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Fig. 815. — Région antérieure du céphalo- Fig. 816. — Saiticus sceni- Fig. 817. — Misumena vata, thorax de la Vemesia cæmenteria. O. Les cus, femelle; de la famille femelle; de la famille des yeux (d'après Dugès). des ATTIDÆ. THOMISIDÆ.
OxvoribÆ, LYcOsIDÆ, THERIDIONIDÆ, Où il se raccourcit déjà pour devenir presque hexagonal chez les TaomisinÆ (fig. 817), cordiforme et pointu en avant chez les UroctTein#. Le bord antérieur du céphalothorax est prolongé antérieurement chez les TROGULIDÆ en deux lames qui portent souvent les yeux, se rapprochent plus ou moins de manière à former un chaperon et finissent par se souder chez les Trogulus en une voûte dont la concavité inférieure peut loger une partie des chélicères et des maxillipèdes et porte le nom de camérostome. Cette disposition est un acheminement vers celle que l’on observe habituellement chez les Sarcoptes PERRIER, TRAITÉ DE ZOOLOGIE. 67
où il existe un camérostome enveloppant le rostre et fournissant deux prolongements qui accompagnent les maxillipèdes jusqu’à leur extrémité et qu’on nomme les joues (Robin).
La facon dont le céphalothorax s'attache à l’abdomen est aussi chez les Aranéides un élément de variation dans la forme. Le rétrécissement toujours marqué qui sépare ces deux régions est remplacé par un véritable pédicule chez les Lycosa narbonensis, Chrysothrix splendidissima, Micariosoma nigrinum et surtout Formicina mutinensis. Le céphalothorax est aplati chez les Scorpions, les Pédipalpes, les Chernèies; il ne forme avec l'abdomen qu'une seule masse ovoide ou même sphéroidale chez la plupart des Opilions et des Acariens (fig. 818). L’abdomen est habituellement ovoide, chez les Solifuges et les Araignées; mais il se renfle et devient presque sphéroïdal chez les Epeira. 11 est quelquefois gibbeux (Oroodes paradoxus;, polyédrique (Thomisus onustus) ou armé de longues épines (Gastracantha). [1 se rétrécit près de son extrémité et se prolonge en une sorte de queue chez le Tmarus Piochardi.
Les dimensions des Arachnides peuvent devenir pres- Fig. 818. — Trombidium holose- Que Microscopiques chez les Acariens; elles sont toujours
MU d'Acarien (d'aprés faibles chez les Chernètes qui ne dépassent pas 5 ou
6 millimètres; elles sont plus grandes chez les Opilions et toujours assez élevées chez les Pédipalpes (30 à 40 millimètres), mais les plus grandes dimensions sont atteintes par les Aranéides et les Scorpions. L’Eurypelma spinipes, Araignée du Brésil, atteint 9 centimètres de long et le Scorpio imperator du Gabon dépasse 2 décimètres.
Entre les hanches, le céphalothorax présente presque toujours un certain nombre de pièces impaires qui ont reçu différents noms, suivant les ordres, et dont on peut désigner l’ensemble sous le nom de sternum. Il n'existe chez les Scorpions qu'une pièce sternale comprise entre les hanches des deux dernières paires de pattes (fig. 819;) ses variations de forme ont servi à diviser l’ordre en trois familles (voir la classification). On trouve un rudiment de sternum chez les Garypus, entre les hanches de la quatrième paire, mais il n’existe plus de trace de cette plaque Chez les autres Chernètes. Les Opilions et les Aranéides ont, au contraire, un sternum formé de deux pièces constituant ensemble la lèvre sternale (Balbiani) ou simplement la lévre (fig. 820). La pièce postérieure ou piéce sternale sépare chez les Phalangodes les hanches des trois premières paires, chez les PHALANGIDE les hanches des deux dernières paires s'appuient sur son bord postérieur, tandis que sur son bord antérieur s'articule la piéce labiale qui s’avance jusqu’au voisinage de la bouche entre les hanches des maxillipèdes. Des caractères tirés de la pièce labiale et de la pièce sternale interviennent souvent dans la définition des genres d’Aranéides.
Appendices. — Chez les Scorpions (fig. 819, Kf), les Chernètes, les Solifuges, les Opilions et un certain nombre d’Acariens (SARCOPTIDÆ, GAMASIDÆ), les chélicères sont en forme de pinces didactyles. Ces pinces sont formées de trois articles y compris le doigt mobile chez les Scorpions, les Solifuges et les Opi-
lions; il n’y en a plus que deux chez les Chernètes et les Acariens; leur doigt se meut dans le sens horizontal chez les Scorpions et les Opilions, dans le sens vertical chez les Chernètes et les Solifuges; en outre, chez les Opilions, à l'exception des TroGuzipÆ, la pince au lieu d’être sur le prolongement du premier article est habituellement rabattue verticalement de manière à former un coude avec lui. Les chélicères en pince sont généralement courtes; cependant chez les Ischyropsalis, elles dépassent
notablement la longueur du corps; le plus souvent leurs doigts présentent des dentelures caractéristiques des espèces. La pointe des doigts mobiles supporte, chez les CHELIFERINE et Îles GARYPINÆ, une apophyse transparente, cylindrique, terminée par de petites déchiquetures et prolongeant le doigt en avant, c’est la galea; en outre, on trouve chez tous les Chernètes deux singuliers appendices, la serrula et le flagellum. La serrula est insérée à la base interne du doigt mobile. C’est une lame très mince, transparente, profondément denticulée au bord supérieur et presque cachée dans une rainure du bord interne du doigt, quand la pince est fermée. Le flagellum est porté par le premier article de la chélicère ; il est constitué par une tige délicate, un peu arquée et divisée à son extrémité en longues branches parallèles sim- Fig. 819.— Céphalothorax et abdomen d’Aeples (CHELIFERINÆ, Garypus), ou ramifiées (Chtho- es A Er D SR ee nius), garnies de poils. Peut-être faut-il compa- base pièces sternales; A, peigne; Sé, stigrer ces appendices à l’épipodite et à l’exopodite ro
des appendices des Crustacés; ils paraissent jouer un rôle dans la confection du cocon de soie dans lequel s’enveloppent à un certain moment les Chernètes.
Chez les Pédipalpes et les Aranéides, le doigt mobile de la chélicère, réduite à deux articles, est un long crochet qui, en l’absence du prolongement, en forme de doigt fixe de l'article basilaire, se rabat simplement sur ce dernier (fig. 820, Kf). La chélicère n’est donc plus un organe de préhension; mais elle demeure un dangereux organe d'attaque; son crochet est, en effet, percé à son extrémité libre d’un orifice par lequel s'écoule, lorsque l’animal mord, un liquide assez venimeux pour tuer des petits animaux et causer à l’homme de vives douleurs. Les chélicères de beaucoup d'Acariens (IXODIDÆ, TROMBIDIDÆ, SCIRIDÆ, HYDRACHNIDÆ) ont simplement la forme de stylets, ordinairement de deux articles (fig. 821, Kf).
Les maxillipèdes, au lieu d’être insérés en avant de la bouche comme les chélicères, sont plutôt insérés en arrière; ils sont d'ordinaire beaucoup plus développés. Chez les Scorpions, les Pédipalpes, les Chernètes, ce sont de beaucoup les appendices les plus puissants (fig. 810, 811, 819, Kt). Ils ont chez les Scorpions, les Thélyphones et les Chernètes la forme de longs et robustes bras, terminés par une puissante main didactyle, dont le doigt fixe est beaucoup plus court
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que l’autre chez les Télyphones, à peu près de même longueur dans les deux autres ordres. Le doigt fixe manque tout à fait chez les Phrynes, où la griffe est encore armée, en revanche, de puissantes épines. Dans les autres groupes, l'importance relative des maxillipèdes tend à se réduire : ils sont encore plus robustes que les pattes, armés d’épines et terminés par une grande griffe ravisseuse chez les Phalangodes; leur avantdernier article se bifurque chez les Prosalpia; les trois derniers articles présentent un prolongement interne chez les Megabunus; les maxillipèdes sont plus courts et souvent plus grêles que les membres suivants, et ils n’ont même plus de griffe terminale chez les Nemastoma et les Trogulus, de sorte que leur extrémité libre ne sert guère que d’organe explorateur. Dans quelques TRoGULIDE, ils sont d’ailleurs courts, grêles et cachés, avec les chélicères, dans le Fig. 820. — Dsydera erythrina vue à ‘ par la face ventrale. — ÆXf, ehéli- Camérostome (Dicranolasma, Trogulus, etc.). a : Re ee ee a Les sn UBEENCe des Aranéides sont toujours plus leurs stigmates; S#, stigmates pos- Courts et ordinairement plus grêles que les pattes; térieurs conduisant dans des tra- ils sont le plus souvent terminés chez les femelles chées ; &, orifice génital ; Sp, filières (d'après Dagès). par une griffe pectinée. Cette griffe ne présente plus que de deux à cinq denticulations chez les LycosiDÆ; elle est courte et rudimentaire chez les PHOLCIDÆ, et manque chez les THERIDIOSOMATINÆ et quelques autres TaEribripæ. Le dernier article du maxillipède porte toujours chez le mâle un organe copulateur chargé d'introduire le sperme dans l'orifice génital de la femelle (fig. 822). Cet organe est un simple 3 ? appendice de cet article qui n’est pas autrement Fig: Hoche a Me modifié chez les Araignées à quatre paires de stigpalpes maxillaires; 2, première IMates (THERAPHOSÆ, GNAPHOSÆ); il Consiste en une is e pattes (d'après A. Pagens- ampoule ovoide, à col très allongé, légèrement courbe et dont la cavité est continuée dans le corps de l'ampoule par un canal spiral (fig. 823). L'organe est beaucoup plus compliqué chez les Araignées à deux stigmates, où il présente, dans sa conformation, de très nombreuses variations caracléristiques de chaque espèce. Dans le genre Epeira que l’on peut prendre comme type, le cinquième article du maxillipède est déjà modifié; il se dilate extérieurement en une lame mince et creuse au dedans Fig. 822. — Mäle et femelle accouplés Ge ]aqueile se trouve une épine couverte de soies. de Lingphia (d'après O. Hermann). nd re : \ A la base de cette épine s'articule l'appareil copulateur proprement dit, formé lui-même de deux parties : la partie basilaire ou cymbium a la forme d’un cône creux, articulé par son sommet sur le cinquième article et présentant vers son extrémité distale des épaississements internes de sa paroi,
contournés en filaments spiraux. Au-dessus de la région occupée par ces filaments, la cavité du cymbium s'ouvre à l'extérieur, tandis que la région des filaments se prolonge en un Canal recourbé qui s'ouvre dans la cavité même du cymbium. La paroi du cymbium se prolonge, du côté interne, au-dessus du premier de ces deux orifices en une sorte de large cuilleron membraneux qui embrasse les pièces restantes. Ces pièces articulées sur la base du cône qui constitue le cymbium, sont le tegulum et l’embolus. Le tegulum est un organe chitineux, en forme d'ongle creux, dont la concavité est tournée vers l’intérieur et peut s'opposer à celle de la lame enveloppante. De la base de cette concavité s'élève un autre appendice creux, digitiforme, au-dessous duquel s’insère enfin l’embolus, crochet chitineux, courbé vers le tegulum. C’est à la base de ce crochet, entre cette base et la lame enveloppante, que se trouve l'orifice externe du cymbium. L'embolus est creusé d’un canal qui s’élargit peu à peu, s'ouvre au dehors à sa pointe et constitue le réceptacle séminal; il représente probablement la pointe du col de lamphore des Tétrapneumones, dont la partie renflée est repré- : sentée par le {egulum; le cymbium n'est autre chose que Fig. 823. — Portion terminale du le dernier article du tarse transformé en réservoir et Se DE TMD évasé en forme de coupe à bords inégalement relevés
autour de l’amphore modifiée. Il subsiste encore quelque obscurité sur le mode de fonctionnement de ce singulier appareil.
Le maxillipède des Arachnides est typiquement composé de six articles, dont le dernier et l’avant-dernier forment la pince didactyle dans les types qui en sont pourvus. L'article basilaire ou hanche est large, aplati et toujours inséré au voisinage de la bouche, mais ne présente vers celle-ci aucun prolongement particulier chez les Scorpions, les Pédipalpes et les Chernèêtes ; il existe, au contraire, chez les Opilions et les Aranéides (fig. 820, K), un lobe maxillaire très net, dirigé vers la bouche et rencontrant au-dessous d'elle son symétrique. La hanche chez les Opilions porte deux petits tubercules, dont l’un peut être considéré comme un rudiment d’épipodite. Le lobe maxillaire parait, au premier abord, chez les Araignées complètement distinct du reste du maxillipède, et l'on pourrait trouver que ce dernier nait du thorax derrière lui, d'une manière tout à fait indépendante ; mais l'étude comparative des maxillipèdes chez les diverses Arachnides ne peut laisser aucun doute sur la signification de ces lobes maxillaires auxquelles on applique souvent la dénomination des mdchoires, tandis que le reste des maxillipèdes est désigné sous le nom de palpe. Assez souvent un sillon transversal divise le lobe maxillaire en deux articles dont l’un est en continuité avec la hanche.
Chez les Acariens, les lobes maxillaires forment, avec le labre, une sorte de lèvre inférieure qui supporte les pièces buccales, constituant le rostre ; les maxillipèdes eux-mêmes sont courts, divisés en un petit nombre d'articles, et comprennent entre eux les chélicères; ils sont accompagnés chez les GAMASIDÆ d'appendices articulés et allongés, désignés sous le nom de galea, et d’une languette
triangulaire, allongée en pointe simple ou fourchue et reposant sur la lèvre inférieure.
Il existe des lobes maxillaires très développés sur la hanche des deux premières paires de pattes chez les Scorpions (fig. 819), où ils sont séparés par un sillon de la hanche proprement dite; on observe leurs équivalents chez les Opilions et chez les Araignées; il n’y a rien de semblable chez les Pédipalpes, les Chernètes et les Solifuges. La présence chez un grand nombre d’Arachnides de ces trois paires de lobes maxillaires des appendices locomoteurs proprement dits, rapproche évidemment ces animaux des types primitifs d’Arthropodes.
Comme les Malacostracés, les Arachnides ont les pattes ambulatoires typiquement composées de sept articles auxquels il serait logique d’appliquer la dénomination adoptée pour ces Crustacés. Mais, en raison de la position à peu près constante des coudes que présentent ces paltes et des proportions moins variables de leurs articles, d’autres dénominations ont prévalu. On distingue chez les Scorpions une hanche correspondant au coxopodite des Crustacés; une cuisse formée d'un court trochanter ou basipodite, et du fémur ou ischiopodite; une jambe que compose à lui seul le tibia ou méropodite; enfin un farse triarticulé qui comprend le carpopodite, le propodite et le dactylopodite. Le fémur et le tibia sont tous deux allongés ; le carpopodite, le propodite et le dactylopodite sont courts. Le dactylopodite supporte deux griffes et un court éperon qu’on peut regarder comme le rudiment d'une troisième griffe; au-dessus de ces griffes le bout du dactylopodite se prolonge en une apophyse unguéale qu’on retrouve chez les Pédipalpes et les GOoNy- LEPTIDÆ. Les pattes des Chernètes et celles des Solifuges ressemblent beaucoup à celles des Scorpions; seulement les deux premières paires de pattes des GARYPINÆ présentent, entre le Jémur et le trochanter, un petit article supplémentaire, le trochantin, qu'on retrouve sur toutes les pattes des OBisiiNx et sur les deux dernières paires des Solifuges,; une pareille subdivision d’un article est fréquente chez les Crustacés (fig. 735, p. 905) et n'a pas d'importance morphologique. Chez les Opilions et les Araignées (fig. 824), le membre présente bien les trois coudes ordinaires qui sont une nécessité mécanique et qui permettent d'y recon-
Fig. 824. Niue mirabilis, naître une hanche, une cuisse, une jambe et un
tarse ; mais les articles sont distribués entre ces régions autrement que dans les ordres précédents ; la jambe est, en effet, formée de deux articles : la patellu ou méropodite et le éibia qui n’est plus le méropodite, comme chez les Scorpions, mais le carpopodite; il suit de là que le tarse n'est plus composé que de deux articles, ce qui est la règle chez les Araignées où ces articles sont généralement grêles et allongés : le premier d’entre eux ou propodite est désigné, chez ces animaux, sous le nom de métatarse et le dactylopodite devient le farse proprement dit. Le fémur du Trogulus présente un trochantin. Les tibias de la seconde paire des Liobunum et des Prosalpia se subdivisent à leur tour; cette subdivision devient la règle pour le métatarse des autres PHALANGIDÆ, à l'exception des Acantholophus et des Sclerosoma; elle se manifeste à la fois sur les
métatarses, les tibias et même les fémurs chez les NEMASTOMATIDÆ; mais C'est surtout sur le tarse ou dactylopodite qu’elle est fréquente; déjà cet article se subdivise en deux autres chez les SIRONIDÆ, en trois chez les TROGULID#, en un nombre qui varie de trois à quinze chez les PHALANGODIDÆ et qui, toujours élevé, peut atteindre à quarante chez les NEMASTOMATIDÆ et les PHALANGIDÆ. Une pareille subdivision du dactylopodite et du propodite caractérise la première paire de pattes des Thelyphonus; elle s’étend au carpopodite chez les Phrynus (lig. 810). Les autres pattes de ces animaux rappellent celles des Araignées parce que la jambe présente une patelle et un tibia; mais le tarse est toujours divisé en quatre ou cinq articles. Les premières paires de pattes des Solifuges, malgré
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Fig. 825. — Femelle de Sarcoptes scabiei, vue du dos Fig. 826. — Femelle de Sarcoptes scabiei, vue (d’après Gudden). par la face ventrale (d’après Gudden).
leur apparence d'organes tactiles, ne présentent que le nombre normal d'articles (fig. 813, p. 1056). Nous avons déjà rencontré chez de nombreux Crustacés (PAN- DALINÆ, ALPHEINÆ, ACANTHEPHIRINÆ) une subdivision des articles des membres qui peut aller jusqu'à les transformer en fouets semblables aux fouets antennaires (Hapalopoda).
Cette constitution générale des membres n’est pas très altérée chez les Acariens qui mènent une existence à peu près indépendante; mais leur modification se produit en sens inverse; probablement par la fusion du coxopodite avec le corps, le nombre des articles est toujours réduit à six dans les formes les moins modifiées qui sont de beaucoup les plus nombreuses ; il tombe ensuite à cinq (ORIBATIDÆ, SARCOPTIDEÆ, fig. 825, 826, 827), puis à trois (ARCTISCIDÆ ou Tardigrades, DEMODECIDE, fig. 828). Les pattes des Acariens, en raison de la vie parasitaire de ces animaux, se prêtent à de nombreuses adaptations et sont souvent fort dissemblables. D'ordinaire, deux d'entre elles sont dirigées en avant et deux en arrière. La 3° paire de pattes des Analges est colossalement épaissie, recourbée et terminée par un crochet, tandis que les autres sont terminées par une ventouse dite très improprement ambulacre. Chez les Sarcoptes, les deux paires de
pattes antérieures se terminent par une ventouse, les deux autres par une longue soie chez la femelle; la 3° présentant seule ce mode de terminaison chez le mâle; la 4° paire de pattes est petite chez les Psoroptes; elle devient rudimentaire ainsi que la 3° chez les Phytoptus; la 1'° paire est courte et puissante chez les Myobiu.
Les griffes qui terminent les pattes sont arquées, pointues et simples chez les Scorpions, les Chernètes, les Galéodes, les SIRONIDEÆ, les PHALANGODIDÆ, GONYLEPTIDÆ, COSMETIDE ; il n’en existe qu'une seule dans les autres familles d’Opilions ; en
Fig. 827. — Mâle de Sarcoptes scabiei, vu du côté Fig. 828. — Demodex folliculorum, forteventral (d'après Gudden). ment grossi. Âf, pattes-màächoires (d’après Mégnin).
revanche, beaucoup d'Araignées en ont trois. Sous les griffes des Chernètes, il existe aussi un appendice membraneux en forme d’entonnoir, susceptible de faire ventouse et qui permet à ces animaux de marcher sur les surfaces verticales les plus polies, même sur le verre. Cet organe est de tous points semblable à la ventouse conique qui termine les pattes de beaucoup d’Acariens parasites et peut coexister chez eux avec des -crochets. Les pattes des Araignées présentent une armature beaucoup plus complexe. Leur dernier article porte trois griffes chez le plus grand nombre des ARANEÆ VERÆ, les Oxvoripæ, les Lycosinæ. De ces trois grilles les deux supérieures sont presque égales et fortement pectinées (fig. 829, K); l'inférieure, plus petite (TK), n’est d'ordinaire pourvue que d'un nombre restreint de dents, elle peut cependant être aussi pectinée (UROCTEIDÆ). Dans son voisinage, deux ou plusieurs soies pectinées (fig. 829, Gb) prennent un assez grand développement pour mériter d’être considérées comme des griffes accessoires (ÉPEIRIDÆ, ULOBORIDÆ, PHOLCIDÆ); les ATTIDÆ, PALPIMANIDÆ, SPARAS- SIDÆ, DRASSIDÆ, THOMISIDE n’ont que deux griffes tarsales; mais au-dessous de ces griffes il existe souvent, dans ces familles, une brosse régulière de soies épaisses raides, constituant ce qu’on nomme une scopule (fig. 830, S). L’étendue de la scopule est variable ; elle est limitée à la région des griffes chez les ATTIDÆ, quelques DRassipÆ, la plupart des mâles des PHILODROMINÆ, mais elle couvre d’autres fois tout le dactylopodite et s'étend même chez les Sparassus sur toute la surface du dactylopodite et du propodite (tarse et métatarse). Bien qu'ayant trois griffes tarsales, les LycosiDÆ possèdent des scopules. Il est à remarquer que les Araignées pourvues de scopules sont des Araignées errantes, ne construisant pas de toiles;
toutefois la réciproque n’est pas vraie :les Oxyopipæ et les THOMISINÆ sont errantes, bien que dépourvues de ces brosses de soies. Dans les familles des DicTYNinz, ERESIDÆ, ULOBORIDÆ et FILISTATIDÆ, les métatarses de la 4° paire de pattes portent
Fig. 829. — Extrémité de la patte Fig. 830. — Extrémité de la Fig. 831. — Organe fileur de l’Amau-
de l’Epeira diadema. K, griffes patte du Phillaeus chrysops robius ferox. Cr, stigmates trasupérieures ; 7%, griffe infé- avec deux griffes et une chéens ; Spw, filières (d’après rieure; (Gb, griffes auxiliaires scopule, $ (d’après O. Her- O. Hermann).
(d’après O. Hermann). mann).
une double rangée de poils symétriquement disposés et inclinés de haut en bas et de dehors en dedans. Ces poils constituent le calamistrum (fig. 832, Ca). L'existence du cCalamistrum coïncide toujours avec celle d’une plaque saillante percée de pores très fins, placée entre les filières inférieures (fig. 831) et surmontant parfois un stigmate; cette plaque est le cribellum. Les fils que produisent les espèces pourvues de ces deux organes sont plus complexes et plus opaques que les fils ordinaires; ils sont formés d’un premier fil épais, autour duquel s'enroule un second fil très délié, dessinant des festons irréguliers. Les ULoBoribÆ filent d'ailleurs une toile orbiculaire, comme celle des Epéires. Celle des DicTyNiDÆ est irrégulière, et à mailles larges, de sorte qu'il n’y a pas de lien étroit entre la présence d'un calamistrum et une forme de toile déterminée. Le calamistrum et le cribellum peuvent se trouver dans les deux sexes, mais ils sont toujours moins développés chez les mâles et n'existent même habituellement pale aa ddaliene que chez les femelles. paire de l'Amaurobius ferox. — On trouve sur la dernière paire de pattes des Soli- © A EE A fuges de singuliers organes, les raquettes coxales (fig. 813), que l’on peut rapprocher, dans une certaine mesure, des calcéoles des Amphipodes. Chaque raquette est constituée d’une palette élargie et d’un pédoncule. Le bord libre de la palette présente une gouttière contenant une rangée de petites éminences coniques, dans chacune desquelles se termine un filament nerveux, issu d’un nerf qui traverse le pédoncule. Ces raquettes sont au nombre de cinq chez le Galeodes barbarus, deux sur le coxopodite, deux sur le basipodite et une sur l’ischiopodite. On a quelquefois comparé les pattes pourvues de raquettes des Galéodes à des organes, également riches en terminaisons nerveuses, que porte, au voisinage de l'opercule génital, le premier segment abdominal des Scorpions et qui ont la forme de peignes dont les longues dentelures sont en nombre variable suivant le sexe (fig. 819, K). Le dos du peigne est constitué par trois séries longitudinales de
pièces, une supérieure comprenant généralement trois pièces; une médiane dans laquelle le nombre des pièces varie, suivant les familles, des Telegonus et des Vejovis, où elles sont très nombreuses, aux Broteas où il n’y en à plus qu'une seule. La troisième série est formée par les pièces basilaires qui sont à peu près semblables entre elles et supportent les dents du peigne. Celles-ci sont allongées, et leur face interne présente une dépression longitudinale, ovale, entourée d’un rebord garni de petites papilles. Un nerf traverse le peigne dans toute sa longueur et envoie dans chaque dent un rameau qui présente de manifestes terminaisons tactiles. Le nombre des dents des peignes varie de quatre (Cherilus) à une trentaine {Buthus).
Le premier segment abdominal des CGhernètes porte, entre les orifices génitaux et un peu au-devant d'eux de très nombreux tubules mobiles, dont l’ensemble a été considéré comme une filière. À travers des tubules suinterait, en effet, un liquide capable de se consolider pour former le fil soyeux dont l'animal se sert pour se construire une sorte de cocon où il s'abrite au moment de la mue et de la ponte. Cette fonction a été attribuée depuis à un autre organe. Les fils dont les Araignées tissent leur toile sont bien, en revanche, la réunion des filaments très fins, produits par la consolidation d’un liquide suintant au travers de nombreux tubules; mais ces lubules, au lieu d’être sessiles sur la face ventrale du premier segment abdominal, sont groupés à l'extrémité de courts appendices qu’on nomme également les filières et qui sont placés au voisinage de l'anus. Ces filières sont au nombre de quatre, disposées par paires et souvent triarticulées chez les AVICULARIDÆ ; elles sont au nombre de six, également disposées par paires dans les autres groupes (fig. 831, Spw). Les filières supérieures et inférieures sont formées de trois segments: les moyennes de deux. Les dimensions relatives des trois paires de filières fournissent un nouvel ordre de caractères distinctifs, fréquemment employés. Le nombre des tubules que porte chaque filière est très variable; il est particulièrement grand chez les Araignées à toile circulaire, dont les filières supérieures sont les plus longues et les filières médianes les plus courtes. On compte une centaine de tubules sur chacune des filières supérieures; les filières inférieures en ont déjà beaucoup moins, et il n’en reste plus que de vingt à trente sur les filières médianes où l’un d'eux est plus grand que les autres. Ces tubules sont, en général, de longueur et de grosseur différentes; mais on distingue simplement parmi eux de grands et de petits tubules; ils sont presque toujours formés d’une partie basilaire cylindrique et d'un appendice terminal plus ou moins effilé. Les filières sont probablement des appendices abdominaux rudimentaires (p. 1096).
Appareil digestif. — La bouche des Arachnides est, au point de vue de la préhension et de la mastication des aliments, desservie par les chélicères et l’article basilaire des maxillipèdes; mais elle présente, en outre, quelques pièces qui lui sont propres. Chez les Obisium le céphalothorax se prolonge au-dessus d'elle en une petite pièce, l’épistome. Chez les Opilions, on observe au-dessous des chélicères et au-dessus de la bouche un pré-épistome ou clypeus, au-dessous duquel on voit une autre petite pièce qui a reçu les noms d’épistome ou de labre. Il existe aussi un épistome chez les Araignées.
La bouche conduit, chez les Scorpions, dans une sorte de poche pharyngienne pyriforme que peuvent dilater des muscles fixés aux parois du corps; cette poche est suivie d’un étroit œsophage ascendant qui traverse le collier nerveux, puis se
renfle en une poche stomacale ou jabot, dont la longueur correspond à celle du Céphalothorax et dans lequel viennent s'ouvrir deux glandes importantes. Du jabot part un tube qui s'étend en ligne droite jusqu'à l’avant-dernier segment du postabdomen, où il s'ouvre au dehors, immédiatement au-dessous du crochet venimeux. On peut y distinguer deux régions, l’une contenue dans l'abdomen proprement dit, entourée par les innombrables ramifications du foie qui s'ouvre à son intérieur par de nombreux orifices; l'autre, contenue dans le post-abdomen, commence en arrière des orifices de deux tubes grêles à parois minces que l’on peut comparer aux tubes urinaires des Arthrostacés et désigner, comme eux, sous le nom de tubes de Malpighi.
Le tube digestif est également droit et pourvu de tubes de Malpighi chez les Pédipalpes. L’intestin forme chez les Chernètes une anse avant d'aboutir au rectum qui est élargi; il est entouré, comme chez les Scorpions, d’un foie lobé.
L'appareil digestif des Solifuges est plus complexe. Il commence par un œsophage presque capillaire qui traverse le collier nerveux, s’élargit ensuite en une poche stomacale, puis se rétrécit légèrement pour former un intestin cylindrique, suivi d’un court rectum ; ce dernier débouche, à son tour, dans un cloaque en forme de sac, s’ouvrant au dehors par l'anus. Dans l’élargissement stomacal s'ouvrent, à sa face inférieure, quatre paires de tubes glandulaires; l’une d'elles se dirige en avant et se termine en cæcum dans un petit mamelon situé entre les chélicères et les maxillipèdes; les trois autres paires courent latéralement le long de l'intestin. Ce dernier reçoit deux paires de tubes de Malpighi, colorés en blanc, et qui se ramifient abondamment dans toute l'étendue de l'abdomen.
La cavité buccale, assez spacieuse, des Opilions est revêtue de poils fins; elle est continuée par un étroit pharynx ascendant, aux parois duquel s’attachent six muscles dilatateurs, fixés, d'autre part, aux parois du corps. Après avoir traversé le collier nerveux, l’œsophage s’élargit légèrement et s'ouvre dans une poche piriforme qu’on peut considérer comme l'intestin moyen; un tube court et étroit fait communiquer celui-ci avec le rectum qui est un sac spacieux s’ouvrant à la face ventrale. Dans l'intestin moyen débouchent six paires de tubes ramifiés, dont chaque branche se termine en cæcum, et qui se trouvent à sa face supérieure et sur ses côtés. Du côté dorsal on distingue, parmi les cæcums antérieurs, les circonvolutions des tubes de Malpighi, qui aboutissent à deux sacs symétriques. Chacun de ces sacs se prolonge antérieurement en un tube que l’on peut suivre jusqu’au voisinage de glandes spéciales, s’ouvrant à l'extérieur sur les côtés du céphalothorax et dont il sera question plus loin.
La bouche des Aranéides conduit dans un pharynx ascendant, déprimé, dont la paroi supérieure et la paroi inférieure sont garnies d’une lame de chitine. Au pharynx fait suite l’œsophage qui lui est perpendiculaire. L’œsophage traverse, comme d'habitude, le collier nerveux et aboutit au pabot aspirateur qui s'ouvre, à son tour, dans l'estomac, entièrement contenu dans le céphalothorax. L’estomac est relativement petit; mais il en part de volumineux cæcums, disposés symétriquement, dont le nombre varie suivant les types. Il n'y en a que trois paires chez les Atypus; la première paire se dirige en avant, et les deux cæcums qui la composent s’accolent assez souvent l'un à l’autre; la deuxième paire, courte et grêle, se dirige également en avant, la troisième se dirige en arrière, et pénètre dans l’article basilaire de la
deuxième paire de pattes. Le nombre des paires de cæcums est habituellement de cinq; ils naissent tout à fait indépendamment les uns des autres chez les Nemesia (fig. 833, Ms), chez les Argyroneta, Clubiona, Amaurobius, Epeira, trois des cinq cæcums de chaque côté naissent des cæcums de la première paire qui s’accolent à leur extrémité; il en est de même chez les Drassus, Tegenaria, Agelena, Dolomedes où les deux cæcums de la première paire se fusionnent à leur extrémité de manière à former un anneau complet. La cinquième paire de cæcums nait d’une manière indépendante. Tous ces cæcums se dirigent respectivement vers l’un des appendices, à l'exclusion des maxillipèdes, pénètrent dans leur article basilaire et s’y terminent ou se réfléchissent vers la ligne médiane pour se terminer sous la masse nerveuse céphalothoracique (Epeira), peut-être après s'être anastomosés (THERAPHOSÆ).
L'intestin cylindrique qui fait suite à l’estomac, passe dans l'abdomen, se courbe graduellement vers le bas et se termine à l'anus situé à l'extrémité postérieure du corps. On peut y distinguer une région glandulaire, une région à parois internes lisses, une région à parois internes ondulées. La région glandulaire présente, du côté dorsal, de nombreux diverticules très courts; du côté ventral, un diverticule plus allongé se Fig. 833. — Canal digestit dirige en arrière (Segestria, Tegenaria, Epeira); latéralement
de la Nemesia cæmente- 5n observe deux sortes de diverticules : les uns, très courts,
ria. — G, cerveau; Hs,
diverticules de l'esto- Sont des acini glandulaires isolés; les autres, longs et ramifiés,
te D paraissent être au nombre de trois paires, et doivent être
pighi; À,rectum(d’après Considérés comme les canaux excréteurs d'une volumineuse
EPA glande intestinale à laquelle on donne habituellement le nom de foie (fig. 833, L). Les observateurs ont fréquemment confondu les canaux et les acini isolés; de là les nombreuses divergences qu’ils présentent dans l’énumération des canaux excréteurs de la glande intestinale dans les différents genres. La région à parois lisses et la région à parois ondulées ne présentent pas de diverticules; leur trajet est presque rectiligne et la dernière aboutit à une vaste poche cloacale (R), dans laquelle elle pénètre par sa face inférieure. Presque au même point s'ouvrent dans cette poche cloacale deux tubes de Malpighi (N).
L’æsophage et Le jabot ont une structure analogue : le premier (Epeira) est revêtu intérieurement d'une épaisse couche de chitine, interrompue le long de la ligne médiane ventrale de manière à permettre sa dilatation; les parois internes du second sont revêtues de quatre plaques chitineuses; une médiane supérieure très large, deux latérales symétriques et une médiane inférieure relativement étroite, de sorte que la section de l'organe a la forme d’un YŸ à branches un peu courbes et très écartées. Ces quatre pièces s’emboitent de manière à pouvoir glisser les unes sur les autres sous l’action de muscles dont les uns (muscles constricteurs) unissent entre elles les trois arêtes du jabot, tandis que les autres (muscles dilatateurs) vont des plaques chitineuses aux parois céphalothoraciques. Les parois de l'estomac et des cæcums stomacaux sont formées à l'extérieur par des cellules polyédriques, à l'intérieur par de grandes cellules irrégulières, transparentes, tandis que les cellules de l’épithélium interne de l'intestin sont cylindriques; entre les deux couches s'in-