‹ Traité de zoologie (volume 5)Chapitre 65 sur 396 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Propriétés générales et divers modes de différenciation des tissus. — Les degrés divers et presque innombrables de complication du corps des animaux sont, en dernière analyse, obtenus grâce à la différenciation et aux groupements multiples des plastides ou éléments anatomiques. Quoique très variés dans le détail de leur structure, ces plastides qui, après s'être groupés en tissus (voir pages 6% et suivantes), constituent les unités morphologiques du corps : mérides, zoides, ou dèmes, les organes et les appareils, se rattachent cependant à un nombre relativement restreint de types, Correspondant chacun à un groupe déterminé de fonctions physiologiques.

C'est aussi du degré plus ou moins grand de différenciation des éléments que dépend, dans une certaine mesure, la division du travail physiologique. Cette division du travail est poussée très loin chez les organismes supérieurs où les diverses sortes d'éléments sont très nettement caractérisées; elle est au contraire faible chez les organismes inférieurs, où il est souvent difficile de déterminer la fonction d'un élément d’après sa forme et la façon dont il se comporte en présence des réactifs. A mesure qu’on s'élève dans le Règne animal, les diverses sortes d'éléments se caractérisent, et c'est en suivant la marche de cette caractérisation graduelle qu’on peut espérer se rendre compte de la nature et des propriétés des éléments, à structure parfois complexe, qui constituent les organismes élevés tels que les Arthropodes supérieurs et les Vertébrés. |

Tous les plastides libres et isolés ont en commun un ensemble de propriétés dont l'exercice constitue à proprement parler la vie : ils se nourrissent, respirent, excrètent, sont irritables, contractiles, grandissent, se transforment, se multiplient, dépérissent et meurent. Associés en organismes, ils exercent différemment ces propriétés suivant la position qu’ils occupent et les excitations habituelles qu'ils subissent, de telle facon que chacun d’eux modifie à son tour indéfiniment le milieu dans lequel vivent ses voisins, et ajoute un élément nouveau de variété à ce milieu. Les effets immédiats de l’exercice des deux premières propriétés, la nutrition et la respiration, sont limités à la substance même du cytosarque de chaque élément; toutefois il résulte de l'accumulation d'un grand nombre de plastides dans une même région une lutte pour la vie qui, en raréfiant les matières

Page 1