‹ Traité de zoologie (volume 5)Chapitre 61 sur 396 · MODIFICATIONS ADAPTATIVES DES FORMES EMBRYONNAIRES LIBRES · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS ADAPTATIVES DES FORMES EMBRYONNAIRES LIBRES

pement rapide, à l'abri des enveloppes de l'œuf, et dans lequel l’éclosion n'a lieu qu'après la formation de tous les segments dont le corps doit être constitué. Cette transformation peut même être étudiée dans le seul ordre des Crustacés décapodes, où les Penœus paraissent éclore à un état tout au moins très voisin de celui de nauplius, tandis que les Pagures, les Homards, les Écrevisses naissent avec tous leurs segments (fig. 274). Ce dernier cas est celui de tous les Arthrostracés, des Arachnides (sauf les Acariens), de nombreux Myriapodes et de la totalité des Insectes. Chez les Insectes le corps de l'embryon tout entier n’est représenté

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Fig. 275. — Développement embryonnaire du Calopteryx virgo (d'après AL Brandt). — «a. Sur un point du blastoderme, formé au début d’une seule couche de cellules et épaissi au niveau des pôles, commence à apparaître l’invagination du blastoderme; (7, limite de l’épaississement du blastoderme. — b. Stade plus avancé de l’invagination du blastoderme. — €. Les membranes embryonnaires sont formées. Zp, membrane embryonnaire pariétale (séreuse) ; Zo, membrane embryonnaire viscérale (amnios). — 4. Les appendices commencent à se montrer sur la bandelette primitive; À, antennes; Id, mandibules ; J/x', maxilles ou mächoires; x, lèvre inférieure. Au-dessus on voit les rudiments des trois paires de pattes. — e. Retournement de l'embryon, qui se dévagine au dehors de l'enveloppe viscérale. — f. Le retournement de l'embryon est achevé; l'extrémité postérieure du corps est libre. Sur le dos on apercoit le sac vitellin.

d’abord que par une lame correspondant à la face ventrale du corps, qui se méta-

mérise peu à peu dans toute son épaisseur, et se ferme du côté dorsal, à mesure

que s’épuisent les matériaux nutritifs contenus dans les cellules vitellifères (fig. 275). Modifications adaptatives des formes embryonnaires libres. — Par un phéno-

mène inverse de celui que nous venons d'étudier, les formes embryonnaires pré-

sentent souvent des appendices variés qui ne doivent en aucune façon être utilisés par l’animal adulte, demeurent liés au mode d'existence de l'embryon, et lui donnent souvent un aspect qui ne laisse en aucune façon deviner quel sera son sort ultérieur. L’embryogénie normale se trouve modifiée de ce chef dans une plus ou moins large mesure, et compliquée de tous les phénomènes de formation et de résorption des organes accessoires de l'embryon. Ces phénomènes peuvent d’ailleurs se superposer aux phénomènes ordinaires d'accélération embryogénique, de sorte qu'ils constituent non pas, comme on l’a dit quelquefois, une dilatation, mais une simple altération de l'embryogénie normale, telle que nous l'avons

précédemment définie. Ces altérations portent plutôt sur la forme générale du

corps que sur l'organisation interne, et elles peuvent être extrêmement variables avec les circonstances du développement, chez des animaux très voisins. Rien que

Fig. 276. — Larve Bipinnaria d'une Étoile de mer, d’après J. Müller, — 1. Larve jeune. 42, estomac;

A, anus; V, rosette ambulacraire avec le canal cilié s’ouvrant dans le pore dorsal; S, canal pierreux,

— 2, Larve plus âgée avec la partie marginale de l'Etoile de mer complètement fermée.

dans l’embranchement des Echinodermes les Bipinnaria (fig. 276) et les Brachiolaria des Etoiles de mer, les Pluteus des Ophiures et Oursins (fig. 277), les Auricularia des Holothuries (fig. 278) sont autant de formes embryonnaires qui semblent, au premier

Fig. 278. — Larve Auricularia vue par la face

dorsale, d'après J. Müller, — Oe, œsophage;

Fig. 277. — Pluteus d'un Spatangide avec le bâtonnet apica, AZ, estomac; D, intestin; P, sac péritonéal (St) (d'après J. Müller). V, rosette aquifère.

abord, n’avoir rien de commun, et ne ressemblent pas davantage à la larve vermiforme des Comatules (fig. 54, p. 40); mais il suffit que l'embryon, au lieu de vivre en pleine liberté, se développe sur place soit sous les pierres (Asterina gibbosa), soit fixé à la mère (nombreuses Asterias, Cribrella, Archaster excavatus),

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