‹ Traité de zoologieChapitre 33 sur 246 · DEVELOPPEMENT DES CYPHONA UTES · texte numérisé non relu

DEVELOPPEMENT DES CYPHONA UTES

albidum), division qui ne se produit d’ordinaire qu’après. Peu de temps après l’invagination, le blastopore se ferme et disparaît, A ce moment, apparaissent les deux initiales du mésoderme symétriquement placées; leur origine est sans doute la même que celle des cellules correspondantes des embryons de Pedïcellina. L’embryon prend maintenant la forme d’un cône, dont la base est la face où s’est formé le blastopore ou face orale. Au sommet du cône, légèrement incliné vers une extrémité qui sera X extrémité antérieure , un épaississement de l’exoderme est la première indication de l 'organe aboral déjà décrit chez les Entoproctes. Peu à peu la face orale se déprime, comme dans ce dernier groupe, en formant une invagination conique qui arrive à toucher l’organe aboral, en refoulant la totalité de la masse entodermique vers l’extrémité postérieure de l’embryon où elle arrive finalement au contact de la paroi; en même temps, des cils se montrent sur tout le pourtour de la face orale, constituant la couronne, et plus tard des soies rigides apparaissent sur l’organe aboral. A cet état a lieu l’éclosion chez V Alcyonidium albidum et XHypophorella expansa; mais, chez la Membranipora pilosa, par suite du mode spécial de croissance de l’embryon, celui-ci arrive à toucher l’enveloppe de l'œuf sur tout le pourtour de la face orale et au pôle aboral; l’enveloppe ovulaire disparaît sur la face orale et sur le pôle aboral, de manière que les cils vibratiles de l’une et les soies rigides de l’autre entrent en contact avec le milieu extérieur, là se borne le phénomène de l’éclosion. A partir de ce moment, les deux cellules mésodermiques se divisent, et quelques-unes d’entre elles se disposent en file depuis le pôle aboral jusqu’à l’extrémité antérieure de la face orale; elles se transformeront en un faisceau musculaire. Une cavité se creuse dans la masse entodermique; cette masse se transforme ainsi en un estomac (intestin moyen) qui s’ouvre bientôt au fond de l'invagination orale ou vestibule-, cette dernière représente, en réalité, un œsophage (intestin antérieur). Le rectum (intestin postérieur) se constitue par une invagination exodermique de la partie postérieure de la face orale. Pendant ce temps, l’embryon prend la forme comprimée si caractéristique de l’adulte, tandis que des cils vibratiles apparaissent dans le vestibule et déterminent les premiers mouvements de déglutition. Peu après deux mamelons situés dans la région moyenne du vestibule, puis deux mamelons situés à son extrémité antérieure apparaissent de chaque côté de la face orale et se couvrent de cils. Les mamelons postérieurs sont le point de départ de deux bourrelets ectodermiques de la paroi du vestibule qui se rejoignent à partir du fond de celui-ci en formant un arceau par lequel sa cavité est divisée en deux chambres, l’une orale, l’autre anale; cet arceau se couvre de cils tandis que les cils de la région moyenne de la couronne s’atrophient plus ou moins complètement.

Le Cyphonautes, pour être complètement constitué, a encore à acquérir deux organes : i° X organe adhésif (ad) qui se montre en avant de l’anus, au fond de la chambre anale du vestibule; 2° X organe p informe (fc), sorte de cloche ciliée qui se constitue en avant du vestibule, entre sa paroi et celle du corps. L'organe adhésif se forme le premier, c’est une simple invagination exodermique, préanale, dont les parois grandissent peu à peu en s’épaississant de manière à constituer, chez le Cyphonautes adulte, un vaste sac sur lequel se développent plus tard deux cornes dirigées vers le pôle aboral et qui viennent se loger dans les parties latérales de la cavité générale, en masquant partiellement l’estomac. On ne peut s’empêcher de remar-

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quer que cet organe adhésif occupe la môme position que la protubérance ciliée

des larves de Pedicellina.

Il semble que Y organe piriforme soit également le résultat d’une invagination préorale de celte nature; sa paroi antérieure est très épaissie, et présente sur sa face orale, une fossette à laquelle aboutit un groupe médian de cellules glandulaires, flanqué de deux groupes latéraux de cellules orientées vers la paroi antérieure de l’organe. L’organe piriforme est placé en dedans de la couronne, tandis que l’organe dorsal des embryons de Pedicellina est placé au-dessous. Ces deux organes n’en ont pas moins de remarquables connexions communes avec l’organe aboral, et c’est une question de savoir si la différence de leur position relativement à la couronne est suffisante pour empêcher de les homologuer. Effectivement, comme chez les larves de Pedicellina , un tractus fibreux dont nous avons vu précédemment le mode de constitution, s'étend le long du bord antérieur des Cyphonautes depuis l’organe aboral jusqu’à l’organe piriforme. Ce tractus est formé par l’association de fibres musculaires et de fibres nerveuses; ces dernières rejoignent, au fond de l’organe piriforme, deux cordons nerveux qui, arrivés à l’extrémité orale de l’organe, se bifurquent, et émettent chacun une branche antérieure et une branche postérieure, innervant respectivement le quart correspondant de la couronne. Les fibres musculaires, probablement accompagnées d’un petit nombre de fibrilles musculaires, passent entre la masse glandulaire et la paroi antérieure de l’organe piriforme pour aboutir à un bulbe cellulaire qui porte un plumet de cils plus grands que leurs voisins. Tandis ! que, de l’organe aboral au fond de l’organe piriforme, les fibres musculaires sont striées, elles sont lisses dans leur trajet le long de l’organe glandulaire. Si l’on admet les homologations que nous venons d’indiquer, la ressemblance entre les embryons d’Entoproctes et les Cyphonautes est frappante. Les principales différences, en dehors de celles que nous venons de signaler, résident dans l’absence de néphridies, dans la forme comprimée du Cyphonautes , et enfin dans ce fait, qu’au lieu d’une cuticule continue, il est enfermé entre deux valves latérales chitineuses, munies de muscles adducteurs spéciaux. Ces valves ont été sécrétées parles faces latérales de l’embryon, comme un revêtement chitineux, peu après l’achèvement du tube digestif.

Dégradation graduelle des larves. — On peut encore reconnaître toutes ces parties, sauf les valves extérieures, chez la larve si différente de forme de YAlcyonidium (Sarcochitum) polyoum qui est vivipare. Cette larve, en forme de gâteau de Savoie, présente encore un tube digestif très développé, mais dont l’œsophage est très étroit et disparaît de bonne heure, tandis que le rectum avorte. Une couronne circulaire, très épaisse, sépare la face orale de la face aborale. En avant de la bouche on retrouve Y organe piriforme-, en arrière, l’organe adhésif est transformé en une vaste ampoule, la ventouse ou sac interne, et l’organe aboral, très agrandi, est devenu ce que les auteurs appellent la calotte; un tractus fibreux unit, comme dans les types précédents, la calotte à l’organe piriforme.

La larve de la Flustrella hispida (fig. 1044) et celle de la Pherusa ressemblent davantage extérieurement à un Cyphonautes; elles sont moins comprimées, réniformes quand on les regarde de profil et non pas coniques, mais elles possèdent les deux valves latérales caractéristiques. Leur organisation interne est cependant plus rudimentaire encore que celle de la larve d 'Alcyonidium polyoum-, le tube digestif est, en effet, représenté par une simple poche de faibles dimensions, s’ouvrant à l’extérieur

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