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ÉTUDE DES PRINCIPALES FORMES I. — HOLOTRICUÉS

Paramcecium Aurélia Mull. '. — Nous choisissons cette espèce comme premier exemple du groupe des Infusoires Ciliés parce qu'il est très facile de se la procurer en grande quantité en laissant putréfier dans l'eau des débris de végétaux, et parce qu'elle a été l'objet de très nombreuses observations.

Le P. Aiu^elia est, comme tous les Infusoires, un animal unicellulaire; il affecte une forme à peu près cylindrique, ovale-oblongue, arrondie aux deux extrémités; vers le tiers supérieur de l'une des faces, se trouve l'orifice buccal qui termine un sillon longitudinal oblique.

On a donné le nom de face ventrale à la face qui porte la bouche. Tout le corps est entouré, sauf au niveau de foritice buccal, par une membrane résistante, couverte de cils vibratiles sur toute son étendue ; il est formé par du pioloplasma contenant un gros corpuscule arrondi que l'on considère généralement comme ayant la valeur morphologique d'un noyau de cellule ordinaire, mais que certains auteurs appellent endoplaste parce qu'ils fenvisagent, soit comme une cellule véritable, soit comme un noyau d'une nature spéciale. Nous verrons que cette dernière opinion est très légitime. A côté du noyau, se trouve toujours un autre corpuscule auquel l'on donne fréquemment le nom de nucléole mais, que Ton a appelé aussi endoplaslule; nous devons rejeter la dénomination de nucléole qu'il est nécessaire de réserver pour le ou les corpuscules qui se trouvent dans la plupart des noyaux des cellules, et nous nous servirons ici

1. MiJLLEiî, Infas., lab. XII, fi^. 1-1 1-.— Eiirenijebg, //i/i/s., 183S, tab. XXXIX, fig. 6. — DujARDiN, Histoire nat. des Infiis., p. -iSrJ, lab. Vlll, lig. 5-G. — Clapakède et LKcmix^'s, Éludes sur les Infus. et les Rhizop., I, -IJÔ.

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de celle d'endoplastule, de même que nous désignerons toujours le noyau sous le nom à'etuloplasfe. Le protoplasma de la Paramœcie contient encore deux vacuoles contractiles situées chacune près de l'une des extrémités du corps.

Ayant acquis une idée générale de cet organisme nous devons en étudier séparément chaque partie.

La membrane qui revêt le corps de l'animal est d'abord mince, mais elle se cuticularise ensuite; elle est alors transparente, incolore et très résistante; au niveau de l'orifice buccal elle s'enfonce un peu, en entonnoir, dans l'intérieur du corps, et tapisse un petit canal cylindrique dont nous parlerons plus tard sous le nom de pharynx. A l'aide de l'alcool, on peut arriver à faire contracter le protoplasma de l'animai au point de le voir se détacher de la cuticule. On rencontre aussi parfois, accidentellement, des cadavres d'Infusoires qui ont perdu leur protoplasma et ne présentent plus qu'une cuticule vide.

Les cils vibratiles qui couvrent la membrane ont pour fonction de permettre à l'animal de se déplacer dans l'eau et de renouveler à la surface de son corps le liquide qui apporte l'air nécessaire à la respiration et les matériaux de la nutrition,

La ténuité des cils vibratiles est telle que ce n'est qu'avec un grossissement relativement considérable qu'on peut les voir nettement. 11 est facile de constater que leurs mouvements diffèrent de ceux du flagellum des Infusoires précédemment étudiés. Tandis que le flagellum présente des mouvements de toutes sortes, s'effectuant tantôt dans une direction, tantôt dans une autre, décrivant parfois une sorte de cône irrégulier, se courbant sur lui-même, s'inclinant de côté et d'autre dans divers plans, les cils des animaux qui nous occupent, effectuent simplement un mouvement alternatif d'avant en arrière et d'arrière en avant; comme ils s'inclinent dans une direction déterminée, les uns après les autres, mais avec une très grande rapidité, on a comparé l'ensemble de leurs mouvements aux ondulations que présente un champ de blé dont les épis sont agités par le vent.

La rapidité des mouvements des cils vibratiles est tellement considérable que l'existence de ces appendices est indiquée par les déplacements des corpuscules suspendus dans l'eau , avant qu'on ait pu nettement les voir. Les mouvements des cils vibratiles des Infusoires sont soumis à la volonté de l'animal, qui s'en sert comme de rames, à la fois pour produire et diriger ses déplacements dans l'eau.

IN FUSOIRES CILIÉS. -2U

Dans le Paramœcium Atirelia et dans tous les Infusoires construits sur le même type, les cils vibratiles ont tous les mômes dimensions et sont également distribués sur toute la surface du corps, y compris le sillon qui conduit à la bouche, de là le nom d'Infusoires Ciliés Holotrichés donné à ce groupe d'Infusoires.

La valeur morphologique des cils vibratiles a donné lieu à bien des discussions. Certains auteurs admettent qu'ils sont une dépendance de la membrane d'enveloppe de l'Infusoirc et qu'ils n'ont aucun rapport avec le protoplasma sous-jacent. « On constate nettement, dit Robin, sur les Infusoires unicellulaires ciliés, que ces filaments mobiles sont portés par la paroi et non par la substance incluse quelle quelle soit; qu'ils ne sont aucunement des dépendances de cette substance, et que la paroi n'est pas criblée de trous pour les laisser passer en dehors'. » D'autres micrographes, au contraire, considèrent les cils vibratiles comme des dépendances du protoplasma, et cette opinion tend actuellement de plus en plus à se propager. Robin a figuré, il est vrai, de grosses cellules épilhéliales d'Axolot, traitées par l'eau qui a séparé le protcplasma de la membrane, sur lesquelles on voit nettement que les cils n'ont pas de rapport avec le protoplasma, « et cependant, dit M. Robin, ces cils étaient encore mobiles » . Il est facile d'objecter à ce fait que la continuité des cils et du protoplasma a pu être détruite au moment du retrait du protoplasma, sans que pour cela les cils aient perdu immédiatement leur mobilité.

Les adversaires de la manière de voir de Robin répondent avec raison que les membranes cellulaires, particulièrement quand elles se cuticularisent, comme dans les Infusoires, n'étant pas douées de la contractilité ou de la motilité qui appartient au protoplasma, si les cils vibratiles étaient des prolongements de la membrane ils ne pourraient pas d'avantage qu'elle même jouir de la mobilité protoplasmique.

Une troisième opinion peut encore être émise. Rappelons-nous

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Fig.210. Paramœcium Aurélia. Conjugaison, (d'après Balbiani). — a. a, endoplastes; 6, endoplastule; j;,v, vésicules contractiles ; c, conduit excréteur derovaire; d, canal déférent.

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