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ÉTUDE DES PRINCIPALES FORMES

Grecjarina gigantea Van Bened * . — Nous choisissons celle espèce comme premier exemple pour l'étude des Grégariniens parce que c'esl celle quia été, dans ces derniers temps, l'objet des recherches les plus complètes et les plus précises. Elle a été découverte par Van Beneden dans l'intestin du Homard.

A l'état adulte, son coi^ps est allongé ; l'extrémité antérieure, renflée, simule une sorte de tête; l'extrémité postérieure est beaucoup plus effilée. Elle atteint jusqu'à un centimètre et demi de longueur.

Malgré sa grande taille, cet être n'est cependant constitué que par une seule cellule ; mais cette cellule se distingue de toutes celles que nous avons rencontrées jusqu'ici, en ce qu'elle est complète, c'est-à-dire constituée par du proloplasma, un noyau et une membi\ane cellulaire.

Mais telle n'est pas dès le début l'organisation du G. gigantea; avant d'atteindre cette complexité il passe par des états beaucoup plus simples. 11 se montre d'abord sous la forme d'une très petite masse protoplasmique, à contour irrégulier, riche, dans sa partie centrale, en granulations de très petite taille, plus claire à la périphérie. Il n'existe alors ni noyau, ni membrane d'enveloppe et l'on peut assimiler d'autant plus complètement cet état de l'animal à un Lobomonérien que sa forme change sans cesse par suite de la production de pseudopodes lobés, à l'aide desquels s'effectue un lent déplacement. Plus tard, on voit cette sorte de Monère se contracter, devenir à peu près sphérique, puis émettre, en un

i. Van Beneden, Sur l'évoluUon des Grégarines, in Bull. Ac. Se. Belg., 1871, XXXI, p. 325.

GRÉGARINIENS.

point de son corps, un pseudopode cylindrique, non ramifié, présenlanl, lui aussi, une partie centrale très granuleuse, foncée, et une partie péripiiérirpie claire. Ce pseudopode se distingue de ceux précédemment formés parce que, une fois développé, il persiste en s'allonoeant de plus en plus. Lorsqu'il a atteint une certaine longueur, il se produit, au niveau de sa base, c'est-à-dire dans le voisinage du point par lequel il adhère au corps proloplasmique qui lui a donné naissance, un étranglement qui linit par déterminer sa séparation. Le i)seudopode devenu libre, présente une de ses extrémités, celle qui pendant la formation était libre , renflée en massue, tandis que l'autre est plus ou moins effilée. C'est la première qui deviendra l'extrémité céphaliqne de l'animal, c'est-à-dire celle qui se porte en avant pendant le déplacement.

Pendant que ces phénomènes se passaient, un autre pseudopode se formait dans un point différent du corps monériforme ; quand le premier pseudopode se sépare, le protoplasma du corps monériforme passe tout entier dans ce nouveau prolongement, qui se présente alors, comme l'autre, sous l'aspect d'une sorte de petit ver cyhndrique, ayant une extrémité céphalique renflée et une extrémité caudale très effilée. Ces deux oroanismes se meuvent librement dans l'intestin du Homard et, se nourrissant par endosmose des aliments tout préparés que l'in-testin contient, ils augmentent très rapidement de dimensions. Van Beneden, frappé de leur ressemblance avec certains Vers, leur a donné le nom de P^eudo-filaires, tandis qu'il nomme ci/tode générateur le corps monériforme qui leur a donné naissance.

Ces filaments sont d'abord, comme le cytode générateur, constitués uniquement par du protoplasma nu, granuleux au centre, plus clair et plusdenseà la surface, mais dépourvu de membrane d'enveloppe ei de noyau. A mesure qu'ils grandissent, un noyau se forme vers le milieu de leur longueur, dans le protoplasma central. Le noyau dé-

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