MODE D’'UNION DU SPERMATOZOIDE ET DE L'ŒUF
fait hernie hors de l'œuf, et est expulsée, formant, peut-être avec une mince couche de vitellus, le premier globule polaire. Cependant le vitellus de l'œuf a lui-même exsudé une substance hyaline qui forme autour de lui la première couche périvitelline à la surface interne de laquelle le premier globule polaire vient se souder. Les phénomènes préparatoires à l'expulsion du second globule polaire commencent immédiatement après l'expulsion du premier. Aux deux pôles opposés de la partie restante du hyalosome ou deutohyalosome situés sur un même rayon de l’œuf, se forment respectivement deux amas granuleux autour de chacun desquels se développe un aster. Les filaments de cet aster, les plus voisins de leur ligne de jointure, forment un fuseau contenant dans sa partie moyenne les deux moitiés restantes des bâtonnets chromatiques qui se sont eux-mêmes plus ou moins divisés. Peu à peu l’axe du fuseau tourne de 90°, de manière à venir se placer tangentiellement à la surface de l'œuf; les corpuscules chromatiques du hyalosome sont alors au nombre de huit; bientôt une seconde moitié du hyalosome et quatre des globules chromatiques qu'il contient se trouvent expulsés, constituant le second globulaire. Les observations postérieures de Nussbaum, Zacharias, Boveri, Kultschitzky n’ont pas confirmé ces données d'Ed. van Beneden. Le protohyalosome et le deutohyalosome ne seraient que des accidents de préparation; la rotation de la figure hypsiliforme n’existerait pas, et cette figure ne différerait en rien d’essentiel des figures ordinaires de la karyokinèse; les huit granules chromatiques s’uniraient en quatre bätonnets parallèles à l'axe de la figure et le premier globule polaire contiendrait la moitié de chaque bâtonnet. Il resterait alors dans l’œuf quatre corpuscules chromatiques, groupés deux à deux parallèlement à l’un des rayons de l'œuf; le second globule polaire comprendrait un corpuscule de chaque groupe. Après l'expulsion de ce globule, la chromatine de l’œuf se trouve réduite des trois quarts; le quart restant constitue, avec la portion du cytosarque qui l'entoure, le pronucléus femelle. Mode d'union du spermatozoïde et de l'œuf. — On ne possède encore de données complètes sur la fécondation que pour un petit nombre d'animaux. Les œufs transparents et qui se prêtent à la fécondation artificielle sont les seuls sur lesqueis des expériences directes puissent porter. Ces œufs, à la vérité, ne sont pas très rares; mais dans les œufs des Nématodes la lenteur de la pénétration du Spermatozoide et sa grosseur permettent d'étudier toutes les phases de ses transformations. On a suivi jusqu'ici les détails de la fécondation chez l’Asterias glacialis (Fol), les Sérongylocentrotus (Toxopneustes) lividus (Hertwig) et variegatus (Selenka), l’Ascaris megalocephala (Ed. Van Beneden, Carnoy et autres), la Nephelis (Hertwig), le Petromyzon (Calberla, Kupffer, Benecke), l'Esturgeon (Salensky), les Batraciens (Van Bambeke, Hertwig). Habituellement un seul spermatozoïde est suffisant pour produire la fécondation ; il parait cependant que plusieurs spermatozoïdes pénètrent assez souvent dans le même œuf (Lamproies, BATRACGIENS). Les observateurs ne sont pas d'accord sur les conséquences de ce fait : si les corpuscules nucléaires résultant de la pénétration de ces spermatozoïdes se résorbent sauf un seul, tout est ramené au cas de la pénétration d'un seul spermatozoïde; le développement s’accomplit normalement. On admet que le développement ne peut se produire ou qu'il conduit à la formation d'embryons monstrueux lorsque plusieurs des spermatozoïdes qui ont pénétré dans l’œuf ont conservé leur activité. Quoi qu'il en soit, le cas de la pénétration d’un seul spermatozoïde est évidemment un cas simple qui peut
servir de point de départ pour les recherches ultérieures. C'est ce qui a lieu chez le Strongylocentrotus lividus, où Hertwig a observé le premier ce phénomène, chez l'Asterias glacialis où il a été suivi par Fol, chez le Petromyzon qui à fait l’objet des observations de Kupffer et de Benecke. Si quelque temps après la ponte (une heure environ) on mélange sur le porte-objet du microscope deux gouttes d’eau contenant respectivement des œufs et des spermatozoïdes d'Asterias, on voit bientôt plusieurs spermatozoïdes arriver au contact de l'enveloppe gélatineuse des œufs et y enfoncer leur tête (fig. 229). Bientôt une protubérance apparait sur un point du cytosarque