‹ Traité de zoologieChapitre 217 sur 246 · COQUE DES APPENDICULAIRES · texte numérisé non relu

COQUE DES APPENDICULAIRES

mais qui arrive à prendre chez les liowalevshia et les Oikopleura (fîg. 1576, n° 1) un tel développement que son grand diamètre chez la K. tenuis est égal à 35 fois la plus grande largeur de la queue de l’animal. Chez les Fritillaria , elle est simplement

représentée par une mince couche muqueuse, sécrétée autour de la partie antérieure

de l’animal et appliquée contre son corps, qu’elle n’arrive jamais à couvrir entièrement.

Lorsque la queue est en mouvement, cette couche muqueuse se dilate et se transforme en une poche présentant deux orifices opposés, l’un correspondant à la bouche, l’autre servant à la sortie du courant nourricier. Dès que le mouvement de la queue cesse, la poche revient sur elle-même et s’applique de nouveau sur le corps. Tout en demeurant fort peu résistante, la coque garde une forme permanente chez les liowalevshia et les Appendicularia. Celles de la K. tenuis et de 1L4. sicula ont la forme d’une ellipsoïde de révolution à axes très inégaux, présentant à l’une des extrémités de son petit axe, une large ouverture autour de laquelle il est un peu aplati. Cette ouverture conduit dans une vaste cavité portant sur sa paroi interne, chez la K. tenuis , de vingt à trente plis méridiens, et au fond de laquelle repose par son extrémité postérieure l’Appendiculaire. Les mouvements de la queue de celle-ci déterminent la formation d’un courant d’eau rapide qui entre et sort par le grand orifice.

Dans les petites espèces d’Oïkopleura, la coque est encore

Fig. i'b'Vi. — Appendiculaires. — 1. Oïkopleura cophocerca , au centre de sa coquille; t, ouvertures treillagées de la coquille; z, grande cavité de la coquille (grossissement 6 fois). — 2. Oïkopleura dioïca vue de face ; a, œsophage ; d, glandes unicellulaires; e, estomac; i, intestin; p, pylore; n, nerf caudal; x , corde dorsale; o, ovaire. — 3. Oïkopleura cophocerca , vue de profil; b, bouche; r, pharynx; k, sa bandelette ciliée; l, son ouverture latérale droite; f , estomac; d, bord gauche de sa paroi supérieure; i, intestin; a, anus; c, glandes; y, ganglion nerveux et otocyste; n, nerf dorsal se recourbant postérieurement pour pénétrer dans la queue; m, muscles de la queue; o, ovaire; t, testicules (grossissement 25 fois, d’après Herman Fol).

assez peu résistante pour que des infusoires puissent pénétrer dans sa substance, y vivre et s’y mouvoir; elle est plus résistante chez les grandes espèces, et sa forme varie d’une espèce à l’autre, souvent d’un individu à l’autre. Elle est souvent piriforme avec trois orifices correspondant respectivement à la bouche et aux deux

fentes branchiales. Le grand diamètre de la coque de l’O. Chamissonis peut atteindre jusqu’à 50 millimètres. La coque des Megalocercus et des Stegosoma est inconnue; en revanche Swainson a décrit une coque en mitre d’évêque et Moss une coque en forme de papillon dont les Appendiculaires ne sont pas connues.

La substance de la coque des Appendiculaires ne contient pas de cellulose; elle ne se colore ni par la teinture d’iode, ni par l’iodure de potassium iodé après l’action de l’acide sulfurique, ni par l’acide osmique, le chlorure d’or ou l’azotate d’argent; faiblement colorée par le carmin, elle conserve sa transparence dans l’alcool et dans les acides organiques.

La coque est sécrétée par des cellules épithéliales spéciales qui occupent une place caractéristique pour chaque espèce, et se distribuent en groupes ou en bandes. Ces cellules forment chez les Fritülaria et Y Appendicularia sicula, une bande en fer à cheval dont les branches se dirigent sur les côtés du corps de haut en bas et d’arrière en avant; elles occupent chez les Oïkoplcura toute la région antérieure du corps. Au cours de la sécrétion de la coque, on voit souvent des cellules sécrétantes passer dans la mucosité, mais elles s’y détruisent en peu de temps. La sécrétion de la coque est d’ailleurs très rapide; elle ne demande pas plus d’une heure; aussi les Appendiculaires abandonnent-elles au moindre choc leur demeure; elles la quittent même spontanément, et n'habitent, en général, dans la même qu’un petit nombre d’heures. Il est possible que les coques soient non seulement un abri, mais un moyen de protéger la fuite, et qu’elles jouent également un certain rôle dans la nutrition, en dirigeant vers la bouche le courant que crée l'Appendiculaire par l’agitation de sa queue. L’assimilation de la coque des Appendiculaires à la tunique des autres Tuniciers ne va pas sans quelques difficultés.

Tunique1. — La paroi du corps des Tuniciers autres que les Appendiculaires est constituée par deux enveloppes superposées : l’une externe, la tunique ou test, qui n’est qu’un épiderme modifié; l’autre interne, souvent appelée improprement manteau , et que nous appellerons simplement paroi somatique, car elle est de tous points assimilable à la paroi conjectivo-musculaire du corps des autres animaux.

La tunique ne fait défaut que chez quelques espèces de Doliolum. Partout ailleurs c’est une enveloppe permanente, formée d’une substance presque identique à la cellulose, la lunicine (Berthelot), associée à une petite quantité de cholestérine, d’acides gras et de sels minéraux (Winterstein, Schafer). Chaque individu possède une tunique en propre chez les Ascidies simples et sociales ( Perophora , Perophoropsis, Ecteinascidia , Diazona , Clavellina), les Barillets, les Salpes. Toutes les tuniques se confondent au contraire en une masse gélatineuse, dans laquelle les divers individus sont enfouis chez les Ascidies composées; le test commun est quelquefois modifié autour de chaque ascidiozoïde, qui parait ainsi avoir en propre une sorte de tunique. Chez les Ascidies sociales, la tunique recouvre non seulement les Ascidiozoïdes, mais aussi les stolons qui les unissent entre eux. Chez les Molgulidæ et divers Polyclinidæ ( Psammaplidium , Glossophorum sabulosum, Amaroucium densum) le test se recouvre de grains de sable qui sont retenus chez les Molgulidæ par des prolongements du manteau, recouverts de tunicine (p. 2199).

La tunique est regardée d’habitude comme un revêtement cuticuiaire, anhiste,

1 M. Berthelot, Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. XLV1I, p. 227-230.

Page 1