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MORPHOLOGIE EXTERNE DU PROGLOTTIS

général une région dilatée de leur corps que l’on appelle souvent leur tète; ils ne possèdent ni ventouse, ni autres organes de fixation; les Amphilina et les Gyrocotyle portent à l’une des extrémités de leur corps, la postérieure, une véritable ventouse enfoncée dans la paroi du corps; à l’extrémité opposée des Gyrocotyle se trouve une sorte d’entonnoir, à parois plissées d’une manière compliquée; la cavité de cet entonnoir se prolonge à l’intérieur du corps et s’ouvre dans un organe connu sous le nom de trompe. Sur la surface ventrale et sur la surface dorsale du corps, en avant de l’entonnoir, dans les plis marginaux du corps et en deux points symétriques, de chaque côté de la ventouse, on observe des épines chitineuses, mues par des muscles spéciaux et dont la ressemblance avec les soies locomotrices des Chétopodes est frappante ; nous avons déjà signalé celte ressemblance pour certaines épines des Trématodes monogènes; les épines de l’oncosplière sont peut-être les organes homologues, et tous ces organes viennent renforcer l’opinion que les Vers plats dérivent, en réalité, des Chétopodes.

Les proglottis des Cestoïdes proprement dits ne présentent qu’un petit nombre de variations intéressantes ; nous leur distinguerons un bord proximal , tourné vers le scolex, et un bord distal, tourné du côté opposé; la disposition de l’appareil néphridien, celle des organes génitaux permettent de caractériser deux faces que nous appellerons, arbitrairement d’ailleurs, l’une dorsale, l’autre ventrale-, cette dernière porte les orifices génitaux, lorsqu’ils ne sont pas sur la tranche des proglottis. En général, les dimensions longitudinales des proglottis grandissent vers l’extrémité distale du strobile, et les segments, d’abord plus larges que longs, arrivent à être beaucoup plus longs que larges lorsqu’ils sont près de la maturité, dans les types où les segments se détachent un à un (fig. 123G); mais chez les Anoplocephalidæ les proglottis demeurent toujours beaucoup plus courts que larges; ils sont même tellement courts chez les Anoplocephala que le strobile paraît constitué par des disques empilés les uns sur les autres. Assez souvent le bord distal de chaque proglottis se prolonge de manière à envelopper comme d’une collerette la région proximale du proglottis suivant; cette collerette est parfois festonnée, et ses découpures sont si serrées chez le Thysanosoma asterioïdes de l’intestin des Ruminants d’Amérique que chaque proglottis parait terminé par une frange. Il existe des glandules sécrétrices caractéristiques tout le long du bord distal des proglottis de' Moniezia, et les premiers proglottis des Cylindrophorus et des Phoreiobotrium sont couverts de petites épines. Cette différenciation des proglottis voisins du scolex peut être poussée encore plus loin. Chez les Idiogenes qui manquent de scolex, les quatre premiers proglottis se modifient de manière à constituer un appareil de lixation. Ces quatre proglottis ont la forme de calices allongés, grandissant à partir du proglottis proximal; la paroi du calice est fendue latéralement, à partir du bord distal, jusqu’à une hauteur variable, et il existe dans les lèvres de la fente des formations musculaires latérales qui constituent des organes de fixation et transforment chaque proglottis en un organe analogue aux scolex des Dibothrium. Les proglottis ne portent d’autres orifices que ceux des organes génitaux. Dans chacun des deux ordres des Dicestoda et des Tetracestoda, les mêmes dispositions de ces orilices peuvent se répéter; mais, d’une manière générale, chez les Dicestoda les orifices génitaux sont situés sur l’une des faces larges du scolex ( face ventrale);. chez les Trypanorhyncha et la très grande majorité des Tetracestoda les orilices

sont ou bien tout près de l’un des bords du proglottis ou sur leur tranche même. Dans ce dernier cas, si tous les orifices sont situés sur le même bord, ils sont dits unilatéraux ( Tetrabothrium crispum , Phyllobothrium gracilis, Anoplocephala, Plagiotænia, Hymenolcpis) ; ils sont alternes s’ils se trouvent alternativement, avec plus ou moins de régularité, sur la tranche droite ou sur la tranche gauche. Généralement plusieurs anneaux présentant leurs orifices génitaux à droite, sont suivis d’autant

d’anneaux qui les portent à gauche (Calliobobothrium, Acanthobothrium, Onchobothrium, Anthobothrium , Tetrabothrium, Phyllobothrium Dohrni, Orygmatobothrium,Echeneibothrium , Tæniinæ, Stilesia, Andrya, Bertia).

Chez tous les Cestoïdes des Poissons de mer, l’orifice vaginal est proximal (plus près du Scolex), par rapport à l’orifice mâle. Quelquefois chaque proglottis porte deux orifices mâles (Amabilia), ou même un double système complet d’orifices génitaux, correspondant àune duplication réelle del’appareil génital tout entier ( Diplogonoporus , Moniezia, divers Thysanosoma).

Structure histologique. — Les Cestoïdes manquent de cavité générale ; leur corps semble n’être qu’une lame solide dans l’épaisseur de laquelle sont logés les organes réduits à l 'appareil excréteur , au système nerveux et à Y appareil génital. L’examen de coupes minces de la masse solide (fig. 1243) permet de distinguer : 1° une cuticule ; 2° une couche sous-cuticulaire ; 3° une couche conjonctive intermédiaire ; 4° une couche de muscles longitudinaux ; 5° une couche de muscles trans-

Fig. 1213. — Coupe sagittale d’un proglottis mûr de Bothriocephalus latus. — pl, pli marquant la partie antérieure du proglottis; pn , orifice mâle; pp, poche du cirre; sp, canal déférent; bb, sa portion musculeuse dilatée ; vg, vg\ vg". coupes successives du vagin ; ov, ovaires ; mt, orifice de l’utérus; mt' , mt" , coupes successives de l’utérus; cc, corpuscules calcaires; zml, zone musculaire longitudinale ; zmc, zone musculaire circulaire; uf, vitellogènes (d’après Moniez).

verses ; 6° des muscles dorso-

ventraux ; 7° une substance centrale dans laquelle prennent naissance tous les organes.

La nature de la cuticule et de la couche sous-cuticulaire a soulevé les mêmes discussions que pour les Trématodes. Chez les jeunes Cestoïdes ces couches dérivent certainement de la couche externe des cellules de l’oncosphère, et l’on peut quelque temps y reconnaître des cellules distinctes; elles sont même chez les Triænophorus les restes de la partie profonde1 des cellules superficielles de l’oncosphère; mais, après

1 N. Zografk, Les cestoïdes offrent-ils des tissus d’origine exodermique ? Archives de Zoologie expérimentale, 2e série, t. X, 1892.

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