‹ Traité de zoologie (volume 5)Chapitre 36 sur 396 · ES · texte numérisé non relu

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Fig. 117. — Larve d'£Echiurus dans laquelle le tube digestif commence à présenter des circonvolutions. — O0, bouche; À M, estomac; A, anus; BX, Fig. 118. — Jeune Polycouronne de soies; AS, sac gordius à intestin recanal; SC, commissure œæso- tiligne (d'après Hats- Fig, 119. — Mâle de Branchipus stagnalis. — phagienne ; G, cerveau formé chek). — G, cerveau; Ag, cœur ou vaisseau dorsal à plusieurs cham-

par la plaque apicale; VG, cordon ganglionnaire ventral ; I, crochets ventraux.

Wg, fossette ciliée; 7, tentacules; O, bouche; D, intestin; A,anus.

bres ; Ÿ, intestin; 4, mandibules: Sd, glande du test; Br, appendice respiratoire de la onzième paire de pattes; 7, testicule.

dans les formes qui en sont dérivées, le tube digestif se courbe souvent en arc (BRYOZOAIRES, MOLLUSQUES, fig. 115, TUNICIERS); on trouve chez les Géphyriens de nombreuses transitions entre les deux formes (fig. 115 et 117). La partie terminale du tube digestif disparait chez les Brachiopodes articulés, chez les Trématodes qui sont des Vers parasites (fig. 121) et leurs voisins les Turbellariés (Microstomum, fig. 28, p. 26, et Polycelis, fig. 40, p. 33). Le tube lui-même s’atrophie ou disparait

chez les Rhizocéphales, les mâles complémentaires d’un assez grand nombre de Cirripèdes, les mâles de beaucoup de Rotifères, les Cestoides, les Acanthocéphales.

Dans la règle, le tube digestif se compose chez les Vers annelés d’une série de poches successives, correspondant aux segments, et séparées les unes des autres par autant d’étranglements qu'il y a de cloisons (fig. 118). Ces poches se différencient de façons différentes. Il se constitue souvent une région buccale ou pharynx, un tube sur lequel les limites des poches sont effacées et qu'on nomme l’œsophage, une région musculaire ou gésier, parfois armée de dents chitineuses; une région, à proprement parler digestive, qui peut se décomposer en une partie renflée, l'estomac, et en un tube moins large, l'intestin, lui-même suivi du rectum qui dirige vers l’anus les résidus de la digestion. Une même région englobe le plus souvent plusieurs poches.

Lorsque les cloisons disparaissent, les étranglements qui séparent les poches successives les unes des autres manquent d'ordinaire; c’est ce qui arrive chez les

Fig. 120. — Pycnogonide (Ammothea). — Da, Prolonge- Fig. 121. — Tube digestif d’un Trémaments de l'estomac dans les membres (d'après de Quatre- tode (Distomum hepaticum). d'après fages). R. Leuckart. D, branches du tube di-

gestif; O, bouche.

Arthropodes (BRANCHIPUS, fig. 119). La segmentation du tube digestif s’accuse cependant chez quelques-uns de ces animaux (PYCNOGONIDES, ARAIGNÉES) par l'existence dans la région thoracique de diverticules latéraux de l'estomac, dont chacun correspond à un membre, et peut même pénétrer à son intérieur (fig. 120). De tels diverticules du tube digestif, disposés par paires dans chaque segment, existent aussi chez quelques Annélides (Aphrodita, fig. 122), chez la plupart des Sangsues, et conduisent au tube digestif en fer à cheval simple ou ramilié des Trématodes (fig. 121) et des Planaires (fig. 40, p. 33).

Les diverticules du tube digestif des Aphrodites s'engagent dans les téguments (fig. 122). Chez les Mollusques nudibranches qui présentent une disposition sem-

blable, quoique leur corps ne soit pas segmenté, les diverticules pénètrent dans les appendices que ces animaux portent sur le dos, et contribuent peut-être à la dissémination des matières assimilables; c’est cette disposition, combinée avec une réduction très grande de l'appareil circulatoire, que M. de Quatrefages a désignée sous le nom de phlébentérisme 1.

Sur une plus ou moins grande partie de son étendue, le tube digestif présente un revêtement de cellules dites glandulaires, qui déversent dans sa cavilé des pro-

- KT 11 1x) À JAN li CAAMAN

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Fig. 122. — Canal digestif de l’Aphrodita Fig. 123. — Appareil digestif de l'Apis mellifica (d’après:

aculeata (d'après H. Milne Edwards). — Léon Dufour). — Sp, glandes salivaires; Oe, œsophage et Ph, pharynx,; D, intestin; Z, appendices jabot; M, ventricule chylifique; Àe, tubes de Malpighi; hépatiques de l'intestin. R, rectum avec les glandes rectales ; G, glande vénénifique.

duits divers. Ces produits sont souvent aptes à modifier, de manière à les rendre assimilables, les matières ingérées, mais elles peuvent aussi être utilisées autrement, ou même être simplement expulsées. Les cellules glandulaires se localisent très souvent soit sur les diverticules du tube digestif que nous venons de décrire, soit sur des diverticules analogues, moins nombreux et autrement disposés; on donne alors à ces diverticules le nom de glandes. On peut répartir les glandes digestives en trois groupes (fig. 123) : 1° celles qui sont placées au voisinage de

1 De wXéV, veine, et évrepov, intestin.

la bouche; 2 celles qui occupent la région moyenne du tube digestif; 3° celles qui s'ouvrent au voisinage de l'anus. Les glandes du premier groupe sont les glandes salivaires. Celles du second sont très variées; quand il n’y en a que d’une sorte, on les désigne le plus souvent sous le nom de foie; ce foie ne correspond pas seulement à celui des Vertébrés supérieurs, mais encore aux glandes diverses qui ont reçu, chez ces animaux, les noms de glandes gastriques, de pancréas et de glandes intestinales (fig. 124).

Les glandes anales, en raison même de leur position, ne jouent aucun rôle dans la digestion; elles produisent le plus souvent un liquide infect, ou corrosif, servant à défendre l’animal (Carabus, Brachinus, HYMÉNOPTÈRES); elles ne s'ouvrent pas toujours dans le tube digestif. Les glandes salivaires peuvent aussi produire un

Fig. 124. — Tube digestif de l'Homme. Ue, œsophage; Fig. 125. — Tube digestif et ses glandes acces- M, estomac; Z, rate; A7, foie; Gb, vésicule biliaire ; soires chez une Chenille. O, bouche; Oe, æso- P, pancréas ; Du, duodénum, dans lequel se déversent phage; SpD, glandes salivaires; Se, glandes de le canal cholédoque et le canal pancréatique ; ZL, iléon ; la soie (sérictères); 7), intestin moyen; AD. Co, côlon; Cæ,cæcum avec l'appendice vermiculaire ; rectum; MG, vaisseaux de Malpighi.

R, rectum.

liquide défensif (Araignées, Chrysoméles, Sauterelles, Serpents); mais elles sont également capables de sécréter un liquide visqueux, coagulable à lair, la soie, que l'animal étire en fils délicats, à l’aide desquels il se suspend ou se construit un abri (Péripates, Chenilles). Lorsqu'il existe, ce qui est fréquent, plusieurs paires de glandes salivaires, ces glandes sont généralement dissemblables et peuvent se partager la fonction défensive, la fonction séricigène et la fonction digestive (fig. 125).

La division du travail entre les glandes digestives est d’ailleurs rarement absolue. Ainsi les glandes salivaires des Insectes commencent la digestion des substances albuminoïdes, aussi bien que celle des substances grasses; le pancréas des animaux supérieurs s'attaque aux trois sortes de substances dont les glandes salivaires et les glandes gastriques ont commencé la digestion; le foie, outre la

bile, partiellement digestive, partiellement excrémentitielle, produit encore du olycogène et de l’urée qui sont emportés par le sang, le premier sous forme de sucre assimilable par les tissus, la seconde sans modification, pour être reprise par les reins et finalement rejetée au dehors. Toutefois, chez les Vertébrés supérieurs, la sécrétion des glandes salivaires s'attaque surtout aux matières féculentes; celle des glandes gastriques ou glandes à pepsine rend solubles et assimilables les matières albuminoïdes ; le suc pancréatique continue l’action de la. salive et du suc gastrique, il émulsionne en outre les graisses restées inattaquées; la bile favorise cette émulsion, fait subir aux graisses un commencement de saponification et prépare en outre leur absorption; enfin le suc intestinal, à des propriétés analogues à celle du suc gastrique ajoute celle de transformer le sucre de canne soluble, mais inassimilable, en sucre interverti assimilable. Les propriétés de ces différents sucs résident dans des substances albuminoides, éminemment altérables, la diastase salivaire ou ptyaline, la pepsine, la pancréatine, l’invertine, qui ont été isolées et qui appartiennent à la catégorie des substances dites ferments solubles.

Appareil respiratoire. — Chez les Phytozoaires, la facile pénétration de l’eau dans l’intérieur du corps soit par des orifices spéciaux, soit par osmose, rend inutile une adaptation spéciale de quelque partie du corps à la respiration. Chez les Artiozoaires dont le corps est moins facilement pénétrable, toutes les surfaces exposées à se trouver en contact avec le milieu extérieur sont aptes à se transformer en appareil respiratoire, et sont effectivement adaptées, dans quelque type déterminé, à l'absorption de l’eau chargée d'air ou de l'air lui-même. Il suffit pour cela : 1° qu’elles soient facilement perméables; 2° que l’étendue de la surface par laquelle elles se mettent en contact avec le milieu respirable soit considérable; 3° que ce milieu soit assez rapidement renouvelé autour d'elles pour être toujours apte à fournir de l'oxygène et à absorber de l'acide carbonique.

Sauf chez les Arthropodes, ce renouvellement du milieu au contact immédiat de la surface respirante, est obtenu à l’aide des battements des cils vibratiles qui revêtent constamment cette surface. Chez les Arthropodes, les cils vibratiles manquent toujours; aussi l'appareil respiratoire externe des Arthropodes aquatiques est-il très ordinairement en rapport avec les appendices locomoteurs, tandis que, chez les Arthropodes aériens, il se constitue un appareil respiratoire interne, dans lequel le renouvellement de l'air est obtenu par des mouvements spéciaux de la paroi du corps.

Dans les formes inférieures des diverses séries d’Artiozoaires, le tégument suffit à l’accomplissement des phénomènes respiratoires (COPÉPODES, NÉMATODES, la plupart des LomMBricIENS et des HIRUDINÉES, TURBELLARIÉS, TRÉMATODES, CESTODES, NÉMERTIENS). Chez les Phyllopodes, les Cladocères, les pattes abdominales, minces, larges et aplaties, fonctionnent comme des organes respiratoires; la plupart des pattes en forme de lames foliacées portent, en outre, un lobe respiratoire spécial (fig. 119, p. 86). Chez les autres Crustacés les appendices respiratoires tendent à se localiser sur les pattes d’une région déterminée du corps, et atteignent quelquefois un assez haut degré de complication; ils peuvent demeurer flottants (Euphausia) ou se cacher sous le bouclier céphalothoracique (DÉCAPODES, fig. 155, p. 105).

D'ordinaire la respiration dans l’eau est réalisée par des appendices tégumen-

taires flottants ou fixés au corps, lamelleux, pectinés, filamenteux ou arborescents et qu'on nomme les branchies. Chez les Vers, les branchies sont des appendices

Fig. 126. — Tête et anneaux antérieurs d’une Annélide errante (Æunice), vue de dos. T, antennes du lobe céphalique ; C6, cirres tentaculaires ; C, cirres des parapodes; Br, appendices branchiaux des parapodes

dorsaux, simples ou arborescents, présents sur tous les segments (AN- NÉLIDES errantes, fig. 126 et 127), limités à la région moyenne (Arenicola, Hermella, Branchellio, Lophobdella), à la région antérieure (Terebella, fig. 128), concentrés sur la tête (Sabella, Serpula), ou à la partie postérieure du corps (Dero, Priapulus).

On peut rattacher à ces différents types les formes diverses de branchies des Mollusques gastéropodes

opisthobranches(Pleurobranchus,Do- /

ris, Æolis). Chez la plupart des Gastéropodes prosobranches, il existe une branchie pectinée protégée par un repli du manteau qui contribue à former une chambre branchiale dorsale. Les Céphalopodes possédent deux ou quatre branchies (Hg. 158, p. 106) contenues également dans une cavité, mais situées du côté ventral. La chambre bran- Chiale persiste seule, sans branchies, chez quelques Gastéropodes

Fig. 127. — Coupe transversale d’un segment du corps d’une Æunice. Br, appendices branchiaux; C, cirres: P, parapodes avec des faisceaux de soies; D, tube digestif; N, système nerveux.

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Fig. 128. — Terebella nebulosa ouverte sur la face dorsale (d'après H. Milne Edwards). — 7, tentacules; ÆX, branchies; Dg, vaisseau dorsal ou cœur.

terrestres (CYCLOSTOmIDÆ). Cette chambre serait, d’après Jehring, remplacée chez les

Gastéropodes pulmonés par une dilatation de la partie terminale du canal excréteur de l'appareil urinaire; c’est à cette partie qu’on donne le nom de poumon. C’est également aux dépens des téguments que se conslitue l'appareil respiratoire des Arthropodes terrestres. Seulement ici les appendices tégumentaires, au lieu d’être externes et flottants, sont internes, et baignent dans le liquide de la cavité générale, à qui ils portent l'oxygène. Ce sont aussi des tubes ramifiés, plus ou moins anastomosés, maintenus béants par un épaississement de leur paroi, en forme de ruban chitineux et enroulé en hélice. Ces tubes constituent les trachées (fig. 129). Les trachées s'ouvrent au dehors par des orifices, les stigmates, ordinai-

Fig. 129. — Fragment de trachée, d’après Leydig. Z, Fig. 130, —- Vue de profil du corps d’un Acridium. membrane cellulaire externe ; Sp, intima cuticulaire. St, stigmates; 7, organe tympanique.

rement disposés par paires sur chaque anneau du corps (fig. 130, St). Les quatre paires de stigmates des Scorpions, les deux paires ou la paire unique des Araignées, donnent accès non dans de véritables trachées, mais dans des sacs feuilletés, improprement appelés poumons, et qui sont probablement une forme primitive des organes respiratoires des Arthropodes terrestres. Le plus souvent les touffes trachéennes, correspondant aux différents segments du corps, sont reliées les unes aux autres par deux tubes longitudinaux, qui peuvent ainsi être considérés comme les troncs de deux arbres trachéens symétriques. Il suffit alors pour que la respiration puisse s’accomplir que chacun de ces troncs communique avec l'extérieur par un orifice, et le nombre des stigmates peut se réduire beaucoup (fig. 131). Cette disposition est surtout fréquente chez les Insectes ou les larves aquatiques (Nepa, larves de Culex), qui peuvent remplir d'air tout leur système trachéen en faisant saillir hors de l'eau seulement la partie de leur corps qui porte les stigmates. Les trachées peuvent d’ailleurs servir à la respiration aquatique. Dans ce cas, les stigmates se ferment et les ramifications ultimes de l'arbre trachéen se répandent dans des appendices tégumentaires externes, en forme de poils (chenilles d'Hydrocampa), de lames foliacées {larves d'Éphémères, fig. 132) ou de houppes, dont l'aspect rappelle beaucoup celui des branchies; aussi donne-t-on à ces appendices le nom de branchies trachéennes. Au lieu de branchies trachéennes, il existe dans le rectum des larves de Libellules de nombreux plis

saillants, dans lesquels se ramifient les trachées qui puisent l'oxygène dans l’eau dont ces larves emplissent périodiquement la partie terminale de leur tube digestif. Le tube digestif des Syllidiens, de certains Hésioniens, le rectum des Dero et probablement des autres Naïdiens, garni de puissants cils vibratiles, paraissent également jouer un rôle dans la respiration.

\ AN | À ] À h | d À À f| } \ À J \ & Q Fig. 131. — Système trachéen d'une larve de Mouche. 77, tronc longitudinal du côté ; | droit avec des faisceaux de ramuscules ; Fig. 132. — Larve d'Ephémère grossie. Æf, les sept paires St', St”, stigmates antérieur et posté- de branchies trachéennes. — 7X,une branchie trachéenne. rieur; WA, crochets buccaux. iso'ée et très fortement grossie.

L'adaptation d'une partie du tube digestif à la fonction respiratoire, exceptionnelle chez les Arthropodes et les Vers annelés, devient au contraire un fait constant chez les Entéropneustes, les Tuniciers et les Vertébrés; elle peut se faire de façons diverses, mais porte toujours sur le pharynx ou l’œsophage. Chez tous ceux de ces animaux qui mènent une existence aquatique, l’eau introduite dans la partie antérieure du tube digestif en traverse les parois perforées à cet effet, et est ensuite rejetée au dehors. C’est dans la disposition des perforations du tube digestif, el dans la façon dont l’eau est amenée au dehors que résident les différences. L'œæsophage se renfle en avant chez les Tuniciers (fig. 134) et chez l'Amphioæus (fig. 133),

en un sac dont les parois présentent une infinité de petites fentes à bords -ciliés, souvent très régulièrement disposées; l’eau passe au travers de ces fentes et tombe dans un second sac qui s'ouvre au dehors Chez les Entéropneustes et les Poissons, les fentes sont peu nombreuses, latérales, symétriques deux à deux, et elles intéressent à la fois le tube digestif et la paroi du corps, de sorte que l’eau qui passe au travers est rejetée directement au dehors. Sur son trajet, se développent d’ailleurs des appendices variés qui peuvent demeurer internes, comme chez tous les Poissons adultes, ou constituer de volumineuses houppes tégumentaires, flottant de chaque côté du cou comme chez les embryons des Sélaciens (fig. 135), les jeunes des Ganoiïdes, les Batraciens pérennibranches et les larves de tous les autres (fig. 136). Les fentes respiratoires et les appendices qui en dépendent sont

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Fig. 134. — Tunicier (Clavellina lepadiformis), un peu schématisé (d'après Milne Edwards). — 0, bouche; Br,branchie ; Znd, endostyle ; Oe,æsophage; G, centre nerveux ; WD, estomac; X{, cloaque; À, orifice de sortie; Af, anus; GD, glande génitale; Gg, son canal excréteur ; Sf, stolons.

indifféremment désignés sous le nom de branchies, déjà donné aux organes respira-

loires, essentiellement tégumentaires, des Arthropodes, des Vers et des Mollusques.

Ainsi que nous le verrons plus tard, les branchies tégumentaires, de même que

les branchies œsophagiennes peuvent servir à la respiration aérienne, à la seule condition d'être protégées contre la dessiccation (Crustacés terrestres, Anguilles, Pois-

Fig. 135. — Embryon de Sélacien (Acanthias) avec des branchies externes. Sp, évent; 7, bouche; Nb, cordon ombilical.

sons à os pharyngiens labyrinthiformes). Mais la respiration aérienne des Vertébrés amphibies et terrestres est obtenue par un tout autre procédé. Les Poissons ganoïdes, dipnés et téléostéens, présentent presque toujours, en libre communication avec une partie du tube digesiif, plus ou moins voisine de la bouche, une poche volumineuse, remplie d'air où d’un mélange £azeux plus riche en oxygène que l’air lui-même, Cette poche, dont la communication avec le tube digestif disparait chez les Téléostéens physoclystes, n’est d'ordinaire chez les Vertébrés aquatiques qu'un organe chargé d'égaliser leur poids avec celui de l’eau qu'ils déplacent; c’est la vessie natatoire (fig. 137). Il est possible qu’elle serve déjà exceptionnellement à la respiration chez quelques Poissons ganoïdes où elle est bilobée ; elle est certainement employée à cette fonction pendant la saison sèche, par les Dipnés chez qui elle est simple, comme chez les autres Poissons (Ceratodus), ou double comme chez pig. 136. — Branchies, Br, et sacs pulmois *mphibiens (Protopterus, Lepidosiren) : elle aires P d'un Pérennibranche, Ay, artère

f AE pulmonaire naissant du premier des quatre devient enfin un organe normal de respiration ares vasculaires; D, tube digestif; A, aorle.

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Fig. 137. — Appareil digestif et organes génitaux du Clupea harengus (d'après Brandt). — By7, branchies; Oe, æsophage; V, estomac; Ap, appendices pyloriques; D, intestin; A, anus; Vn, vessie natatoire; Dp, canal aérien; 7, testicules; V4, canal excréteur des testicules; Gp, pore génital.

chez les Batraciens (fig. 136, P) et tous les Vertébrés aériens, où elle est repré-

sentée par les deux poumons. C'est là un exemple nouveau de ces changements

de fonction dont les organes sont susceptibles, soit au cours de la vie d'un même animal, soit d’une espèce à l’autre, changements dont nous avons déjà fait ressortir l'importance à propos du système appendiculaire des Arthropodes.

L'adaptation à la respiration, de la parlie antérieure du tube digestif, n'empêche pas ce tube de contribuer quelquefois sur toute sa longueur à cette fonction, comme cela a lieu chez les Loches; d'autre part, l’activité des poumons se combine avec celle de la peau chez les Batraciens, et même, suivant quelques auteurs, chez les Lézards dont les écailles présentent un système très développé de canaux aérifères.

L'appareil sécréteur ressemble à l'appareil respiratoire, et par la nature de ses fonctions et par les régions du corps avec lesquelles il est en rapport. De même que lPappareil respiratoire entraine au dehors l’acide carbonique et, chez les animaux aériens, la vapeur d’eau et les autres matières volatiles en excès, de même l'appareil sécréteur débarrasse l'organisme des produits de désassimilation liquides ou solubles qui résultent de l’activité des plastides et des organes. L’expulsion de ces produits ne peut avoir lieu que par les surfaces libres du corps; en conséquence, l'appareil excréteur est principalement en rapport, comme l'appareil respiratoire, avec le tube digestif d’une

Es as M membrane de la cellule; f, faisceau conjonctif (Ranvier Tech- taire de l’autre. La nutrition HE de tout élément anatomique ayant pour contre-partie une désassimilation plus ou moins active, la sécrétion est comme la respiration une fonction de tous les éléments anatomiques. Aussi partout où il existe des surfaces, ces surfaces se revêtent-elles d’un enduit liquide (sérosité, mucus) ou solide (revêtement chitineux des Arthropodes) du revêtement cellulaire de ces surfaces. On voit cependant déjà certains éléments se spécialiser, se résoudre en mucus, par exemple, à l'exclusion de leurs voisins, produire des substances de nature spéciale qui s'accumulent dans leur intérieur, comme la graisse dans les cellules adipeuses (fig. 138), ou sont expulsées comme les excreta des cellules caliciformes de l'intestin grêle de Vertébrés (fig. 140, a) ou des cellules rénales des Mollusques. D’autres s’entourent d’une membrane résistante, constituant une sorte d’ampoule munie d’un étroit goulot qui communique avec l'extérieur ;

Appareil sécréteur.

APPAREIL SÉCRÉTEUR DES ARTIOZOAIRES. 97

cette sorte d’élément sécréteur, de glande unicellulaire, est commun chez les Arthropodes (fig. 139 et 140, b, c).

Un véritable appareil sécréteur se constitue lorsque les surfaces sécrétantes augmentent d’étendue par un plissement ou par une prolifération toute semblable à celle qui amène la constitution de l'appareil respiratoire. Seulement ici cette prolifération ne peut avoir d'effet utile que si elle se produit vers l'épaisseur même des tissus dans lesquels résident les produits à éliminer; il en résulte l’apparition, au sein de ces tissus, de glandes tubulaires ou parenchymateuses, analogues à celles que nous avons déjà eu occasion d'étudier à propos du tube digestif. Les produits de ces glandes ne se trouvant pas en contact avec des substances

Fig. 139. — Cuticule et hypoderme de la chenille d’une Gas- Fig. 140,— Glandes unicellulaires : 4, cellules tropacha, avec deux glandes à venin, surmontées chacune caliciformes de l'intestin grêle des Vertébrés; d’un poil rigide. b, glandes cutanées d'Argulus, munies d'un

long tube excréteur; €, glandes cutanées

d'Insecte, munies d’un canal excréteur cu-

ticulaire.

utilisables pour l'organisme, auquel leur présence serait d’ailleurs souvent nuisible, sont le plus souvent directement rejetés au dehors, et constituent de simples excrétions. Plusieurs jouissent cependant de propriétés analogues à celles des'sucs digestifs. Ce fait a été invoqué à tort contre la valeur des conclusions physiologiques auxquelles avait conduit l'étude de ces derniers; il faut seulement en inférer que les sucs digestifs sont, parmi les produits excrétés similaires, ceux qui se trouvent dans de bonnes conditions pour l’utilisation de propriétés qui peuvent leur être communes avec plusieurs autres sucs. D’autres glandes se trouvent aussi placées dans des conditions favorables à l’utilisation, dans les sens les plus divers, des sucs qu'elles produisent. Telles sont les glandes à venin de l’extrémité de la queue des Scorpions, les glandes séricigènes des Araignées, les glandes cloacales de beaucoup d'Insectes, les glandes odorantes des Punaises et de divers autres Insectes, les glandes venimeuses de l’aiguillon des Hyménoptères, les glandes

productrices de la glaire dont s’enveloppent beaucoup de Mollusques, la glande productrice de l’encre des Céphalopodes, et, chez les Vertébrés supérieurs, les glandes lacrymales, les glandes sébacées qui accompagnent et lubrifient les poils, les mamelles qui paraissent en être une modification et produisent le lait. Un groupe important de glandes, dont le produit est utilisé, se trouve également en rapport avec l'appareil reproducteur. Ces glandes (fig. 141 et 142) produisent tantôt des capsules pour les œufs (glandes capsulogènes des TRÉMATODES et des CESTOIDES, ceinture ou clitellum des LOMBRICIENS et des SANGSUES, etc.), tantôt des substances destinées à protéger la ponte tout entière (glandes nidamentaires des Mantes, des

Fig. 141. — Appareil reproducteur d'Æelix pomatia Fig. 142. — Organes génitaux femelles de Vanessa (d'après Baasen).— Z4d, glande hermaphrodite ; Zg,son urticæ (d'après Stein). — Oc, gaines ovigères coucanal excréteur; Æd, glande albuminipare ; Od, ovi- pées ; Re, réceptacle séminal; Va, vagin; Be, ducte et gouttière déférente; Vd, canal déférent; P, poche copulatrice et canal de communication gaine du pénis ; F1, flagellum; Rs, réceptacle séminal ; avec l'oviducte ; Dr, appendices glanduleux; Dr, D, glandes multifides ; Z, poche du dard ; Go, vestibule. glandes sébifiques; Æ, rectum.

Hydrophiles, de beaucoup d’autres INSECTES et de MOLLUSQUES), tantôt des enveloppes ou spermatophores, pour les filaments spermatiques, ou, comme la prostate, des humeurs destinées à les délayer; tantôt simplement des liquides destinés à lubrifier les surfaces qui doivent être mises en contact pendant l’accouplement. Dans le groupe des glandes essentiellement cxcrétrices, il en est encore dont les produits jouent un certain rôle physiologique. Ainsi les innombrables glandes sudoripares que présentent la plupart des Mammifères (fig. 143, Sd) non seulement excrètent de l’urée, mais contribuent à conserver à l’épiderme sa souplesse, tandis que la sueur, en s’évaporant, enlève à l'organisme une partie de l’excès de chaleur produit par son activité.

Ces fonctions accessoires disparaissent enfin pour les reins qui éliminent l’urée, l'acide urique, l'acide hippurique, produits de désassimiiation, ainsi que la plupart des substances solubles, inassimilables, accidentellement introduites dans l’organisme. Des tubes délicats, les tubes de Malpighi (fig. 144, Mg), qui s'ouvrent soit dans

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l'intestin terminal (ARACHNIDES, MYRIAPODES), soit entre la portion stomacale et la

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