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TÊTE

antérieure, mais dont la forme peut être modifiée par de nombreuses circonstances accessoires; la tête peut du reste s’effacer presque entièrement chez certains Pté-

Fig. 132b. — Calliostoma xiziphinoum (d’après YVoodward).

ropodes ( Cavolinia , Cleodora,Creseis, fig. 1326).

Chez presque tous les Gastéropodes elle porte des tentacules et des yeux.

Les tentacules manquent quelquefois [Pterotrachæa,Homalogyra,Olivella, certaines Terebra) ; le plus souvent il en existe deux (Prosobranches, Phyllirhroe, Ptéropodes thécosomes, Pulmonés basommatophores, Athoracophorus, Scyllæidæ, Elysiidæ) ou quatre (Pulmonés stylommatophores, la plupart des Opisthobranches) . Dans ce dernier cas, chaque paire de tentacules est fréquemment soumise à une adaptation spéciale. C’est ainsi que chez les Pulmonés stylommatophores, dont les tentacules sont cylindriques et invaginables à l’intérieur du corps, la première paire, plus courte, sert principalement au tact, tandis que les yeux sont placés à l’extrémité de la seconde (fig. 1330). Cette seconde paire de tentacules est sujetteàdenombreusesmodifications chez les Opisthobranches; elle peut, en effet, se renfler en fuseau et se creuser en même temps d’un sillon héliçoïdal ( Doris ), se creuser en un cornet souvent fendu sur le côté (Pleurobranchidæ, Aplysiidæ, Hermæidæ, fig. 1328), présenter des papilles, des plis ou des crêtes membraneuses saillantes, auquel cas ils sont perfoliés (Æolis, fig. 1327); s’envelopper de gaines plus ou moins profondes, à bord libre plus ou moins lacinié, et à l’intérieur desquelles ils peuvent se rétracter ( Tritonia , Dendronotus ) ; toutes ces particularités qui ont pour effet d’augmenter leur surface, tendent à les faire considérer comme des organes d’olfaction ; de là le nom de rhinophores sous lequel on les désigne communément.

Fig. 1326. — Région antérieure de la Creseis acicula vue par la face dorsale. — O , bouche ; P, lobe moyen du pied ; Fl, parapodes ; F, tentacules ; Oes, œsophage ; Gy, ganglion cérébral ; Mn , nerf palléal ; W.s , corps cilié ; M, estomac; Bl, cæcum stomacal; A, anus; iV, néphridie; Oe , orifice néphridien dans la cavité palléale ; At, oreillette ; Ve, ventricule ; Gr, glande génitale; B, muscle rétracteur (d’après Gegenbaur).

Fig. 1327. — Rhinophore lamelleux d 'Æolis coronata (d’après Aider et Hancock).

phorus à'Hermæci bifidn (d'après Aider et Hancock).

1948 MOLLUSQUES

Les quatre tentacules peuvent aussi subir les mêmes modifications; ils se creusent, par exemple, en cornet chez les Oxynoeidæ; chez les Bullidæ (fig. 1329), ils s’aplatissent tous les quatre et se soudent en une lame unique quadrangulaire qui

recouvre complètement la tête et dont les quatre sommets représentent leurs extrémités; c’est le bouclier céphalique. Chez quelques Opisthobranches (Pleuro- BRANcniDÆ, Tethydæ, Tritoniidæ, Dendronotidæ) , les deux tentacules antérieurs s’aplatissent seuls et se transforment en une membrane qui se rabat en avant, formant ainsi un voile buccal.

Lorsqu’il n’existe qu’une seule paire de tentacules, ces tentacules revêtent aussi des formes variables. Ils

•Fig. 1329. — Actæon tornatilis en marche; le disque tentaculaire est échancré postérieurement (d’après Woodward).

peuvent être cylindriques, coniques, aplatis et triangulaires ( Narica , Limnæidæ), couverts de villosités ( Scissui'ella , Haliotis, Trochus , Stomatia, Gêna, Môlleria , Cyclostrema, etc.), fendus sur le côté (Pyramidellidæ, Solarium), fourchus ( Janthina , divers Elysiidæ). Chez les Ampullaridæ, Paludinidæ, Doliidæ, Strombidæ, où ils sont également bifurqués, soit dès la base, soit vers le sommet seulement (Strombidæ), leur branche externe porte un œil.

Les yeux des Prosobranches sont d’ailleurs assez fréquemment situés soit sur les tentacules mêmes (Conidæ, ülividæ, Margi nella, Mitridæ, Turbinellidæ, Cypræidæ, Modulus, Potamides), soit à leur base (Cassidariidæ, Volutidæ, Fasciolariidæ, Nassidæ, Columbellidæ, Muricidæ, Turritellidæ, la plupart des Rostrifères), soit même à leur extrémité (Terebridæ, Terebellum, Assiminea). D’autres fois le tentacule droit, si l’animal est dextre, est modifié en vue de l’accouplement (Paludinidæ).

Chez les Diotocardes et les Fossarus on trouve habituelle-

Fig. 1330. — Tête de Glandina fusiformis. — a, yeux; Fig. 1331. — Scaphopode ( Dentalium ) dans son

b , petits tentacules; c, palpes labiaux; d, bouche (dessin de Bocourt).

attitude naturelle (la moitié droite est enlevée). — S, coquille; Mt, manteau; Sm , muscle de la coquille; Eh, cavité palléale; F, pied; Mk, mufle; T, cirres; R, radula ; D, intestin; L, pore ; Af, anus ; G, ganglion cérébroïde ; N, rein ; Ge, glande génitale.

ment entre les tentacules, deux appendices dont la forme est assez variable et qui sont le plus souvent sur le prolongement delà ligne épipodiale; ce sont les palmettes (fig. 1382, p; p. 1971). Exceptionnellement les coins de l’orifice buccal peuvent

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s’allonger en lobes aigus, les palpes labiaux qui simulent des tentacules (Trochusinfundibidum, Ampullaria, Jeffrcysia, Choristes, Hipponyx, Glandina, fig. 1330, c); chez les Limnæa des prolongements analogues forment un voile buccal.

La tète est peu développée et couverte par le manteau chez les Scaphopodes (fig. 1 331) ; elle forme, du côté dorsal, une sorte de mufle non rétractile portant, à sou extrémité libre, la bouche entourée d’expansions membraneuses découpées, les palpes ; le mufle s’élargit toujours à une faible distance de son origine pour former deux parties latérales, les abajoues-, à sa base, du côté dorsal, se développent deux expansions membraneuses symétriques, portant chacune un grand nombre de filaments préhensiles, ciliés, tombant et se régénérant facilement, les captacules.

Chez les Lamellibranches la tête se réduit bien davantage, quoiqu’elle puisse encore revêtir, dans une certaine mesure, l’aspect d’une sorte de mufle, caché sous un capuchon palléal; le plus souvent, elle n’est en aucune façon distincte; d’où le nom d’AcÉPHALES autrefois appliqué aux Lamellibranches.

Au contraire la tête des Céphalopodes actuels est toujours une région du corps nettement définie et séparée souvent du reste du tronc, au moins du côté ventral, par une sorte de cou; elle porte la bouche entourée d’une lèvre circulaire, les yeux toujours volumineux, les fossettes olfactives, les bras et, chez les Nautilus, de véritables tentacules insérés au devant des yeux. Mais cette tête est un complexe résultant de la fusion partielle avec la tête proprement dite du pied des autres Mollusques, pied dont les divisions constituent les bras des Céphalopodes. A sa surface ou dans son voisinage, on observe chez beaucoup de Dibranches des orifices aquifères placés d’une façon constante et qui permettent à l’eau de pénétrer dans certaines cavités bien limitées, d’ailleurs sans aucune communication ni avec la cavité générale, ni avec l’appareil circulatoire; il y en a deux chez les Sepia , une seule chez les Loligo, du côté ventral, à la base de la couronne du bras; on en trouve sur le dos de la tête, et à la base de l’entonnoir chez les Philonexis ; il y en a aussi sur le manteau d’un certain nombre de Sepiidæ.

Pied. — Le pied est, chez les Chitonidæ, une sole de la longueur du corps, très large chez les Chiton, étroite chez les Chitonellus .

Ce pied se réduit àune simple gouttière chez les Neomeniidæ (fig.

1334 et 1333), et la gouttière elle-même disparaît chez les Ciiætodermidæ (fig. 1360, p. 1963). Dans la gouttière ventrale des Neomeniidæ se trouve une saillie ciliée qui représente peut-être d’une manière plus directe la sole ventrale; en avant de cettn

Fig. 1333. — Neomenia Sluiteri. — 1, individu Fig. 1332. — Proneomonia vu de côté ; 2, individu vu par la face ventrale Sluiteri. — b, bouche ; p, pour montrer le sillon pédieux (d’après Marion).

sillon pédieux (d’après Marion).

MOLLUSQUES

Fig. 1334. ■ — Cyclostoma eleyans. — 1, vu latéralement; 2, tourné de manière à montrer la division longitudinale du pied.

saillie se trouve une fossette ciliée qui est l’orifice excréteur d’une glande pédieuse, correspondant à la glande pédieuse embryonnaire des Chiton ; d’autres petites glandes muqueuses sont distribuées tout le long de la saillie.

Chez la très grande majorité des Gastéropodes, le pied est une sole déprimée, s’appliquant largement sur le sol et déterminant la reptation grâce aux mouvements de contraction alternatifs de ses diverses parties. Ordinairement ces mouvements sont peu apparents, mais chez les Trochus, Tornatella, Phasianella, Littorina un sillon médian longitudinal divise le pied en deux moitiés qui peuvent agir plus ou moins nettement d’une manière indépendante; cette disposition se régularise chez

les Cyclostoma (fig. 1334) au point que l’animal avance alternativement les deux moitiés de sa sole pédieuse, comme le ferait un homme qui voudrait avancer en maintenant ses deux pieds accolés et en les faisant glisser sur le sol. Ailleurs, chez les Scyllæa, le corps étant comprimé, le pied se réduit à une gouttière longitudinale, s’étendant sur presque toute la face ventrale et au moyen de laquelle l’animal peut embrasser les tiges de Sargasse sur lesquelles il vit. Le corps étant comprimé en une simple lame transparente chez les Phyllirhoë qui sont pélagiques, il n’y a plus trace de pied.

Bien que cette division n’ait rien de fondamental, au point de vue morphologique, on peut distinguer dans le pied des Gastéropodes trois régions, le plus souvent absolument confondues, mais qui, dans certains cas, peuvent se délimiter très nettement et se différencier d’une manière particulière : la région antérieure ou propodium , la région moyenne ou mésopodium, et la région postérieure ou métapodium. Dans certains cas, le mésopodium se développe latéralement en deux lobes qui portent le nom de parapodium.

Les angles antérieurs du propoclium se prolongent assez souvent latéralement ( Chilina , Nassa, Doliidæ, fig. 4 335 ; Paludina , Valvata, etc.), et peuvent prendre l’aspect de tentacules (Æolis, fig. 1336 , Ampullaria, Cyclostrema, Choristes, Olivella, etc.); entre le mufle et le bord antérieur du pied, il se développe une petite languette saillante chez les Capulus et deux appendices tentaculiformes chez les Vermetus-, entre eux se trouve l’orifice d’une glande particulière, la glande suprapédieuse ; au-dessous de cet orifice on trouve encore chez les Vermetus une sorte de disque, également développé chez les Pyramidellidæ et que l’on appelle le mentum . Toutes ces formations se développent sur le propodium sans que rien le sépare du reste du pied; au contraire, chez les Harpa le propodium est beaucoup plus large que la région suivante du pied; chez les Olividæ (fig. 1337) ce large propodium est séparé par un sillon transversal du mésopodium; il présente lui-même, en dessus, un sillon longitudinal médian. Les parties latérales du propodium se relèvent sur le dos et masquent complètement la tête chez les Olivancillaria et les Ancillaria-, elles se soudent, dans ce dernier genre, avec les parapodies également réfléchies. 11 existe de même un sillon transversal délimitant le propodium chez les Naticidje (fig. 1338), mais ici le propodium dépasse de beaucoup la tête en avant; le sillon de séparation s’avance de plus en plus des Natica aux Sigaretus et aux Cryptostoma ; en même

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temps le propodium se réfléchit dans toute sa largeur et de plus en plus complètement du côté dorsal, de manière à masquer complètement la tête; il se forme

Fig. 1335. — Dolium perdix épanoui (d’après Quoy et Gaimard).

Fig. 1336. — Æolis alba vue en dessous. — b , tentacules; r, rhinophores; p, lobes tentaculiformes du pied (d’après Môbius).

ainsi un disque propodial, bien différent du mcntum des Pyramidellid.e et du disque tentaculaire des Bullid.e et des Pleuropuyllidiid.e. Ces dispositions particulières

du propodium sont en rapport avec les mœurs fouisseuses des Olividæ et des Naticid.e. 11 existe aussi un sillon transverse sur le pied des Pedipes et des Truncatella qui se servent alternativement des deux parties ainsi séparées pour marcher à la façon des chenilles arpenteuses; chez

Fig. 1337. — Oliva flammulata ; on voit en avant le propodium élargi, les siphons et le cirre palléal.

Fig. 1338. — Natica Alderi-, le propodium est rabattu en dessus, de manière à former le dinr/ue propodial en arrière duquel émergent les tentacules (d’après YVoodward).

Fig. 1339. — Narica canaliculata vue en dessous, pour montrer le mufle, les tentacules foliacés, le disque pédieux et les lobes épipodiaux (d’après Quoy et Gaimardl.

les Naricidæ (fig. 1339) un propodium étroit, tronqué et allongé se sépare nettement du reste du pied, qui est arrondi ou quadrangulaire.

MOLLUSQUES

Chez les Strombidæ (fig. 1340) et les Xenophoridæ on constate des modifications des deux premières régions du pied qui conduisent à la disposition caractéristique des IIeteroi’Oda. Les trois régions du pied ne sont pas nettèment délimitées chez

les Strombidæ, mais celle qui correspond au propodium est assez large, concave en dessous et marquée d’un sillon sur son bord antérieur ; la région moyenne est comprimée et la postérieure est longue et réfléchie en avant. Le propodium et le mesopodium sont confondus chez les Xenophoridæ en une lame comprimée, munie d’un sillon transverse en avant ; le metapodium est, au contraire, complètement isolé. C’est également la disposition caractéris-

Fig. 13 10. — Strombus auris-Dianæ. — p, trompe; de chaque côté les tentacules oculifères ; f, pied : o, opercule ; tique des Iiétéropodes (fig. 1341) : le

»i, bord du manteau ; s, siphon; à l'opposé prolongement pjg(J qe§ ATLANTIDÆ est Une lame palléal (d'après Quoy et Gaimard). ^

comprimée verticalement, divisée en trois lobes; le mesopodium porte une ventouse et le metapodium un opercule; le propodium et le mesopodium forment, chez les Pterotrachæidæ, une lame unique dont la ventouse n’est conservée que chez les mâles des Pterotrachæa ; il n'y a plus

Fig. 1341. — Carinarin mediterranea môle. — P, pied; S, ventouse; O, bouche; fini, niasse buccale; M, estomac; sp, glandes salivaires; L, foie; CG, ganglion cérébral; Te, tentacules ; Oc, œil; Ot, otocyste; Bg, ganglion buccal; Pg, ganglions pédieux; Mg, ganglion palléal; N, népliridie ; Br, branchies; Af, oreillette : Ve, ventricule; Pv, artère; T, testicule; Vd, canal déférent; TV ’p, sillon vibratile; Pe, pénis; F, flagellum (d'après Gegenbaur).

d’opercule ; mais le metapodium plus ou moins comprimé et allongé, présentant sur sa ligne médiane des ailerons membraneux qui rappellent les nageoires impaires des Poissons, n’en garde pas moins un grand développement; les Hétéropodes sont, grâce à la transformation de leur pied, des Gastéropodes nageurs et pélagiques, manifestement apparentés d’ailleurs aux Rostrifères.

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Les lobes latéraux du mesopodium, ou parapodies, peuvent également devenir des organes de natation. C’est leur développement prépondérant qui caractérise les Ptéropodes, en fait aussi des animaux pélagiques et modifie à ce point leur aspect qu'on les érigeait autrefois en classe distincte. Déjà quelques Prosobranches ont un pied latéralement développé (Naticid.e, Buccinidæ,

Doliidæ, Harpidæj, mais ses bords demeurent étalés quand l’animal est épanoui; ils se relèvent et se rabattent sur la coquille chez les Olividæ, et cette disposition devient générale chez les Aplustride (fig. 1342), Dori- DIIDE, ÇCAPnANDRIDÆ, PuiLINIDE, BüLLlDÆ, Oxynoë,

Alpysiidæ (Voir ces familles). Les parapodies ainsi redressées arrivent quelquefois à se rejoindre {Accra, fi g. 1343) ou môme à se souder ( Oxynoë ) sur la face dorsale. Elles finissent ainsi par constituer, chez les Notarchus, un sac ouvert en avant, contractile, capable de chasser brusquement l’eau que contient sa cavité et de déterminer ainsi, comme chez les Céphalopodes, un vif mouvement de recul de l’animal.

Chez les Aplysia les parapodies séparées par un sillon latéral du reste du pied, capables de s’élever et de s’abaisser alternativement , constituent, d’autre part, un véritable organe de natation; largement étalées de chaque côté de l’animal, elles passent, à ce point de vue, au premier rang chez les Gastropteron (fig. 1344); il en

Fig. 1342. — Aplustrum aplustre, épanoui (d’après Quoy et Gaimard).

Fig. 1343. — Acer a bullata (d’après Môbius).

Fig. 1344. — Gastropteron Mecfceli. — e, disque céphalique; b, branchie ; e, parapodies (d’après Vayssière).

Fig. 1345. — Lobit/er pictus , avec quatre tentacules et deux paires de parapodies.

est de même chez les L oliger (fig. 1343), où elles semblent constituer deux paires de nageoires latérales. Leur fonction d’organe de natation se précise d’une manière complète chez les Ptéropodes. Les Pneumodermide (fig. 1346) ont encore un pied

MOLLUSQUES

limité en avant par deux rebords saillants, comprenant entre eux une gouttière et prolongé postérieurement en triangle; les parapodies sont larges et en forme d’ailes nettement post-céphaliques; au contraire, par suite de la réduction de la région

céphalique et du pied, représenté par un simple lobe ventral, les parapodies ou nageoires paraissent tout à fait céphaliques chez les Cavoliniid.e (fig. 1375, p. 1967).

Postérieurement le pied se termine généralement en pointe, plus ou moins obtuse, ou bien il s’arrondit (. Ranella , 'F? Narica, Marginella, etc.) ; d’autres fois, il est bifurqué en arrière (Nassa, fig. 1367, p. 1964) ou terminé par un filapient délié (Phos, Pterotrachea, Cymbulia). Mais la fonction essentielle du metapodiwn est de porter un organe presque aussi typique que la coquille elle-même, Yopercule, qui ne fait défaut, parmi les Prosobranches, que chez les formes à coquille largement ouverte (Fissurellid.e, Haliotidæ, Patellidæ. Fig. 1346. Pnemnodermon Lamellaiuid.e, Calyptræa, Janthina, Car inaria ), tandis qu’il rioiaceum, vu par la face ven- manque aux Pulmonés adultes, sauf aux Amphibola , et,

traie. — Fl, parapodies : Te, . , ~ , , . . .

tentacules (d’après Brown), parmi les Opisthobranches, ne se trouve que chez les

Actæon et les Limacina.

L’existence d’un opercule dans ces trois genres, ainsi que chez la très grande

majorité des embryons, suffit à établir que les Pulmonés, aussi bien que les Opisthobranches, descendent de formes à coquille operculée. On trouve d’ailleurs un opercule chez les embryons des Afiuculidæ, des Gadinia et des Siphonaria. On peut donc affirmer que l’opercule faisait partie de l’organisation du type ancestral des Mollusques au même titre que la coquille dont il était le complément. L’opercule est souvent porté par un lobe membraneux, le lobe operculigtre. Le lobe operculigère prend quelquefois une extension considérable; il recouvre une partie de la coquille chez les Nat ica ; il s’élargit latéralement et porte en arrière deux prolongements tentaculiformes chez les Lacuna. Le pied est réduit au metapodium porteur de l’opercule chez les Vermctus.

Le pied des Scaphopodes ne porte pas d’opercule ; c’est un organe long, plus ou moins cylindroïde, dirigé en avant et pouvant faire saillie par l’orifice palléal antérieur; il est terminé par trois lobes ( Dentalium ) ou par un disque rétractile, à bords papilleux ou nu ( Siphonodentaliurn ), portant à son centre un appendice tentaculiforme (Puise llum, fig. 1347).

Le pied des Lamellibranches dérive manifestement de celui des Gastéropodes. Il présente encore une surface plantaire bien caractérisée chez les Solenomyid.e

Fig. 1347. — Pulsellum lofotense. — p, pied; e, disque pédieux; c, caplacules (d’apres O. Sars).

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Fig. 1348. — Solenomya togata, vue par la l'are ventrale. — Le pied p est développé et son disque terminal épanoui (d’après Philippi).

(lig. 1348) et les Nüculidæ qui sont, à tant de points de vue, les formes les moins spécialisées. Cette disposition se retrouve encore chez les Pectunculus, parmi les Arcidæ ; elle s'atténue déjà chez les Trigoniidæ, où le pied s’effile en avant et en arrière ; lasole primitiveestencore représentée par un sillon chez les Cyprinidæ, Carditidæ, Ericinidæ, Crassatellidæ, Galeommidæ, Myidæ; mais chez le plus grand nombre des Lamellibranches actuels le pied se termine en carène, le côté ventral se prolonge en avant en une sorte de lobe linguiforme pointu, tandis qu’il forme, en arrière, une sorte de talon dig. 1349); il a ainsi l’apparence générale d’une hache, d’où le nom de Pélëcypodes 1 donné par quelques naturalistes aux Lamellibranches; ce pied comprimé s'insinue facilement dans la vase ou le sable meuble, et permet à l’animal de s’y déplacer. Chez les Poromya la partie antérieure du pied s’allonge beaucoup; en même temps, elle devient grêle, cylindrique, tentaculiforme et se renfle en une extrémité glandulaire chez les Cyrenellidæ, Ungulinidæ,

Lucinid.e (fig. 1330); elle est, au contraire, épaisse, cylindrique, renflée à son extrémité chez certaines formes qui creusent dans le sol des trous profonds ( Myceto pus , Solenidæ, lig. 1351); tandis que chez les espèces perforantes qui demeurent sédentaires dans leur trou, le pied devient rudimentaire (Clavagellid.e, Gastrocuænidæ, Puoladacea). Le pied demeure aussi peu développé chez les espèces qui se suspendent par un byssus (fig. 1332); il l’est d’autant moins que l'animal en fait un moindre usage, et chez les formes dont le byssus constitue un appareil définitif de fixation (Tiudacmdæ, Anomiidæ), il est

Fig. 1349. — Venus verrucosa, épauouie. — s, siphons marquant l’extrémité postérieure; p , pied comprimé en forme de hache, servant à fouir le sable.

Fig. 1350. — Lucina jamaïcensis, vue du coté gauche dont la valve et la plus grande partie du lobe palléal ont été enlevés. — m, manteau; a, adducteur antérieur; o, muscle palléal; e, branchie ; g, pied vermiforme (d’après Deshayes).

» De Ttekxy;, hache, et 7touc, pied.

tout à fait rudimentaire; de même lorsque l’animal demeure couché sur un côté (Pectinidæ), ou se fixe par l’une de ses valves (Chamidæ); dans ce cas, le pied peut même disparaitre totalement (Ostreidæ, Ætheriidæ), ou présenter des adaptations spéciales; il se termine, par exemple chez les Spondylidæ, par un organe globuleux, pédonculé, creusé en forme de cornet. En revanche, le pied à base cylindrique des

Fig. 1351. — Solenocurtus candidus, vu par sa face ventrale. — p, pied; mm, muscles croisés de la suture palléale ; .s, siphons soudés; a, extrémité du siphon afférent (d’après Deshayes).

Fig. 1353. — Lepton squammosum, épanoui et en marche. — t, cirre buccal; f, pied; m, manteau; s, siphon anal (d’après Forbes et Hanley).

Fig. 1352. — Mijtilus edulis, vu du côté gauche, dont le lobe palléal a été relevé. — O, bouche ; S, palpe latéral externe : Br, branchie ; '« II, byssus; P, pied; m, bord du manteau (d’après Deshayes).

Lamellibranches fouisseurs peut par son extrémité, qui

s’élargit alors en disque, redevenir un organe de reptation (certains Ericinidæ, Lepton, Rg. 1353). Le pied des Lamellibranches, lorsqu’il est bien développé, est généralement plus ou moins envahi par les viscères. Ses muscles s’orientent chez les formes les plus archaïques dans une direction longitudinale et continuent à former une couche presque continue; mais ils ne tardent pas, chez les formes plus récentes, à se disposer en faisceaux qui s’insèrent sur la coquille (p. 1941), et se distribuent en quatre paires, deux antérieures, une moyenne et une postérieure. Les muscles antérieurs sont les uns protracteurs , les autres rétracteurs du pied; cette dernière fonction est aussi celle des muscles postérieurs; les muscles moyens sont les élévateurs du pied. Les quatre rétracteurs extrêmes sont parfois seuls bien développés ; quand l’appareil byssogène est volumineux, ces muscles rétracteurs, et notamment les postérieurs, s’insèrent sur lui et deviennent ainsi les muscles rétracteurs du byssus. Chez les Monomyaires en général, les rétracleurs postérieurs persistent seuls; dans les formes fixées par une valve on peut même ne retrouver que l’un de ces muscles (le gauche chez les Tecten)-, tous deux peuvent enfin disparaitre ( Pecten magellanicus).

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Le pied des Céphalopodes est confondu avec la tête et comprend les appendices habituellement désignés sous le nom de bras.

Ce pied est assez différemment conformé chez les Nautilus et chez les autres Céphalopodes. 11 est constitué dans le premier de ces genres (fig. 1354) par un grand nombre d’expansions tentaculiformes qui peuvent être rétractées chacune entièrement à l’intérieur d’une gaine située ,à leur base.

Ces tentacules sont portés par trois paires d’expansions membraneuses; les deux premières paires sont placées au voisinage de la bouche, et chaque expansion porte chez la femelle douze ou treize tentacules dits tentacules labiaux; chez le mâle quatre des tentacules labiaux de gauche se réunissent pour former un organe nommé spadice qui sert probablement à l’accouplement; chacune des deux expansions restantes porte dix-sept tentacules plus grands, les tentacules brachiaux. Deux autres expansions membraneuses, que l’on peut regarder comme des tentacules modifiés, s’étalent au-dessus de l’ouverture de la coquille lorsque l’animal est rétracté et forment ainsi Fig. 1354. — schéma d’un Nautile en expansion

, . , „ „ , — h. capuchon ; s, entonnoir (d’après Lovén'i.

ce qu on nomme le capuchon. Enfin chaque

œil est compris entre deux tentacules, l’un antérieur, l’autre postérieur, qui sont vraisemblablement homologues des tentacules des Gastéropodes et qui 11e sauraient, en conséquence, être compris dans le domaine du pied.

Chez tous les autres Céphalopodes (Dibranchiaux) les bras forment une simple couronne autour de la bouche. Dans un premier groupe on en compte dix (fig. 1355) d’où la dénomination de Decapoda attribuée aux Céphalopodes qui présentent ce caractère et qui se distinguent ainsi des Octopoda, où il n’y a plus que huit bras. Des dix bras des Decapoda, huit sont relativement courts, coniques, pointus, semblables entre eux, garnis de ventouses sur toute leur longueur; les deux autres sont, au contraire, allongés, rétractiles et terminés par une expansion spatuliforme qui seule porte des ventouses. Ce sont les bras tentaculaires, qui atteignent parfois

Fig. 1355. — Face buccale d’un Lolir/o vult/aris (Calmar). — Au centre de la face buccale les mandibules, entourées de la lèvre annulaire et de la membrane buccale divisée en huit lobes portant chacun deux rangs de ventouses; rf, bras dorsaux; f, bras tentaculaires avec leur extrémité élargie et seule garnie de ventouses, e ; f , entonnoir.

MOLLUSQUES

des dimensions énormes (fig. 1357). Les bras tentaculaires font défaut chez les ÜCTOrODA, dont les bras ordinaires acquièrent en revanche un développement plus considérable et sont plus souvent que ceux des Decapoda unis par une 'palmure ( Cirroteuthis , etc.).

Les ventouses des Octopodes sont constituées par une cupule musculaire dont la cavité est divisée par un rétrécissement annulaire en deux chambres superposées, la chambre acétabulaire , qui est la plus profonde, et Yinfundibulum. Le fond de la chambre acétabulaire est susceptible de prendre une convexité plus ou moins grande et de fonctionner comme une sorte de piston en s’approchant plus ou moins

Lig. 1356. — Sépia, vue latéralement. — 1, 2, 3, 4, les Ki g. 1357. — Architeuthis pr inceps. — La longueur quatre paires de bras sessiles: tt, bras tentacu- du manteau seule est de 2 m. 50 (d’après Verrill). laires; e, entonnoir; s, coquille interne (d’après Lovén).

de l’orifice de l’anneau rétréci. Chacune des cellules épithéliales de l’infundibulum porte une plaque cornée sur laquelle s’élève un denticule. Lorsque la ventouse va se fixer, par le jeu des nombreuses fibres musculaires de direction différente qu’elle contient, l’infundibulum s’étale en un disque qui s’applique exactement sur la surface de fixation dans laquelle s’enfoncent les denticules; le fond de la chambre acétabulaire se soulève, en se rapprochant de l’orifice de l’anneau rétréci de manière à remplir toute la chambre acétabulaire ; dès lors la ventouse, ne contenant plus ni air ni liquide, adhère non seulement par contact, mais par l’action même de la pression extérieure. La rétraction du fond de la chambre acétabulaire a pour conséquence de faire pénétrer le tégument de la proie saisie, s'il est mou, à l’intérieur de la ventonse, et d’augmenter en conséquence l’adhérence de celle-ci. Chez la

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