‹ Traité de zoologieChapitre 84 sur 120 · Fouquet, Arch. de zool.e.vpérlment., 1876, V., p · texte numérisé non relu

Fouquet, Arch. de zool.e.vpérlment., 1876, V., p

fusoires se détachent de leur hôte et se laissent tomber au fond de l'eau, s'envelojjpent d'un kyste qu'ils sécrètent, puis se divisent, par des segmentations répétées, en un millier au moins de petites masses ciliées, ovales, qui sont mises en liberté par rupture du kyste et prennent assez vile les caractères de leur parent, dont ils se distinguent, pendant leur jeune âge, par leur forme plus allongée et l'absence de disque buccal. D'après Fouquet, il n'existerait pas, même chez l'adulte, de bouche véritable et, par ce caractère, Vlcthyophthiriiis multifiiiis se rapprocherait beaucoup des Opalines dont nous parlerons tout à l'heure.

Les Ophryoglena Eeeb. ^ peuvent servir de premier exemple pour l'étude d'un groupe considé rable d'Infusoires Ci liés Holotrichés nettement caractéiiséspar la présence d'une large fossette servant de vestibule à l'orifice buccal et contenant une membrane vibratile plus ou

Fig. 217. Lembadion Bullinum (d'après Saville Kent).

— m, membrane vibralile ; cv, vacuole contractile; n, noyau.

Fig. 218. Pleuronema Clinjsalis {d'après Saville Kent). — n, noyau; ci', vacuole contractile.

moins développée. Dans V Ophryoglena atra, espèce assez commune dans les marais, le corps est ovoïde, aplati, très opaque, ordinairement muni d'une tache pigmentaire oculiforme, au niveau de son extrémité antérieure. La fossette orale est située sur la face ventrale du corps ; elle est large et profonde, et s'étend sur presque toute la moitié antérieure du corps ; la membrane vibratile occupe sa moitié postérieure. La couche corticale du corps contient de nombreux trichocystes.

Le Lembadion BullinumV ERT.^,qm habite également lesmarais, se distingue du précédent par sa fosse orale très vaste, occupant les

1. Voy. Sinti, Sitz-ungsb. der Icônigl. Bôhms. Gesellsch. der Wissensch. , déc, 18G0. — Saville Kent, A Man. of the Infusoria, IV, 533, tab. XXVI, fig. 63-6-i.

2. Voy. Saville Kent, loc.cit., IV, p. 537, tab. XXVll,Hg. 5i.

deux tiers anléricurs du corps, el munie sur l'un de ses bords d'une membrane vibralile ondulée el sur l'autre de soies. Son extrémité postérieure porte deux ou trois longues soies.

Le Pleuronema Chrysalis^, espèce assez IVéquenie dans les eaux douces, est remarquable par la présence d'une membrane ovale très vaste, en forme de capuclion, extensible et rétractile et par l'existence de cils orauxdifférents de ceux qui couvrent la surface du corps. A la fossette orale, située sur l'une des faces du corps, fait suite un pliarynx tubuleux, très distinct. Les cils qui recouvrent le corps sont très longs.

Le Ci/cUdlumGlaucomaEuRB'-. qui ressemble au précédent par la forme de sa membrane orale et la nature de ses cils qui sont longs et soyeux, s'en distingue par la présence d'une très longue soie portée par l'extrémité postérieure.

Le Proboscelta Vermina mijll.^ est un petit Infusoire d'eau salée, à corps très flexible, allongé, lancéolé, comprimé. La moitié postérieure du corps est cylindrique et terminée par une extrémité plus ou

ev.

Fig. 219. — Cijclidium Glaucoma (d'après Saville Kent). — n, noyau; cv, vésicule contractile.

Fig. 220. — Proboscella Vermina (d'après Saville Kent). — n, noyau; ci', vésicule contractile.

moins arrondie, munie d'une longue soie. La moitié antérieure est linéaire et terminée par un prolongement digitiforme, extensible et rétractile. La bouche est située sur la face ventrale du corps, au niveau du point de jonction de la moitié antérieure avec la moitié postérieure; elle est accompagnée d'une membrane ondulée, triangulaire, irrégulière, étendue depuis l'orilice buccal jusqu'au voisinage de l'extrémité antérieure. Le sillon oral est muni de cils plus longs que ceux du reste du corps.

Sous le nom de Trichonympha, Pi/rsonympha et Dissenympha Leidy * a décrit récemment un certain nombre de formes animales très remarquables, qu'il propose de classer parmi les Infusoiresllolo-

1. Voy. S.wiLi.E Kent, loc. cit., IV, p. 513, tab. XXVII, fig. 55.

2. Voy. Saville Kent, loc. cit., IV, p. 5l.i, tab. XXVU, lîg. 57-58.

3. Voy. MÛLLER, Animalcula Infusoria, p. 57, tab. Vill, fig. 1-6; sous le nom de Vilirio Verminus. — Saville Kent, loc. cit. ; p. 549, tab. XXVII, fig. 65.

i. Leidy, in Procccdinfjsof the Acaii. ofniiluv. se. ofPhilad., 1877; ibid., mars 1881. — Saville Kent, /oc. cit., p. 551, tab. XXVIU.

trichés et qui vivent en parasites dans le tube digestif du Termes lucifiigus des forêts de l'Amérique du Nord. On les trouve dans le tube digestif de ces Insectes en immenses quantités et toujours mélangées les unes aux autres. Il est possible que les différents genres et espèces décrits par Leidy ne soient que des états différents d'une même espèce.

Le Trichonympha agilis Leidy, que nous pouvons étudier comme exemple du groupe, est un petit Infusoire à corps flexible et élastique, souvent convoluié, ovalaire, allongé ou fusiforme. Le corps est divisé en deux régions distinctes : l'une antérieure, plus petite, ovale, l'autre postérieure, plus large. La bouche n'est pas visible, mais il parait exister un pharynx tubuleux. Dans quelques espèces,

Fig. 221, — Trichonympha agilis (d'après Savillc Kent) vu au moment où il sort de rintestiu de son hôte.

Fig. 222. — Individu considéré comme l'état jeune du Trichonympha agilis (d'après Saville Kent).

notamment dans \e Pyrsonympha vertens, Leidy figure une sorte de cordon longitudinal, étendu d'une extrémité à l'autre du corps, dont la nature est tout à fait problématique. Les cils sont très longs; ils sont disposés, dans le Trichonympha agilis, en quatre touffes d'inégale longueur, la quatrième, beaucoup plus longue que les autres, étant divisée en trois faisceaux qui se prolongent au-delà de l'extrémité postérieure du corps et se contournent en spirale.

L'étude de ces organismes faite par Leidy nous paraît trop imparfaite pour qu'il soit possible d'en déterminer exactement la nature et nous pensons que pour les ranger et les mettre à la place qui leur convient réellement il est nécessaire d'avoir des observations nouvelles et plus complètes.

Le Maryna sociaUs, qui par ses caractères d'organisalion se rapproche beaucoup des Lacrfjmaria s'en dislingue très nettement, ainsi que de tous les autres ÏIolotrichés, par la réunion de nombreux individus en colonies ramifiées. Un zoothécium ramifie di(,hotomiquement porte, à l'extrémité de chacune des branches ultimes, un individu logé dans une petite cupule en dehors de laquelle il fait en partie saillie.

Le zoothécium est coloré en brun clair ou jaunâtre ; ses branches sont cylindriques, un peu étranglées au niveau de leur naissance et marquées de stries transversales. Le corps de l'Infusoire est cupuliforme, arrondi dans le bas, échancré au niveau du bord supérieur et muni à l'extrémité supérieure d'une expansion membraneuse bordée de très longs cils et échancrée. La

Fig. 223. --jl/arj/nasoci«Z/s.(d'api-ès Grubcr). — 1, fragment d'une colonie. 2, individu isolé; /)/•, péristome; cv, vésicule contractile.

bouche est située près de l'échancrure du bord supérieur ; ses cils sont plus raides que ceux qui couvrent toute la surface du corps.

Dans toutes les formes d'Infusoires Ciliés dont nous venons de parler il exisle une bouche et un anus; dans les Opalines, au conti\iire, ces deux organes manquent.

LOpalhia Ranarmn Purk. et Val.*, qui est très fréquent dans le tube digestif delà Grenouille, est un petit Infusoire à corps ovoïde, incolore, couvert de cils vibratiles tous semblables, dépouiTu de bouche et d'anus, muni d'un noyau et dépourvu de vacuole contractile. Fig. 221. — Opa-

On a trouvé des Opalines dans le corps d'un grand '^"'^ nanamm

1 1, • . ., ■ j 1 7»r • I ^ ni (d'après Saviilc

nombre d animaux inlerieurs, dans lesiVrti.s, les Pla- y^^^^^^ naircs, etc. Le tube intestinal de la Grenouille contient, d'après Stein, jusqu'à quatre espèces d'Opalines.

I. Pl'Rkinje et Valentin, De phœiwm. mot. ribr. — Voy. aussi: Schultze, Beilr. znr Naturg des Turbell., 1851 ; — Stein, /«/'«s., p. 178 ; — Claparède et Lacumann, Eludes sur

Il est permis de supposer que les Opalines actuelles sont des Infusoiies Ciliés issus de parents qui vivaient à l'état libre dans l'eau et qui, étant devenus parasites, ont perdu graduellement leur bouche et leur anus, ces organes étaient devenus inutiles, parce que les Infusoires trouvaient dans le corps de leurs hôtes des aliments liquides tout préparés, directement absorbables par simple diffusion.

Le mode de reproduction des Opalines n'est guère connu ; en 1875, Engelmann a trouvé dans l'intestin des Têtards de Grenouilles des Opalines enkystées. Zeller, en 1877, a constaté que ces kystes, rendus par les Têtards, sont avalés parles Grenouilles. L'Opaline enkystée se divise en un certain nombre de jeunes Infusoires qui deviennent rapidement semblables à la mère. Balbiani a constaté que les Opalines ne s'enkystent qu'après s'être conjuguées.

Auprès des Opalines se placent un petit nombre de genres également dépourvus de bouche mais se distinguant des Opalina par quelques caractères secondaires. Les An oplophri/ a, n'offrent pas d'autre différence essentielle que la présence d'une ou plusieurs vacuoles contractiles; les Haptopltrya ont des organes préhensiles acétabuliformes ; les Hoplitophrya ont des organes préhensiles unciibrmes.

Dans tous les Infusoires Ciliés dont nous avons parlé jusqu'à ce moment, le corps est entièrement couvert de cils semblables les uns aux autres, d'où le nom de Holotrichés sous lequel on les réunit.

Dans un assez grand nombre de Ibrmes de ce groupe on trouve,indépendament des cils tins qui couvrent toute la surface du corps, des soies plus rigides et plus longues, disposées tantôt aune des extrémités du corps comme dans la variété Caudatum du Paramœcium Aurélia, tantôt sur une trompe (Trachlides), tantôt enfin autour de la bouche. Ces formes, particulièrement les dernières, servent de transition vers un autre groupe d'Inl'usoires Ciliés dans lesquels on trouve toujours : des cils fins à la surlace du corps, et, en outre, une rangée très remarquable de soies longues, rigides, douées de mouvements spéciaux, située sur les bords d'une fossette arrondie ou allongée qui entoure la bouche et a reçu le nom de péristome. Par suite de la diversité de caractères de ces deux ordres de cils on a donné aux Infusoires dont nous parlons le nom d'Infusoires Ciliés Hétérotrichés.

les Inf. el les Rliiiop . , I, 373; — Ray Lankester, in Quart. Journ. of mie rose. se.,. 1870,143.

IIÉTÉROTRICIIÉS

Balantidiam Coli Steln^ — Nous pouvons étudier conimc premier exemple d'Infusoires Ciliés hélérolrichés, le Balanlidlum Coli Stein, qui se rapproche beaucoup de certaines formes précédemment décrites et qui a l'avantage de présenter quelque intérêt au point de vue médical, parce qu'il a été trouvé à l'état parasitaire chez l'homme.

Il fut trouvé dans le côlon de l'homme et étudié pour la première

Fig:. 5'25. — Balanlidium Coli (d'après Stein). — /), péristome; n, noyau, c, o, vcsiruies contractiles ; ;, anus.

Fij. 'l'iG. — Balnntuliiun Coli {iVapvl'.s Stein). — Individu en voie do segmentation transversale ; y», péristome ancien ; /)' péiistome nouveau en voie de formation; n, «'noyau en voie de division.

fois par Malmsten -, puis par Stein, parEkeckrantz ^ et par Wising'*.

Son corps est large del dixième de millimètre environ, elliptique

ou ovoïde, avec la bouche à sa p(itite extrémité et l'anus à l'autre

extrémité, qui est parfois très renflée. Le corps est un peu aplati sur la

1. Stein, Der Organismus der Infusionsthiere, II, p. 320, tab. XIV, fig. 11-18.

2. ArclHi'fùr i>alli. Anal, uiid PhnsioL, ISôl, XII, p. 302-3:)'.), tah. X.

3. Ekeckiuntz, Uidrmj till luiniiedoinen om da i màniiislciins lannkanal fôrekoni' iiuindc Infusoriei-, in Nord, medic. Archir, I, 1863. n° 20.

i. WisiNG, Till kdnnedomen om Baluntidiuni (^oli lias mdniskan, m Nord, medic. Archiv, 1871, n" 3. — Voy. aussi : Lel'Ckart, Dir Parasilen des Menschen, -1° édit. , |87y, p. 321.

face qui porte labouche,aulour du voisinage de cette dernière. Toutle corps est couvert de cils vibratiles fins, courts, serrés, disposés assez régulièrement en lignes longitudinales. Au niveau du l'extrémité supérieure existe une dépression nommée péristouie, elliptique, située sur la face ventrale et inclinée un peu obliquement vers le bord latéral droit. D'après Leuckart, elle serait tout à fait médiane. Le bord gauche du péristome porte une rangée de soies raides, nommés cils adoraux. La bouche est située au niveau de l'extrémité inférieure du péristome et les cils de ce dernier se meuvent de façon à diriger vers son orifice les corpuscules qui se trouvent à leur portée. Le péristome affecte assez bien la forme d'une sorte d'entonnoir offrant l'orifice buccal au niveau de son extrémité inférieure. Ala bouche succède un œsophage tubuleux, qui se perd dans le protoplasma du corps. Le noyau est volumineux, elliptique. Il existe deux vésicules contractiles, arrondies, de dimensions inégales : l'une volumineuse, située près de l'extrémité postérieure, l'autre plus petite vers le milieu du corps.

Le Balantidium Coli se multiplie par segmentation transversale. Le noyau s'allonge beaucoup, puis le corps s'étrangle; un orifice buccal se forme au sommet de la face ventrale de la moitié inférieure, puis le noyau et le corps se divisent et se séparent.

Leuckart dit avoir rencontré des individus provenant du rectum du Porc, chez lesquels la bouche n'était plus visible ; la cuticule s'était épaissie et le corps s'était raccourci. 11 suppose que ces individus, après avoir subi cette sorte d'enkystement, se laissent entraîner au dehors par les fèces et vont dans l'eau se multiplier par segmentation pour produire des jeunes qui, étant avalés par un hôte nouveau, se développent dans son intestin. Cet animal présenterait donc une hétérœcie véritable. Cette hypothèse n'a pas encore été confirmée par des observations précises.

Ainsi que nous l'avons dit plus haut, le Balantidium Coli fut d'abord trouvé parMalmsten dans le côlon et le cœcum de l'homme. Le malade était atteint d'un abcès du côlon, auquel succéda une lientérie mortelle. Les Infusoires étaient en nombre extrêmement considérable. Une seconde fois, il fut trouvé par Malmstem dans les mêmes conditions.

Plus tard, Leuckart signala sa présence constante dans le rectum du Porc. Pour l'obtenir, il suffit de recueillir avec une longue sonde un peu de matière fécale ou de mucosités du rectum de cet animal, et de délayer ces matières dans une petite quantité d'eau que l'on place sous le microscope.

INFUSOIRES CILIKS.

Le lieu occupé par le BalanlidiumColi^ soit chez l'iiommc, soil surtout chez le Porc, ne permet guère de considérer cet Inlusoirecommc un parasite véritable. Il vit en commensal au milieu des matières fécales qui servent à son alimentation, et non en parasite absorbant des matériaux nutritifs préalablement digérés et préparés.

Quant aux accidents qu'il est susceptible de produire ils varient sans nul doute avec le point de l'intestin qu'il occupe et surtout avec le nombre d'individus qui s'y trouvent réunis. Dans le rectum du Cochon il ne paraît pas déterminer de troubles sérieux, tandis que

îiL.J

Fig. 2-27. - Balantiilmm ¥ig. i^8. - Balantidium En-

Entowon (d'après Stein). iojoon dans lequel la division

- n, endoplaste ; - ni, en- transversale commence à se

doplaslule ; c, c, vacuoles produire (d'après Stcin]. -

conlracliios. P' P^nstome primitif ; p'p',

zone de cils qui borderont le nouveau péristome ; n, n, noyau; c, c, c, c, vacuoles contractiles.

Malmstem lui attribue, avec raison, sans nul doute, la lienlérie présentée par les malades chez lesquels il le trouva.

Le Balantidium Coli étant très fréquent chez le Porc, il est facile de comprendre qu'il puisse passer dans le tube digestif de l'homme après avoir été rejeté par le Porc et entraîné par les eaux. La contagion serait encore plus facile si, comme le suppose Leuckart, l'animal passait dans l'eau une partie de son existence.

Le caractère fondamental des Hétérotrichés est si peu marqué dans le Balantidium Coli, qna cette espèce a été pendant longtemps placée dans le genre Paramœciiim sous le nom de Paramœcium Coli; on la considérait donc comme holotrichée.

'JGi PROTOZOAIRES.

Auprès d'elle nous pouvons signaler en passant le Balanlidium Duodeni Stein * qui vit dans l'intestin de la Grenouille et qui se distingue du précédent par la disposition de ses cils vibralilcs réunis en petites toulî'es sur des lignes longitudinales parallèles et très écartées les unes des autres, et surtout par son péristome beaucoup plus allongé et portant sur son bord gauclie une rangée de soies

Fig. 2129

b'alanliiUum Enlozoon dans lequel la segmentation tiansversale est presque achevée ( d'après Stein). — c, c,c', c', vacuoles contractiles; p, péristome primitif; p'p', péristome du deuxième individu; n, n, noyau en voie de division.

Fig. 230. — Meiopus sigmoïdes (d'après Stein). — p, péristome; s, œsophage; n, noyau; /i, cils de l'extrémité postérieure ; c, vacuole contractile.

plus distinctes que dans l'espèce précédente, et indiquant mieux la position réelle de cet animal parmi les Infusoires ciliés.

Dans le Balantidium Entozoon Clap. et Lacii. -, le caractère des Hétérotichés est encore plus marqué que dans l'espèce précédente. Le péristome s'étend depuis l'extrémité antérieure où il est très large, jusque vers le milieu de la longueur du corps. Il est muni

1. Stein, Der Organ. der Infus., II, p. 325, tab. XIV, fig. 19-23.

2. Claparède et Lachmann, £/wdes sur les Inf. et les Rhiwp., I, p. 217, lab. XIII, (îg. 2. — Voy. aussi : Stein, Der Org. der Inf., II, p. 3)0, tab. Xlli, fig. 7,8; tab. XIV, fig. 1-9.

sur toute retendue de son bord gauciie, sur son bord supérieur et sur une grande partie de son bord droit, de longues soies raides. Stein a bien étudié la segmentation transversale de cette espèce. Le noyau s'allonge, une zone de soies raides se développe autour de la partie moyenne du corps, puis ce dernier s'étrangle à ce niveau en même temps que le noyau et finit par se diviser; la surface inférieure de la section devient la surface péristoméale du nouvel animal, tandis que la zone médiane des cils devient la bordure de soies du péristorne.

A côté de ces espèces, nous pourrions en grouper un très grand nombre d'autres qui n'en diffèrent que par la forme du corps et celle

Fig. 231.— Nijctolherus cordiformis (d'après Stéin). — p, péristorne; s, œsophage; i',i'.

vacuoles contractiles; c, vacuole non contractile; i,anus; «, noyau; ni, nucléole.

Fig. 'SSS. — Xijctotherus cordiformis en voie de division transversale (d'après Stein).

Les lettres ont la même signification que dans la figure précédente.

du péristorne, mais dans lesquelles la bordure de soies de ce dernier est toujours disposée suivant une ligne droite, tantôt parallèleà l'axe longitudinal du corps, tantôt oblique par rapport à cet axe.

Nous nous bornerons àciter : lesMetopiis Cl.vp. et Lach.*, remarquables par leur corps essentiellement polymorphe, avec l'extrémité antérieure contournée en vis et rabattue en dôme au-dessus du péristome; le Ni/ctotherus cordiformis Stein 2, avec son corps aplati, réniforme, portant le péristome sur son bord concave. Avant la division

t. Claparède et Lacmmann, Eludes sur les Inf. et les Rhiz-., I, p. 255, tab. XII, fig. 1. — Stein, Der Org. der Inf., II, p. 329, tab. XVI, fig. ô-if,. 2. Stein, Loc. cit., U, p. :î38, tub. XV, fig. I-IO.

transversale, une bande diagonale de soies se forme sur la moitié infériciiii' du corps qui se segmente ensuite entre la bande supérieure et la bande inférieure de soies. Le Plagiotoma Lumbrici Dujaud/, qui vit dans l'intestin du Lombric, se fait remarquer par son corps très aplati, en forme de lancette tronquée obliquement en arrière et pourvue d'une échancrure niédiane au niveau de laquelle se termine un péristome linéaire et se trouve l'orifice buccal.

Le Bursaria truncatella Mûll. ', voisin par ses autres caractères

¥ig. 233. — Bursaria truncatella (d'après Stein). — p,p, péristome; a.a' bande ciliée du péristome: s,s' pharynx et œsophage; m, bord cilié du péristome; 7i, n, noyau; t, culde-sac péristoméal ; c, c, vacuoles contractiles; g, canal aquifère. v' v', vacuoles contenant des corps étrangers.

des formes précédentes, s'en distingue par son péristome qui affecte la forme d'une échancrure profonde creusée en entonnoir, parlant de l'extrémité antérieure du corps et se prolongeant très bas jusque vers l'extrémité postérieure pour s(3 continuer avec une

i. DujARDiN, //(/"wsofres, 1841, p. 504, tab. IX, fig, 12, «, ô. — Voy. Stein, Der Org. derinf., II, p. 352, tab. XVI, fig. 16-19.

2. Verm. terr. et fliiv.,!^, I, P. !, p. 62; Anim. Inf., 1786, p. 115, tab. XVII, fig. 1-4. —Voy. Stein, Der Org. der Inf., Il, p. 300, tab. XII, lig. 8; tab. XIII, fig. 1-6.

INFUSOIRESCILIÉS.

bouche en entonnoir. Il est également remarquable par ses cils adoraux qui sont disposés sur le bord gauche du péristome en une bande très large sur laquelle les cils forment des rangées transversales. Chacune de ces rangées est composée de deux bouquets de soies qui se croisent par leurs extrémités.

Avec le SplrostomumambigiiumEuiMi. ', nous passons à des formes d'Hétérotrichés dont le péristome décrit une ligne spiralée plus ou

Fig. 234. — Bursaria tnmcalella (d'après Stein). — Portion du péristome montrant la disposi tion des cils.

Fig. 235. — Spirostomum teres en voie de division transversale(d"après Stein).

— p, péristome ancien;;/, péristome nouveau n, «', noyaux; c, vésicule contractile émettant deux longs canaux aquifères g et g'; c' vésicule contractile nouvelle.

moins manifeste, Tanimal ayant lui-même une tendance marquée à se tordre en spirale. Dans ces Infusoires, dont le corps est très allongé, la vésicule contractile> souvent très développée émet, habituellement un long canal aquilere qui parcourt le corps dans toute

sa longueur

1. Voy. Stein, Der Org. der liif., II, p. 197, tab. Il, fig. lU-U; lab. 111, fig. 2-0;

lali. IV, fig. 1.

Le Condylostoma païens DvjARï). ^ présente un péristonie remarquable en ce qu'il porte une bande de cils sur son bord antérieur et extérieur et une membrane ondulée sur son bord interne. Son

i TJV

Fig. 236. — Spirostamum ambigmim (d'après Stein). — p, péristome; s.

œsophage; n, n, noyau très allongé et formé de nombreux renflements juxtaposés; c, ^ vésicule contractile émettant un long canal aquifère g; 2, anus.

Fig.^'il. — Condijloslonia patens (d'après Stein). — p, péristome; i, membrane ondulée du péristome; s, œsophage; z, anus; n, n, nujau.

noyau est également très remarquable parce qu'il se divise en une série considérable de nodosités formant un long- cbapelet.

i. DujARDiN, Infusoires,\Si\, p. 516, tab. XII, ng. 2, a, c. — Steln, De?' Org. der fnf., II, p. 173, tab. 1, fitç. 1-1.

INFUSOIRKS CILIÉS.

Le Stentor pohjmorphus Eiibg.' nous servira d'exemple pour un grou})e (rinfiisoires Ilétérolrichés très remarquables. Son corps est allongé, conique, avec l'extrémité inférieure plus ou moins étirée et

:.«fciïj4^^/,

Fig-. 238. — Stentor poljjmorplius (d'aprôs Stein). — a, b, champ péristoiiK'al ; 0, bouche; r, t, hurd du péristome ; n, »i, noyau; g, canal aquifère.

Fig. 239. — Stentor Rœselii (d'après Stein). — h, tunique ; o, champ péristoméal; f, d, bord du péristome; o, bouche ; s, œsophage ; c, vésicule contractile ; g, canal aquifère ; n, n, noyau.

l'extrémité antérieure tronquée, transformée tout entière en péristome. Le bord de la surface péristoméale est échancré en un point. Tout le reste de son étendue est couvert de soies adorales raides. Le

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