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REPRODUCTION; DIFFÉRENCES SEXUELLES

tête (Anticoma leplura, Phanoderma laticollis, Enoplus, Sphærolaimus gracilis, fig. 4004, n° 2, {,t!; etc.), ou irrégulièrement distribuées et alors très nombreuses. Ces soies sont d'ordinaire pointues, mais elles s'évasent quelquefois en entonnoir (Acunthopharynx striatipunctata).

Il existe habituellement chez les Nématoides libres deux yeux (fig. 1006, n° 4, 0) appliqués à la surface dorsale de l'æœsophage. Ce sont deux cupules pigmentaires, colorées en rouge brun ou en brun jaunâtre, dans chacune desquelles est enchässé un cristallin sphéroïdal. Chaque cupule est reliée par un nerf à l'anneau nerveux. Les yeux manquent rarement chez les Nématoides marins à cuticule lisse (Anticoma leptura); ils sont plus fréquemment absents quand le cuticule est striée; le même genre peut réunir des espèces aveugles et des espèces voyantes (Acanthopharynæ).

On a également signalé des otoeysles ou organes d’audition chez quelques espèces de Symplocostoma; ces organes sont deux vésicules brillantes situées en arrière de la cavité buccale.

Reproduction; différences sexuelles. — [l parait certain que la parthénogénèse est possible chez quelques Nématoïides !. Plusieurs sont hermaphrodites (Rhabditis dentata, R. fœcundu, R. dolichura, Pelodytes hermaphroditus, Enoplus liratus); d'autres plus rares présentent de remarquables phénomènes d'hétérogonie (Rhabdonema nigrovenosum, fig. 1007 et p. 48; peut-être Atractis dactylura), les autres formes de cette classe ont les sexes séparés. Les femelles, à de rares exceptions près, sont plus communes que les males et vivent plus longtemps, sauf dans le genre Trichocephalus. Les mâles et les femelles se distinguent immédiatement à leurs caractères extérieurs, et notamment aux modifications spéciales que subit dans les deux sexes l'extrémité de la région postérieure du corps. Cette région est suffisamment modifiée chez les males pour avoir reçu un nom particulier, celui de bourse (bursa). Ce nom n'est, du reste, réellement mérité avec soi acception courante, que dans la famille des STRONGYLIDÆ où la région caudale est entourée par une membrane figurant une ombrelle plus ou moins parfaite, dont les parois sont soutenues par des rayons les uns simples, les autres deux ou trois fois ramiliés et qui ne sont d'ailleurs quedes | x ; uC

: ; Fig. 1007. -- Forme sexuée (/Æhabditis) du papilles transformées (fig. 992,.n° 1, B, p.379). :Rhabdonema nigrovenosum. — 1, Rhab- Chez les Labiduris, les papilles simples, bien ge Re D Ju RRIENI qu'elles n'aient pas de membrane à soutenir, s'al- Sp, spicule. longent en deux prolongements coniques, en arrière desquels commence la queue, large à sa naissance, mais longue et pointue; à sa base, la queue est entourée d’une membrane carrée qui porte une papille à

! Recherches inédites de M. Maupas.

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chacun de ses quatre angles. La queue des Trichina et des Pseudalius mâles porte aussi deux prolongements latéraux qui rappellent ceux des Gordius. Très généralement la queue est pointue; mais, dans une certaine étendue et principalement sur les bords, sa cuticule s’épaissit, et cette région épaissie constitue, à proprement parler, la bourse. C’est la première indication de l’'ombrelle caudale des mâles des SrronGyLzinæ. L'épaississement cuticulaire peut déborder la queue latéralement et postérieurement (Pelodera, Physaloptera), et former ainsi des ailes latérales, toujours symétriques, sauf chez quelques espèces de Filaria. Il ne faut cependant pas confondre ces expansions Caractéristiques du sexe male avec les membranes latérales qu’on observe, dans les deux sexes, chez beaucoup d'espèces. La bourse, dans ces espèces, se développe, en effet, indépendamment de ces membranes, et coexiste avec elles chez les mâles. La surface de la bourse est presque toujours couverte de nombreuses papilles constituées, comme d'habitude, par un canal qui traverse la cuticule et dans lequel pénètre un rameau nerveux, accompagné d'un prolongement de la couche sous-cuticulaire. Le canal peut être plus ou moins allongé et prendre l'apparence d’une sorte de nervure, mais la papille fait rarement saillie à la surface des téguments. Le nombre et la disposition des papilles sont caractéristiques pour chaque espèce.

La cuticule peut aussi, chez les mâles, être modifiée sur une grande étendue de la face ventrale. Chez l'Hedruris armata, elle est couverte de rangées longitudinales de saillies rectangulaires, allongées dans le même sens que le corps, qui les transforment en une sorte de râpe, permettant au mâle d’adhérer fortement au corps de la femelle autour de laquelle il demeure enroulé en hélice, pendant une grande partie de son existence. Les mâles des Nematozys ornatus et N. longicauda * portent sur leur face ventrale des appareils chitineux plus complexes; ces appareils, au nombre de dix à seize, forment une double rangée en avant du cloaque; chacun d'eux est composé d'un anneau circulaire, autour duquel se disposent une vingtaine de rayons renflés à leur extrémité périphérique et qu'entoure un système semblable concentrique; en avant et en arrière de ces formations s'étendent deux épaisissements en forme de langue, marqués d'impressions transversales et qui se rejoignent en formant l’un avec l’autre, sur la face ventrale, un angle saillant dont l'ouverture est d'environ 45°. En avant du cloaque des Eurystoma, nématoïdes libres marins, il existe deux appareils analogues. Ces appareils ne sont, sans doute, qu'un perfectionnement de la ventouse unique que portent sur leur face ventrale d’autres nématoides marins, les Enoplus et le Phanoderma laticollis. Cette ventouse est un tube à parois chitineuses, s’ouvrant extérieurement par une petite cupule fixatrice, et se terminant par un cul-de-sac vésiculeux de nature glandulaire. Les Heterakis mâles possèdent aussi une ventouse en forme de coupe, située assez loin en avant de l’anus, à la base d'une membrane cordiforme, allongée, garnie de papilles. Les males sont encore reconnaissables à la présence d’un ou deux organes chitineux d'accouplement, les spicules, dont la description est donnée p. 1399. A ces différences sexuelles, il faut ajouter que la taille des mâles est habituellement plus faible que celles des femelles. Le Syngamus trachealis mâle qui vit fixé sur sa femelle a à

! Vox Linsrow, Zur Anatomie und Entwickelungsgeschichte von Nematoxys ornalus, Jenaische Zeitschrift, T. XXII, 1889.

peine le tiers des dimensions de celle-ci; la disproportion est bien plus grande encore chez les Dracunculus medinensis où le mâle vit dans la matrice de la femelle.

Les femelles, même en l'absence de tout autre caractère, se distinguent à ce que, outre l'orifice anal toujours confondu avec l’orifice génital chez les males, elles présentent un second orifice, la vulve, toujours située en avant de l'anus, quelquefois tout près de lui (Strongylus, Pseudalius inflexus), mais plus souvent dans la région moyenne du corps ou même à une faible distance de la bouche (Filaria quadrispina). I n’y a généralement pas de papilles dans le voisinage de la vulve, mais autour d’elle la cuticule peut s’épaissir soit en avant (Cucullanus elegans), soit sur tout son pourtour (Strongylus), constituant parfois deux lèvres saillantes (Pelodera, Leptodera), ou même formant de chaque côté un prolongement digitiforme (Strongylus contortus). La queue des femelles est presque toujours identique à celle des larves; elle ne présente, en général, que deux papilles ordinairement situées à midistance de l’anus et de l'extrémité caudale, rarement près de son extrémité (Cucullanus elegans); il s'y ajoute parfois de petites épines (Ascaris rigida, Leptodera angiostoma) où des aiguillons (Filaria terebra). Très rarement l'extrémité caudale présente chez les femelles des adaptations spéciales. Cependant on y observe, chez le Strongylus invaginatus, une bourse en forme d'entonnoir, qui embrasse tout à la fois l'extrémité de la queue, la vulve et l'anus; chez les Hedruris, la queue renflée en poche pyriforme, latéralement protégée chez l’H. armata de la Tortue par deux boucliers chitineux, présente une extrémité rétractile terminée par une sorte de griffe à l’aide de laquelle l'animal s'implante dans la muqueuse trachéenne de son hôte. Des glandes spéciales sont contenues dans ce singulier appareil.

La différence entre les mâles et les femelles est portée bien plus loin chez l'Heterodera Schachtii où le mâle a la forme d'un Nématoide ordinaire, tandis que la femelle est une sorte de petit ballon ovoide rempli d'œufs.Le Sphærularia bombi femelle est encore plus étrange (p. 1414).

Appareil génital mâle. — L’appareil génital mâle (fig. 1006, n° 3) consiste presque toujours en un tube unique dont les diverses parties se différencient de manière à pj,. 1008. — Forme protandre du Ahabdonema nigrovenosum constituer le testicule, le canal défé- au moment où les organes mäles sont à maturité. — 0, bou-

s ; che; AN, collier nerveux; Drz, cellules glandulaires ; D, tube rent et le canal éjaculateur. Ce tube digestif; G, glandes génitales; Z, spermatozoïdes isolés. n’est divisé en deux branches que chez un certain nombre de Nématoiïdes libres, et, en général, à son extrémité antérieure seulement (Enoplus, Anticoma, qq. Oncholaimus, Trilobus, Spilophora robusta, Cylicolaimus, Thalassironus, Camacolaimus, Monoposthia. Cyatholaimus, Linhomœus,

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Trefusia, Thoracostoma). À l’une de ses extrémités, le tube testiculaire ou ses ramifications se terminent en cul-de-sac; à l’autre il s'ouvre dans le rectum. Il est constitué par une seule assise de cellules et revêtu extérieurement d'une mince couche cuticulaire. Dans le testicule, les cellules sont plus ou moins fusionnées en syncytium; dans le canal déférent, elles forment un véritable épithélium; dans le canal éjaculateur, elles sont revêtues d'une couche musculaire.

Le fond du testicule est toujours plein sur une certaine étendue, et présente à son sommet un noyau; peu à peu la masse cellulaire se creuse d’une cavité centrale, et peut s’amincir au point de devenir à peine distincte (Strongylus, Oxysoma, Leptodera, Pelodera); quelquefois la masse protoplasmique se dispose en trainées fusiformes, parallèles entre elles (Ascaris, Filaria). Les cellules formatrices des spermatozoïdes se disposent habituellement en un cylindre indépendant du revêtement des parois (MÉROMYAIRES, POLYMYAIRES, Mermis, Anguillula); chez quelques Holomyaires (Trichocephalus, Trichosoma, Trichina), elles naissent isolément du revêtement du testicule, A mesure que l'on s'éloigne de la région testiculaire, l'épithélium se modifie et finit par revêtir, dans le canal déférent et le canal éjaculateur, l'aspect d’un épithélium cylindrique dans lequel toutefois les éléments ne sont reliés entre eux qu'à leur base. Dans quelques espèces, avant de revêtir cette forme, il présente de curieuses modifications : il peut être d’abord constitué par des cellules basses, parmi lesquelles quelques grosses cellules font dans le canal des saillies hémisphériques (Filaria papillosa), ou bien par des cellules irrégulières, sur lesquelles s'élèvent des prolongements digitiformes qui font paraitre le canal villeux (Ascaris megalocephala, A. lumbricoides); ce sont probablement là des cellules glandulaires. Dans toute la partie du canal occupée par ces cellules digitées, il existe des fibrilles transversales au-dessous de la membrane limitante externe. Assez souvent, au point où se régularise l'épithélium, le canal mâle se rétrécit brusquement, de sorte que le canal déférent se distingue nettement du testicule proprement dit (Ascaris, Heterakis), mais la transition peut être graduelle (Strongylus, Rhabditis). Dans les deux genres Heterakis et Pelodera, le canal déférent est accompagné de deux longs canaux qui s'ouvrent à son intérieur tout près de son extrémité postérieure.

Une couche de fibres musculaires distingue le canal éjaculateur du canal déférent. Ces fibres sont pour la Fig. 1009. — Extrémité postérieure plupart transversales ; quelques-unes d’entre elles sont

du Thoracostoma Schneideri mâle. ; ë

a, anus: %v, cordon nerveux; Cependant longitudinales. Toutes ces fibres, quelle que

. Mens m, muscles’ soit leur direction, s'unissent entre elles par de fré-

FINE quentes anastomoses; elles forment un réseau qui, à l’état de repos, demeure distant de la membrane externe du canal éjaculateur, et ne s'applique contre elle que durant la période de contraction (Ascaris). Ce réseau a été constaté sur tous les Nématoides étudiés jusqu'ici.

Le cloaque formé par la région du tube digestif dans laquelle s'ouvre le canal éjaculateur est entouré par l'appareil copulateur. Cet appareil, absent seulement dans les genres Trichina et Dermatoxys, comprend un ou deux spicules et leur gaine.

APPAREIL GENITAL MÂLE. 1391

Lorsqu'il existe deux spicules, ces spicules peuvent être inégaux ou égaux; les particularités de nombre et de forme qu'offrent les Spicules ont été considérées par tous les helminthologistes comme fournissant des caractères de classification de très grande valeur, dans un groupe où le nombre des caractères extérieurs auxquels les nomenclateurs peuvent s'adresser est extrêmement restreint. Il n'existe qu'un seul spicule en partie invaginé dans une gaine et saillant à l'extrémité postérieure même du corps chez les TRICHOTRACHELIDE (fig. 1010, S), nu et parfois accompagné d'une pièce accessoire chez les OxYuRIDE; les FILARIDÆ, et les genres Heterakis, Atractis, Anisakis, ont deux spicules inégaux; enfin les principales familles où l'on trouve deux spicules égaux sont les MERMITIDE, ASCARIDÆ, CUCUL- LANIDE, et l'ordre presque tout entier des Nématoïdes libres (VAGANTIA).

Les spicules sont des pièces chitineuses qui, dans leur état le plus simple, sont de structure homogène (Anguillula, Pseudalius, Leptodera, Pelodera, Strongylus auriculuris et quelques autres Strongylus); mais ils peuvent aussi être creusés d'un canal embrassant une matière molle, granuleuse; chez l’Ascaris megalocephala, chaque spicule est formé de deux plaques solides comprenant entre elles une masse granuleuse. La forme de ces spicules est extrêmement variable. Lorsqu'il n'en existe qu’un, il est constitué par une lame chitineuse, triangulaire dont les bords repliés sont soudés l’un à l’autre à partir de la pointe jusqu'au voisinage de la base, mais demeurent ensuite libres et seulement un peu enroulés vis-à-vis l'un de l’autre. Les spicules sont accompagnés de spieules accessoires dans les genres Oxysoma, Nematoxys, Heterakis, un certain nombre d'Oxyuris, beaucoup de STRONGYLIDÆ, les Nématoides libres à l'exception des Alaimus, Monoposthonia, Tripyla, Prismatolaimus, Cylindrolaimus, Rhabditis, Rhabdolaimus, Tylencholaimus, Lasiomitus, Teratocephalus, Diphterophora. Ce sont de petites pièces chitineuses, une impaire ou deux paires, dont la forme rappelle celles des spicules eux-mêmes (fig. 1006, À et À’, et 1009). Parmi les Nématoides libres, le seul genre Euchromadora à RE UTD-7 SÉdies bte des spicules inégaux, etle genre Monoposthonian'en a qu’un. péniale épineuse, g, du 7ri-

Les spicules sont contenus à l’intérieur d’un diverticule St Se Tr 44

6 postérieure du corps.

du tégument qui embrasse la paroi dorsale du rectum et

qui constitue leur gaine; chaque spicule possède la sienne. Chez les TRICHOTRACHE- LIDÆ Où le spicule émerge de l'extrémité postérieure même du corps (ACROPHALLI), la gaine est exsertile et le recouvre à sa base comme d'un manchon parfois très allongé. Dans les genres Thominæ, Eucoleus et Trichocephalus (fig. 1010, g) la portion de la gaine, qui devient extérieure quand elle est dévaginée, est hérissée d'épines et de crochets dirigés vers l'extérieur, mais partout ailleurs, elle est lisse. La cuticule de cette paroi, de même que la couche sous-cuticulaire qui la revêt du côté de la cavité générale, se continue avec celle du rectum, d'une part, avec celle du tégument, d'autre part, et se replie sur les spicules à l'extrémité antérieure de la gaine. En ce point, on trouve toujours quelques grosses cellules qui paraissent être les

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cellules formatrices du spicule. Sur la gaine du spicule s’insèrent deux muscles, le rétracteur et Vextenseur du spicule (fig. 1009, m). Le rétracteur naït de la paroi interne du tégument dorsal au voisinage des champs latéraux ; il est probablement constilué par de simples prolongements des cellules musculaires des téguments. L'extenseur est un mince revêtement de fibrilles longitudinales appliquées sur la face viscérale de la gaine. Le jeu antagoniste de ces muscles résulte d’une manière manifeste de leur mode de disposition.

Appareil génital femelle !. — L'appareil génital femelle présente une complication graduelle, depuis les espèces de petite taille jusqu'aux formes telles que les OxYuRIDÆ des Insectes, les Nematoxys et les Hedruris. À son état le plus simple, il est représenté par un tube unique qui s'ouvre à l’extérieur par la vulve (Trichina, Trichocephalus, Trichosomum, Atractis, Tripyla, Alaimus, Macroposthonia, Prismatolaimus, Siphonolaimus, Rhabdolaimus, Tylencholaimus, Deontolaimus, Thalassolaimus, Monohystera, Rhabditis, Diploguster, Tylenchus, Aphelenchus); mais l'orifice vulvaire, au lieu de correspondre à l’une des extrémités du tube, peut remonter de manière à laisser derrière lui un court cæcum (Anguillula aceti, Pelodera rigida), ou un cæcum s'étendant jusqu’à la queue mais stérile (Cucullanus elegans), ou diviser enfin le tube en deux parties semblables, également fertiles (la plupart des VAGANTIA, (fig. 1006, n°2, p. 139%; Strongylus, Ascaridia, etc.). Fig. 1011. — Orifice génital d'un Zhoraco— Celle division une fois réalisée, si l'on suppose

stoma Schneideri, femelle; —v, vulve;m, que la vulve se déplace en arrière, la branche

on Re me cordon ne Lostérieure de l'utérus sera forcément d'abord repliée sur elle-même, puis ramenée à être parallèle à la branche antérieure avec laquelle elle deviendra coalescente dans la région avoisinant l'insertion du vagin. Ainsi le tube unique primitif sera remplacé par deux tubes génitaux, courant côte à côte et se confondant en un seul à leur extrémité postérieure, pour se continuer avec le vagin et la vulve. C’est la disposition qu'on observe le plus fréquemment (Hedruris, Oxyuris, Nematoxys, Heterodera, etc.). Le même phénomène se produit encore lorsque la vulve est transportée en avant (TRICHOTRACHELIDÆ, FiLARIDÆ, Ascaris). Gette bifurcation complèle du tube génital ne peut exister chez les mâles puisque l’orifice génital est ici toujours placé à l'extrémité postérieure du corps et, par conséquent, dès le début, à l’une des extrémités du tube; toutefois le tube génital des mâles est, dans un très petit nombre de cas, plus ou moins profondément divisé.

En général, lorsque la vulve s'ouvre vers le milieu du tube génital femelle, les

deux moitiés dans lesquelles le tube est ainsi divisé et qui sont à peu près symé-

nt

! Evouarn Vax BENEDEN, L’Appareil sexuel femelle de l'Ascaride mégalocéphale. Archives de Biologie, t. IV, 1883.

triques tant au point de vue de la forme qu'au point de vue de l’organisation sont assez courtes; elles demeurent droites ou ne se réfléchissent qu'une fois sur ellesmêmes (la plupart des Nématoides libres). Lorsque l'appareil se divise en deux branches courant dans le même sens, la longueur de ces branches peut devenir extrêmement considérable, atteindre plusieurs fois la longueur du corps, et elles sont alors obligées de se replier ou de s’'enrouler un grand nombre de fois pour tenir dans la cavité générale (Ascari). Dans le premier cas, le calibre des deux tubes qui marchent dans une direction opposée reste souvent à peu près le même dans toute leur longueur, ou ne diminue que très graduellement jusqu'au sommet qui est obtus (NÉMATOIDES libres); d’autres fois (Leptodera , Strongylus), entre la région où les œufs se développent jusqu'au moment où ils sont aptes à être fécondés et la région où ils séjournent attendant la fécondation, le tube génital se rétrécit; on peut désormais distinguer sur sa longueur quatre régions : l'ovaire où les œufs se développent; l'oviducte, région rétrécie où ils ne font que passer; l'utérus ou matrice où ils sont fécondés et accomplissent souvent tout ou partie de leur développement; le vagin, région où sont déposés les spermatozoïdes lors de l'accouplement. Cette division se trouve déjà nettement indiquée chez des formes où il n'existe qu'un tube génital femelle (Atractis dactylura, fig. 1018); elle est la règle pour chacun des deux tubes lorsque ceux-ci cheminent dans la même direction pour se rejoindre à angle aigu (Ascawris); mais elle peut être poussée plus loin. C’est en général au fond de l'utérus, à la naissance de l’oviducte, que se rassemblent les spermatozoïdes attendant les œufs pour les féconder au passage à mesure qu'ils pénètrent dans l'utérus. La région où se rassemblent les spermatozoïdes peut encore Fig. 1012. — Appareil génital femelle de s’isoler par un canal rétréci du reste de l'utérus, guues noce canal re ee ON et constitue ainsi une poche copulatrice nettement duisant à la matrice; €, h, matrice; 4, différenciée (Hedruris, fig. 10121; OXYURIDE des DU Minor Insectes ?, Nematoæys, Heterodera). C'est le plus haut degré de complication qu'atteigne l’appareil génital femelle chez les Nématodes.

Chacune des parties dans lesquelles se divise l'appareil femelle a une structure

1 E. Perrier, Recherches sur l’organisation d'un Nématoïde nouveru du genre Hedruris, Nouvelles Archives du Museum d'histoire naturelle, 1872. |

? O. Gares, Recherches sur les Entozouires des Insectes, Archives de Zoologie expérimentale, 1° série, t. VII, 1878.

1394 NÉMATOIDES.

spéciale qui peut être bien étudiée dans l’Ascaris megalocephala. Le vagin, l'utérus et la partie inférieure de l'oviducte présentent ici, à leur surface externe, une tunique propre, anhiste, revêtue à sa face interne d’un épithélium continu dont la face externe est séparée de la cuticule par une couche musculaire, absente dans la moitié supérieure de l'oviducte et dans l'ovaire. Ces deux dernières régions ne sont donc formées que de la membrane basilaire anhiste et de l’épithélium. La membrane basilaire s’amincit progressivement dans la partie terminale de l'ovaire; à sa surface interne, font saillie des bandelettes longitudinales ou légèrement obliques (bourrelets longitudinaux de Nelson, fibres de Leuckart), terminées en pointe à leurs deux extrémités, se laissant facilement décomposer en fibrilles et contenant plusieurs noyaux sur leur longueur; une substance claire, finement granuleuse, qui ne se colore pas par le picro-carmin, sépare ces fibres de la membrane basilaire. Les fibres augmentent graduellement de largeur et d'épaisseur depuis le fond de l'ovaire jusqu'à l’oviducte. A mesure que l'on s'éloigne de l'extrémité libre de l'ovaire, la membrane basilaire se plisse transversalement, les plis demeurent occupés par une substance protoplasmique nucléée; les fibres passent au-devant de ces plis sans s’infléchir et se bornent à envoyer à leur intérieur une expansion aliforme; nulle part on n’aperçoit de limites cellulaires distinctes. L'oviducte peut être théoriquement divisé en deux régions passant graduellement de l’une à l’autre; une région supérieure dont la structure rappelle Fig. 1013. — Epithélium de la matrice de l'Ascaris celle de l'ovaire, une réeion inférieure megalocephala. — ce, cellules épithéliales ; ps, pro- : . ne longement amiboïde de l'une de ces cellules; p{, dont la structure rappelle celle de l'uténee Cape Ba Vo Bond. 2°? rus, Dans la région supérieure, les eannelures longitudinales et transversales de la paroi ovarique ont disparu; les limites des cellules sont assez nettement perceptibles après coloration artificielle par le carmin boracique; elles ont toutes à peu près la même hauteur, de sorte que la surface interne de cette région de l’oviducte est relativement lisse. Toute autre devient la structure de l’oviducte dans sa région inférieure : ici l'épithélium est constitué par de grandes cellules qui font saillie dans la cavilé de l'oviducte sous forme d’une longue papille obtuse, irrégulière et qui se confondent par leur base, loute limite disparaissant entre elles; ces cellules peuvent contenir un ou plusieurs noyaux. La région où elles se confondent contient des fibrilles; ces fibrilles sont en continuité avec un reticulum que contient la papille, et n’en sont, en réalité, qu'une modification. Le passage de lune des formes d'épithélium à l’autre se fait d’ailleurs brusquement. La tunique musculaire sous-jacente à l’épithélium et formée de fibres annulaires, s'étend sur toute la région à épithélium papillaire, mais la dépasse, et on retrouve encore un cerlain nombre d'anneaux musculaires dans la région épithéliale lisse. L'épithélium utérin est aussi formé de cellules papillifères (fig. 1013) qui attei-

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