L-e.trdmUe céphalique est 'ûertates. A U
autour duquel on voit quatre pelils épaississe
ORDRE DES NÉMATODES.
suite de la bouche vient un vestibule qui, pour une faible longueur présente une largeur notable ; il entoure l’extrémité antérieure de l’œsophage, et celui-ci fait saillie à son intérieur sous la forme d’un cône plat et rond. Le vestibule était peu développé chez la larve ; c’était une simple cavité tubulaire, interposée entre la bouche et l’œsophage et dépourvue d’armature ainsi que de papilles tactiles bien que d’ailleurs la forme de la tête fût la môme que chez l’adulte.
Au niveau du vestibule, le tégument de l’extrémité céphalique possède une épaisseur relativement considérable. On voit enfin s’insérer sur chacune des trois bandes musculaires de l’œsophage, à son extrémité antérieure, une crête chitineuse en forme de fer à cheval qui fait saillie dans le vestibule sous l’aspect d’un petit prolongement dentiforme.
L’extrémité postérieure du mâle a la forme d’un crochet court et enroulé, long de 70 [x; ce crochet s’effile rapidement en une pointe rétrécie, dont la forme conique est d’autant plus frappante que la base sur laquelle elle s’implante est fortement dilatée par les organes génitaux gonflés de sperme (fig. 407, A). Les deux spiculés, .s, .font fréquemment saillie hors du cloaque ; ce sont des bâtonnets effilés, recourbés en avant, longs de 38 y. et canaliculés. On voit enfin, en avant du cloaque et à la face ventrale, deux ou trois petites papilles; il n’y a pas de' papilles postanales.
Chez la femelle, l’extrémité postérieure du corps s’étire en une pointe mince et filiforme, légèrement contournée en spirale. Un peu en arrière du milieu du corps, et du côté droit, s’ouvre la vulve (fig. 407, B, v), marquée par un léger rétrécissement et donnant accès dans un double utérus, dont les branches s'étendent l’une dans, la région antérieure du corps, l’autre dans la région postérieure. Chacun dés deux utérus, o,;est terminé parun ovaire de grandes dimensions. L’œuf mesure 70 sur 43 ,a, d’après Leuckart; il est elliptique, à coque délicate, et son vitellus est presque entièrement dépourvu de granulations.
Perroncito a été témoin de l’accouplement. Cet acte a une durée Ites courle, 40 à 30 secondes. U mâle enronle sa queue autour du corps de la femelle, au niveau du rétrécissement vulvaire, inlroduit ^U ses spiculés dans la vulve, puis s'enroule rapidement deux ou trois cïmN no,’ ' “ t'oc force. Celle-ci fait des
tode nosT ‘*'*‘‘5“ -l' oféitle du mâle; mais l'éjaculation ne tarde pas a se faire : le mâle relâche alors ses spires reste encore
l'itton” "-“i* ““"lé*, puis llnalement
llst'i«îe!,rh“‘; ’f' n il P-sser dans l'iitérns.
s s accumulent bienlol en telle abondance que cet organe, consi-
78 ORDRE DES NÉMATODES.
prime l’inteslin. Quand la ponte a lieu, l’œuf est déjà d’ordinaire en grande partie segmenté. D’autres fois, le développement embryonnaire s’accomplit tout entier dans l'utérus; enfin, il n’est pas rare de rencontrer des femelles dont l’utérus renferme des embryons libres et même des embryons qui, après avoir percé la paroi utérine et avoir détruit les viscères, se meuvent librement dans le corps de leur mère. Chaque femelle donne naissance à 30 ou 40 petits. Pour arriver jusqu’au développement de l’embryon, à la température de la chambre, l’œuf a besoin de vingt à vingt-quatre heures. Lors de l’éclosion, les larves de cette seconde génération ont une faible taille, 0““,22; leur transparence est parfaite, en sorte qu’il est difficile de se rendre compte de leur organisation. Quand elles ont atteint 0”“,2o, on peut néanmoins constater qu’elles ressemblent, non seulement par la forme générale, mais aussi par la structure interne, aux larves de la première génération ; elles sont seulement plus élancées, leur largeur étant de 12 u., et le rudiment de leurs organes génitaux est de plus petite dimension. L’extrémité caudale, contournée en spirale, mesure 70 y. de longueur, et l’œsophage, divisé en trois segments, est long de 90 à 100 p.; à l’intérieur du troisième segment ou estomac se voient trois dents chitineuses, un peu plus fail)les que celles des embryons précédents.
Quand ces larves ont atteint une longueur moyenne de elles s’arrêtent dans leur développement : elles subissent alors une mue, perdent le caractère de Rhabdüis et deviennent des Vers que, d’après leur organisation, on pourrait comparer plutôt à de jeunes Strongles ou à de jeunes Pilaires. On passe ainsi de la forme rhabditoïde à la forme strongyloïdé (fig. 403, 7; fig. 40G, 6 ; fig. 407, C).
D’après Perroncito, la larve resterait emprisonnée dans la cuticule quelle vient de rejeter (fig. 408) et se mettrait ainsi à l’abri de'la ' dessiccation et des intempéries. Mais cette opinion est peu admissible ; les deux larves rhabditoïde et strongyloïdé, qui se succèdent l’une à l’autre et qui proviennent des œufs de l’Anguillule stercorale, vivent à la façon des Rhabditis, c’est-à-dire dans l’eau croupissante et chargée de matières organiques en décomposition; il est donc plus vraisemblable que, loin d’être en vie latente, les larves enkystées sont déjà mortes, comme l’indique d’ailleurs le dépôt de sels calcaires à leur surface.
La larve strongyloïdé ou fllariforme achève rapidement sa métamorphose, qm porte principalement sur les extrémités du corps. La queue se raccourcit, perd la forme spiralée caractéristique des stades precedents, et se transforme en un prolongement court et effilé, ong de40i., qm se termine obtusement; à l’extrémité, les bords latéraux proéminent sous forme de deux petites papilles, entre les-
RHÂBDONEMA INTESTINALE.
quelles le bout de la queue forme encore un troisième prolongement impair.
Le commencement du tube digestif a subi des modifications plus profondes. L'œsophage perd ses dents chitineuses, ainsi que sa segmentation première, et devient un cylindre long de 0““, 24, qui traverse toute la moitié antérieure du Ver et qui ne se continue avec l’intestin que loin en arrière, presque à la moitié de la longueur du corps. En réalité, cet œsophage est encore formé de trois segments, mais ceux-ci ont une étendue considérable et ne sont pas nettement séparés les uns des autres. Le segment antérieur est assez nettement séparé du segment moyen, qui commence à 60 en arrière de l’extrémité céphalique; mais ce segment moyen va en s’épaississant peu à peu et passe insensiblement au segment terminal, qui est court et renflé en forme de bouteille. Les parois du corps sont claires et transparentes et les lignes latérales très nettes; le pourtour de la bouche est orné de quatre prolongements labiaux.
Pour se développer jusqu’en cet état, les embryons issus de la forme libre (Anguillule stercorale) ont besoin de trente à trente-six heures. Les qualrième et cinquième jours de la culture, on voit les larves filariformes devenir de plus en plus nombreuses et, au bout de huit jours, on ne rencontre plus qu’elles : les Rhabditis adultes et sexués (Anguillules stercorales) sont morts et les larves rhabditoïdes auxquelles ils ont donné naissance se sont toutes transformées en larves strongyloïdes.
Celles-ci ne subissent pas d’autres métamorphoses : elles ne grandissent plus, même si on parvient à les garder vivantes pendant plusieurs jours, et elles conservent les mêmes caractères que précédemment. Au bout d’une semaine, leur nombre va en diminuant : elles meurent d’inanition. Il est évident quelles ne sont pas organisées pour vivre plus longtemps d’une vie libre et qu elles ne peuvent continuer leur évolution et parvenir à l’état adulte qu après avoir passé chez un hôte approprié.
Le Nématode qui nous occupe nous offre donc un exemple d’un helminthe dont les embryons se développent à 1 état libre en des Rhabditis sexués ; seuls, les descendants de ceux-ci redeviendront parasites. C’est donc un animal dont le cycle de développement nous présente une série de générations alternativement libres et parasites, caractère qui est particulier à la famille des Rhabdonémides.
L’ Anguillule stercorale doit donc être rayée de la liste des parasites de l’Homme. Malgré sa maturité sexuelle, cette forme
8Q ORDRE DES NÉMATODES,
ne représente qu’un état intermédiaire, se développant librement et faisant partie du cycle évolutif de l’Anguillule intestinale. Cette dernière seule est parasite de l’Homme.
En 1882, Grassi avait pressenti que cette espèce était bétérogonique ou dimorphobiotique, mais c’est Leuckart qui en a donné la démonstration expérimentale. Perroncito s’est élevé contre cette manière de voir et a voulu prouver que l’Anguillule stercorale était une espèce bien distincte, qu’il dénomma PspMdo-rhabditis stercoralis, mais les faits avancés par Leuckart ont été conbrrnés par Golgi et Monti, puis par Grassi et Galandruccio.
Il ressort de ce qui précède que les formes adultes Angidllula intestinaUs et A. stercoralis ne sauraient coexister dans l’intestin de l’Homme, la première de ces formes étant seule parasite. Comment donc expliquer que Normand, Bavay et d’autres aient trouvé A. stercoralis en divers points du tube digestif? Il importe de remarquer que l’observation qui précède ne s’applique qu’à l’état naturel et normal de l’bôte dans lequel les Vers se développent. Si ceux-ci restent dans l’intestin après la mort, par exemple dans les cas où l’autopsie n’est possible qu’au bout de quelques heures, il se peut que les jeunes Rbabditis, nés de l’Anguillule intestinale, arrivent à l’état parfait. Si donc on rencontre dans l’intestin d’un cadavre des Anguillules stercorales, c’est-à-dire des Rbabditis sexués, il n’en faudra pas conclure que ces animaux existaient déjà dans l’intestin pendant la vie ni qu’ils ont donné naissance aux larves rbabditoïdes expulsées avec les selles.
En outre du mode de développement que nous venons de décrire; Rhabdonema intestinale est capable de se propager d une autre façon, qui consiste essentiellement en ce que la larve strongyloïde ou filariforme peut provenir directement de la larve rbabditoïde, fille de l’Anguillule intestinale. Grassi avait observé déjà ce fait, dès 1878 ; Golgi et Monti l’ont constaté par la suite; enfin, sa réalité a été démontrée par Grassi et Segrè. Ces derniers ont lait plus de vingt cultures ; dans toutes, ils ont vu la transformation directe et la croissance des larves rbabditoïdes, filles de 1 Anguillnle intestinale, donner un plus ou moins grand nombre de larves filariformes, identiques à celles que Leuckart a vu provenir de la raétamorpbose et de la
lUIABÜONEMA. INTESTINALE. 81
croissance des larves rhabditoïdes, filles de rAnguillule stercorale.
Les larves rhabditoïdes nées de l’Anguillule intestinale ont-elles donc la faculté de se transformer indifféremment en larves filariforrnes ou en Ânguillules stercorales? Les cultures étant entretenues à des températures fixes, comprises entre 12 et 35®, on constate que les cultures à température élevée renferment un grand nombre d’Anguillules stercorales, tandis que celles dont la température est plus basse contiennent une grande quantité de larves filariformes, développées directement. 11 semble donc qu’un même embryon soit capable de se développer dans un sens ou dans l’autre, notamment sous l’influence de la température. Toutefois, le second cas n est pas constant; de même, il n’est pas rare de voir des larves filariformes se développer en assez grand nombre dans les cultures à haute température.
Quand une même culture renferme beaucoup de larves filaritormes et peu d’ Anguillules stercorales, celles-ci sont toujours des mâles; au contraire, quand la culture renferme surtout des Anguillules stercorales, celles-ci présentent à peine un mâle contre sept ou huit femelles. On peut donc supposer que celles des larves Aabditoides provenant de l’Anguillule intestinale qui sont en puissance de sexe mâle meurent ou deviennent des mâles d Anguillule slercorale; et que celles des larves rhabditoïdes provenant de l’Anguillule intestinale qui sont en puissance de sexe femelle peuvent, suivant le milieu, devenir des larves filariformes ou des femelles d’Anguillule stercorale. Il est d’ailleurs bien plus facile, au moins dans nos climats, d’obtenir la larve strongyloïde que l’Anguillule stercorale.
La larve Slariforme développée directement, c’est-à-dire fille de f Anguillule intestinale, est identique à celle qui s’est développée indirectement, c’est-à-dire qui est petite-fille de l’Anguillule intestinale et fille de l’Anguillule stercorale. On est donc amené à conclure que chacune de ces deux larves, après avoir atteint toute sa croissance, est capable de se transformer en Anguillule intestinale, si elle se trouve amenée dans l’intestin de l’Homme. Grassi et Segrè pensent que la transmission du parasite à l’Homme se fait habituellement par les larves filariformes développées directement ; l’Anguillule stercorale ne serait donc pas nécessaire pour perpétuer l’Anguillule intestinale.
Ainsi que nous l’avons dit, Rhabdonema intestinale îüi découvert, en 1876, par le D” Normand chez des soldats revenant de Cochinchine et atteints de dysenterie grave. Au début, on constatait sa présence dans tous les cas de ce genre, aussi ne inan-
Blanchaiiu. — Zool. méd, ®
OliDRli DES NÉMATODES.
qua- t-on pas de le considérer comme la cause efficiente de la diarrhée de Gochinchine. Celte maladie redoutable, qui sévit surtout chez les Européens établis 'en Indo-Chine, n’est pas spéciale à notre colonie cochinchinoise : elle s’étend de Singapour à Shang-haï; elle est répandue dans toute la presqu’île indo-chinoise et même sur quelques points de l’achipel malais par exemple dans les îles Anamba, Natuna et sur la côte nord de Sumatra. Elle est surtout abondante dans la zone torride entre les deux lignes isothermes de -f âo”. ’
Au dire de Normand, il est bien peu d’Européens, établis en Gochinchine, dans l’intestin desquels ne se rencontre le parasite : tous pourtant ne sont pas atteints de diarrhée, la présence des Anguillules reste sans conséquence. Mais qu’un refroidissement, un accès de fièvre, une indigestion ou toute autre cause vienne débiliter l’organisme, le parasite prend alors le dessus et le garde. Le nombre des Vers expulsés alors journellement par certains malades équivaut à plus de 100,000, parfois même à plus d’un million ; ce nombre est d’ailleurs assez variable pour chaque malade et, chez un môme individu, pour chaque jour de la maladie.
Le mode de propagation du parasite n’est pas difficile à concevoir. On a incriminé les eaux : celles du Mékong ont été examinées avec la plus grande attention, sans qu’il ait été possible d’y rencontrer la moindre Anguillule. Du reste, le " Normand s’est astreint à ne boire que de l’eau amenée d’Europe et, malgré ces précautions, a été atteint de la diarrhée parasitaire. L’infestation reconnaît donc une autre cause. 11 est probable que la propagalion du parasite se fait par les légumes.
humTiuT”f arrosent ceux-ci avec des excréments
hurnams et nous savons que les Vers continuent à vivre pen-
Il n est pas douteux que ce temps de survie soit suffisant nompermettre à bon nombre des larves rhahditnivioo i a ^ les selles de Passer à l’état adultTd^s^^^^^^ naissance à une génération de larves strongyloMes qut ün^sen par s enkyster dans la peau de leur mue n! i vie latente. Introduites dan. in ^
ces larves deviennent sexuées ei *§estif avec les aliments, intestinale. Passent à l’état d’Anguillule
RIIÂBDONEMA INTESTINALE. 83
Pour expliquer rimmunité relative dont jouissent les indigènes à l’égard du parasite, on n’a pas manqué d’invoquer les diff'érences de race. Mais cette explication est bien peu vraisemblable et il vaut mieux attribuer les nombreux cas de diarrhée qui se développent parmi les Européens à ce que ceux-ci ne se conforment pas aux mesures hygiéniques qu’ohservent les indigènes. L’hahitude de mâcher le bétel semble, dans l’espèce, jouer un rôle prophylactique important : cette substance est à la fois parasiticide et astringente ; à ce titre, elle tanne et durcit la muqueuse intestinale, s’oppose à la diarrhée et à l’ulcération.
Rhabdonema intestinale a été retrouvé ailleurs que dans la région dont il vient d’être question. Le D' Chauvin, ayant pris la résidence de l’hôpital Saint-Mandrier, à Toulon, après Normand, le rencontra dans les selles d’un artilleur de la marine revenu la veille de la Martinique pour cause de diarrhée aiguë. Ce parasite s’observe donc aux Antilles. Il existe également au Brésil, comme l’a constaté le D" Alf. Carneiro Riheiro da Luz, de Valenqa (province de Rio de Janeiro), chez un enfant ayant la diarrhée depuis environ un an ; Lutz a confirmé cette observation. .
Le parasite est encore très fréquent en Italie, surtout dans les endroits humides, les rizières par exemple ; il y est ordinairement associé à l’Ankylostome. En 1878 et 1879, Grassi, C. Parona et E. Parona l’observaient à Pavie, chez des malades atteints de cachexie palustre. En 1880, Perroncito le rencontrait à son tour dans l’intestin des ouvriers qui travaillaient au percement du Saint-Gôthard ; il s’y trouvait à côté de l’Ankylostome, mais en moindre quantité que celui-ci.
Le 1. Tôth, médecin-inspecteur des mines de Schemnitz, en Hongrie, a attribué à Rhabdonema un rôle prépondérant dans la production de l’anémie dont les mineurs étaient atteints : il croyait cet helminthe plus fréquent que l’Ankylostome lui-même. Mais Perroncito n’a pu trouver aucune trace du parasite dans quatre échantillons de matières fécales qui lui avaient été envoyés à Turin. Dans des conditions analogues et en étudiant la question sur place, Oerley n’a jamais pu trouver autre chose que des Ankylostomes. Enfin, nous avons pu nous assurer nous-même que Rhabdonema n’existait point dans ces mines.
ORDRE DÈS NÉMATODES.
On a pensé d'abord que le parasite était la cause de la diarrhée dans laquelle on l’observe ; dans tous les cas étudiés par Normand à l’hôpilal Saint-Mandrier, le Ver ne faisait jamais défaut. 11 faut pourtant revenir de cette opinion et croire simplement que la diarrhée prépare dans l’intestin un terrain favorable au développement et à la propagation du parasite. A Toulon môme, après le départ de Normand, Chauvin ne rencontrait l’Anguillule que deux fois sur huit malades revenus de Cochinchine et une seule fois sur neuf malades arrivés de la Martinique. Chastang, dont les observations ont été faites en Cochinchine, ne croyait pas non plus à l’origine parasitaire de la diarrhée, « parce qu’on ne Iroave presque jamais (pour ne pas dire jamais) l’Anguillule dans la période d’invasion de la maladie ».
Breton a étudié aussi la diarrhée de Cochinchine dans la colonie même : il n’a rencontré le Ver que dans 10,9 p. 100 des cas de dysenterie chronique, et dans 8,8 p. 100 des cas de diarrhée chronique. 11 ne l’a jamais trouvé à la période aiguë de la dysenterie, ni dans les selles très bilieuses; il a relevé plusieurs cas dans lesquels il avait été impossible, pendant toute la durée de TalTeclion, de rencontrer aucun parasite. Enfin, la présence de celui-ci lui a paru indépendante du degré de gravité de la maladie.
Ce n’est donc pas à un parasite qu’il faut attribuer la dysenterie et la diarrhée chroniques de Cochinchine, mais bien à une cause générale atteignant tout l’organisme. Le parasite n’est qu’une conséquence de l’état dysentérique, mais il semble pourtant capable de compliquer et d’aggraver l’état général, en entretenant un état catarrhal de la muqueuse intestinale et en empêchant celle-ci de revenir à son état normal. Tel est du moins l’avis de bon nombre de cliniciens, parmi lesquels on doit citer tout spécialement üounon : cet observateur a fait une délicate étude anatomo-pathologique de la dysenterie chronique de Cochinchine, et il a noté dans la muqueuse intestinale un travail inflammatoire et des lésions épithéliales qu’il n’hesite pas à attribuer à la présence de l’Anguillule. Golgi et Monti ont également observé des altérations épithéliales qu’ils attribuent à l’action du parasite.
Normond, puis Perroneilo, ont essayé sur le parasite raction d'uii grand nombre de substances. La plupart des résultats acquis n’ont qu nu ruterét secondaire, car il s’agit de substances qu’il serait dangereux de latre ingérer à un malade. Notons seulement que le Ver est tue rapidement par l’extrait éthéré de Kougére mile, tandis que les mtusions de Kousso et de Kamala sont sans action sm- lui Pour s opposer au développement et à la propagation du parasite on de- ,ra traiter les selles rraichcmenl rendues par l’aciL thym’ique ou lande phenique ou encore les sonmellre à une haute température.
riiabdonema. intestinale.
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Les , Gordiens sont classés par la plupart des auteurs parmi les Nématodes, mais Villot a montré qu’ils en difTérent assez pour qu’on les range dans un ordre particulier. Ils nous intéressent en ce que quelques-uns d entre eux peuvent accidentellement se trouver dans le tube digestif de l’Homme : ce sont des pseudo-parasites.
Ce sont des Vers très allongés, filiformes, mais de dimensions variables; nous ne saurions insister sur leur structure. A l'état adulte, ils vivent dans les eaux douces ; on les trouve d’ordinaire au voisinage des sources ou des cascades et surtout dans les torrents et es ruisseaux des montagnes. Ils se reproduisent en mai, juin et juillet : ils se reunissent alors par groupes de dix à vingt individus, males et femelles, et s’enroulent les uns autour des autres en pelotons inextricables : véritables nœuds gordiens, qui justifient le nom tJZ l'u-iqae genre de cet ordre. Les
Les œufs sont pondus en uli cordon mou et blanc, qui se rompt en nat,o„, de laquelle dérive fmalemenl un emlu.?„„ long' de lo^;,
Kl
ORDRE DES GORDIENS, large de 14 (J. et pourvu d’une trompe exsertile armée de crochets.
A l’aide de celle-ci, il perce la coque de l’œuf, puis se trouve libre dans l’eau : il rampe lentement dans la vase ou à là surface des plantes aquatiques. Il finit par rencontrer une larve aquatique de Diptère, en perce la peau et pénètre à l’intérieur des tissus où il s’enkyste.
Pendant cette période de parasitisme, le jeune Ver ne s’accroît pas ; se prolonge-t-elle, il finit par périr. Mais si la larve qui l’héberp est avalée par un Poisson, l’embryon devient libre dans l’intestin de celui-ci, puis s’enkyste dans l’épaisseur de la muqueuse intestinale. Examine-t-on en automne l’intestin d’un Poisson tel Phoxinus lævis, Cobitis barbatula on Petromyzon Planeri, on y voit d’ordinaire un grand nombre de kystes dont chacun renferme une larve de Gordius.
Tant que la larve est ainsi renfermée dans son kyste, elle demeure immobile, sans se nourrir et sans s’accroître. Au bout d’un certain temps, elle devient libre et se nourrit aux dépens des organes de son hôte ; on la trouve alors de préférence dans le tissu adipeux. Grâce à cette alimentation, elle se développe rapidement : les cellules de réserve qui sont accumulées à l’intérieur du corps deviennent le siège d’une abondante prolifération, mais leurs transformations ultimes ne s’accompliront que plus tard.
Cette nouvelle phase de la seconde période larvaire commence quand la larve sort de son kyste et finit quand elle abandonne le corps de son hôte. Au printemps, c’est-à-dire cinq à six mois après son second enkystement, elle tombe en effet dans l’intestin du Poisson, puis dans l’eau. Elle subit alors une métamorphose au cours de laquelle elle acquiert des organes génitaux, tandis que son tube digestif s’oblitère et disparaît même partiellement.
Tel est le résultat auquel Villot est arrivé expérimentalement. 11 convient de dire que les choses ne semblent point se passer ainsi dans la nature ; les Gordiens, il est facile de s’en assurer, se rencontrent de préférence en des torrents où ne vit aucun Poisson. Von Linstovv pense que l’embryon se fixe chez les Limnées et que lalarve est parasite des Coléoptères carnassiers (Dytiscus, Harpalus, Carabus) et des Manies. Mais les Mantes ne se rencontrent point dans les montagnes, tandis que d’autres Orthoptères, les Sauterelles et les Criquets, y sont abondamment représentés par diverses espèces. Us jouent, croyons-nous, un rôle important dans le développement des Gordiens.
A. Villot, Monographie des Dragonneaux. Archives de zool. expérim., III, p. 39 et 181, 1814. — Id., Nouvelles recherches sur l’ organisation et le loppement des Gordiens. Ann. des sc. nat., Zoologie, (6), XI, ii° 3,
Sur le parasitisme et la détermination spécifique des larves des Gordie?is.
Zoolog. Anzeiger, VII, p. 84, 1884. — Id., Sw' le développcnmil et la détermination spécifique des Gordiens vivant à Vétat libre. Ibidom, X, p. riOS, 1887. — Id., Révision des Gordiens. Aiin. des sc. nat., Zool., (7), I, p. 27i, 1887. — Id., Sur l’anatomie des Gordiens. Ibidem, (7), II, 1887.
O. von Linstow, Ueber den Zwischenwirtii des Girdius aqualicus. Zoolog. Anzeiger, VI, p. 373, 1883.
Fr. Vejdovsky, Zur Morphologie der Gordiiden. Z. f. w. Z., XLIII, p. 3G9,
L. Camerano, RicercJie intorno aile spccie italiaiie del genere Gordius. Atti délia r. Accad. delle sc. di Torino, XXII, p. 145, 1887. — Id., Osservazioni sui caratteri diagnostici dei Gordius e sopra alcune specie di Gordius d'Europa. Boll. dei Musei di zool. ed anat. comp., II, n° 24, 1887. — Id., Nuoce osservazioni intorno ai caratteri diagnostici dei Gordius. Zoolog. Anzeiger, X, p. 602, 1887. — Id., Observations sur les Gordius. Arcli. ital. de biologie. IX, p. 59, 1887.
Gordius aquaticus Dujardin, 1842.
Ce Ver, très répandu dans les régions montagneuses de l’Europe entière, est long de 30 à 90 centimètres, et large de 0'"“,;» à 1 millimètre. On le considère depuis longtemps comme pouvant s'observer chez l’Homme. Aldrovande, qui l’appelle Seta ou Vilulus aqualicus , se fait l’écho de cette croyance ;
« Hujus veneni tanta vis est, si authori De renuu nalura creàimus, « ut ah homine poso haustus, elanguere et tabcscere faciat, donec « cum diro cruciatu vitam exuat. Idem affirmai Albertus, sed aliter « tactum non nocere. Aulhov Histotiæ aquatiliuin Helveliusetiam vitui< lis aquaticis potis quosdam mortuos accepit. Vir quidam, inquit, « hoc vernie e poto mox male habuit circa præcordia; tum mulier « quædam centaurii minoris in vino decoctum ei propinavit. Vomuit « ille, ac simul vermem rejecit. Si cui vitulus aquaticus in ventre « nascitur, perungendus est ventre ac ventricule, bene factis pariter, « butyro, cera et oleo... Viluli, præsertim per aitalem incanliores, bos « vermes aliquando deglutiunt, autumno maxime cum herbis : in potu « vero rarius. Sunt qui ex Bruchis oriri eos existiment, quod mihi '< verisimile non fit, alii ex herbis in aquarum alveis, unde pecus « potat, dependentibus. Degluliti illi circa gullur et arleriam hærent : « unde vituli paulatim contabescunt. »
Le récit d’ Aldrovande se trouve confirmé par des observations plus récentes*
1“'^ cas. Von Siebold, d’après Hessling, I8S4. — «N N â«-ée de vingt-deux ans fille d’un laboureur aisé du Schliersee, élait'.d’une constitution robuste et jouissait d’une santé continuelle. A l’âge de quinze ans, la inenstrualion se produisit chez elle sans les moindres
fàmÏÏ ' de dérangements. Au mois de
janiier 18o3, elL. tomba malade avec les symptômes suivants : la
GORDIÜS ÂQUATICÜS.
ieaiie fille au teint vermeil et aux joues rouges devint pâle; son caractère, autrefois gai, devint changeant, tantôt turbulent taii^tot profondément mélancolique, accompagné
venant de dangers imaginaires, de grandes mquietudes et dun tremblement dans tous les membres. Ajoutez a cela pénétrante à la partie postérieure de la tête, de temps a au re de souffrances asthmatiques, de fréquentes envies de rire, souvent des sanglots et des bâillements pendant des heures entières, des horripi- . lations légères; son pouls était agité et inégal. Les affections gasti iques faisaient défaut : il n^y avait ni disposition pour le vomissement, ni vomissement réel, ni manque d’appétit. A la question si elle ne se rappelait pas avoir mangé quelque chose de nuisible, f « «-epondit négativement de la manière laplus formelle. Le medeciu deSchliersee la traita comme hystérique et les calmants firent disparaître le mal, à l’exception des coliques dans le bas-ventre. Apres neuf mois, la même maladie se manifesta de nouveau ; les symptômes ci-dessus revinrent avec une plus grande véhémence; le tremblement des membres, les angoisses, la difficulté de la respiration étaient insupportables. Comme alors il y avait absence d’appétit, envie de vomir, et que la langue était chargée, jaunâtre, on donna un vomitif. Au quatrième vomissement se montra, à la grande frayeur de la malade un Gordius. Immédiatement après cessèrent tous les symptômes nerveux, et cette jeune fille redevint alors aussi bien portante et ahssi forte qu’auparavant. La menstruation, qui avait cessé depuis la première maladie, reparut aussi avec une marche régulière. »
cas. Von Patruban, i87b. — Un jeune garçon de huit ans rendu par l’anus un Gordien long d’une demi-aune. Von Patruban ne croit pas que le Ver ait été avalé à l’état de larve, car des expériences d infestation qu’il a tentées sur des Poulets sont demeurées sans résultat ; il pense plutôt que l’enfant avala le Ver adulte et pelotonné, en se désaltérant dans un ruisseau.
Cette opinion nous semble difficilement admissible et, en rapprochant l’observation de vôn Patruban de celle de von Siebold, nous pensons plus volontiers que le Ver, introduit à l’état de larve dans le tube digestif, est demeuré dans ce dernier et y a accompli les diverses phases qui devaient l’amener à l’état adulte. Ces faits ne son pourtant point de nature à faire considérer les Gordiens comme des parasites de l’Homme : ceux que par hasard on observe chez lui sont en effet des animaux fourvoyés.
Von Siebold, Entomologisclie Zeitung, p. 107,^ 1854.
Von Patruban, Ueber das Vorkommen von Gwdius aqunheus àei
sc/ien. -Wiener med. .lahrbücber, 18 Pebruar 187.5.
Gordius tolosanus Dujardin, 1842.
- Synonymie : Ophiostoma Pontieri H. Cloquet, 1822.
Gordius subbifurcus von Siebold. 1848.
Ce Gordien habite la France et l’Allemagne : il est long de 11 à 13 centimètres et large d’un millimètre. On l'a vu deux fois chez l’Homme.
l®"^ cas. Dedland, 1823. — A la suite de l’administration d’un vomitif, un enfant de huit ans expulse un Ver long de 14 à 16 centimètres large d'un millimètre, que Degland put conserver vivant dans l’eau pendant un mois. Degland le rapporte à Gordius aquaficus, mais Villot croit plutôt qu’il s’agissait lù de G. (olosunus. H. Cloquet l’a décrit sous le nom d'Ophmloma Pnnlkri et Diesing se refuse à y voir autre chose qu un Ascaride lombricoïde mutilé, opinion assurément inexacte.
2^ cas. mon, 1881. - En avril 1881, Fiori, médecin de la prison de 'l unn, administre 12 grammes d’acide thymique à un détenu atteint d’anémie du Sainl-Gothard, dans le but de le débarrasser de ses Ankylostomes. Il trouve dans les selles un Ver filiforme, long de 183 millimètres, large d’un millimètre, sauf à ses deux extrémités, où Il s affilait graduellement. Ce Ver, de couleur brune, était doué de mouv'ements très vifs et se pelotonnait sur lui-méme de façons diverses^ Fiori le porta au professeur I.essona et celui-ci en confia l’étude auD^Daniele Rosa, qui reconnut en lui un mille de Gordius tolosmius. . anima vécut quelques jours, mais, étant un jour sorti de son vase, on ne put le ramener à la vie en le replaçant dans l’eau.
«o«üe//e espèce d’enlozoaire [Ophiosloma Pon- 1822. P- 1822. Bull, de la Soc. plîiloni., p. 16 et 32,
Recueil des^travt’uf vomissemenl.
arts de Lille, 1819-1822. Lille J IGC sciences, de l’agriculture et des
Gordius varias Leidy, 1831,
TS„c\t‘4l“r“se\'‘T,,‘“
observée dans le Niagara*Bair’d dans”/, s ’
plain. Le mâle est long ie 10 à If el '“d th»'