‹ Traité de zoologie (volume 5)Chapitre 334 sur 396 · AB · texte numérisé non relu

AB

Fig. 847. — Système nerveux central du Scorpion. — #B, procérébron ou cerveau antérieur; AB, deutocérébron ou cerveau moyen; AB, cerveau accessoire; entre les deux cerveaux postérieurs correspondant à l’ensemble des ganglions thoraciques. 1 à 6, nerfs neuraux issus du deutocérébron et des ganglions suivants; @, ag, nerfs hémaux, des mêmes ganglions; m, nerf des yeux médians; n, nerf des yeux latéraux; V, nerfs vagues; p, nerf du peigne; c, commissure antérieure; à, tube digestif; d, bouche (d’après Patten).

trois nerfs que fournit chacun des quatre ganglions se fusionne avec ses pareils pour former un grand nerf se rendant au peigne (p). Chacun de ces nerfs porte à sa base un renflement ganglionnaire; trois des renflements demeurent distincts et sont désignés sous les noms de ganglion noueux, ganglion fusiforme et petit ganglion. Des ganglions de la première paire du cerveau accessoire naissent encore deux nerfs hémaux qui demeurent indépendants; dans les trois segments suivants, les deux nerfs hémaux issus d'un même ganglion se soudent, formant trois nerfs à double racine; ces racines cessent d’être distinctes pour les nerfs issus des ganglions abdominaux dont chacun ne semble plus émettre que deux nerfs. Ces cinq nerfs hémaux (V) forment à quelque distance de la masse ganglionnaire sous-œæsophagienne un faisceau compact; le deuxième et le troisième double-nerf se fusionnent bientôt pour former un cordon unique qui innerve la première et la deuxième poches pulmonaires, la surface ventrale du corps, et fournit peut-être quelques branches au foie. Le nerf hémal antérieur du premier ganglion du cerveau postérieur court le long de la glande coxale, et, se divisant en branches nombreuses, se perd à la surface d’une sorte d’épaisse membrane péritonéale; le nerf postérieur du même ganglion innerve de nombreux organes sensitifs des téguments latéraux et dorsaux de l’abdomen; le quatrième nerf du quatrième ganglion se ramifie dans les téguments et les muscles longitudinaux de la face ventrale de l’abdomen. Un petit nerf spécial né de la face ventrale du cerveau accessoire, se rend à la portion distale des canaux sexuels. Il est à remarquer que le champ de distribution de

ces nerfs n’est nullement limité à tel ou tel segment déterminé, ni à telle ou telle catégorie d'organes, ils méritent donc, à cet égard, le nom de nerfs vagues 1.

Chez les Thélyphonides, la partie antérieure du système nerveux a le même aspect général que chez les Scorpions, mais il n’y à plus qu'un seul ganglion isolé en arrière de la masse sous-œsophagienne; il est placé dans le dernier segment abdominal normal; ce ganglion se fusionne avec les précédents chez les Phrynus et tous les autres Arachnides ?. Parmi ces derniers, les Opilions se font remarquer par les ganglions que portent les deux nerfs qu'envoie à l’abdomen la masse sous-æsophagienne.

Les ganglions cérébroïdes et les ganglions sous-œæsophagiens ne forment pour ainsi dire qu'une seule masse chez les Aranéides (fig. 848). La masse susœæsophagienne est petite, cubique; elle est comprise entre les grands cæcums dorsaux de l’estomac, le jabot aspirateur, l'œsophage et le muscle qui relie ce dernier au tégument dorsal; elle correspond au procérébron et au deutocérébron des Scorpions et innerve les yeux et les chélicères. La masse sous-œæsophagienne très raccourcie fournit cinq paires de nerfs pour les appendices et une

Fig. 848. — Système nerveux de la Theraphosa Blondii.

— a, cerveau; b, nerfs optiques; €, nerfs des chélicères; d, nerfs des palpes maxillaires ; e, nerfs des paites ; /, ganglion très reduit à la base du pédicule; 9, ÿ, organes respiratoires auxquels se distribuent

paire de nerfs abdominaux; la première paire innerve, outre les maxillipèdes, les pièces buccales. Les quatre paires

les premiers nerfs abdominaux; À, nerfs pour les

a nerveuses destinées aux pattes sont renmuscles ; 1, filières (d'après E. Blanchard).

flées à leur base, et contiennent à leur périphérie, dans cette région, de grandes cellules ganglionnaires. Toute la périphérie des deux masses nerveuses sus- et sous-æsophagiennes est entourée de petites cellules ganglionnaires; ces cellules sont surtout nombreuses sur les faces supérieure et latérales du quatrième ganglion sus-æsophagien, sur la face inférieure des ganglions sous-æsophagiens.

La masse nerveuse est également réduite à un collier complet et serré chez les ACariens ; les ganglions supérieurs forment une masse carrée (fig. 849, G) dont les angles antérieurs donnent naissance aux nerfs des palpes maxillaires, les angles postérieurs à des nerfs tégumentaires; du milieu du bord antérieur part le nerf buccal; les nerfs mandibulaires semblent aussi tirer leur origine du milieu de la face dorsale de ces ganglions, mais on peut les suivre au travers de la masse

- 1 PATTEN, On the origin of Vertebrates from Arachnids. Quart. Journ. of. Microscopical science, 3° série, vol. XXXI, 1890.

2 CRONEBERG, Vorl. Mitth. uber den Bau der Pseudoscorpionen. Zoolog. Anzeiger, vol. X, p. 147-151, 1888.)

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