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Fig. 1463. — Système nerveux de Chiton. — Fig. 1464. — Portion antérieure du système nerveux d'un Sr, arc cérébroïde; Bg, ganglion buccal; Chiton. — a, are cérébroïde; b, ganglions buccaux: €, PesSt, cordons pédieux ; Pa, St, arc pédieux ganglion pharyngien postéro-supérieur; 4, ganglion phapalléal; Br, branchies (d'après Béla Haller). ryngien antéro-inférieur; €, ganglion nerveux ; 7, are
palléal ; p, cordon pédieux (d'après von Jebring).
Amphineures. — Il n'y a chez le CHiTONIDÆ ni ganglions cérébroides, ni ganglions viscéraux différenciés. On peut considérer le système nerveux de ces animaux (fig. 1463 et 1464) comme constitué par un cordon ganglionnaire continu, bordant le corps tout entier, en forme d'ellipse entierement fermée, tout entière située au-dessus du tube digestif, et rappelant ainsi la disposition déjà signalée chez les Némertes. En avant, l'ellipse présente, à quelque distance de son sommet, un rétrécissement assez brusque; l’are Sr antérieur à ce rétrécissement peut être consicomme correspondant aux ganglions cérébroides et à leur commissure; on peut déré l'appeler are cérébroïde; il innerve les palpes, les lèvres et la musculature de la
masse buccale. L'arc postérieur, de beaucoup le plus grand, peut recevoir le nom d’ure palléal; il innerve le manteau, les branchies et une partie des viscères; c’est une formation propre aux CHITONIDE et qui n'a chez les Gastéropodes que des équivalents accidentels. De la limite entre les deux arcs naissent : 1° une commissure stomato-gastrique munie de deux renflements ganglionnaires (fig. 146%, d), qui passe entre la masse buccale et l'œsophage; 2° une comumissure labiale sous-æsophagienne (b), fournissant à son tour, en se redoublant, une petite commissure subradulaire portant aussi deux ganglions (c); 3° deux longs cordons ganglionnaires, les cordons pédieux (fig. 1463, PeSt), qui s'étendent sur toute la longueur du pied, sont reliés par de nombreuses et irrégulières commissures transversales, fréquemment anastomosées, et dont la commissure labiale n’est peut-être que la première; 4° une commissure plus large, qui relie spécialement l’une à l’autre les deux moitiés de l'arc viscéral, complétant ainsi le collier somatique, et présentant vers son milieu deux petits ganglions situés à la partie antérieure de l'estomac (e). Le système nerveux des APLACOPHORA (fig. 4465) ne diffère de celui des Chiton que par la présence de deux renflements cérébroides (4) sur l'arc antérieur, et de deux autres renflements au point de séparation des troncs latéraux et des trones pédieux (Neomenia), à la naissance de ces derniers; par la présence d'un renflement sus-anal; par labsence de commissure subradulaire et de com- Fig. 1465. — Srhémas du système nerveux Missure gastrique; par la fusion fréquente en
nent D hi arrière (Chætoderma, Paramenia) des cordons
carinata (d'après Graf). — y, ganglion pédieux et latéraux qui d’ailleurs sont ordinaire-
cérébroïde; e, commissure sublinguslé; ent réunis par de plus ou moins nombreuses np, cordon pédieux ; lm, cordon palléal. :
commissures.
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Gastéropodes. — Le système nerveux des Gastéropodes ‘ subit une évolution remarquable à partir des Diotocardes, dont les premiers représentants comptent parmi les plus anciens des Mollusques, jusqu'aux Pulmonés et surtout aux Nudibranches qui en représentent la forme la plus concentrée. Chez les Diotocardes, les cellules nerveuses sont encore diffuses, comme chez les CHITONIDÆ, de sorte que les ganglions nerveux sont, en général, mal définis; les dispositions générales de ce système se laissent d’ailleurs assez facilement ramener à ce qu'on observe chez les AMPur- NEURES. Les ganglions cérébroïdes (fig. 1466, ge) sont unis par une très longue commissure située en arrière des lèvres, à l'extrémité antérieure de la masse buccale. Ils
{ E. L. Bouvier, Système nerveux, morphologie générale et classification des Gastéropoles prosobranches, Ann. des Sciences naturelles, 7° série, t. IIE — Le travail de M. Bouvier (1887), celui de mon frère, M. Remy Perrier, sur le rein des Gasléropodes prosobranches (4889), celui de M. Féuix BEerNarD sur les organes palléaux de mêmes animaux (1890), ont été entrepris à ma demande et sur mes indications, afin d’arriver à une classification phylogénique aussi naturelle que possible des Gastéropoles prosobranches, en prévision de l'installation des collections de Malacologie, dans les Nouvelles galeries du Muséum. Le travail de M. MéNéGaux sur la cérculation des Lamellibranches marins se rattache au même ensemble de recherches.
sont aplatis, triangulaires, et chacun se prolonge en avant, sous la masse buccale, en une longue et forte saillie ganglionnaire, la saillie labiale, reliée à celle du côté opposé par une comunissure labiale siluée sous la masse buccale, en arrière des lèvres. Le collier buccal (a) se détache également de la saillie Zabiale par une sorte de long fer à cheval ganglionnaire qui représente d’abord les ganglions buccaux. Les nerfs du mufle et des lèvres naissent soit de la saillie des ganglions cérébroides, soit de la commissure cérébrale elle-même (Haliotis, Parmophora); deux connectifs latéraux presque parallèles unissent les ganglions cérébroides aux cordons pédieuæ. Ces cordons occupent toute la longueur du pied et sont marqués d’un sillon longitudinal plus ou moins accusé qui à fait considérer chacun d'eux comme composé de deux cordons superposés, dont l'un innerverait plus spécialement le pied, l'autre l'épipodium (Fissurella, fig. 1466; Parmophora, Haliotis, fig. 1468); ce dernier correspondrait aux ganglions pleuraux. Ils sont unis entre eux, à l’origine, par un court connectif chargé de cellules, et reliés ensuite, comme les cordons pédieux des Amphineures, par des commissures transversales plus ou moins nombreuses qui donnent à l’ensemble un aspect scalariforme. La commissure viscérale (ga, h, gb) qui COM- pi. 1466. — Système nerveux de la Æissurella reticulata. memes cordons palléo-pédieux, au voisi- doublé en deux cordons pédieux proprement dits em et nage du point où ils se fusionnent. Je Re PE Te eg De ses deux connectifs d'origine, ge, ganglion sub-intestinal, uni au ganglion pleural gauche MN ace se dirige: DT ee Ne vers la droite, en passant au-dessous !: cercle palléal; », cercle nerveux du trou apical du mandu tube digestif; celui qui nait à ob SE
droite se dirige vers la gauche en passant, au contraire, au-dessus du tube digestif; ces deux cordons se croisent ainsi, mais en passant à des niveaux différents; ils sont reliés l’un à l’autre par le sommet de l’anse somalique qui est en grande partie susintestinale. C'est exactement la figure qu'on obtiendrait si l'on supposait que l’anse somatique, d'abord symétrique et formant un demi-collier passant au-dessous de l'æsophage, avait été saisie au sommet, tirée d'abord à droite, puis rabattue audessus du tube digestif (fig. 1467). Cette disposition tordue de la commissure somatique est commune à presque tous les Prosobranches; c'est ce qu’on nomme Ja chiastoneurie et les Mollusques qui la présentent sont dits chiastoneures !. La branche
1 Pour l'explication de cette disposition typique chez les Gastéropodes prosobranches, voir le développement p. 2071.
sous-intestinale et la branche sus-inteslinale du collier somatique portent chacune, en général, un ganglion (ga); le sommet de l’anse est occupé également par une masse ganglionnaire fusiforme et diffuse (4). Le ganglion sus-inteslinal existe toujours chez les Diolocardes ; tantôt il est situé à la base de l’osphradie et uni à la commissure viscérale par un nerf spécial; tantôt (FISSURELLIDE) il se divise en deux parties, l’une (gb) siluée à la base de l’osphradie, l’autre (ga) sur la commissure; le ganglion sous-intestinal avorte en même temps que la branchie et l'osphradie topographiquement droites (TURBONIDÆ, TRo- CHIDÆ) ; sa place peut encore être marquée (TURBONIDÆ) par un fin nerf palléal droit, issu de la branche sous-intestinale. Chez les Diotocardes mono:
néphridés, ce système nerveux primitif pré-
TPr
sente déjà d'impor- Œ tantes modifications; Je les saillies labiales,
encore longues et diffuses chez la Nerita peloronta, seréduisent peu à peu chez les Neritina et Navicella qui vivent dans les eaux douces, et ne sont plus chez les Helicina, toutes terrestres, que de petites
Fig. 1467. — Schéma de la disposition des organes principaux chez un Gas- MAasses arrondies, téropode ancestral hypothétique (AB) et chez un Prosobranche diotocarde presque confondues homonéphridé primitif (C). — €, coquille ; f, tentacules ; P, pied; gpl, gout- Ë S tière palléale ; cp, cavité palléale; br, branchie; b, bouche; à, anus; p, péri- AVeC les ganglions cecarde ; v, ventricule ; or, oreillette; », rein ; TP canal rénopéricardique ; rébroides ; on trouve ge, ganglions cérébroïdès; ap, ganglion pédieux; gpa, ganglions pleuraux ; gv, ganglions viscéraux; sp, ganglion super-intestinal ; gsb, ganglion sub- cependant encore une intestinal. Le cône formé par la coquille est ici représenté très aplati, .1. : mais 1l devait être au contraire primitivement très long; sans cela les phé- saillie labiale chez les nomènes de rotation inverse décrits p. 2071 seraient inutiles (d'après Lang, plus primitifs des Té-
complété par Remy Perrier). nioglosses, (Cyclophorus, Paludina, Cyclostoma, fig. 4469; Bythinia, Ampullaria); chez les autres, cette saillie est complètement rentrée, pour ainsi dire, dans les ganglions cérébroides. Sur la commissure cérébro-pédieuse postérieure se caractérisent peu à peu, chez les Mononéphridés et les Hétérocardes, les ganglions palléo-viscéraux où ganglions pleuraux; en même temps, chez les Hétérocardes, les anastomoses entre les centres pédieux se réduisent à deux, l’une antérieure, faible, l'autre postérieure, forte; en outre, Cependant, les nerfs issus de ces cordons présentent entre eux de nombreuses et fines anastomoses. Chez les Cyclophorus, Paludina. fig. 1470; Cypræa,
où les ganglions pleuraux s'isolent de plus en plus, les cordons pédieux subsistent encore avec des anaslomoses nombreuses dans le premier genre et le dernier, réduites à quatre dans le second. Mais peu à peu les cellules nerveuses se ramassent, en quelque sorte, dans la région antérieure des cordons; elles finissent par former deux ganglions qui, chez les formes inférieures, peuvent encore se prolonger en arrière en formant chacun deux ganglions accessoires