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peuvent être marqués suivent d’une manière générale l’enroulement en hélice des tours, il convient de les qualifier d 'hélicoïdaux'2; lorsque ces mêmes ornements sont sensiblement normaux aux lignes de suture, on les nommera transversaux 3; ils suivent souvent alors le trajet de lignes d’accroissement. La base de la coquille est la région opposée au sommet, celle qui correspond au bord antérieur de l’ouverture.
Le tube coquillier peut s’enrouler soit autour d’une ligne de manière qu’il n’y ait aucun vide correspondant à Taxe de l’hélice, soit autour d’un cône idéal, de sorte qu’on aperçoit un vide lorsqu’on regarde la coquille par la base; ce vide est l’ombilic, et la coquille est alors ombiliquée 4 *. L’ombilic peut être large ( Solarium ) ou se
1 Nous substituons le nom d'hélice à celui de spire qui est usité par les conchyliologistes, parce que le mot de spire ne peut s’entendre que de courbes planes, les spirales.
2 Les conchyliologistes les nomment fort improprement spiraux, transverses, longitudinaux, etc.
3 Ce sont justement ceux que les conchyliologistes appellent longitudinaux ou rayonnants.
4 On la dit aussi perforée , mais ce mot permet une confusion avec les coquilles percées
de trous des Fissurella, Haliotis, etc.
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rétrécir en forme de fente; il est souvent masqué par un dépôt calleux. Dans les coquilles dont les premiers tours sont peu saillants, il peut arriver que les derniers tours s’élargissent du côté opposé à celui où le sommet faisait d’abord saillie; l’hélice primitive se trouve alors au fond d’un faux ombilic et l’enroulement de la coquille parait inverse de ce qu’il est en réalité; la coquille est dite alors hyperstrophe ( Lanistes , Meladomus, Limacinidæ, certains Planorbis , Choanomphalus , Pompholyx). L’axe plein que constituent, en se superposant, les tours de la coquille lorsqu’elle n’est pas ombiliquée s’appelle la columelle-, son extrémité inférieure apparait dans l’ouverture et fournit d’assez bons caractères taxonomiques. Quelquefois une partie plus ou moins grande des planchers qui séparent les tours d’hélice sont résorbés chez l’animal adulte, au niveau des sutures ( Auricula , fig. 1309; Melampus ); ou bien c’est la columelle et la région des cloisons quelle supporte qui manquent (, Scarabus ,
Cassidula); d’autres fois la coquille résulte de l’enroulement d’un tube non fermé ( Haliotis , Columna , Scaphander ). On appelle labre la région du bord de l’ouverture opposée à la columelle et péristomc le pourtour de l’ouverture. Lorsque le tube qui forme la coquille se termine sans s’accoler à la columelle ou en s’adossant simplement à elle, le péristome est continu (, Scalarici , Cyelostoma,
Cylindrella, etc.) ; mais souvent la partie du péristome opposée au labre est constituée par la paroi externe du dernier tour, comme si la moitié interne du tube coquillier avait été supprimée au niveau de l’ouverture, et les bords sectionnés recollés à la coquille; le péristome est alors interrompu. La partie supprimée de la coquille est fréquemment remplacée par un dépôt calcaire irrégulier, le cal ou labium (. Bulimus ). Chez certaines coquilles à péristome continu, le bord interne du péristome opposé au labre se rabat extérieurement sur la portion du dernier tour, à laquelle il s’accole, et peut arriver à la masquer (N évita, Natica) ; là aussi, il peut se produire une callosité. Le labre, presque toujours simple et tranchant dans les jeunes coquilles, est également susceptible de se rabattre soit en dehors, et il est alors renversé ou réfléchi, soit en dedans, auquel cas il est infléchi ( Cypræa ); la portion réfléchie se renverse quelquefois assez pour s’accoler à la portion sous-jacente; le labre est alors épaissi. Ces épaississements se couvrent parfois d’épines ou d’ornementations diverses, semblant se produire à des époques déterminées, dans l’intervalle desquelles la coquille s’accroît en reprenant son épaisseur normale; les parties formées durant ces périodes sont alors comprises entre deux épaississements, deux varices, et ces varices peuvent se trouver dans le prolongement les unes des autres (Murex, Ranella ) ou être disjointes (Triton).
La forme de l’ouverture fournit à la taxonomie d’importants caractères ; cette forme est désignée par des termes du langage courant qui se définissent d’euxmêmes. Chez les Diotocardes primitifs à deux branchies (Pleurotomariidæ, Fissurellidæ, Haliotidæ) où le manteau est fendu en deux lobes, au-dessus de la chambre branchiale, le labre de la coquille présente une fente correspondant à celle du manteau (fig. 1310). Cette fente divisait le labre en deux moitiés symétriques chez les Belierophon ; sa direction est héliçoidale chez les Pleurotomaria et les Scissurella actuelles; elle existe dans le jeune âge chez les Fissurella et les Haliotis ;
Fig. 1309. — Coupe d 'Auricula Midæ pour montrer la résorption des cloisons internes.
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Fig. 1310. — Pleurotomaria Quoyana, vivant encore aux Antilles.
mais dans le premier de ces genres elle ne se continue pas sur les parties nouvellement formées de la coquille, de sorte qu’elle est simplement représentée par un orifice placé au sommet de celle-ci; chez les Haliotis une échancrure marginale apparaît à des intervalles réguliers, puis la coquille continuant à croître, les bords de l’échancrure se referment, et la fente se transforme ainsi en un trou circulaire;
la fente à direction héliçoïdale des Pleurotomaria est donc remplacée, chez les Haliotis, par une série de trous placés sur une ligne héliçoïdale. Les fentes et les trous disparaissent totalement chez les Diotocardes à une seule branchie; le péristome décrit une courbe continue, sans inflexions brusques; l’ouverture est entière. Cette disposition se conserve chez presque tous les Ténioglosses rostrifères et semi-proboscidifères; mais, en raison de l’apparition d’un siphon respiratoire, formé par une élongation locale du bord du manteau et qui peut simplement se diriger en avant ou se redresser sur le dos, le bord du lobe, au voisinage de la columelle, s’échancre ou se réfléchit plus ou moins chez les CERiTmiDÆ; cette échancrure est même double chez les Strombidæ; elle caractérise la coquille des Ténioglosses proboscidifères siphonostomes et de tous les Sténoglosses; elle peut, chez quelques-uns de ces derniers, se prolonger en un canal longitudinal ouvert en dessous (Fasciolariidæ, Muricidæ, fig. 1306, etc.).
Dans tous les groupes de Gastéropodes, par suite de l’importance de plus en plus grande prise par la région antérieure du corps et surtout par le lobe pédieux, la portion enroulée du tronc est susceptible de s’amoindrir, et la coquille suit cet amoindrissement, mais il peut avoir lieu de deux façons : ou bien la région héliçoïdale disparait, en quelque sorte, d’arrière en avant, ou bien la totalité de l’hélice s’amoindrit en bloc. Dans le premier cas, la coquille se réduit à son dernier tour, après avoir conservé quelque temps une spire réduite presque symétrique ( Carinaria , Capulus) ; elle tend, en conséquence, à devenir symétrique ; elle revêt d’abord la forme conique; on dit alors qu’elle est patelli forme (Ancy lus, Fissurella, Patella , Siphonaria), puis elle s’aplatit et se réduit à une simple lamelle calcaire où le nucléus est encore distinct ( Scutum , Umbrella). Dans le second cas, le dernier tour s’élargit, l’ouverture devient énorme, l’hélice s’affaisse et se raccourcit, mais la dissymétrie ne fait que ^ t ^ s’accuser; la coquille est
d’abord auriforme ( Haliotis , Stom ATIIDÆ , S ig are tus ,Gastropteron, Pleur obranchus, Lamellariidæ, Daudebar-
Hg. 1.111. — Testacella haliolidea. — 1. 1 animal rampant; 2, sa tête dia, Parmacella) puis elle vue de face; 3, son extrémité postérieure, montrant la coquille et le r
pneumostome (d’après Woodward). devient unguliforrne avec
nucléus excentrique (Aply-
sia, Testacella, fig. 1311; Umax ), ou virguliforme , ses tours de spire se détachant les uns des autres ( Doridium ). Les Concholepas constituent une sorte d’intermédiaire entre les coquilles patelliformes et les coquilles auriformes. Chez les Calyptræidæ
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à coquille auriforme, mais à nucléus presque central, les cloisons de séparation des divers tours se conservent en partie à l’intérieur de la coquille et forment soit une lame spirale détachée de la coquille ( Calyptræa ), soit un cornet ( Crucibulum ), soit un simple septum horizontal ( Crepidula ).
Chez un certain nombre de Gastéropodes, les tours d'hélice déjà à peine contigus chez les formes telles que les Scalaria, après s’être superposés normalement un certain temps, cessent d’être en contact, on dit alors que la coquille est déroulée ( Vermetus , Siliquaria, Cæcum, fig. 1307; Cyclosurus). Ce phénomène se produit quelquefois à titre de monstruosité chez des espèces dont l’enroulement est habituellement normal (Hélix). Un tube calcaire prolonge l’ouverture de la coquille chez les Magilus. Quelquefois le dernier tour se détache seul des autres ( Cylindrella ). Ce n’est qu’exceptionnellement (Limacinidæ) que la coquille est héliçoïdale chez les Ptéropodes; elle est droite et conique ( Creseis ), en pyramide triangulaire (Cleodora) ou globuleuse avec une fissure de chaque côté chez les Cavoliniid.e.
Par une exception jusqu’ici unique les Clausilia portent dans leur dernier tour une pièce obturatrice, le clans ilium , fixée à l’axe columellaire par un support élastique; l’animal quand il veut sortir repousse le clausilium qui se referme de lui-même lorsque l’animal se rétracte (fig. 1312, c).
Chez certaines formes pélagiques (Pterotrachæidæ, Cymbulia ), dépourvues de coquille, il se produit, aux dépens du tissu conjonctif sous-jacent à l’épithélium du corps, un appareil de soutien, la 'pseudoconque , qui n’a aucun rapport avec une coquille.
La coquille des Scaphopodes est un simple tube conique, à concavité dorsale, s’ouvrant aux deux bouts.
Caractère des coquilles des Lamellibranches. — Si l’on admet que la spire d’un Bellerophon se soit graduellement raccourcie, la fente antérieure envahissant toute la hauteur du dernier tour, seul persistant, et qu’une fente se soit formée en arrière de la coquille, dans le plan de symétrie, il sera possible de concevoir comment une coquille univalve de Gastéropode est devenue une coquille bivalve de Lamellibranche; étant donné ce que l’on sait de la parenté de certains Lamellibranches (Solenomyidæ, Nuculidæ) avec les Gastéropodes diotocardes, ce mode de transformation n’a rien d’invraisemblable. Les deux valves des Lamelliformes sont aujourd’hui entièrement séparées et reliées seulement l’une à l’autre par un appareil ligamentaire élastique, plus ou moins compliqué; la région où les deux valves se touchent se nomme la charnière. Des deux valves l’une étant à droite de l’animal, l’autre à gauche, chaque valve a un bord dorsal par lequel elle touche l’autre, un bord ventral qui lui est opposé, une extrémité supérieure et une extrémité inférieure. La coquille est dite équivalve ou inéquivalve 1 suivant que les
1 La coquille n’est généralement inéquivalve que lorsque l’animal, fixé ou non, vit constamment couché sur un côté comme un poisson pleuronecte; la valve inférieure devient alors profonde, et la valve supérieure fonctionne, par rapport à elle, comme le couvercle d’une boîte (Pectinidæ, Spokdylidæ, Ostreidæ, etc.).
Fig. 1312. — Coquille de Clausilia niacarana ouverte pour montrer le clausilium , c, et l’axe columellaire a.
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deux valves sont semblables ou dissemblables; elle est équilatérale ou inéquilatérale suivant que les deux parties d’une môme valve situées de chaque côté de la charnière sont pareilles ou non. Par suite de l’habitude des anciens conchyliologistes de figurer les Lamellibranches la charnière en haut, la coquille est dite transverse lorsque la distance de ses deux extrémités supérieure et inférieure est plus grande que la distance maximum de son bord dorsal à son bord ventral. Il est possible de reconnaître sur chaque valve la région correspondant à la coquille initiale; c’est le sommet de la valve (apex, umbo), assez souvent saillant de manière à former une sorte de crochet (fig. 1313, u). Chez les Arcidæ, qui comptent parmi les plus anciens Lamellibranches, les sommets sont séparés l’un de l’autre par une grande surface striée, sur laquelle s’insère une partie du ligament; c’est ce qu’on nomme Y area. Chez les Nuculidæ, au moins aussi primitifs que les Arcidæ, les crochets sont contigus. Dans les coquilles équilatérales le sommet est naturellement médian; dans les coquilles inéquilatérales, il peut se transporter soit en avant (Solenidæ) et même jusqu'à l’extrémité supérieure de la coquille (. Solen ), soit eu arrière (Donacidæ). Lorsque les sommets sont écartés l’un de l’autre, ils s’enroulent en une spire habituellement courte (Cardium, Chama ), mais qui s’allonge notablement chez les
Isocardia; celte disposition a été le point de départ des déformations qui ont produit les Diccras et les Caprinidæ de la période secondaire. La valve est prosogyre ou opisthogyre suivant que le sommet de la spire apicale, souvent très courte, s’incline vers ’i L l’avant ou vers l’arrière.
La charnière est naturellement placée entre les sommets; lorsque le ligament n’est apparent que sur l’un des côtés de ceux-ci, c’est toujours sur le côté postérieur qu’il est ainsi nettement caractérisé (fig. 1313, d). En avant de la charnière se dessine souvent une surface cordiforme (fig. 1313, /), limitée par un sillon ou une dépression, parfois profondément
Fig. 1313. - Coquille de Lucinapensyi- excavée elle-même (Opis, Dosinia), c’est la lunule ; en vamca, vue du dos. — ad, diamètre arrière, dans une position analogue se trouve aussi
antéro-postérieur; E F, épaisseur; l, , . . ,T T , , , , .
lunule; «, sommet des valves {umbo)-, quelquefois (Venus, Lucina, etc.) un espace semblable a, ligament; c, valve ou corselet (d’a- entouré par un sillon ou une saillie carénée; c’est
près Fischer). .
Y écusson ou corselet , quelquefois aussi nommé vulve (fig. 1313, c); de chaque côté de la ligne médiane de l’écusson les bords contigus des deux valves se renflent pour servir d’attache au ligament ( d ) et constituer ainsi les nymphes.
Les muscles adducteurs des valves, les muscles moteurs du pied, le sac viscéral, le bord du manteau laissent sur la face intérieure des valves des impressions qui jouent un grand rôle dans la délimitation des groupes. Les impressions des muscles adducteurs (fig. 1314, aa, ap) reproduisent les variations dans les dimensions de ces muscles, dont l’antérieur, dans la série des Anisomayria, diminue peu à peu et finit par disparaître (Monomyaria). Partout ailleurs ces impressions sont à peu près égales. Chez les Dreissensia et Septifcr, le muscle adducteur antérieur vient s’insérer sur une lame de renforcement, dite apophyse ou lame myophore ; il existe
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une lame semblable pour le muscle postérieur seulement, chez les Jouannetia, Cardilia , Megalodon, Diceras. Chez les Piioladidæ la partie des deux valves sur laquelle est inséré le muscle adducteur se réfléchit vers l'extérieur, entrainant avec elle le muscle, qui par cela même devient externe; dès lors, ce muscle passant, par rapport à la ligne de contact des valves, du côté opposé à celui qu’il occupait d'abord, fait, en se contractant, bâiller les valves en arrière au lieu de les rapprocher; le muscle postérieur continue à les rapprocher en arrière, mais les fait bâiller en avant. Dans ce renversement, le manteau accompagne la coquille, et il sécrète des plaques calcaires supplémentaires, impaires qui recouvrent la charnière et ont reçu les noms deprotoplaxe, mésoplaxe et métaplaxe d’après leur position en avant, au niveau ou en arrière des crochets.
Les muscles rétracteurs et élévateurs du pied laissent sur chaque valve une impression antérieure, au voisinage de celle de l’adducteur antérieur, une postérieure, immédiatement au-dessus de celle de l’adducteur postérieur (Unio) ; chez les Chlamys, les Hinnites, l'impression du muscle rétracteur du pied ne se voit que sur la valve gauche; ces impressions manquent sur la valve droite des Anomia; elles se confondent en une seule sur la valve gauche des Placunanomia. Les impressions des muscles d’attache du sac viscéral sont assez variables, mais distinctes chez les Unionidæ, par exemple. Chez les Piioladacea, le muscle d’attache supérieur s’insère sur une longue apophyse arquée, en forme de cuilleron ou de crochet que chaque valve porte sous la charnière.
L 'impression pallëale , produite par l’insertion des faisceaux musculaires qui rétractent les bords du manteau, est une ligne extérieurement tangente aux deux impressions des adducteurs de la coquille, et qui va de l’un à l’autre en suivant le bord de celle-ci; chez les Monomyaria, à impression musculaire centrale, la ligne palléale devient plus ou moins indépendante de l’impression musculaire et court parallèlement au bord de la coquille ; elle peut être discontinue ( Saxicava ) ou manquer entièrement ( Ostrea ). Lorsque les siphons respiratoires sont courts ou nuis, la ligne palléale est régulièrement convexe, et le Mollusque est intégropalléal (fig. 1314, p) ; quand les siphons se développent, l’insertion de leurs muscles rétracteurs se fait à la partie postérieure de la coquille sur une plage qui efface la ligne palléale, mais qui est elle-même limitée par une ligne courbe, concave vers le bas et dont les extrémités viennent rejoindre la ligne palléale; celle-ci parait donc s’infléchir brusquement en arrière pour former un sinus d’autant plus profond que les siphons sont plus développés (fig. 1315, s); le Mollusque est alors sinupalléal.
Le mode d’articulation des valves présente de graduelles et intéressantes modifications. Dans le cas le plus simple, celui des Cryptodontes, les deux valves, le
Lucina pensylvanica, dimyaire, intégropalléale, équivalve. — AB, diamètre antéro-postérieur; CD, diamètre dorso-ventral ; a, sommet de la valve; c, dents et fossettes cardinales; la, dent latérale antérieure; Ip, dent latérale postérieure; aa, impression de l'adducteur antérieur des valves; ap, impression de l’adducteur postérieur; p, ligne palléale; l, ligament (d’après Fischer).
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long de la charnière, sont lisses ou marquées de plis qui intéressent toute l’épaisseur de la valve, et se continuent souvent avec ses côtes radiales. Mais, le plus souvent, l’articulation des deux valves se fait à l’aide d’un repli calcaire de chaque valve, le plateau cardinal qui porte des dents et des fossettes s’engrénant d’une valve
Fig. 1315. — Intérieur de la valve gauche de la Cytherea chione dimyaire, sinupalléale, équivalve, hétérodonte. — u, sommet ou crochet ( umbo ) ; t, lunule ; tct, plateau cardinal ; h, ligament placé au-dessus de la nymphe ; aa, impression des adducteurs des valves ; p, ligne palléale ; s, sinus (d'après Woodward).
Fig. 1316. — Intérieur de la valve gauche du Pectunculus heterodon , montrant l’aire tégumentaire et les dents caractéristiques du type taxodonte.
à l’autre. Chez les Taxodontes (11g. 1316), qui comptent, avec les Cryptodontes, parmi les plus anciens Lamellibranches, le plateau cardinal est très étendu et porte de très nombreuses petites dents normales à son bord, croissant régulièrement en s’éloignant du sommet ( Nucula , Area), mais dont les plus externes pouvaient,
chez certaines formes fossiles ( Macrodon , Cucullæa), devenir très longues et obliques ou parallèles au bord cardinal.
Par l'avortement des dents, la charnière taxodonte passe au type dysodonte (Ostreidæ). Dans un troisième type, celui de Schizodontes (fig. 1317), la valve droite porte deux dents en forme de puissantes lames saillantes, divergeant à partir du sommet, souvent fortement crénelées ( Trigonia ), laissant entre elles un large espace triangulaire; chacune de ces dents est flanquée extérieurement d’une autre dent plus petite dont elle est séparée par une fossette; la valve gauche porte une forte dent cardinale bifurquée, souvent crénelée, qui s’engage entre les deux fortes dents de la valve droite et qui est comprise entre deux dents lamellaires, souvent crénelées, qui correspondent aux deux fossettes de la valve droite.
Dans le type isodonte, chaque valve porte une fossette dans laquelle est logé le ligament; sur la valve droite, de chaque côté du ligament, on observe symétriquement une forte dent, puis une fossette; c’est l'inverse sur la valve gauche (Spondy-
Fig. 1317. — Trigonia pectinata, Lamellibranche sehizodonte, vue du côté droit, dont la valve et une partie du lobe palléal droits ont été enlevés ; les branchies sont un peu anormalement contractées. — aca' , adducteurdes valves ; hir, ligament ; t, t' fossettes dentaires; o, bouche; It, palpes; p , impression palléale; m, bord de la coquille; /', pied pourvu d’une sole permettant la reptation; v, cloaque (d’après Woodward).
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lidæ) ; les Pecten isodontes, dans le jeune âge, perdent plus tard leurs dents, qui sont remplacées par des crêtes obtuses rayonnantes.
Les Lamellibranches plus récents et d’organisation plus élevée, ont généralement une charnière dite uétérodonte, comprenant au plus sept dents sur chaque valve; celles de ces dents qui divergent à partir du sommet de la valve sont dites cardinales ou médianes-, celles qui sont plus éloignées du sommet sont les dents latérales antérieures ou postérieures, suivant qu’elles sont en avant ou en arrière des dents cardinales. Ces dents avortent chez les Anodonta.
Lorsque le ligament demeure interne et que les dents cardinales du type hétérodonte se dévient ou se modifient de manière à le supporter, formant ainsi des cuillerons plus ou moins développés, la charnière devient desmodonte (Crassatella, mactridæ, myidæ). A ce type se rattachent les Glycymeridæ, dont le ligament est devenu tout à fait interne.
On peut considérer le ligament comme faisant partie intégrante de la coquille des Lamellibranches. Chez les Arcidæ le ligament est une membrane brune, résistante, inattaquable par l’acide chlorhydrique et la potasse, qui s’étend sur toute l’area. Cette membrane est tendue quand les muscles adducteurs se contractent; quand ils se relâchent, elle ouvre la coquille, en vertu de son élasticité. Chez les Aviculidæ, l’area est limitée à la portion antérieure de la charnière et le ligament y présente les mêmes caractères que chez les Arcidæ, mais au delà il s’épaissit et se loge dans une rainure de la coquille limitée par des nymphes saillantes; cette portion du ligament, formée de fibres parallèles, est nacrée, soluble dans la potasse, incrustée de calcaire; on la désigne improprement sous le nom de cartilage. Lorsque la coquille est fermée, le cartilage est comprimé ; il revient à sa forme première quand les muscles adducteurs se relâchent et rouvrent la coquille. Dans les Solenomya, également très archaïques, en arrière des crochets le ligament est linéaire, très allongé et compris entre les deux valves; en avant des crochets il s’élargit brusquement et pénètre à l’intérieur des valves : chez les Perninæ et Inoceraminæ, le ligament est également linéaire, mais sur son trajet il fournit un grand nombre de saillies cylindriques équidistantes, perpendiculaires à la ligne cardinale, qui se logent dans des fossettes de l’aire ligamentaire. Chez les Pectinidæ et les Ostreidæ il n’existe plus qu’une seule de ces saillies, exactement placée sous les crochets; le ligament externe a même complètement disparu. Les Scrobicularia et les Desmodontes ont aussi un ligament externe et un cartilage interne; mais partout ailleurs le ligament est interne et formé d'une couche de revêtement résistante comme la membrane ligamentaire des Arcidæ et d’un cartilage de même composition que celui des Aviculidæ. Ce cartilage contient un osselet calcaire chez les Anatina et les Thracia.
Quelques Lamellibranches ajoutent à leur coquille des formations calcaires qui sont d’une tout autre origine ; tels sont les siphonoplaxes des Pholadidæ (fig. 1318, s), les tubes des Teredo, des Clavagellidæ et des Asrergillidæ. Les siphonoplaxes des Puoladidæ prolongent en arrière les valves et se soudent ordinairement en un tube plus ou moins allongé ( Pholadidea ); comme les valves sont quelquefois aussi unies antérieurement par une lame calcaire, le callum, elles peuvent devenir absolument immobiles; il existe aussi chez les Martesia une plaque ventrale ( hypoplaxe ). Ces formations diverses, en se soudant, finissent par former un tube adhérent aux
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valves dans lequel l’animal est enfermé ( Teredina ). I/aptitude à fabriquer un tube se montre d’ailleurs dans des formes fouisseuses ou perforantes de types très différents, les Clavagellidæ qui sont des Hémibranches, les Gastrochænidæ et les Teredinidæ, qui sont des Eulamellibranches. Chez les Clavagella la valve gauche
Fig. 1318. — Pholadidea papyracea vue du côté droit. — c, callum ; s, siphonoplaxe entourant la base des siphons soudés (d’après Forbes et Hanley).
est encastrée dans le tube; chez les Brechites (fig. 1379, p. 1969), ce dernier englobe Ies)deux valves, dont le nucléus demeure seul visible; dans les deux autres familles
les valves demeurent libres au fond du tube, qui peut luimême être adhérent aux corps perforés ( Gastrochæna , Teredo ) ou libre (. Fistulana ). Chez les formes tubicoles, la coquille subit une réduction qui atteint son maximum chez les Tarets (fig. 1319); l’animal ne peut s’y loger entièrement, et des trois aires dans lesquelles sa coquille est divisée, comme chez les
Fig. 1319. — Teredo nor- Fig. 1320. — Nautilus poinpilius. — 7, tentacules; p , pupille de l'œil; Eh, vegica retiré de son tube dernière chambre occupée par l’animal; Tr, entonnoir; K, chambres séparées calcaire (d’après de Qua- par des cloisons; S, siphon; Ma, manteau; M, muscle qui fixe l’animal à la trefages). coquille (d’après R. Owen).
Pholadidæ, la médiane se développe beaucoup dans le sens dorso-ventral, faisant entre les deux autres une énorme saillie triangulaire.
Céphalopodes. — La coquille des Céphalopodes primitifs était souvent droite et parfois colossale ( Orthoceras ). Sauf chez les Turrilites, son enroulement s’est produit non pas en hélice, comme chez la très grande majorité des Gastéropodes, mais en
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spirale. Dans l’un des deux types qui persistent seuls aujourd’hui les tours de spire sont contigus ( Nautilus , fig. 1320), dans l’autre ( Spirula , fig. 1324) ils sont distants. La coquille des Nautilus est d’ailleurs une coquille externe, celle des Spirula est en grande partie enveloppée par le manteau et très mince ; de plus tandis que l’enroulement de la coquille se fait vers la face dorsale de l’animal chez les Nautilus ( enroulement exogastrique, fig. 1320), il se fait vers la face ventrale chez les Spirula ( enroulement endogastrique, fig. 1323); cela n’a d’ailleurs aucune importance, quant à la disposition des organes internes de l’animal, celui-ci n’occupant jamais que la dernière loge de sa coquille. Chez tous les autres Céphalopodes actuels, la coquille est devenue rudimentaire, mais pour comprendre la signification des parties qui persistent, il est nécessaire d’avoir recours à certains genres fossiles tels que les Spirulirostra (fig. 1321) et les Belosepion (fig. 1322). Dans ces formes la portion de la coquille, toujours interne, qui correspond à la coquille des Spirules et constitue le phragmocone, est entourée de formations calcaires (r), lamellaires, également produites par le manteau, mais d’une autre façon que la coquille des autres Mollusques avec lesquelles elles n’ont pas d’homologie. La partie de ces productions qui est postérieure au phragmocone et se termine en pointe s’appelle le rostre-, celle qui est antérieure et s’étale en lame s’appelle la garde. Ces parties une fois produites suffisent à assurer la protection de l’animal, dont le phragmocone tend désormais à disparaître; il est droit et court chez les Belemnitidæ ; il a complètement disparu chez les Sepia , dont l’appareil de protection est réduit à la garde et à un rostre rudimentaire. Cet appareil cesse de se calcifier chez les Loligo et les formes voisines et demeure à l’état chitineux; il présente la forme d’une plume à écrire dont toutes les barbes seraient unies en une seule membrane. Il est très réduit chez les Sepiola , où il n’occupe plus que la moitié antérieure du corps, et manque chez beaucoup de genres voisins, tels que les Inioteuthis, Sepiadarium , Sepioloïdea, Stoloteuthis. Parmi les Octopodes, les Cirrotenthis possèdent encore une petite pièce médiane et les Octopodes deux stylets latéraux sur lesquels s’insèrent les muscles rétracteurs de la tête et de l’entonnoir.
Le siphon paraît se terminer différemment dans la première loge ou loge initiale
Fig. 1321. — Section longitudinale d’une coquille de Spirulirostra Bellardii. — s, loge initiale; s, siphon; r, rostre (d’après Munier- Chalmas).
Fig. 1322. — Section longitudinale de la coquille interne du Belosepion Blainvillei. — r, r' rostre ; n, couche interne nacrée du phragmocone ; p, paroi dorsale du siphon; s, siphon (d’après Munier-Chalmus).
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des Spirula et dans celle des Nautilus. Chez les Spirula (fig. 1324) le siphon se termine en doigt de gant à l’entrée de la loge initiale et il est relié par une sorte de ligament, le prosiphon (p), à la paroi de la loge. Chez les Nautilus le siphon vient au contraire s’appliquer contre la paroi de la loge initiale; tout près du point où il aboutit se trouve une dépression étoilée, la cicatricule-, il est possible que cette cicatricule ait mis en communication la loge initiale des Nautilus avec une loge embryonnaire caduque, correspondent à la loge initiale des Spirula et ait livré passage à un prosiphon disparu; mais ce caractère n’en permet pas moins de distinguer les Céphalopodes tétrabranches des dibranches *.
Fig. 13-23. — Coupe d’une Spirula. — m, Fig. 1324. — Coupe suivant le plan de symétrie d’une mandibules; e, entonnoir ; k, muscle rétrac- coquille de Spirula Peronii. — i, loge initiale; p, proteur de l'entonnoir ; l, muscle rétracteur de siphon; c, cæcum siphonal; LL, chambres h air; s, s , si-
la tête s’insérant tous deux sur la coquille phon enveloppé par le phragmosiphon ; v, paroi ventrale
(d’après R. Owen). de la coquille (d’après Munier-Chalmas).
Bien qu’enroulée en spirale et rappelant, par sa forme, la coquille de certains Gastéropodes, tels que les Carinaires, la formation connue chez les Argonauta femelles sous le nom de coquille est une production de nature toute différente, sécrétée et maintenue, après l’éclosion, par la palmure des deux bras dorsaux; c’est avant tout un appareil d’incubation. L’animal ne contracte avec elle aucune adhérence.
Tète. — La tête des Amphineures est peu différenciée et ne présente d’autre appendice que des palpes labiaux, rudiments des tentacules. Il n’en est plus ainsi chez les Gastéropodes, dont la tête, quoique se continuant sans démarcation avec le corps, n’en est pas moins reconnaissable aux organes qu’elle porte et peut être assez souvent définie comme la région comprise entre l’orifice buccal, l’entrée de la chambre palléale et l’origine du pied. Elle s’allonge généralement en un mufle cylindrique ( Trochus , fig. 1323) ou aplati ( Voluta ), portant la bouche à son extrémité
1 Munikh-Chalmas.