MORPHOLOGIE EXTERNE DES ASCIDIOZOIDES
Ces dénominations étant acceptées, il se trouve, comme nous l'avons déjà indiqué, que le pédoncule aussi bien que la base de fixation n’ont nullement la même position morphologique dans les diverses espèces : le pédoncule des Bolteniinæ est un prolongement de l’extrémité antérieure du corps; celui des Ascopera, des Polycarpa, des Rhopalœa , des Clavellina, etc., est, au contraire, un prolongement de l’extrémité postérieure du corps, et cela est surtout frappant pour les Hypobytkius. Le corps de ces Tuniciers abyssaux a exactement la forme d’un calice avec une surface supérieure plane; au centre de cette face est l’orifice branchial; un peu au-dessous de son bord, l’orifice atrial; le pédoncule part exactement du pôle inférieur du calice.
Il existe également un court pédoncule chez un singulier type des grandes profondeurs, VOctacnemus .bythius. L 'Oclacnemus a la forme d’un disque dont le bord se prolongerait en huit longs appendices coniques. Sur la face inférieure du disque vient s’implanter excentriquement, près du bord cloacal, le pédoncule fixateur. Sur la face opposée est l’orifice afférent, en forme de fente, compris entre deux lèvres rappelant par leur configuration les lèvres humaines; cet orifice est excentrique, normal au plan antéro-postérieur, à mi-distance entre le centre du disque et l’orifice cloacal. Ce dernier est tout à fait marginal, à l’extrémité d'un court siphon, situé entre deux des appendices coniques.
La position respective des siphons se modifie graduellement à partir des Bolteniinæ suivant le processus indiqué p. 2174. Très écartés et latéraux chez les Bolteniinæ, ils demeurent écartés, mais se trouvent à l’extrémité antérieure du corps chez les Cynthiinæ, Molgulidæ, aux deux extrémités chez les Botryllidæ (fig. 1569), tandis que chez les Ascidiidæ le siphon branchial est à l’extrémité antérieure du corps, le siphon atrial vers le milieu de la face dorsale (fig. 1563, n° 4). Les deux siphons se rapprochent de l’extrémié antérieure du corps chez les Cionidæ (fig. 1563, n° 5) et celle position, d’ailleurs modifiable suivant les espèces, est sensiblement conservée chez les autres familles. Les deux siphons arrivent même à se trouver rapprochés exactement à l’opposé de faire de fixation chez les Clavellina (fig. 1564) qui conduisent à la disposition précédemment décrite chez les Hypobylhius et qu’on retrouve encore chez les Octacnemus. Au contraire, chez les Tuniciers lloltants les orifices sont toujours sensiblement situés aux extrémités opposées du corps. Chez les Appendiculariidæ l’orifice branchial est terminal mais l’orifice atrial n’existe pas et l’anus est ventral comme chez 1 ' Amphioxus.
Le bord des siphons est quelquefois entier et circulaire (Botryllidæ, Corynascidïinæ, Ecteinascidia , Clavellina, Oxycorynia •); d’ordinaire il est divisé en lobes et le nombre des lobes peut être le même pour les deux orifices ou différent. Les deux orifices sont, en effet, à quatre lobes chez les Cynthiinæ, les Boltenia, les Styelidæ, à six chez les Chelyosoma, Perophora, Diazona, Tylobranchium , Distoma, Colclla et Sydnium, à sept chez les Sluileria et YAplidium asperum. Partout ailleurs
gauche se trouvaient ainsi intervertis. Cette dernière orientation des deux côtés du corps était aussi celte de Savigny, mais Savigny appelait antérieure la face atriale du corps et supérieure, l’ extrémité qui portait les deux orifices. De Lacaze-Duthiers, comparant l’ascidiozoïde à un Lamellibranche, appelle au contraire cette extrémité inférieure (fig. 1562, n° 1), et il nomme postérieure la face atriale. Grâce à cette double interversion, les côtés droit et gauche du corps sont les mêmes que pour Savigny, Aider et Hancock.
l’orifice branchial présente pins de dents que l’orifice cloacal, et souvent le nombre de ces dents est constant pour une même famille ou pour un même genre, de sorte qu'en faisant suivre de la lettre B le nombre de dents péribranchiales et par la lettre A celui des dents périatriales, on peut écrire les formules suivantes, que nous appellerons formules pêriosculaires :
Molgulidæ .
Fungulus .
Culeolus .
Ascidiinæ simples Perophoropsis . . . .
Rhodosoma .
Ciona .
Rhopalona .
Abyssaschlia .
Les lobes sont généralement entiers; toutefois les lobes péribranchiaux des
Ctenicclla sont laciniés. Chez les Ascidies formant des ascidiodèmes (fig. 1565), l’orifice branchial est souvent seul apparent; le nombre de ses lobes est presque constamment de six, toutefois il s’élève à huit chez les Circinalium, Parascidia, Morchellium , Morchellioïdes, Pharyngodictyum et descend à cinq chez les Cœlocormus, à quatre chez les Chondrostachys et les Oxycorynia. Malgré leur constance relative, les nombres de dents des siphons varient quelquefois dans une certaine mesure : les lobes périatriaux, des Perophora, par exemple, peuvent tomber à quatre, et l’orifice branchial habituellement circulaire des Oxycorynia est quelquefois quadrilobé.
Dans les ascidiodèmes, où les orifices atriaux ne sont pas apparents, ils s’ouvrent dans des cloaques communs dont les orifices sont diversement placés. Dans ces cloaques ils peuvent former chacun une saillie tubulaire (Cyslodites, Didemnum, Didemnoïdes) ; le plus souvent ils dème de Cirdnaiium con- sont simplement surmontes chacun d une languette qui crescens. — c, orifice oioa- d'ordinaire est un simple prolongement de leur bord
cal commun; pa, orifice
afférent; en, endostyie; o, supérieur, mais peut aussi s’implanter au-dessus de l’oriœufs; cl, tubes epicardi- fice, à une certaine distance de son pourtour (Polyclinoïdes Giard). diaphanum). Cette languette est souvent trilobée à son
extrémité ( Amaroucium ); elle sé bifurque chez certains Didemnidæ et prend la forme d’une paire de cornes enroulées.
La position de l’orifice atrial par rapport au sac branchial dépend de celle que prend l’ascidiozoïde dans l’ascidiodème. il se trouve entre le bord supérieur et le milieu du sac branchial chez les Polyclinidæ, où les ascidiozoïdes sont presque verticaux; il passe près du bord postérieur de ce sac chez les Didemnid.e, et chez les Botryllidæ les deux orifices sont presque situés aux extrémités opposées du corps. Ces orifices se fixent toujours à ces deux extrémités chez les familles pélagiques (Doliolum, Pyrosoma) dont la forme extérieure se trouve par cela même sensiblement modifiée. Les Pyrosoma forment des ascidiodèmes (fig. 1570, p. 2183)