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MORPHOLOGIE EXTERNE DES SCOLEX

s'élargit brusquement à sa base, en une lame discoïdale, c’est un crochet en aiguillon de rosier. La forme en faucille est plus fréquente; le crochet se compose alors (fig. 1239) d’une lame recourbée et pointue, d’un manche rectiligne ou très légèrement incurvé en sens inverse de la lame, et d’une garde , saillie qui se dresse sur l’un des côtés du crochet, perpendiculairement au manche, à sa jonction avec la lame. Les proportions relatives de ces trois parties fournissent de bons caractères spécifiques et même génériques. Ainsi la garde est très longue chez les Echinocotylc, très courte chez les Drepanidotænia , et elle forme une sorte de fourche avec la lame chez les Dicranotænia où le manche est presque nul.

Abstraction faite des Trypanorhyncha, qui d’ailleurs pourraient se prêter au même mode de répartition, mais qu'il y a avantage à réunir en un ordre distinct, le nombre des ventouses ou bothridies que porte le scolex permet de diviser les Cestoïdes proprement dits en deux ordres 1 : les Dicestoda et les Tetracestoda, les premiers munis de deux ventouses seulement, tandis que les seconds en ont quatre.

Au premier ordre se rattachent par tous les traits de leur organisation les Ligula dont les ventouses sont rudimentaires; chez les Bothriocephalus , les bothridies sont de simples fossettes latérales creusées dans les faces du scolex qui correspondent aux deux faces larges des proglottis; les bords de ces fossettes sont plus ou moins saillants. Si l’on suppose qu’ils se soudent de manière que chaque bolhridie prenne la forme d'un vase largement ouvert vers l’extrémité libre du scolex, muni d’une petite ouverture vers son extrémité proglottidienne, on aura les deux bothridies cylindro-coniques des Bothridium (fig. 1240, n° 2); en comprimant celles-ci de manière à les étaler dans un plan perpendiculaire aux

Fig. 1240. • — N" 1, Scolex et région voisine du Strobile de la Duthiersia expansa ; c, bothridie; o, oriüce communiquant avec la cavité des bothridies (dessin de Laoaze Duthiers). — 2, Scolex et derniers proglottis dn Bothridium mer/ncephalum , montrant le réseau terminal r de l’appareil néphridien; v, oriüce supérieur; o, oriüce inférieur des bothridies; a et' c, les deux troncs néphridiens latéraux, comprenant entre eux le cordon nerveux b ; d , anastomoses transversales des deux troncs internes. — 3, un proglottis du même Bothridium , mêmes lettres, en outre e, réseau néphridien superficiel ; o, ni, orifices génitaux (dessin de J. Poirier).

1 E. Perrier, Sur la classification des Cesloïdes, Comptes rendus de l’Académie des sciences, 1877.

deux faces du proglottis, on passe aux bothridies des Duthiersici (fig. 1240, n° 1); les bothridies des Diplocotyle ne diffèrent que par des détails de celles des Bothridhirn, tandis que celles des Diphyllobothrium et des Ptychobothrium se rattachent au type des Duthienia. Des crochets accompagnent les bothridies chez les Triænophorus et les Anchistrocephalus.

Les bothridies des Tetracestoda présentent une plus grande variété : tantôt

elles constituent des organes membraneux soudés au scolex dans toute leur

étendue, ou rattachés à lui par un pédoncule plus ou moins allongé (Tetrabothriidæ), tantôt elles sont creusées (Teniadæ) dans le scolex lui-même, qui peut être alors ou simplement quadrangulaire ou divisé en quatre lobes correspondant chacun à une bothridie ( Anoplocephalci transversuria , de la Marmotte). Le mode d'insertion des bothridies des Tetrabotiiriidæ est constant, mais se prête

à des modifications de détail. En arrivant au scolex les faces larges et les faces

étroites du strobile tendent à s’égaliser, de sorte que le scolex acquiert plus -ou moins rapidement la forme d’un solide présentant quatre faces séparées par , quatre arêtes ; c’est aux arêtes du solide que se fixent les bothridies, de sorte que chacune d’elles est à cheval sur deux faces du scolex et ne correspond à aucune des deux faces des proglottis (Calliobothriinæ, Monory gma, Tetrabo thrium ). Les quatre bothridies sont le plus souvent équivalentes et également espacées; mais dans le genre Dinobothrium les ventouses se rapprochent par couples ; et dans le genre Diplobothrium, les bothridies d’un même couple se soudent complètement l’une à l’autre, chaque couple correspond à l’une des faces des proglottis; chez les Diplobothrium la cloison qui, dans chaque couple, sépare chaque bothridie de sa conjointe est plus faible que celle qui sépare les deux couples; elle est perpendiculaire à la face large des proglottis, de sorte que si elle disparaissait, il resterait, pour chaque face du corps, une bothridie unique, analogue à celle des Bothridium-, on ne peut affirmer cependant que le passage d’un groupe à l’autre se soit réellement fait de cette façon. On observe d’ailleurs chez les Platybothrium un groupement inverse; les bothridies sont ici unies en couples correspondant à la tranche du strobile. Dans la famille des Tetrabothriidæ, les bothridies peuvent toujours être considérées comme constituées par une lame membraneuse, à face externe concave, à contour elliptique, le grand axe de l’ellipse étant dirigé suivant la longueur du strobile; à face externe concave rattachée de diverses façons à l’un des angles du scolex. Tantôt, en effet, la face externe de la bothridie se soude directement sur une partie plus ou moins grande de la longueur de son grand axe avec le scolex (Galliobothrinæ, fig. 1241, n° 1; Tetrabothrium, fig. 1241, n° 2; Phyllobothrium), tantôt un pédoncule plus ou moins allongé relie chaque bothridie au scolex ( Anthobothrium , Orygmatobothrium , Anthocephalum, Echeneibothrium , Rhinebothrium, Spongiobothrium , etc.). Dans la tribu des Calliobothriinæ, chaque bothridie porte près de son sommet distal soit deux crochets chitineux simples (Thysanocephalum) , soit quatre crochets indépendants, également simples ( Calliobothrium , c) , soit deux crochets bifurqués, indépendants l’un de l’autre ( Onchobothrium , Acanthobothrium ) ou réunis par une pièce intermédiaire ( Platy bothrium ), soit deux crochets indépendants, trifurqués ( Phoreiobothrium ). Toute la partie libre des bothridies est essentiellement mobile; il en résulte que le contour de ces organes change incessamment d’aspect chez l’animal vivant; leurs bords se

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