RÉPARTITION DES SEXES; CARACTÈRES SEXUELS EXTÉRIEURS
phagienne chez les Ommatostreph.es , Onychoteuthis, Enoploteuthis, Gonatus, Veranya, Tisanoteuthys et Loiigo. Le centre viscéral fournit un gros nerf impair qui ne tarde pas à se bifurquer; sa branche gauche émet le nerf rectal, puis va s’anastomoser avec la droite dans un ganglion viscéral asymétrique. A droite et à gauche ce ganglion fournit un nerf branchial qui se renfle en ganglion avant de pénétrer dans la branchie; de son bord postérieur naissent, en outre, plusieurs nerfs viscéraux dont un va se jeter dans le ganglion stomacal formé par le stomatogastrique.
Répartition des sexes; caractères sexuels extérieurs. — Les sexes sont généralement séparés chez les Mollusques. Toutefois l’hermaphrodisme apparaît parmi les Amphineures, chez les Neomeniidæ; parmi les Gastéropodes, chez quelques formes isolées ( Marsenina , Valvata , Onchidiopsis , Entoconcha ), chez tous les Pulmonés et les Opisthobranches; parmi les Lamellibranches chez quelques espèces du genre Ostrea et chez la totalité des Anatinacea. L’hermaphrodisme, quand il existe, est toujours protandre, et nécessite une fécondation qui, par le fait de la protandrie, ne saurait être que rarement réciproque; ce sont même les Gastéropodes hermaphrodites qui paraissent le mieux pourvus au point de vue des organes copulateurs. On connait cependant quelques exemples de Zonites cellarius et de Limnæa , isolés dès leur naissance, et qui ont pondu des œufs aptes à se développer, soit qu’il y ait eu autofécondation, soit qu’il y ait eu parthénogénèse.
Les différences sexuelles des Prosobranches sont peu marquées : les mâles des Diotocardes, des Littorina , etc., ont une coquille un peu plus petite et plus élevée que les femelles; la forme de l’ouverture de la coquille est un peu différente chez la Littorina obtusater, l’opercule de certains Cerithium , les dents de la radule de quelques Nassidæ diffèrent dans les deux sexes, mais les mâles des Monotocardes sont surtout reconnaissables à leur pénis, appendice tégumentaire plus ou moins long, plus ou moins robuste, toujours incapable de s'invaginer. Cet organe fait défaut, ainsi que tout organe externe de copulation, chez les Diotocardes homo- et hétéro-néphridés. Il apparaît chez les Neritidæ comme une dépendance de la région céphalique, car il est innervé par le ganglion cérébroïde droit. Cette connexion est conservée chez les Paludinidje, où le pénis se confond avec le tentacule droit modifié (flg. 1490) et probablement chez les Calyptræidæ; mais il parait avoir une origine variable chez les autres Ténioglosses.
Chez les Ampullariid.e, c’est une dépendance du manteau; F*g- J490- — Paludina vivipara-,
male vu en dessous, montrant
il est, en effet, innervé par le nerf palléal droit; chez les ses lobes cervicaux et son ten- Cyclostomidæ et probablement les Bythinia , c’est une ^piement ’ (ïapÏÏ émergence dê la paroi du corps innervée par le ganglion sous-intestinal. Il manque chez les Melaniidæ, Ceritiiiid.e, Turritellidæ, Vermetidæ, Capulidæ, Hipponycidæ, Janthinidæ, Solariidæ, se développe à des degrés très différents chez les Struthiolaria et devient constant chez les Ciiænopidæ, la grande majorité des Ténioglosses (Cypræidæ, Strombidæ, Tritonidæ, etc.) et probablement tous les Sténoglosses. Assez souvent le pénis des Ténioglosses porte extérieurement une sorte de fouet ou flagellum (Littorinin.e, sauf Cremnocon-
MOLLUSQUES
chus, Hydrobia, Bythinia, Bolium, plusieurs Naticid.e et Lamellariid.e). La règle est que le pénis, souvent très volumineux, soit une formation pédieuse; il est, à la vérité, bien isolé de la sole pédieuse proprement dite, mais son nerf principal provient du ganglion pédieux droit. C’est aussi une formation pédieuse chez les Opisthobranches, où il est parfois muni d’un appendice (Monoculea) et de stylets chitineux; il n’existe qu’un seul stylet chez les Boris, les Glaucus, etc.; il y en a plusieurs chez divers Nudibranches. Le pénis des Pulmonés toujours invaginable est constamment, au contraire, une formation céphalique. Des glandes se développent sur le pénis des Littorinidæ, des Cassis, des Hétéropodes et des Terebra.
On n’a guère observé de différence sexuelle extérieure, parmi les Lamellibranches, que chez quelques Unio (U. tumidus, U. batavus ), où la coquille des femelles est un peu plus large transversalement que celle des mâles; toutefois la couleur blanche de la glande mâle permet, en général, à l’époque de la reproduction, de distinguer les individus de ce sexe.
Au contraire, chez les Céphalopodes les caractères sexuels sont bien apparents, en raison de la modification que subissent, chez les mâles, un ou deux bras que l’on dit hectocotylisés. Les mâles peuvent aussi différer des femelles par des caractères plus généraux; ils sont plus élancés chez les Loligo et de beaucoup plus petits chez les Argonauta. En outre, dans ce dernier genre, si le mâle a un bras hectocotvlisé
Fig. 1491. — Mâles A' Argonauta grossis deux fois environ et Fig. 1492. — Argonauta argo femelle, très révus de côté; dans l’individu n° 1, l’hectocotyle est enfermé duit, extrait de sa coquille et montrant ses
dans son sac; il est libre dans le n° 2 (d’après Millier). bras, véliformes étalés (d’après Verany).
(fig. 1491), les deux bras dorsaux de la femelle se dilatent, â leur extrémité, en larges palmures (fig. 1492) qui produisent ou soutiennent la coquille nidamentaire calcaire
Fig. 1493. — Argonauta argo femelle, dans sa coqui’le et nageant (d’après Rang).
dont les animaux de ce sexe sont seuls pourvus (fig. 1493). Nous avons vu, chez les Gastéropodes, le pénis se former presque toujours aux dépens du complexe céphalo-