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DEIJTOMÉRIDE, MODIFICATIONS DE SES APPENDICES

Syllidæ, le deutoméride, bien que presque confondu avec le proloméride, présente cependant la même structure que les segments suivants (forme Tetraglene) ; [son parapode porte des soies et un cirre; les parapodes du deutoméride sont également pourvus de soies chez les Nephtdyidæ, beaucoup d’ApnRODiTiDÆ ( Sigalion , Sthenelaïs, diverses Polynoë, Aphrodite ), les Amphinomidæ. Le deutoméride n’en demeure pas moins très petit chez la plupart des Polynoïnæ où il porte, en outre, d’habitude deux cirres tentaculaires. Les soies et le parapode lui-même disparaissent, et il ne reste plus que la partie tactile de ce dernier, transformée en un nombre variable de cirres tentaculaires chez les formes asexuées des Syllioæ (jusqu’à huit paires chez les Fallacia ), ainsi que chez les Hesionidæ, Nereidæ, Phyllodocidæ, Eunicidæ. Ces cirres peuvent être accompagnés de faisceaux de soies plus ou moins réduits ( Chætoparia ) qui accusent nettement leur origine pédieuse. Les Annélides sédentaires présentent, au point de vue de l’armature du deutoméride, les mêmes différences que les Annélides errantes. Ce segment est muni de soies chez les Ariciidæ, les Polydora, les Ophelia-, il en est dépourvu chez les Capitellidæ et les Arenicolidæ; dans cette dernière famille, il est presque confondu avec le protoméride; c’est ce que montrent aussi les Flabelligeridæ où le protoméride et le deutoméride confondus s’évasent en entonnoir; le deutoméride est également élargi ou infundibuliforme chez les Chætopteridæ (fig. 1111, p. 1 555), et porte, comme chez les Spionidæ, deux longs tentacules. Il semble, au contraire, confondu avec le tritoméride chez les Clymenidæ, si l’on en juge d’après la position reculée des soies du premier segment apparent du corps.

En même temps que les filaments céphaliques se développent pour jouer des rôles variés et que l’animal arrive à construire un tube indépendant, les appendices du deutoméride et des segments qui suivent peuvent offrir des modifications particulières qui changent complètement l’aspect de la région antérieure du corps. On n’observe aucune modification importante chez les Terebellidæ, mais dans tout un groupe d’AMPHARETiDÆ ( Ampharete , Lysippe, Amphicteis, Sosane ), les soies de la première paire de parapodes dorsaux, appartenant au tritoméride, sont grandes, dorées, disposées en éventail et forment ainsi, de chaque côté du corps, une palmule située en avant de la première paire de branchies. Les palmules sont remplacées chez les Amphictenidæ par deux peignes de grosses soies dorées, appliquées contre le protoméride du côté dorsal. Ce sont les parapodes dorsaux du deutoméride qui se modifient et se portent en avant de manière à dépasser beaucoup le protoméride ou même à le masquer complètement chez les Sabellariidæ et les Sabellidæ. Ils forment chez les Sabellariidæ (fig. 1110, n° 2) deux masses cylindriques isolées ( Centrocorone ),' ou soudées du côté dorsal ( Sabellaria , Pallasia), vers lequel elles sont un peu redressées (o). Ces masses sont légèrement dilatées en ombrelle et tronquées à leur extrémité libre; elles portent sur tout le pourtour de cette extrémité deux ( Pallasia ) ou trois ( Sabellaria ) cercles de fortes soies non rétractiles, formant ensemble un opercule qui ferme le tube habité par l’animal, lorsque celui-ci se rétracte. Un cercle de cirres se trouve au-dessous des soies; en outre, sur leur face ventrale, les deux parapodes ainsi modifiés portent chacun une rangée longitudinale de saillies aplaties dans le sens transversal et qui se résolvent brusquement chacune en une frange de longs filaments mobiles ( t ). Ces filaments appartiennent en réalité au protoméride, mais sont soudés aux parapodes du deutoméride.

POLYCHÈTES.

Toutes ces parties se retrouvent chez les Sabellidæ, mais ici les franges de filaments sont séparées des parapodes; elles constituent un volumineux panache respiratoire (fig. 1110, n° 1, b), tandis que les parapodes eux-mêmes, toujours beaucoup plus grêles que ceux des Sabetlaria, présentent divers degrés de développement. Presque nuis chez les Myxicola, représentés chez les Spirographis par un court repli longitudinal qui se continue avec la partie latérale du collier membraneux qui chez ces animaux entoure la base des branchies, s’élevant sous forme de

deux tubercules égaux, à la base des branchies, sous la membrane thoracique chez les Psygmobranchus, ils ne prennent tout leur développement que chez les Serpulinæ, et ici même les deux parapodes, quoique présentant une conformation générale identique, sont très inégaux; l’un d’eux demeure très petit et ne remplit aucune fonction; l’autre, aussi long pour le moins que les plumes branchiales, est d’abord généralement assez grêle, mais il s’épanouit en cône vers son extrémité libre et la base du

Fig. 1110. — [Polychètes sédentaires. — 1, Distylia volutifera ; b, branchies ; c, collerette ; s, soies locomotrices. — 2, Sabellaria alveolata ; o, opercule porté par les parapodes du deutoméride ; t, filaments tentaculaires de ces parapodes ; b} branchies ; s, parapodes ; q, queue (d’après de Quatrefages).

cône supporte une plaque tantôt chitineuse ( Serpula ), tantôt imprégnée de calcaire ( Vermilia ), qui est l’ opercule.

La forme de cet opercule est très variable : il est tantôt simple, tantôt garni d’épines ou surmonté de cornes et fournit de bons caractères spécifiques. Chez les Spirorbis (fig. 1111, /£),leparapodeoperculigère demeure assez large sur toute sa longueur ; il est utilisé comme organe d’incubation. Les Filograna présentent, contrairement aux autres Serpulinæ, deux opercules égaux, mais ces opercules sont portés par des appendices qui se distinguent à peine des plumes branchiales non operculigères; l’appendice operculigère garde de même l’aspect d’une plume branchiale dans les genres Apomatus, Filogranula, et il se pourrait qu’il représentât non plus un parapode comme chez les Serpula, mais un simple tentacule branchial.

Trilomérlde cl premiers segments suivants. — Tous les segments, à partir du second, sont pourvus de soies chez les Syllidæ et Nereidæ; il en est de même chez les Hyalinœcia, Onuphis, Diopatra, mais chez la plupart des autres Eunicidæ le

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