EMBRANCHEMENTS; COMPOSITION ET RAPPORTS
par exemple, de mettre les Vertébrés en dehors de la série qui comprend tous les Trochozoaires. Si l’on considère que l'Amphioæus traverse une phase de gastrula entièrement ciliée, peu différente des embryons de beaucoup de Polychètes, on trouve déjà là entre les Vertébrés et les Trochozoaires un terme de connexion analogue à celui que fournissent les PENEIDE entre les Entomostracés et les Malacostracés: si l’on veut admettre, d'autre part, une parenté entre les ENTÉRO- PNEUSTES (Balanoglossus) et les VERTÉBRÉS, les connexions entre ces derniers et les Trochozoaires s'accusent davantage encore, puisque les Entéropueustes traversent une forme larvaire très analogue à la trochosphère. Il est impossible d'ailleurs de méconnaitre les affinités que les recherches de Semper, Balfour, Dobru, Houssay, etc., ont établies entre l'organisation des embryons des Vertébrés et celle des Vers annelés adultes. Nous pensons, en conséquence, qu'il convient de réunir dans une même série les Trochozoaires et les Vertébrés comme on conserve dans une même classe les Entomostracés et les Malacostracés, malgré la disparition presque complète de la phase de nauplius libre chez ces derniers. Rien n'empêche d'ailleurs de diviser cette série en deux légions : celle des TROCHOZOAIRES comprenant les embranchements des Lopnosromës, des VERS et des MOLLUSQUES, que nous définirons tout à l'heure, et celle des PHANÉROCHORDES comprenant les TUNIciers et les VERTÉBRÉS, auxquels on a quelque tendance aujourd'hui à réunir les ENTÉROPNEUSTES. On ne saurait, en tous cas, intercaler aucun autre groupe zoologique entre les TrocHOzoaAIREs et les PHANÉROCHORDES dont la disposition en série est si évidente.
Division des Néphridiés en embranchements; composition et rapports réciproques de ces embranchements. — La continuité de la série des Néphridiés élant ainsi établie, les conditions dans lesquelles il est possible d'établir dans celte série deux grandes divisions, celles des TROCHOZOAIRES et des PHANÉROCORDES étant précisées, il nous reste à indiquer la délimitation et les rapports des embranchements que comprend chacune de ces séries.
Le premier embranchement de la division des Trochozoaires est celui des LoPpnosroMés. Nous réunissons sous ce nom les trois classes des ROTIFÈRES, des BRYOzoAIREs et des BRACHIOPODES. Ces animaux dérivent manifestement de la trochosphère; en outre, ils présentent en commun le caractère de pouvoir se fixer soit momentanément, soit définitivement, ce qui suppose qu'ils sont capables, pendant la fixation, d'attirer à eux les matières alimentaires; à la communauté d'origine, s'ajoute donc ici une adaptation commune qui établit entre les trois classes de l’'embranchement tout au moins une frappante ressemblance de convergence. Dans les trois classes, en effet, le corps est raccourci, la métaméridation nulle ou à peine indiquée; enfin un appareil ciliaire se développe au voisinage de la bouche, de manière à déterminer dans le liquide ambiant un courant qui entraine vers l'orilice buccal les matières alimentaires en suspension dans l’eau. Cet appareil est constitué par les disques ciliés des ROTIFÈRES, le lophophore et les tentacules des BRYOZOAIRES, les bras des BRACHIOPODES. Un appareil de même nature se retrouve parmi les Polychètes tubicoles chez les SERPULIDÆ, parmi les Géphyriens chez les PHoroNIDE. Mais la présence de soies locomotrices distingue immédiatement les SERPULIDÆ, et celle d'un appareil circulatoire ne permet pas de rapprocher les Phoronis des Bryozoaires.
Les Artiozoaires composant l'embranchement des VERS ne sont pas fixés au sol;
1436 NÉPHRIDIÉS.
les uns sont libres, les autres parasites. Sauf les SERPULIDE et les PHORONIDÆ, tous saisissent les matières alimentaires avec leurs lèvres ou leurs màchoires, et les déglutissent grâce aux contractions de leur æsophage. Le corps peut n'être formé que d'un seul segment, comme c’est le cas pour les GASTÉROTRICHES qui constituent à eux seuls le sous-embranchement des MONOMÉRIDES et se distinguent des Rotifères dont ils conservent certains traits d'organisation, par l'absence de disques céphaliques ciliés et la substitution à ces disques d'une sole ventrale également ciliée sur laquelle ils rampent.
Le corps est, au contraire, manifestement formé d’un plus ou moins grand nombre de segments chez les Vers dont nous formons le sous-embranchement des ANNELÉS. Ces Vers peuvent être absolument libres, tubicoles ou parasites. Dans le premier cas ils se meuvent généralement à l'aide de soies chitineuses (POLYCHÈTES, OLIGOCHÈTES, ECHIURIDÆ); dans le second ils sont assez souvent dépourvus d'organes de locomotion (SIPUNCULIDÆ, PHORONIDÆ); dans le troisième, ils sont généralement pourvus de ventouses terminales (HIRUDINÉES).
On a tenté dans ces derniers temps d'éloigner des VERs, les Arliozoaires pour qui nous gardons le sous-embranchement des PLATYHELMINTHES ou VERS PLATS des anciens auteurs; c’est-à-dire les TURBELLARIÉS, les TRÉMATODES, les CESTODES et les NÉMERTIENS. Mais les Vers plats nous paraissent dériver par de remarquables gradations des Vers annelés dont ils ne sont, à notre sens, que des formes dégénérées sous l'influence du parasitisme par suite de l’oblitération de la cavité générale qui entraine la disparition de la métaméridation. Déjà la cavité générale s'oblitère chez les Sangsues dont les soies locomotrices ont, en même temps, disparu. La métaméridation du corps, encore bien nette chez les Dinophilus, s'efface avec les progrès du parasitisme chez les TRÉMATODES; elle n’est conservée chez les CESTODES que dans l’arrangement des blastozoïdes ; elle disparait enfin chez les TURBELLARIÉS que lon peut considérer comme des Trématodes revenus à la liberté. Les PLATYHEL- MINTHES seront, en conséquence, considérés dans ce qui suit comme un rameau dégradé de la série des Vers; nous discuterons en traitant de leur histoire l'hypothèse récente qui a tenté de les rattacher aux Cœlentérés.
Les NÉMERTIENS, autrefois réunis aux Turbellariés, ne peuvent en être très éloignés. Nous traiterons après eux des ENTÉROPNEUSTES qui ont avec eux une évidente ressemblance extérieure. Les ENTÉROPNEUSTES doivent leur nom aux singulières fentes respiratoires qui font communiquer leur œsophage avec le dehors et rappellent les fentes respiratoires des Poissons. Ces fentes ont suggéré l'idée que les Entéropneustes étaient apparentés aux Vertébrés, et l’on à fait les plus grands efforts d'interprétation pour arriver à assimiler certains autres traits de leur organisation à ceux qui caractérisent les Vertébrés. D'autre part l'embryogénie des Entéropneustes a une réelle analogie avec celle des Échinodermes, et la Tornaria, larve de l'Entéropneuste typique, le Balanoglossus, a une étrange ressemblance avec la Bipinnaria, larve de certaines Étoiles de mer; aussi l'hypothèse d'une parenté entre les Entéropneustes et les Échinodermes compte-t-elle des partisans. Comme cette parenté est appuyée sur des raisons aussi sérieuses pour le moins que celles qui sont invoquées à l'appui d’une parenté avec les Vertébrés, il s’en suivrait que les Échinodermes primilifs auraient, par l'intermédiaire des Bulunoglossus, donné naissance aux Vertébrés. Une telle conclusion est surtout de nature