniciers; embryogénie normale de l’oozoïde; phénomènes de tachygénèse qu'elle comporte. — Blastogénèse normale; phénomènes d'accélération métagénésique. — Les considérations développées p. 2171, relativement à l’origine des Tuniciers, indiquent clairement que leur embryogénie doit comprendre trois stades successifs : 1° le développement de la larve nageuse; 2° sa fixation et la régression de ses organes de relation; 3° sa transformation en Ascidie par métamorphose rotative. Ces trois stades sont, en général, bien séparés chez les PLEUROGONA et les HEMIGONA, dont le mode de développement peut, en conséquence, être considéré comme représentant l’'embryogénie normale où patrogonie de la classe. Toutefois, même dans ces groupes, la tachygénèse intervient souvent très énergiquement et peut atteindre un degré très différent dans des genres voisins. C’est ainsi que dans la famille des MoLGu- LIDÆ, et sans sorlir du genre Molgula, certaines espèces (M. echinosiphonica, M. socialis, M. ampulloïdes) ? présentent la larve nageuse habituelle, tandis que d’autres pour lesquelles la dénomination sous-générique d’Anurella, uniquement basée sur ce caractère, a été proposée, naissent sous une forme très rudimentaire (fig. 1617, n° 1; p. 2295), mais ne revêtent pas la forme de têtard pour arriver à leur forme définitive (Anurellu roscovita, A. oculata, A. solenota, A. simplex, A. Bleizi). Dans les autres groupes, la tachygénèse est beaucoup moins prononcée, et l’on peut en suivre les étapes successives en passant par exemple des Phallusia ou des Ciona aux Clavellina, aux Perophora et aux HYPOoGONA (p. 2175). En même temps que la métamorphose s'accélère, il semble que les organes de fixation se réduisent; on comprend donc que certaines formes de cet ordre, cessant de posséder des organes de fixation, aient pu demeurer pélagiques et donner ainsi naissance aux Thalides.

Chez les formes bourgeonnantes de PLEUROGONA et d'HEMIGONA et chez tous les

1 SALENSKY, Ueber die Tätigkeit der Kalymmocyten bei der Entwickelung der Ascidien, Festschrift für Leuckart, 1892.

2 H. be Lacaze-Durniers. Ascidies simples des côtes de France, Archives de zoologie expérimentale, 1'° série, t. VI, 1871.

HÿYPOGONA, la tachygénèse vient compliquer d'une autre façon les phénomènes embryogénique en accélérant graduellement la formation des bourgeons et en la rendant de plus en plus précoce. La blastogénèse fait son apparition chez les PLEUROGONA dans la tribu des POLYSTYELINÆ et dans la famille des BOTRYLLIDÆ ; elle se retrouve chez quelques AsciptipÆ (Sluiteria, Perophoropsis, Perophora) et C10- NIDÆ (Ecteinascidia, Diizona, Tylobranchium), et devient générale dans les familles des DISTOMIDÆ et CLAVELLINIDÆ. Celte série de formes présente toutes les étapes

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Fig. 1596. — 1, Larve de Distaplia magnilarva; — 2, Larve de Diplosoma Listeri; — 3, Larve de Didemnum cereum ; — 4, Larve de Diplosomoïdes Lacazii. — Lettres communes : À, orifice afférent ; Z, orifice efférent ; en, endostyle; pe, prolongements exodermiques; g', queue; e, estomac; à, intestin. — Lettres particulières; p,p' propagules stériles des Jistaplia; Bo, branchie de l’oozoïde; Bb, branchie du blastozoïde ; vs, vésicule sensorielle des Diplosoma et des Didemnum; f, fossette latérale ; e,e',e”, estomac, protestomac et inteslin moyen des Didemnum ; B1 B, B, les trois sacs branchiaux ; à, 1’, ?”, les trois régions intestinales des larves des Diplosomoïides (d’après Lahille, Gr — 55).

de la réalisation de plus en plus précoce de la blastogénèse. Chez les Perophora et Clavellina, par exemple, c’est seulement après que l’oozoïde ou ascidiozoide produit par l’œuf, s’est complètement constitué, qu'il produit des stolons (fig. 1364, Ff,

1 C’est le phénomène déjà décrit chez les Siphonophores (p. 670) auquel j’ai donné en 1881 le nom d'accélération mélagénésique, mais qui rentre évidemment dans la tachygénèse, aucune différence ne pouvant être relevée entre ce qu’on appelle une colonie et un organisme ordinaire (Les Colonies animales et la formation des organismes, p. 391).

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