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1 VIALLANES, Annales des Sciences naturelles, 6° série, t. XVIII, et 7° série, t. IV, 1887.
que l'on observe les dispositions les plus rapprochées du type théorique. Là les ganglions de la même paire sont éloignés l’un de l’autre et unis par une double commissure transversale, assez longue, de sorte que la chaine nerveuse présente l'aspect d’une échelle. Les ganglions des mandibules, des mâchoires et des maxilles sont isolés les uns des autres et semblables aux ganglions des membres thoraciques. On ne compte pas moins de soixante-deux paires de ganglions chez l’'Apus : deux pour les appendices buccaux, onze pour le thorax et quarante-neuf,
7] j eore
Fig. 751. — Système nerveux de Coronula Fig. 752. — Système nerveux de l'Argulus coregoni, vu pardiadema (d'après Darwin). — a, ganglion la face dorsale. — G, cerveau; V/, nerf des antennes; sous-æsophagien; b, ganglion sus-œæso- C, commissure œsophagienne; VG, ganglion sous-æsophagien; c, ganglion optique; er à er6, phagien; MfN', nerf partant du ganglion sous-æsophanerfs des cirres ; d, grand nerf viscéral, et gien et dont la branche antérieure se rend à la ventouse; e, nerf viscéral supérieur, réunis ensem- MfN', gros nerf partant du deuxième ganglion de la ble par un plexus ganglionnaire (y); m, chaîne ventrale; a, b, petits nerfs partant dn même ganles trois paires de nerfs des mächoires; glion; FN à FMw, nerfs des quatre paires de pattes; les f, nerfs antennaires qui se distribuent au petits nerfs qui naissent entre eux, se distribuent, comme manteau et au test; mo, nerf du muscle les nerfs a, b, aux muscles des anneaux.
adducteur.
petits, à peine distincts, pour l'abdomen. Le nombre des ganglions tombe à dixhuit paires dont quatre rudimentaires chez les Branchipus et Artemia, à cinq chez les Cladocères où le ganglion sous-œæsophagien fournit les nerfs des antennes locomotrices.
Dans l’ordre des Copépodes les ganglions de la chaine ventrale sont bien nettement distincts et au nombre de sept paires chez les CALANIDEÆ; ils se ramassent à la partie antérieure du corps, et l’on en reconnait six paires, en contact immédiat les
unes avec les autres, chez les ARGULIDÆ (fig. 752); ils se réunissent chez les CYcLoriÆ en une seule masse ovoide qui s'étend depuis l’œsophage jusqu’au commencement du sixième segment; la concentration s’accentue encore chez les CoRYCEIDÆ, et, chez les Copépodes parasites, le système nerveux ne forme plus qu’une sorte de collier autour de la partie antérieure de l’œsophage. Des phénomènes analogues de concentration se montrent chez les Cirripèdes (fig. 751); dans ce dernier ordre, quatre ou cinq ganglions desservent les cirrhes chez les LEPA- DIDÆ, ils se fusionnent en une masse unique chez les D BALANIDÆ. Chez les Rhizocéphales, un ganglion central, unique, donne trois groupes de nerfs; en avant, les nerfs cloacaux et palléaux; latéralement, les nerfs pariéto-viscéraux; postérieurement, les nerfs palléo- 4 -- VISCéraux.
Dans la sous-classe des MALACOSTRACÉS, les ganglions de la chaine ventrale alteignent le nombre de dix-sept paires chez les NEBALIIDÆ, où les ganglions mandibulaires sont distincts des ganglions maxillaires, et où l’on compte, en outre, huit paires de ganglions thoraciques, très rapprochés, et six paires espacées de ganglions abdominaux (sept chez les larves). Dans une même paire, les ganglions sont ici soudés entre eux et les connectifs fusionnés en un seul cordon.
Les Cumacés ont seize PAL de ganglions dont dix au Céphalothorax et six à l'abdomen. Les trois premières paires de ganglions céphalothoraciques innervent les pièces buccales et sont presque confluentes; les sept autres paires de ganglions sont largement espacées; des ganglions naissent deux ou trois paires de nerfs pour les membres, tandis que la musculature des segments est innervée par un cordon issu de chaque connectif. Fig. 753. — Système nerveux du Por-
Les Amphipodes et les Isopodes n’ont au maximum en que treize paires de ganglions apparents. Les deux paires ganglionnaires; B, chaine ventrale ; antérieures de ganglions sont situées dans la tête chez RASE ne les Gammarus; elles innervent les appendices buccaux, et représentent, en conséquence, quatre paires de ganglions primitifs; elles sont suivies de sept paires de ganglions thoraciques et de quatre paires de ganglions abdominaux; mais la dernière paire de ces ganglions résulte, elle aussi, de la fusion des trois dernières paires théoriques, car, plus grosse d’ailleurs que les autres, elle envoie des nerfs aux trois derniers segments abdominaux. Chez les Phronima, les deux ganglions antérieurs apparents achèvent de se fusionner, et les deux premiers ganglions thoraciques viennent se joindre à eux, de sorte que le premier ganglion apparent de la chaine innerve les appendices buccaux et les deux premières paires de péréiopodes, et qu'il ne reste plus que cinq ganglions thoraciques. Dans l’ordre des Isopodes on trouve chez les Ligidium et les Idotea une disposition très voisine de celle des
Gammarus ; mais chez tous les autres Isopodes aquatiques, les ganglions abdominaux se fusionnent en un seul, et le ganglion abdominal multiple disparait lui-même par fusion avec le dernier ganglion thoracique chez les Isopodes terrestres (fig. 753). La concentration est poussée plus loin, mais s'effectue autrement chez les ENTONISciDÆ ; les sept ganglions thoraciques sont confondus en une seule masse qui demeure
Fig. 754. — Condensation graduelle du système nerveux chez les Décapodes. — 1. Système nerveux à peine condensé de Galathea strigosa; ce, ganglions cérébroïdes; x, origine du stomato-gastrique; d, commissure postœæsophagienne ; 0, ganglions, encore tous distincts, des appendices buccaux ; my, mo, etc., ganglions des péréiopodes; p, vide pour le passage de l'artère sternale; a4, aç, ganglions abdominaux. — 2. Système nerveux condensé de Æupagurus Bernhardus ; les ganglions des appendices buccaux et celui du 17 péréiopode sont confondus en une seule masse om; le 2° ganglion thoracique est indépendant; tous les autres ne forment avec les ganglions abdominaux qu’une seule masse; r, vides entre les connectifs ; p, passage de l'artère sternale. — 3. Masse de condensation chez le Corystes dentatus ; les ganglions buccaux ne forment qu'une masse 0; les ganglions des péréiopodes sont indépendants (m1, ms); les ganglions abdominaux sont confondus en une masse (7) (d’après E.-L. Bouvier).
distincte du ganglion sous-œæsophagien d’une part, du ganglion abdominal, reporté très loin en arrière, d'autre part. |
Les Stomatopodes (Squilla) n’ont que dix masses ganglionnaires apparentes: la première, très volumineuse, innerve tous les appendices buccaux, y compris les cinq maxillipèdes; les trois suivantes, séparées par de longs connectifs de la première masse, sont les ganglions respectifs des trois segments thoraciques; de longs connectifs les séparent de quatre ganglions abdominaux, également espacés entre eux et unis par des connectifs de même longueur à une masse ganglionnaire terminale, représentant les trois ganglions des derniers mérides abdominaux et du telson.
La chaine ganglionnaire des SCHIZOPODES conserve les conditions primitives chez les Euphausia, où l'on compte dix-huit paires distinctes de ganglions ventraux et trois paires de ganglions sous-æsophagiens; cet état est à peine dépassé chez les Boreomysis, où les ganglions noyés dans du tissu conjonctif sont cependant moins distincts; chez les Mysis on ne distingue plus que seize ganglions, et ce nombre tombe à quinze chez les Gnathophausia, par suite de la fusion des premiers ganglions sous-æsophagiens et des deux derniers ganglions abdominaux !. La constitution primitive est également d’abord peu modifiée dans l'ordre des DÉCAPO- DES ?. Chez les Galathea, tous les ganglions des segments, au nombre de six, qui portent les appendices buccaux, sont distincts, quoique immédiatementen contactlesunsaveclesautres; ils sont également contigus avec le premier ganglion thoracique, très volumineux et séparé
des quatre autres par deux longs connectifs, eux-mêmes indépendants l’un de l’autre. Les quatre derniers ganglions thoraciques sont aussi contigus, mais indépendants;
1 À. Sars, Report ôn the Schizopoda, collected by H. M. S. Challenger, t. XIII, 1885. 2 E.-L. Bouvier, le Système nerveux des Crustacés décapodes et ses rapports avec l’appareil circulatoire. Annales des Sciences naturelles, 1889.
leurs connectifs ne s'écartent qu'entre les ganglions du troisième et du quatrième segments thoraciques, pour laisser passer l'artère sternale. Le premier ganglion abdominal est, à son tour, continu avec le dernier ganglion thoracique, et il en part
deux longs connectifs indépendants qui se rendent à la deuxième paire de ganglions abdominaux; cette paire est suivie de trois autres équidistantes, à connectifs également indépendants, et la chaine se termine par une masse ganglionnaire représentant les ganglions des deux derniers segments abdominaux et du telson. Les Axius et les Gebia ont une chaine un peu plus condensée en avant que celle des Galathea, en ce sens que l'on ne distingue que cinq paires de ganglions buccaux; en revanche, les cinq paires de ganglions thoraciques sont largement séparées les unes des autres; de plus longs connectifs les séparent du premier ganglion abdominal; les six masses ganglionnaires abdominales sont à peu près équidistantes. Les Nephrops ne diffèrent guère des Aœius et des Gebia que par la fusion totale des ganglions buccaux et par la fusion en un seul cordon des connectifs qui unissent les trois premières paires des ganglions abdominaux. Les Nephrops, les Axius etles Galathea peuvent être considérés comme les points de départ des trois séries des Macroures, des Anomoures et des Brachyoures que vont caractériser des modes différents de condensation du système nerveux, en rapport avec les conditions biologiques ou morphologiques, propres à ces animaux. Dans le premier de ces groupes s’accusent principalement la fusion latérale des ganglions et celle des connectifs en un seul cordon médian. Cette fusion s’indique d’abord chez les Écrevisses (fig. 753) et les Homards où les connectifs abdominaux, bien que distincts, sont soudés par un névrilème, et où les connectifs thoraciques ne s’écartent qu'entre le troisième et le quatrième ganglion de cette région (2) pour le passage de l'artère sternale ; la fusion est à peu près accomplie pour tous les connectifs qui suivent le dernier ganglion thoracique chez les Scyllarus, dont les connectifs thoraciques, bien que très volumineux, demeurent séparés. Les ganglions buccaux et thoraciques sont presque entièrement soudés chez les Langoustes sauf pour le passage de l'artère sternale; enfin chez les Palæmon, les Atya,les Crangonet probablement chez tous les Macroures pageurs, non seulement les connectifs abdominaux sont
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