SAN
LÉ
Fig. 143. — Coupe du cuir chevelu de l'Homme. — Æp, épi- Fig.144.— Appareil digestif d’un Coléoptère
derme ; Ul,faisceaux transversaux du tissu conjonctif du derme ; carnassier, le Carabus auratus (d’après Ug, faisceaux longitudinaux; Æ, poil; Æz, bulbe pileux; Léon Dufour).—0e,æsophage ; /n, jabot; P, papille du poil ; Hb, follicule; Wa, muscle redresseur; Po, gésier; Chd, ventricule chylifique; T, glandes sébacées; SD, glandes sudoripares; #, cellules Mg, tubes de Malpighi; AR, intestin;
adipeuses.
Ad, glandes anales avec leur réservoir.
portion intestinale du tube digestif (Insectes), constituent tout l'appareil urinaire
chez les Arthropodes terrestres; cet appareil n’est indiqué, parmi les Crustacés, que chez les Amphipodes.
L'appareil rénal présente au contraire un grand développement dans la série des NÉPHRIDIÉS. Il à, en général, chez ces animaux, une origine mésodermique et ne contracte avec l'appareil digestif que des rapports secondaires. Il consiste déjà, chez les Rotifères, en deux longs tubes pelotonnés, ciliés à l’intérieur, présentant un certain nombre de ramifications latérales qui s'ouvrent dans la cavité générale par de petits pavillons vibratiles (fig. 145, Ex, Wtr). Ces tubes rénaux ou néphridies débouchent dans le cloaque. Il existe aussi chez les Bryozoaires entoproctes deux tubes ciliés, ayant chacun un orifice dans la cavité générale et un orifice externe sur le péristome. Chez les Brachiopodes, les néphridies sont volumineuses, renflées dans leur région moyenne, munies d'un large pavillon vibratile; les Rhynchonelles en possèdent deux paires, les autres Brachiopodes une seule. Des néphridies ramifiées, analogues à celles des Rotifères, se montrent déjà dans la trochosphère des Vers annelés (Polygordius, fig. 101, KN, p. 71) et des Géphyriens
Fig. 145. — Hydatina senta femelle (d’après F. Cohn). — Wpr, appareil rotateur ; CBI, vésicule contractile ; Wir, pavillon cilié de l'appareil excréteur (£x); Æ, mächoires; Pr, glandes salivaires; Æ/d, intestin moyen; Ov, ovaire.
(Echiurus, fig. 87, p. 62, KN, et fig. 146). À mesure que le corps s’'allonge, les néphridies de la trochosphère des Vers annelés s’allongent également, produisant chacune un tube qui parcourt toute l'étendue du corps. Dans chaque segment, ce tube fournit une branche latérale qui s'ouvre dans la cavité générale, par un pavillon vibratile, constituant le néphrostome, tandis qu’une seconde branche s'ouvre à l'extérieur; ces deux branches se disposent ensuite de manière à produire une néphridie complète, et les portions du tube primitif qui unissait momentanément toutes les néphridies, s’atrophient de manière à les rendre indépendantes les unes
WT y \ S C n, | | | Re — = à DUT { | | \\ ME 2 USE J\ NL \ «a / A! 1 ec ITS 4 À ù NE Nr DISELL kN dE 77 NI EÏR LS )\\ Ar es ES ES — —ENE ere Dsp EE l'E a.
— EE Ten = DD ne 0 ET Te FL È \ < À #2 é AR / ve ji À N
Fig. 146. — Face ventrale grossie d’une larve d’Æchiurus pour montrer les néphridies céphaliques ÆN (d'après Hatschek).
— SC, commissure œsophagienne; Dsp, dissépiments des Fig.147. —. Organes segmentaires d'un Ver segments antérieurs du tronc; S, bandelette mésoder- annelé. Ds, cloisons qui séparent les anneaux ; mique; À, anus; VG, cordon ganglionnaire. Wir, pavillons ciliés, terminaisons des ca-
naux enroulés en peloton (d’après C.Semper).
des autres. Les néphridies étant ainsi en nombre égal à celui des segments, ont été d’abord désignées par Williams, qui les a découvertes chez les Annélides, sous le nom d'organes segmentaires (fig. 147). La néphridie céphalique s’atrophie généralement ou subit des transformations diverses; les diverses néphridies d’un même Ver peuvent de même subir d'assez nombreuses différenciations. Chez les Géphyriens où nous avons suivi leurs variations de nombre, elles servent, comme chez les Annélides, de canaux excréteurs à l'appareil génital (fig. 148). Il paraït en être de même chez une partie des Lombriciens. Peut-être faut-il considérer comme des néphridies modifiées, deux sacs munis de nombreux pavillons vibratiles qui, chez les Bonellies, viennent déboucher dans le cloaque (fig. 149, Ab). Les néphridies des Lombriciens sont, en général, plus compliquées que celles des Annélides et pourvues d’un appareil glandulaire très développé. Chez beaucoup d’Hirudinées, elles sont dépourvues de néphrostome. La disparition de la segmentation du corps entraine chez les Trématodes, les Turbellariés, la transformation du système des néphridies en une paire de canaux pelotonnés et ramifiés. qui s'étendent sur la plus grande partie de la longueur du
APPAREIL SÉCRÉTEUR DES ARTIOZOAIRES. 101
corps, et peuvent s'ouvrir à l'extérieur en des points très différents selon les genres que l’on considère. Les plus fines ramifications de ces canaux (fig. 150), consi-
. Fig. 148. — Bonellia viridis femelle. L'appareil digestif a
Fig, 149. — Viscères de la Bonellia viridis été enlevé pour montrer les organes génitaux et la femelle (d'après de Lacaze-Duthiers). — A, néphridie unique (d’après de Lacaze-Duthiers). — Ov, trompe ; D, tube digestif; Ab, glandes anales ovaire; U, utérus; 7r, pavillon cilié de l’utérus; Ad, (néphridies?);, 7, mésentère; VU, néphridie rectum ; Ab, glandes anales; 4, glandes cutanées,
antérieure.
CAO P
Fig. 150. — Appareil excréteur dans la région antérieure du Fig. 151.— Fragment du système néphridien corps de la Gunda segmentata (schéma). — vm, branche du Caryophyllæus mutabilis (d'après Pintintestinale antérieure et médiane ; w7, renflements terminaux ner). — Wb, renflements terminaux des de l’appareil excréteur; g, cerveau ; ao, orifices de l'appareil derniers ramuscules du réseau néphridien. excréteur; gst, grands canaux de l'appareil excréteur; 0», oviducte ; L,testicules ; {sé,troncs nerveux longitudinaux ; st, canalicules ramifiés de l'appareil excréteur (d'après A.Lang).
dérés au moment de leur découverte comme un appareil vasculaire, se terminent entre les cellules du parenchyme du corps, par de petits renflements, à l'intérieur
desquels on aperçoit un long flagellum vibrant. Les Cestoides, dont chaque segment est l'équivalent d’un Trématode, ont un système néphridien analogue (fig. 151), qui s'étend sur toute la longueur du corps et demeure tout à fait indivis.
Les reins ou organes de Bojanus des Mollusques ne sont autre chose que des néphridies très développées. Il apparaît d’abord, chez les Pulmonés, une paire de néphridies céphaliques, bifurquées, construites sur le type normal, puis une néphridie asymétrique ; les néphridies céphaliques disparaissent bientôt, et la néphridie asymétrique, représentant une seconde paire, devient le rein définitif qui s'ouvre dans le péricarde, simple dépendance de la cavité générale. Nous assistons ici à une réduction de l’appareil néphridien analogue à celle que nous ont déjà montrée les Géphyriens (p. 73) et qui donne une force nouvelle à l'hypothèse que les Mollusques sont comme eux formés de mérides coalescents.
Le système rénal des embryons de Vertébrés rappelle enfin exactement celui des Vers. Il est composé, chez les embryons des Vertébrés comme chez les larves de Polygordius,
| \ de deux tubes parcourant toute la longueur du LA
branches latérales qu'il existe de segments mus-
| corps, et présentant fréquemment autant de culaires du corps ou myotomes (fig. 152). Ces
NY AN ee” - De LETTRE 7 ù £
EE — ——— 3— > — Tai — Ad
| Il |
Fig. 152. — Système rénal d’un embryon Fig. 153. — Pavillon cilié avec canalicule urinifère et glode Squale. Wir, pavillons ciliés; Ug, mérule de Malpighi, de la partie supérieure du rein d’un uretère primitif (d’après C. Semper). Amphibien (Proteus). Ne, canalicule urinifère; 77, orifice
du pavillon; W#, glomérule de Malpighi (d’après Spengel).
rale par un pavillon vibratile, chez les Plagiostomes et les Amphibiens (fig. 153). Les tubes longitudinaux dans lesquels elles débouchent sont eux-mêmes issus d’un organe de formation précoce, le pronéphros, qui joue dans leur production un rôle analogue à celui du rein céphalique de la trochosphère des Annélides et des Géphyriens. Ils se dédoublent généralement chacun en deux autres tubes: le canal de Wolf, qui demeure en communication avec les branches rénales latérales, etle canal de Müller (fig. 174 et 175, p. 115). Tout cet appareil demeure chez les Vertébrés aquatiques (Poissons et BATRACIENS) plus ou moins au service de la fonction urinaire et de l’appareil génital. Chez les Vertébrés terrestres (REPTILES, OISEAUX et MAMMIFÈRES), après avoir contribué à constituer le mésonéphros ou corps de Wolf,
il s’atrophie en grande partie; presque tout ce qui en reste, entre dans la constitution des conduits excréteurs de l'appareil génital, tandis qu’un diverticule du canal de Wolf fournit au rein définitif ow métanéphros, ses canalicules urinifères et ses uretères. Il y a donc dans l'appareil excréteur de tous les Néphridiés une remarquable unité de constitution qui autorise, comme l'importance que gardent chez eux les cils vibratiles, à les séparer des Arthropodes et à les réunir en une seule et même grande série !.
Appareil circulatoire. — Les matières assimilables, élaborées par l'appareil digestif, l'oxygène absorbé par l'appareil respiratoire, doivent être mis à la disposition des plastides de toutes les parties du corps; et de toutes les parties du corps l'acide carbonique doit affluer vers l'appareil respiratoire, comme les produits de désassimilation vers l'appareil excréteur, pour être éliminés. Un liquide que nous appellerons l’hémolymphe, formé par les exsudats de tous les plastides groupés en un même organisme, et contenant lui-même des plastides flottants, détachés de diverses régions du corps, sert d’intermédiaire, au point de vue de l'assimilation et de la désassimilation, entre tous les plastides associés.
Chez les plus inférieurs des Arthropodes (Cyclops, Achtheres, Caligqus, CYPRIDE, CYTHERIDÆ, ACARIDA, CIRRIPEDA) et des Néphridiés (ROTIFERA, BRYOZ04, GLYCE- RIDÆ, CAPITELLIDÆ), Ce liquide remplit toute la cavité générale. Il est incessamment brassé soit par les contractions mêmes du corps, soit par les cils vibratiles dont la cavité générale est souvent revêtue, soit par des contractions rythmiques du tube digestif (Cyclops, Achtheres), soit par les mouvements de plusieurs paires de plaques musculaires qui le poussent dans une direction déterminée. La même absence de toute canalisation propre à endiguer le liquide de la cavité générale, et à lui imposer une direction déterminée, se retrouve dans plusieurs groupes d’Artiozoaires parasites, les Linguatules, les Nématodes, qui ont une cavité vénérale, les Trématodes et les Cestoides, dont la cavité générale est remplie par du tissu conjonctif, cellulaire, ainsi que chez les Sagitta qui sont libres. Il ne se conslitue jamais qu'une canalisation incomplète chez les Arthropodes; mais il est à remarquer que chez les formes apparentées aux types les plus anciens, les Limules et les Scorpions, le cours du sang est réglé par un système de vaisseaux plus développé que dans beaucoup de formes relativement récentes. Ces vaisseaux doivent être considérés comme des espaces primitivement indéfinis, comme des lacunes laissées entre eux par les organes, et à la surface desquelles se sont ensuite constitués des tissus nouveaux, qui leur ont peu à peu donné une délimitation précise ; on ne peut guère expliquer autrement ce fait, en apparence si paradoxal, que la partie la plus importante du système nerveux des Limules soit contenue dans de véritables vaisseaux.
Les vaisseaux des Arthropodes, quand ils existent, sont toujours en rapport avec un Centre d'impulsion ou cœur situé du côté dorsal. Le cœur constitue souvent presque à lui seul l’appareil circulatoire (PHYLLOPODES, CLADOCGÈRES, fig. 154, OSTRA- CODES élevés), ou présente seulement un prolongement vasculaire soit à l’une de ses extrémités (INSECTES), soit à toutes deux (AMPHIPODES); il est lui-même formé
1 Jai employé, en 1881 (Colonies animales, p. 155), le nom de Néparosromés pour désigner ces animaux; mais le nom de Néruribiés, outre qu'il est plus court, est préférable, les néphridies n'ayant pas toujours d'orifice dans la cavité générale, de néphrostome.
de chambres successives, présentant chacune deux ouvertures latérales par lesquélles le sang pénètre dans leur intérieur (fig. 119, Rg, p. 86); l'étendue de ces chambres correspond à celle des segments du corps, sans que leur nombre égale d’ailleurs