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Fig. 1602. — Suite du développement de la Phallusia mamillata. — N° 1, coupe longitudinale optique d'un embryon dont la queue est déjà bien développée. — N° 2, larve venant d’éclore. — N° 3, larve âgée de deux jours. — Æd, Ed', entoderme; Ch, corde dorsale; Xp, papilles fixatrices; PA, cavité pharyngienne ; 4Æs, 2Ks, lacunes avoisinant les fentes branchiales (Willey); Bb, orifice cloacal droit situé en arrière des deux fentes branchiales primitives; O, bouche; 7, neuropore; Gb, vésicule sensorielle contenant l’otocyste; À, œil; /?g, région somatique de la moelle; Am, région caudale de la moelle; AN, tube nerveux; Xl, invagination cloacale; A7, cellules musculaires de la queue; Z, cavité générale; Bi, globules sanguins; B, sac digestif (d’après Kowalevsky, mais un peu autrement interprétée).
apparait une couche cuticulaire qui, dès sa formation, présente les réactions de la cellulose. C’est le premier rudiment de la tunique. Cette couche cuticulaire forme le long des bords dorsal et ventral de la queue une bande membraneuse qui conslitue la nageoiïire caudale.
Les deux bandes mésodermiques accompagnent la corde sur toute sa longueur, et la dépassent un peu en avant. Dans leur partie postérieure, elles sont formées de trois rangées de cellules unisériées qui donnent naissance aux muscles de la queue de la larve. Ces cellules s’allongent de manière à présenter, en coupe optique, l'aspect d'hexagones allongés ; sur leur face interne et sur leur face externe se développent des fibrilles musculaires, dirigées un peu obliquement par
rapport à l'axe longitudinal du corps et de telle façon que les fibrilles externes croisent les fibrilles internes sous un angle très aigu; ces fibrilles sont confusément striées. | 16)
La région antérieure des bandes mésodermiques est constituée par un massif de cellules plus petites que les cellules musculaires et dont les plus internes forment a la corde un revêtement qui semble continuer l’assise des cellules musculaires caudales; effectivement ces cellules donnent naissance à la musculature du tronc. D'habitude les autres remplissent d'abord toute la cavilé générale primitive; mais celle-ci s'agrandit peu à peu, el se trouve envahie par une substance gélatineuse qui écarte les cellules mésodermiques ; ces cellules prennent alors une forme arrondie ; avec la substance gélatineuse, elles constituent le mésenchyme dans lequel se creuseront plus tard les lacunes sanguines. Aux dépens de ce mésenchyme se formeront tous les organes internes : musculature des orifices afférent et efférent, musculature des parois du corps, organes d’excrétion, corpuscules du sang, organes génitaux. Au moment de la métamorphose qui suit la fixation, aux éléments du mésenchyme viennent s'ajouter tous ceux qui proviennent de la désagrégation des organes larvaires, mais il est peu vraisemblable que ces éléments reprennent une vie nouvelle et ne continuent pas à dégénérer, en abandonnant au milieu ambiant des substances qui peuvent être utilisées à la nutrition des tissus et des organes en voie de formation.
50 Développement du système nerveux. — Le système nerveux central ne garde pas longtemps la forme d’un simple canal médullaire. IL s’élargit bientôt dans sa région antérieure où se forme, par suite, une vésicule cérébrale, tandis que la région postérieure conserve son calibre et constitue le cordon nerveux caudal. Entre les deux régions une région moyenne, creuse, à parois épaisses, représente la portion viscérale du myélencéphale ou ganglion abdominal; cette région n’est pas constante ; bien développée chez les Phallusia (fig. 1602, n° 3, Rg), elle manque, par exemple, aux Ascidiella. Le neuropore se ferme avant l'apparition de la bouche définitive qui se creuse dans son voisinage.
Les parois de la vésicule cérébrale sont minces et constituées par un épithélium aplati, mais qui s’épaissit un peu dans la région dorsale où un léger sillon médian permet de distinguer dans la vésicule,'un cul-de-sac droit et un cul-de-sac gauche. Dans le cul-de-sac droit sont contenus les organes des sens, auxquels on a attribué, sans être cependant bien fixé sur leur fonction, les noms d'œil et d'oreille. Ces organes se trouvent quelquefois plus ou moins dèveloppés accidentellement dans le cul-de-sac gauche, ce qui implique que la larve était primitivement symétrique.
L'œil est dorsal; il est constitué par de longues cellules colonnaires, disposées en une coupe dont la cavité contient une lentille réfringente, coiffée d’un ménisque transparent. Les cellules constituant la coupe sont les cellules rétiniennes. Les cellules rétiniennes, le cristallin et la couche pigmentée ou choroïdienne se forment côte à côte sur la paroi dorsale de la vésicule sensorielle. À gauche un certain nombre de cellules dorsales s’allongent et constituent les cellules rétiniennes ; à côté d'elles vers la droite, trois cellules plus hautes et dont le protoplasme s’éclaircit se caractérisent comme cellules cristalliniennes. La région de la vésicule sensorielle située en dehors et à droite des cellules cristalliniennes forment un pli qui s’enfonce au-dessous de ces dernières (Distaplia, Didemnum, Diplosoma), le pli choroïdien; les cel-