SES
iv c sets
Fig. 1211. — Appareil excréteur du Distomum clavatum. — a, anse antérieure; Ÿ, ventouse ventrale ; 2, canaux ventraux ; m, leur branche accessoire; P, Canaux dorsaux ; Z, vésicule excrétrice; 0, néphridiopore ; c,rameaux terminaux (d’après Poirier).
Aspidogaster. Ailleurs la vésicule elle-même s'étend fort loin en avant, sans se diviser, et forme ainsi un canal médian (D. hepaticum, et à un degré moindre D. lanceolatum,
D. Westermanni); cette longue vésicule est moniliforme chez le D. tereticolle, courbée en S chez les Gasterostomum où les canaux principaux viennent s'ouvrir à son intérieur vers le milieu de sa longueur. Il est rare (D. hepaticum, D. Westermanni, Amphistomun conicum, Gastrodiscus polymastos, Cephalogonimus) que des canaux excréteurs secondaires s’ouvrent directement dans la vésicule terminale.
Entre les troncs principaux du système excréteur, il existe fréquemment des anastomoses transversales. Dans les espèces à deux troncs, ces deux troncs se réunissent en avant chez les D. insigne, veliporum, megastomum; parmi les espèces à quatre troncs, elle s'établit seulement entre les troncs dorsaux chez les espèces du groupe du D. clavatum; cette réunion a lieu ordinairement en avant de la ventouse orale; elle a lieu au niveau de la bifurcation intestinale chez l'Ogmogaster plicata. Une anastomose antérieure se produit aussi tardivement chez le D. squamula, mais les deux troncs latéraux sont, en outre, unis de très bonne heure par une double anastomose transversale dont les branches forment deux arcs, confondus à leur sommet; l'un de ces arcs est concave en avant, l’autre en arrière, de manière à former un X.II existe aussi deux anastomoses transversales, l’une antérieure, i’autre médiane chez le Diplostomum volvens, mais ces anastomoses sont réunies l’une à l’autre par un canal longitudinal. De même, chez le Diplostomum abbreviatum, entre les deux troncs latéraux unis en avant, il existe encore trois anastomoses. La première, en arc concave en arrière, la deuxième naissant des mêmes points, presque rectiligne, la troisième en angle à sommet antérieur, et toutes ces anastomoses sont unies entre elles par un canal longitudinal médian. De nombreuses anastomoses transversales d’un type nettement métamérique, et suivant les commissures nerveuses, se développent chez le D. leptosomum; enfin les deux troncs latéraux sont unis par un véritable réseau chez le Gastrodiscus polymustos. Ces troncs cessent d’être distincts et le système excréteur est franchement réticulé chez les D. hepaticum, Jackson, giganteum, reticulatum, les Monostomum orbiculare et spinosissimum.
Le contenu de l’appareil excréteur est un liquide transparent, parfois jaune ou rouge, dans lequel peuvent être en suspension des corpuscules. Ces derniers ne se montrent souvent que dans la vésicule pulsatile ou ses branches. Ces corpuscules paraissent être de la guanine (Wagener).
Les capillaires se ramifient, en s’anastomosant dans toutes les régions du corps; par places, ils se renflent légèrement, et l'on aperçoit dans la région renflée une flamme vibratile. Les capillaires se terminent aussi, en général, par une ampoule plus ou moins évasée, dont les deux côtés font entre eux un angle variable de 30 à 70°, et dont la section peut être circulaire ou elliptique (D. Rathouisi); celte ampoule pénètre à l’intérieur d'une grande cellule étoilée, vacuolée, et nucléée qui fait sans doute partie du parenchyme. L'ampoule est fermée elle-même par une cellule terminale, concave vers la cavité du renflement et de laquelle pend dans ce dernier une flamme vibratile très allongée. Cette flamme est striée longitudinalement comme si elle était formée d’un faisceau de cils accolés. La cellule étoilée a été primilivement décrite comme une lacune dans laquelle le renflement terminal se serait ouvert par un orifice latéral (Fraipont). Chez le D. clavatum les dimensions de l’'ampoule sont de 5 à 6 & de long, sur 2 à 3 & de large. Les ampoules vibratiles sont, chez les MONOGENEA tout au moins, symétriquement distribuées, disposition qui semble indiquer le métamérisme de l'animal; ces ampoules sont souvent disposées
par pelits groupes ou par couples (D. divergens). Leur nombre parait être plus grand chez les grandes espèces que chez les petites; il peut être de 14 (Cercaria armata, jeune, D. squamula), 28 (D. divergens), 38 (D. squamula), 78 (Diplostomum volvens). Sur un Distome de l'intestin d'une Chauve-Souris (Vespertilio murinus), Macé a signalé un organe impair, en forme de bourrelet, à ouverture ciliée, placé à la limite postérieure des deux tiers du corps, presque aussi gros que la moitié de la ventouse ventrale; deux canaux antérieurs et deux postérieurs partent de cet organe; Ces derniers se rendent, comme d'habitude, à une vésicule pulsatile.
Yeux. — Un assez grand nombre de Trématodes monogènes possèdent des yeux. On en compte deux chez les Temnocephala, Udonella et Diporpa, quatre chez les Diplectanum, Dactylogyrus, Tetraonchus, Polystomum integerrimum, Phyllonella, Placunella rhombi, Trochopus, Nitzchia elongata, Epibdella, Tristomum, six à huit chez les jeunes Polystomum ocellatum et peut-être l'Onchocotyle appendiculata. Le Distomum oculatum, de l'intestin du Cottus scorpio, est le seul Trématode digène qui possède, à l'état adulte, le rudiment de deux yeux; on observe cependant assez souvent quelques restes de ces organes sur les jeunes D. anguis et Diplodiscus subclavatus.
Les yeux des Temnocephalu consistent en une coupe pigmentée placée sur le cerveau, Contenant un cristallin nucléé, et accompagnée d’une ou deux cellules ganglionnaires; une cellule sphéroïdale, complètement enfermée dans le pigment, est placée sur le côté interne de la coupe. Les yeux des Dactylogyrus, Tetraonchus, Tristomum, ont aussi un cristallin; ceux du Tristomum molæ reposent sur une grosse cellule ganglionnaire en communication avec le cerveau.
Système nerveux. — Le système nerveux des Trématodes comprend d’abord une bandelette prébuccale qui représente les ganglions cérébroïdes et leur commissure. On observe encore chez les Temnocephala les indications de deux ganglions assez nettement définis, donnant antérieurement naissance à une paire de nerfs qui bientôt se divisent chacun en trois branches, respectivement destinées au tentacule médian et aux deux tentacules latéraux ; une paire de nerfs latéraux se distribuent aux côtés de la région antérieure du corps, et en arrière on compte encore deux (Weber) ou trois (Haswell) paires de nerfs. Les deux nerfs de la paire interne sont unis par des anastomoses transversales, régulièrement espacées ; ils émettent, en outre, extérieurement des branches à peu près équidistantes qui se ramifient dans les plages latérales du corps. Les deux autres paires sont l’une dorso-, l’autre ventro-latérale. Les deux nerfs ventro-latéraux sont unis entre eux et au nerf dorso-latéral qui leur correspond par de nombreuses anastomoses. Le système nerveux des autres Trématodes monogènes comprend aussi trois paires de troncs longitudinaux et ne présente ‘guère de modifications que dans le nombre et la position des commissures qui unissent les nerfs entre eux (Pleurocotyle, Tristomum, fig. 1212); toutefois les nerfs dorsaux manquent chez les Sphyranura, qui possèdent en revanche un collier œæœsophagien complet.
Ce collier manque toujours aux DIGENEA dont les centres cérébroïdes fournissent quatre groupes de nerfs : le groupe antérieur, les deux groupes latéraux, le groupe postérieur. Les nerfs antérieurs sont disposés en une (Gasfrodiscus, Apoblema, Holostomum, Gasterostomum, Distomum spathulatum, D. lanceolatum), deux (D. Westermanni, Rathouisi, clavatum, veliporum, insigne, pelagiæ, cylindraceum, hepaticum, macrostomum) où trois paires (Osmogaster plicata, Amphistomum conicum, D. pal-
liatum). Des nerfs latéraux ordinairement une paire, quelquefois deux (D. hepaticum) ou même trois paires (Opisthotrema) vont directement aux parois du corps et s’y ramifient rapidement; une autre paire beaucoup plus volumineuse se dirige en arrière; cette dernière paire est constante et forme la paire des troncs latéraux. Du bord postérieur des ganglions naissent enfin trois paires de nerfs : une paire médiane de nerfs bulbaires qui se rendent au bulbe œsophagien; une paire plus externe de nerfs dorsaux que l'on perd, en général, vers la région moyenne du corps, mais qui sont bien développés jusqu'à l'extrémité postérieure chez les D. isostomum, et finalement, se dirigeant du côté ventral, une paire plus volumineuse que
Ÿ en |
Fig. 1212. — Système nerveux du Tristomum molæ. — Fig.1213.— Système nerveux du Distomum ms, ventouses orales; ph, pharynx; ÿ, cerveau; dn, nerfs isostomum.— Ms, ventouse orale ; Bn,nerf longitudinaux dorsaux; bs, ventouse postérieure; #4, réser- ventral ; Sn, nerf latéral; An, nerf dorsal, voir népbridien et népbridiopore; In, nerfs longitudinaux unis par des anneaux transverses complets; internes; s/n, nerfs longitudinaux externes (d'après Lang). Bs, ventouse ventrale (d'après Gaffron).
toutes les autres, la paire des nerfs cardinaux ou ventraux. Entre les nerfs, il existe fréquemment des commissures transversales qui peuvent se répéter avec assez de régularité entre les nerfs latéraux et les nerfs ventraux pour indiquer clairement une métaméridation (D. isostomum (fig. 1212), et surtout D. clavatum). Ces commissures forment chez les D. clavatum 19 anneaux complets; en outre, la ventouse ventrale est entourée d’un cadre nerveux à la formation duquel prennent part la région des nerfs latéraux correspondant à celte ventouse, une commissure qui passe en avant, une autre qui passe en arrière et dont l’origine sur les nerfs latéraux est marquée par quatre renflements ganglionnaires (Poirier).
Ce n’est pas seulement dans les ganglions cérébroides, mais aussi tout le long des nerfs que l’on trouve des cellules nerveuses; leur nombre est faible; elles peuvent être uni-, bi- ou multipolaires; leurs prolongements ont un diamètre peu inférieur à celui des cellules chez le D. clavatum où des gaines anhistes, tubulaires enveloppent
chaque élément et ses prolongements, tandis qu'une gaine générale de structure lamellaire et à laquelle se relient les gaines des éléments nerveux enveloppe la totalité du nerf. Ces gaines sont vraisemblablement de nature conjonctive; d’ailleurs la structure intime du système nerveux manifestement dégénéré des Trématodes réclame encore de nouvelles études !.
Orifices génitaux. — La très grande majorité des Trématodes est hermaphrodite ; il n'y a d'exception que pour quelques digènes (Bilharzia et probablement Dinymo- ZOONIDE).. Les Bilharzia vivent dans les veines de l'Homme en Égypte; le mâle a un corps long et large qui se replie en cornet en dessous, ses deux bords se soudant entre eux de manière à former un canal dit gynérophore; dans ce canal se place la femelle dont le corps a une forme cylindrique (fig. 121%). L'appareil mâle et l'appareil femelle des Trématodes hermaphrodites sont juxtaposés dans le même individu sans qu'il paraisse y avoir entre eux, quoiqu'on ait quelquefois affirmé le contraire, de connexion. L'orifice mâle et l'orifice de l'utérus sont ordinairement voisins l’un de l’autre, et quelquefois même situés dans une sorte de cloaque dont l'orifice unique est seul apparent (Temnocephala, Microcotyle, Axine, Sphyranura, Polystomum, Gyrodactylus, Udonella, Calicotyle, Amphistomum, Gastrothylax). Chez les Apoblema, le cloaque dont la structure est la même que celle des parois du corps, est suivi d’un vestibule génital présentant la structure de l'utérus, eLau fond duquel s'ouvrent les organes mâles. L'orifice dit orifire de Laurer, par lequel s'accomplit la fécondation chez les Moxo- GENEA, est au contraire toujours bien séparé. La posilion des orifices du canal déférent et de l'utérus est habituellement ventrale et siluée dans la région antérieure du corps; elle pig 1214. Yitharsin hæarrive même à être presque terminale chez les Cephalogonimus altobia.— Le mile (& et DibYMOZ00NIDE ; elle est, au contraire, postérieure à la ven- SE here Rue touse ventrale chez les Mesogonimus, recule à l'extrémité pos- Re A FM térieure du corps chez les Urogonimus, Opisthotrema, HOLOSTO-
MIDÆ, rarement elle est latérale et alors presque toujours située à gauche chez les DIGENEA (D. acanthocephalum, D. singulare, etc.).
Appareil génital mâle. — L'appareil mâle, placé tout entier entre les deux branches du tube digestif, comprend : un ou plusieurs testicules; un canal déférent résultant de l'union des canaux excréteurs des testicules et auquel est souvent annexée une vésicule séminale. Quelquefois le testicule est unique (GYRODACTYLIDE, fig. 1221, T, p. 1789; Diplozoon, Udonella, Aspidogaster, Diplodiscus subelavatus, Distomum pachysomum, Benedenii, monorchis, DIDYMOZ00N1D#&); il y en a deux chez les Epibdella, Phyllonella, Placunella, Encotyllabe, Trochopus, la plupart des DIGENEA (fig. 1209, £,t'; p. 1768); on en compte quatre chez les Temnocephala (fig. 1203, T; p. 1763), et le Distomum Okenii, quatre ou cinq chez les Bilhurzia; en général, chez les MONOGENEA, leur nombre est plus considérable (fig. 1205, T; p. 1765) et, parmi les DiGENEA, il s'élève à douze chez le Distomum cygnoïdes, à vingt-quatre chez le
1 R. Moxrez, Descriplion du Distoma ingens, Bulletin de la Société zoologique de France, 1886,
D. polyorchis. Lorsque les testicules sont ainsi nombreux, ils se disposent d'ordinaire en deux ou quatre séries symétriques (fig. 1205, p. 1765) et affectent même chez les Dactylocotyle une disposition métamérique correspondant à la disposition métamérique externe de la région postérieure du corps (fig. 1202, T, p. 1762). Les deux séries sont alternes et les follicules testiculaires encastrés les uns dans les autres chez les Axine, Vallisia, Sphyranura; le testicule est enfin réticulé chez le Distomum reticulatum. Les testicules sont, en général, de forme sphéroïdale chez les petiles espèces, ovoide chez les grosses, mais ils sont quelquefois en forme de croix (D. conostomum, D. sauromates, D. viverrini, D. mollissimus) ou diversement lobés (Amphistomum, Gastrothylax, Gastrodiscus, divers Distomum), ou même ramifiés (D. Westermanni, D. Rathouisi, D. spathulatum, D. hepaticum). Leur position à l'intérieur du corps est extrêmement variable.
Les testicules sont constitués par une membrane propre, ordinairement d’apparence anhiste chez les adultes, où elle peut contenir quelques noyaux, cellulaire chez les jeunes individus. Des fibres musculaires peuvent se disposer à la surface externe de cette membrane (D. hepaticum, D. Westermanni, D. clavatum el espèces voisines, Opisthotrema) ; à sa surface interne se trouve toujours une couche épithéliale, et la cavité de l'organe est remplie de spermatogemmes à divers états de développement. Les testicules consistent, au début, en deux amas sphéroïdaux de cellules semblables aux cellules ovulaires; la couche externe de ces amas forme l’épithélium testiculaire (Cercaria armata), la masse interne fournit les cellules mères des spermatoblastes; mais lorsque toutes ces cellules se sont transformées en spermatogemmes, les cellules de l’épithélium fournissent par division indirecte de nouvelles cellules-mères. Pour former les noyaux des spermatoblastes, le noyau des cellules-mères perd son nucléole et la chromatine se distribue à son intérieur soit sous forme de granules épars, soit sous forme d’un peloton. Le noyau se divise alors en seize parties dont chacune devient la tête d’un spermatozoide; toutefois les spermatogemmes peuvent aussi s’envelopper d’une membrane, et leur contenu se diviser en 18 à 20 spermatoblastes. Les spermatozoïdes sont filiformes et capités.
Chaque testicule donne naissance à un canal excréteur, continuation de sa membrane propre et qui peut être, comme elle, d'apparence anhiste, ou nucléée et même résoluble en cellules (Gasterostomum, Aspidogaster) ; parfois la paroi du canal excréteur se décompose en une membrane anhiste, et un épithélium qui la revêt intérieurement (D. Westermanni); des fibres musculaires peuvent enfin s'ajouter à cette membrane (Amphistomum conicum, Gastrodiscus, Distomum hepaticum, Westermanni, clavatum). Après un trajet plus ou moins long, les canaux excréteurs se réunissent en un canal déférent ou canal éjaculateur, qui pénètre lui-même dans une poche spéciale où se trouve l'organe copulateur ou cirre. Parfois la réunion des canaux excréteurs n'a lieu qu'au niveau de la poche du cirre, de sorte qu'il n’y a pas, dans ce cas, de véritable canal déférent (Cephalogonimus, Distomum hepaticum, lanceolatum, luteum, lorum). En général, ce canal est assez long, sinueux, à parois musculaires; il est parfois suffisamment large pour qu’on puisse le considérer, dans toute son étendue, comme une vésicule séminale; le plus souvent cependant il existe une portion dilatée du canal à qui ce nom convient plus particulièrement; il peut aussi en exister deux à la suite l’une de l'autre (D. rufoviride, D. appendiculatum). Quand les canaux excréteurs ne se réunissent pas avant d'atteindre la poche du cirre, c'est à l’intérieur
APPAREIL GENITAL FEMELLE. 1783
même de cette poche que se trouve la vésicule (D. lanceolatum, etc.). Chez le Distomum lanceolatum, la vésicule est allongée, plus ou moins nettement enroulée en hélice, et ses parois sont formées d’une couche de fibres longitudinales, d’une couche de fibres transversales, d'une cuticule et d’une couche de grandes cellules sphéroïdales, probablement glandulaires ; à la vésicule fait suite un canal plus étroit, mais à parois épaisses, le canal prostatique, dans lequel s'ouvrent les longs conduits de nombreuses glandes unicellulaires qui remplissent la cavité de la poche du cirre. Ces glandes manquent chez les Hozosromw; elles sont remplacées chez les Diplostomum par une glande tubulaire, s’ouvrant au voisinage des orifices génitaux et dont la longueur se divise en une région glandulaire et un canal excréteur. Le canal prostatique est continué par le cèrre proprement dit, plus large, à parois plus épaisses et qui s'ouvre soit directement au dehors, soit dans un sinus génital. Ce cirre est extroversible; sa cuticule interne porte souvent des crochets, épines ou piquants qui deviennent extérieurs lors de lextroversion. Il y a, au point de vue de sa constitution, une gradation ascendante des MONOGENEA aux DIGENEA. Chez les PoLzystromipÆ le cirre n’est encore, en effet, qu'un prolongement musculaire du canal déférent, et souvent le nombre des crochets qu'il porte fournit d'utiles caractères; on en compte huit (Choricotyle), dix (Octocotyle, Ophicotyle, Glossocotyle, Octobothrium, Phyllocotyle), douze (Dactylocotyle), seize (Plewrocotyle, Pterocotyle) ou près de quarante ( Polystomum ocellatum). Chez l'Aspidogaster conchycola, l'extrémité antérieure du cirre est soudée avec les parois de la bourse; mais au fond du canal à parois assez minces que représente le cirre se trouve une sorte de bulbe musculaire, perforé dans sa longueur et s'ouvrant dans le canal du cirre; le bulbe est lui-même en continuité avec la vésicule séminale qui est longue et extérieure à la bourse chez les HoLosTomip où les orifices génitaux sont situés à l'extrémité postérieure du corps; cette extrémité présente souvent un épaississement parenchymateux, le cône copulateur, peut-être homologue du bulbe des Aspidogaster, et que traversent le canal déférent et l'utérus pour s'ouvrir au dehors. Le cône d’accouplement forme le fond d'une invagination du tégument qui constitue la bourse copulatrice. Ce n'est guère que chez les TRISTOMIDÆ, parmi les MONOGENEA, qu’on trouve une disposition de l'appareil copulateur rappelant celle que nous venons de décrire.
Appareil génital femelle. — L'appareil génital femelle (fig. 1215) comprend : 1° un ovaire toujours unique, placé en avant des testicules, rarement en arrière et près de l'extrémité postérieure du corps (Vallisia) ; 2° un germiducte sur le trajet duquel se trouve presque toujours une poche copulatrice dans laquelle, après l'accouplement, se rassemble le sperme du conjoint; 3° deux glandes vitellogènes situées sur les côtés de l'animal, en dehors des branches du tube digestif; #° deux vitelloductes qui viennent se jeter dans l’oviducte; 5° un ootype servant de cartouchière, dans laquelle a lieu la fabrication des œufs; 6° un utérus d'une très grande longueur dont l'orifice externe, servant à la ponte, est, nous l'avons vu p. 1781, voisin de l'orifice mâle, ou confondu avec lui en un pore génital unique; 7° un canal servant exclusivement à la fécondation, le canal de Laurer ou vagin, qui peut être pourvu d’une poche copulatrice et que remplacent quelquefois deux canaux symétriques ; l’orifice vaginal peut être ventral, latéral ou dorsal.
Siebold a décrit autrefois un canal de communication entre les deux appareils génitaux mâle et femelle, et Zeller a cru retrouver ce conduit chez le
Polystomum integerrimum; mais, d’après les recherches de J. Ijima t, le canal en question ferait communiquer le confluent du germiducte et des vitelloductes avec le tube digestif dans lequel il'déverserait le superflu du vitellus.
L'ovaire (fig. 1202, 0; 1205, 0; 1209, 0; 1215, Dr) est toujours entouré d’une membrane, parfois de deux (Amphistomum conicum), contenant le plus souvent des noyaux fusiformes ou des fibres. Il est d'abord rempli par une inasse protoplasmique contenant des noyaux; mais peu à peu les noyaux se divisent, et le contenu de l'ovaire se transforme en éléments qui deviennent polyédriques, par compression réciproque, et ne sont autre chose que les ovules; ces ovules refoulent la masse de protoplasma indifférenciée versle pôle distal de l'ovaire dont le reste de la paroi se montre, chezles Trématodes âgés, couvert d'une assise épithéliale. Les ovules ne contiennent que rarement (Temnocephula) des globules vitellins et sont le plus souvent dépourvus de membrane.
La poche copulatrice est ordinairement sphéroidale et pédonculée (Apoblema, Cephalogonimus,. Distomum; son existence n’est pas constante, et elle peut être remplacée par un simple renflement fusiforme du germiducte (Gasterostomum, HoLo- STOMIDÆ).
Le germiducte, qui fait suite à l'ovaire, est souvent pourvu d'une musculature spéciale qui lui permet d'exécuter des mouvements péristalliques (Aspidogaster).
Les vitellogènes (mêmes figures) sont les parties les plus développées de l'appareil génital. Ils sont situés en dehors des deux branches du tube digestif, mais lessuivent généralement detrès près; sibien que, chez les Tristomum, les deux vitellogènes se réunissent en arrière comme les deux branches du tube digestif. Les Gyrodactylus manquent de vitello-
gènes; iln’y en a qu'un seul chez les Diplozoon; ce : wi LE RÉ ous . Corps forme un réseau glandulaire à la surface dor-
Ov, utérus; Dr, ovaire ou germigène; Sale de l'intestin impair des Temnocephala; il y en
Do, vitellogènes; 7, testicules ; D, bran- 1 :
Che tramifiée dé ttube Mieostif, a quatre chez les Dactylogyrus ; partout ailleurs
on en trouve une paire. Ce sont, chez les Calceostoma, deux cordons longitudinaux, légèrement et irrégulièrement lobés ; les lobes s'accusent davantage chez les Amphibdella et les Onchocotyle, et les vitellogènes deviennent deux glandes en grappes, très richement ramifiées chez les Microcotyle, Axine, Vallisia, Dactylocotyle, Pleurocotyle, Monocotyle, Epibdella, Calicotyle, Tristomum. et chez presque tous les DiGENEA. Assez souvent les ramifications de ces glandes s'anastomosent entre elles; d’autres fois les deux glandes se soudent soit en arrière
1J. Tima, Ueber den Zusammenhang des Eileiters mit der Verdauungs Canal bei gewissen Polystomeen, Zoologischer Anzeiger, 1884, p. 635.
(Distomum hepaticum, D. bacillare, D. fasciatum, D. micracanthum, etc.), soit en avant (quelques Gasterostomum), soit à leurs deux extrémités (D. heterostomum, D. linqua, etc.), très rarement sur toute leur longueur (Apoblema), formant ainsi un organe étoilé. La glande est toujours limitée par une membrane revêtue d'un épithélium dont les éléments, en se divisant, forment des cellules libres qui tombent dans sa cavité et y prennent une grande ressemblance avec les œufs, mais leur noyau demeure plus petit, et leur protoplasme se remplit de granulations vitellines. Les follicules ont euxmêmes pour origine de grosses cellules du parenchyme qui en produisent autour d'elles de plus petites, semblables aux cellules des follicules des adultes. La nature et l'origine des vitellogènes sont loin d’être complètement éclaircies ; il est assez vraisemblable cependant que ce sont des portions différenciées d'un ovaire primitif dont les éléments se seraient transformés en cellules nourricières, au lieu de devenir des ovules. Les canaux excréteurs des acini des vitellogènes se jettent directement, ou après s'être réunis par groupes, dans deux Canaux longitudinaux qui ne manquent que lorsque les vitellogènes sont réduits, de chaque côté, soit à une simple grappe (Gasterostomum armatum), soit à un seul acinus (Dis. insigne). De la région moyenne de ces canaux naissent les deux vitelloductes qui se réunissent sur la ligne médiane, Dans quelques espèces de MONOGENEA, les vitellogènes présentent un troisième canal transversal, à parois striées transversalement (Axine) ou très délicates (Microcotyle). Il est possible que ce canal soit le même que ljima a considéré comme conduisant dans l'intestin. La sécrétion des deux vitellogènes se rassemble parfois dans un réservoir médian d'où part un court conduit qui, dans tous les cas, amène cette sécrélion dans le germiducte (Epibdella, Tristomum, beaucoup de DIGENEA).
Le canal de Laurer où vagin manque chez beaucoup de Trématodes monogènes. Il en existe deux chez les Polystomum, Calicotyle, Pseudocotyle, Sphyranura. Dans le premier de ces genres, ils s'ouvrent chacun par une trentaine d'orifices sur deux saillies latérales à quelque distance de l'extrémité antérieure du corps (fig. 1210, W). Chez les Calicotyle, les deux vagins s’ouvrant sur la face ventrale, se dirigent d'abord un peu obliquement vers l’arrjère, puis se réunissent sur la ligne médiane en formant une assez volumineuse poche copulatrice d'où part un canal qui aboutit au germiducte. Il n'existe qu'un seul vagin qui s'ouvre sur le côté gauche du corps chez les Trislomum, Monocotyle (fig. 1217, va, p. 1767), Trochopus, Onchocotyle, Axine, sur la ligne médiane chez les Nitzchia et Microcotyle, sur l'un des deux côtés chez les Diplozoon; enfin l'orifice vaginal est dorsal chez les Octobothrium et les Trématodes digènes où il n'existe jamais qu'un seul vagin. Dans ce dernier ordre le canal de Laurer manque aux Apoblema, aux Monostomum, peut-être à quelques espèces de Distomum, mais il a été constaté avec certitude chez la plupart des espèces des genres Holostomum, Amphistomum, Diplodiscus, Gastrodiscus, Diplostomum, Polycotyle, Gastrothylax, Distomum, Cephalogonimus, Urogonimus, Bilharzia, Gasterostomum, Opisthotrema, Ogmogaster ; il semble manquer d’orifice externe chez les Aspidogaster conchycola, ou même être totalement atrophié chez l'A. Lenoiri. Pour les autres genres, on ne possède que des observations incomplètes. Le canal de Laurer, après un trajet plus ou moins sinueux, traverse, en général, la glande coquillière et vient aboutir soit au germiducte (Amphistomum conicum, HOLOSTOMIDÆ sauf les Polycotyle, Distomum endolobum), soit au canal transversal de communication des deux vitelloductes (Distomum hepaticum, Opisthotrema, Gasterostomum); quelquefois sur son trajet se
développe un réceptacle séminal ou poche copulatrice (Opisthotrema, Ogmoguster, Distomum clavatum, D. Megnini). Le canal de Laurer est intérieurement revêtu d’une cuticule dont la structure est la même que celle de la cuticule tégumentaire; une faible couche de fibres annulaires et des muscles longitudinaux revêtent extérieurement cette cuticule.
Les rapports du germiducte, des vitelloductes, du canal de Laurer et de l'ootype semblent indiquer nettement la fonction de ce dernier : l’ootype, de forme variable, est généralement séparé des autres conduits par un canal d'une certaine longueur où peuvent déjà se rencontrer les ovules, les cellules vitellines et le sperme, et qui est assez souvent vibratile. Dans l’ootype arrive également le produit de sécrétion d’un assez grand nombre de glandes unicellulaires, formant ensemble ce qu’on nomme souvent la glande coquillière. Les cellules constituant cette glande peuvent se réunir en une masse compacte ou, au contraire, demeurer diffuses (Hocosrominæ sauf les Polycotyle, Gasterostomum, Distomum Sspathulatun, D, lanceolatum); cette glande ne manque guère que chez les Aspidogaster. Un ovule et un certain nombre de cellules vitellines mélangées de spermatozoïdes pénètrent ensemble dans l’ootype; tous ces éléments y sont brassés par des contractions péristaltiques qui amènent l'ovule au centre de la masse formée par les autres éléments. Le tout est ensuite enveloppé par la coque; le filament qui surmonte si fréquemment la coque chez les Monogènes se forme en dernier lieu.
L'utérus est extrêmement court chez les Gyrodactylus, Calceostomum, Sphyranura, Pséeudocotyle, Calicotyle. K s'allonge, mais demeure rectiligne chez les Dactylocotyle, Microcotyle, Onchocotyle, Axine; il devient sinueux chez le Polystomum integerrimunm, et une centaine d'œufs peuvent dès lors s’y accumuler. L’utérus a une bien plus grande longueur chez les DIGENEA; à son origine il se différencie généralement une région particulière, correspondant, au moins physiologiquement, à l'ootype des MoxoGENEA et dont les parois sont perforées par les innombrables canaux excréteurs des glandes coquillères unicellulaires et parfois revêtues d’une couche musculaire (D. palliatum, D. cylindracum, D. clavatum). Après avoir formé cette sorte d’ootype, l'utérus se continue en un tube étroit qui s’élargit ensuite, et alors tantôt garde un diamètre constant, tantôt s'élargit de nouveau par places sans se ramifier. Ce tube se dirige quelquefois presque en droite ligne vers l’orifice de ponte (Amphistomum) ; ou bien il forme des anses disposées en rosette (D. hepaticum, fig. 1315, Ov, p. 1734; D. tereticolle, D. palliatum) ; le plus souvent, il décrit dans le corps, dont il occupe parfois toute l'étendue, de nombreuses sinuosités avant d’arriver à l’orifice de ponte généralement voisin, nous l’avons dit, de l’orifice mâle. Toute la partie de l'utérus que nous venons de décrire est formée de dedans en dehors par une couche épithéliale à cellules distinctes ou confondues de façon que les noyaux soient seuls apparents, d'une membrane basilaire et d’une couche musculaire dont les fibres transversales sont plus serrées que les fibres longitudinales, toujours éparses. La région du tube utérin voisine de l’orifice change de structure; elle est quelquefois désignée sous le nom de vagin, nom également attribué au canal de Laurer ou aux parties homologues des MOoNOGENEA qui sont des organes tout différents. Le revêtement interne du vagin est une cuticule élastique qui, dans les espèces dont le pénis est armé, présente aussi des papilles, des écailles, des épines ou des aiguillons (Echinostomum, Distomum oculatum, D. ferruginosum, D. monorchis, divers Apo-