L'ŒUF
donne alors le nom de zona radiata. Quelquefois ces canaux ne traversent pas toute l'épaisseur de la membrane, qui se divise alors en une zona radiata et une membrane vitelline d'apparence homogène (Siponcles, VERTÉBRÉS, fig. 224, n° 4). Chez les Eponges, beaucoup de Polypes, les Gastéropodes, un assez grand nombre de Platyhelminthes, l'œuf est dépourvu de toutes ces enveloppes (fig. 224, n° 1 et2). Il peut exécuter pendant longtemps des mouvements amiboïdes, dans les deux premiers groupes; dans les deux autres, il s’entoure de sécrétions produites par des glandes spéciales (glande de l’albuinen des Gastéropodes, glande coquilliére des Platyhelminthes). Des enveloppes secondaires semblables ME
peuvent se superposer à une double enveloppe vitelline et à un chorion; c’est ce qui a lieu pour les gros œufs des Plagiostomes, des Reptiles et des Oiseaux, qui sont enfermés dans une capsule de consistance membraneuse ou dans une coque calcaire. Les dimensions relativement énormes de ces œufs sont dues au développement de très nombreuses sphérules vitellines qui contribuent d'abord à former le blanc de l'œuf, mais passent peu à peu dans le jaune pour servir ensuite à la nutrition de l'embryon. Au voisinage de la vésicule germinative, une petite quantité de cyto-
Nas EX Æig. 226. — Portion supérieure d'un œuf de Petromyson mon- Fig. 227. — Micropyles (Wk) d'œufs d'Intrant le micropyle dans lequel pénètre un spermatozoïde, — sectes (d’après R. Leuckart). — a. Partie Am, micropyle; Sp, spermatozoïdes; /m, canal spermatique ; supérieure du chorion d'un Anfhomiia. — Ek, pronucléus femellé; ZA, enveloppe de l'œuf; £Az, ses b. OEuf de Drosophila cellaris. — e. OEut aspérités à l'extérieur (d'après Calberla). pédonculé de Paniscus testaceus.
plasme demeure dépourvue de sphérules vitellines et constitue le disque proligère où disque germinatif, aussi nommé cicatricule (fig. 225). Il n’est pas toujours facile d'établir la limite de séparation entre ce disque germinatif et le reste du vitellus.
Le chorion, la membrane vitelline et la zona radiata sont souvent perforés par un où plusieurs orilices d’origine fort différente, que l’on nomme micropyles. Chez les Holothurides, diverses Annélides (Aphrodite, Polynoe), les Lamellibranches, les œufs sont entourés d'une enveloppe pédonculée. Leur pédoncule est creux; quand il se rompt, il reste à sa place un orifice qui est le micropyle. Le micropyle
des œufs d'Insectes (fig. 227) à une origine toute différente; c’est une simple PERRIER, TRAITÉ DE ZOOLOGIE. 10
perforation du chorion, située au pôle supérieur de l'œuf. Le micropyle des œufs nus de la Seiche est un orifice de la capsule qui s’est formée dans l’oviducte, autour des œufs dépourvus de membrane vitelline et de chorion. Dans l'œuf des Lamproies (fig. 226), il existe un micropyle traversant seulement la zone radiée qui est couverte d’aspérités ; la membrane vitelline de l’œuf des Esturgeons présente de 5 à 13 micropyles; la zone transparente et la zone radiée sont toutes deux traversées par un micropyle chez les Salmonides, Clupéides et Percides. Ces orifices de la membrane vitelline de l’œuf des Vertébrés n'ont pas de rapport morphologique avec l’orifice du chorion de l'œuf des Insectes.
Les rapports de l’œuf avec les cellules germinatives qui l’avoisinent immédiatement ont été déjà indiqués p. 112 et suivantes. Tantôt ces cellules sont absorbées une à une par l'œuf, tantôt elles lui forment une enveloppe que l'œuf dissocie pour en absorber les éléments, ou qui persiste autour de lui, constituant ainsi le follicule. Le follicule devient plus tard ou produit le chorion (INSECTES) ; chez la Seiche, sur le follicule naissent de longs replis vascularisés, qui pénètrent dans le cytoplasme de l'œuf jusque vers son centre, et dont les cellules, après avoir élaboré pour l'œuf des substances nutritives, sont finalement dissociées et absorbées par lui. Il faut sans doute rattacher à un ordre de formations analogue le corps découvert par Balbiani dans l'œuf des Araignées et qu'il désigne sous le nom de vésicule embryogène, mais qu'il vaut mieux appeler, pour ne rien préjuger de son rôle, corpuscule de Bulbiani. Un corpuscule analogue existe dans les œufs des Myriapodes, des Amphibiens et de quelques autres types (fig. 224, n° 4, B). Son existence ne parait pas constante dans un même groupe zoologique, et il disparait toujours avant que le développement commence.
Globules polaires. — L'œuf une fois constitué présente une série de phénomènes préparatoires à son développement, et dont la fréquence, sinon la constance, mérite de fixer l'attention. Ces phénomènes se terminent par l’expulsion successive de deux globules polaires, dont le premier se subdivise'souvent. Ces globules peuvent se produire avant que l'œuf ait été pondu (Hydra fusca, Toxopneustes variegatus, Salmo trutta, OISEAUX), ou avant la fécondation et souvent immédiatement après la ponte (Asferias, Pterotrachœæa), ou bien en partie avant, en partie après la fécondation (NÉMATODES, HIRUDINÉES, MOLLUSQUES, Petromyzon), ou enfin, ce qui est la règle, ne se manifester qu'après la fécondation. Chez les Asterias, ces phénomènes précèdent ou suivent la fécondation sans être influencés par elle; il est donc bien certain qu'ils en sont indépendants, et représentent une phase du développement même de l'œuf. Les Arthropodes et les Rotifères sont les seuls groupes zoologiques dans lesquels leur existence ait été mise en doute. Mais Flemming a observé des formations analogues dans les œufs de la Lacinularia socialis, Hoëk, puis Nussbaum dans ceux des Cirripèdes, Grobben dans les œufs d'été d’un Cladocère, la Moina rectirostris, Henneguy dans les œufs de l’Asellus aquaticus, Platner et Blochmann, dans ceux des Abeilles et des Pucerons (Aphis aceris). Les œufs parthénogénétiques se comportent, à cet égard, comme les autres. Il n’y a donc pas lieu de s'arrêter à cette supposition de Balfour que l'expulsion des globules polaires aurait pour but de prévenir la parthénogenèse.
11 se produit chez les Plantes elles-mêmes des formations analogues aux globules polaires des animaux; telles sont les deux cellules de cunal primitives des arché-
nucléaires, dont un seul per-