GLOBULES POLAIRES
sones des Muscinées et des Cryptogames vasculaires (Janckzewski), et peut-être les synergides du sac embryonnaire des Angiospermes (Maupas).
Dans les corpuscules des Conifères et des Gnélacées, il ne s'isole plus qu'une seule cellule de canal; l’autre, réduite à son noyau, est résorbée dans l’oosphère; c’est ce qui parait arriver pour toutes les deux chez les Cycadées. Le même fait se produit dans les œufs de certains Insectes (Musca vomitoria, Liparis dispar, Formica). Là, la vésicule germinative subit deux bipartitions successives, donnant naissance à quatre noyaux équivalents, dont trois se portent à la périphérie de l'œuf et se fusionnent en une seule masse qui se désagrège, tandis que le quatrième persiste au centre de l’œuf pour prendre part à la fécondation, à titre de pronucléus femelle. Nous sommes ainsi conduits à des phénomènes identiques à ceux qu’on observe chez les Infusoires ciliés durant la conjugaison.
Dans ce cas, qui est probablement le primitif, tandis que les anciens noyaux se résorbent, les micronucléus (prétendus nucléoles) grandissent, et se divisent en quatre corps
siste et fournit, en se dédou-
blant, le pronucléus male QUI Fig. 228. — OEuf de Nephelis, d'après O. Hertwig.— a, L'œuf une
sera échangé, et le pronucléus demi-heure après la ponte. Le protoplasma se soulève en un : à point de sa périphérie pour former le premier globule polaire. femelle qui reconstiluera, avec Le fuseau nucléaire (figure hypsiliforme) est apparu. — b, Le le nouveau venu, l'appareil même œuf une heure après. Une figure étoilée s'est montrée
autour d’un spermatozoïde Sk, qui a pénétré dans le proto-
nucléaire primitif (Maupas). plasma ; le premier globule polaire est au moment d'être expulsé.
Lorsque l'œuf est arrivé à (EE Le même œuf dépourvu de membrane d'enveloppe, deux heures après. Dans son intérieur se trouve le pronueléus mäle Sk, et le maturité, la membrane qui second globule polaire est prêt à se détacher. — d, Le mème semblait limiter la vésicule AE ES AU ST ER AE Rs nes FRE de germinative disparaît et le contour de cette vésicule devient irrégulier. Ce phénomène est dù simplement à ce que le réseau de filaments achromatiques qui constituait cette membrane se relâche et se résout en une multitude de granulations reliées entre elles par de très grêles filaments (microsomes et nucléofils, d'Ed. van Beneden). Ce nouveau réseau ne diffère en rien du réseau cytoplasmique avec lequel il se continue, ce qui donne à penser que les substances qui entrent dans la constitution du noyau pourraient bien n'être pas essentiellement différentes des substances correspondantes du cytoplasme.
À la place de la vésicule germinative, il se constitue, à l'aide des éléments
Chromatiques de cette vésicule et des filaments achromatiques du cytoplasme, une
figure identique aux figures ordinaires de la karyokinèse (fig. 228), et dont la
constitution a été étudiée avec grand soin chez l’Ascaris megalocephala, par Ed. van Beneden, qui lui croyait des caractères spéciaux et la désignait sous le nom de fiqure hypsiliforme 1.
D’après ce savant, la tache germinative de l’œuf de l’Ascaris megalocephala est constituée dans l'œuf mür par huit granules chromatiques, disposés symétriquement en deux disques contenant chacun quatre granules; elle est contenue dans une sorte de sphère claire, homogène, l’hyalosome, que traversent huit filaments achromaliques, issus respectivement de chacun des granules chromatiques. Au moment de la résolution de la membrane de la vésicule germinative, les gouttelettes hyalines des régions du vitellus qui l’entouraient immédiatement, se fusionnent elles-mêmes en une autre masse sphéroïdale, claire, formée de deux lobes sensiblement symétriques, qui occupe à peu près la place de la vésicule primitive. En même temps, les filaments hyaloplasmiques de la vésicule germinative et des parties avoisinantes du vitellus, se disposent en rayons convergents, de manière à former deux uasters, autour de deux pôles d'attraction symétriquement placés par rapport à la plaque chromatique que présente la tache germinative. Ces pôles d'attraction sont occupés chacun par un amas de granules provenant exclusivement du vitellus. La figure hypsiliforme est dessinée par les filaments compris entre ces deux pôles, et qui prennent de plus en plus d'importance. Ces huit filaments issus respectivement des huit corpuscules chromatiques traversent l'hyalosome pour venir se perdre dans les deux axes granuleux situés à sa surface; ce sont les filaments axiaux; les autres se réfléchissent à la surface du hyalosome ou même du corps sphéroïdal et viennent s'entre-croiser au voisinage du plan de symétrie de chaque côté duquel sont déjà disposés les huit granules chromatiques. Ces filaments figurent ainsi une sorte de vase dans la cavité duquel serait placé l’hyalosome et dont la coupe optique, : passant par les centres granuleux d'attraction, aurait la forme d’un Y, d'ou le nom même attribué à la figure qu'ils dessinent. Peu à peu, par suite de la traction des filaments qui l’unissent à la surface du vitellus, la figure hypsiliforme se rapproche de la surface de l'œuf et ses deux branches obliques semblent s’aplatir contre cette surface, de manière à constituer finalement un fuseau strié dont les extrémités sont occupées par les centres granuleux d'attraction transformés en disques hyalins, et la région moyenne par l’hyalosome devenu lui-même discoide et la double plaque chromatique. Cependant la branche verticale de l'Y a elle-même tourné de 900 autour de l’axe du fuseau de manière à devenir, elle aussi, superficielle et à se placer perpendiculaire à cet axe; du côté opposé différencie un groupe de filaments protoplasmiques, de sorte que le fuseau, le pied de l’Y de la figure hypsiliforme et les filaments différenciés en dernier lieu dessinent à la surface de l’œuf une croix dont le centre est occupé par l'hyalosome et la double plaque chromatique. À ce moment, la forme de cette plaque s’est aussi modifiée : les quatre granules qui constituent chacune de ses moitiés se sont unis en un bâtonnet rectiligne, étranglé au milieu; l’hyalosome s’est lui-même divisé en deux moitiés correspondant à la ligne d’étranglement des deux bâtonnets. Finalement, la moitié la plus superficielle de l’hyalosome entrainant avec elle une moitié de chaque bâtonnet
1 Voir, pour la formation des globules polaires et la fécondation, Maupas, Le rajeunissement karyogamique chez les Infusoires ciliés (Archives de Zoologie expérimentale, 4889), où sont résumés ou indiqués les mémoires parus jusqu’à ce jour sur ce sujet (p. 420 et 450).