EMBRANCHEMENTS; COMPOSITION ET RAPPORTS
à appeler la discussion sur la valeur des principes embryogéniques qui ont permis de la produire; rien dans l’organisation interne des Balanoglossus n’oblige à les éloigner des Vers; on ne peut qu'à l’aide d’interprétations discutables les rapprocher des Vertébrés; nous formerons donc pour eux dans l'embranchement des Vers un sous-embranchement spécial, sans rien omettre dans leur histoire des traits qu'on à invoqués en faveur de leurs divers liens de parenté. Les Vertébrés élant d'ailleurs manifestement alliés aux Annelés, peu importe qu’on place la ligne de démarcation en deçà ou au delà d’un groupe douteux, et mieux vaut laisser les Balanoglossus dans un groupe déjà polymorphe que les introduire de force dans un embranchement homogène dont ils ne feraient que troubler l'ordonnance. L’embranchement des MOLLUSQUES, depuis qu'on en a distrait les anciens MoLLuscoibEs de H. Milne Edwards, a pris une homogénéitlé parfaite. Tous les caractères de cet embranchement peuvent s'expliquer si l'on admet que ce sont des Vers annelés étroitement adaptés à l'existence dans une coquille tubulaire. La présence d’une coquille calcaire est donc le caractère fondamental de l'embranchement des Mollusques. La disparition des soies locomotrices, la disparition de la métaméridation externe sont les conséquences du défaut d'usage des premières et de la céphalisation de l'animal; en même temps la formation d'un pied volumineux, aux dépens de la région céphalique, restitue à l'animal le pouvoir de se dèplacer, et détermine la division du corps en trois régions : la féte proprement dite et le pied, extérieurs à la coquille; le tronc qui s'y trouve contenu. Le pied présente une vaste cavité, suffisante pour loger les viscères; le passage des viscères dans cetle cavité entraine la réduction du tronc et la disparition de la coquille à l’état adulte chez certains Gastéropodes; elle disparait aussi chez quelques Ptéropodes et chez les Poulpes:; mais la présence de deux ou trois colliers nerveux reliant entre eux autant de groupes de ganglions non disposés en chaine suffit, en l'absence de coquille, à caractériser ces formes comme appartenant à l'embranchement des Mollusques. Les TunICIERS, jadis confondus avec les Mollusques, s’en distinguent par leur tunique de cellulose, la réduction de leur système nerveux chez l'adulte, la conformalion de leur appareil respiratoire toujours constitué aux dépens de l'æsophage, leur larve en forme de têtard, le mode de développement de cette larve el surtout la façon dont se constitue son système nerveux temporaire. Les rapports que, même à l'état adulte, les Ascidies présentent avec l'Amphiozus autorisent, au contraire, à considérer les Tuniciers comme des Vertébrés dégradés par la fixation au sol et dont quelques formes ont récupéré la liberté, soit par suile de la persistance chez elles de l'organisation larvaire (APPENDICULAIRES), soit par suite d’adaptations nouvelles (LUCIES et THALIDES) qui ont superposé d’autres caractères à ceux déterminés par la fixation du sol. Il existe dans la région postérieure du corps des têtards une formation comparable à la corde dorsale des Vertébrés. Les Tuniciers peuvent être considérés comme faisant suite à l'Amphioxus dans la légion des PHANÉROCORDES. Les VERTÉBRÉS demeurent alors comme un embranchement des plus homogènes dont le caractère dominant est le grand dèveloppement du système nerveux entièrement placé d'un même côté du tube digestif et, dans l'attitude ordinaire de l'animal, occupant sa face dorsale. Le passage du système nerveux central tout entier d'un même côté du tube digestif est, on le verra plus tard, une conséquence embryogénique de son grand développement; il entraine la formation d’une corde
dorsale. Le corps des Vertébrés présente toujours une constitution métamérique qui s’alténue, sans s'effacer jamais entièrement, à mesure que l’on passe de l’état embryonnaire à l’état adulte; ce seul fait suffit à établir que la métaméridation est un héritage d’un état inférieur et non un processus de perfectionnement comme on l’a fréquemment soutenu. Lorsqu'il existe des membres pairs, ce qui est la règle, le nombre de ces membres ne dépasse pas quatre; ces membres sont symétriques deux à deux et les membres postérieurs sont toujours construits sur le même plan fondamental que les membres antérieurs.