‹ Traité de zoologie médicaleChapitre 9 sur 103 · FAMILLE DES RHABDONÉMI DES · texte numérisé non relu

FAMILLE DES RHABDONÉMI DES

Les Rhabdonémides sont des Nématodes bétérogoniques, c’est-à-dire dont les adultes se présentent sous deux formes distinctes qui se succèdent indéfiniment : une forme dioïque et libre, probablement primitive, précède et suit une forme hermaphrodite et parasite, et réciproquement ; la forme libre a tous les caractères des Rhabditis. A cette famille appartien-

Fig. 404. — A, grains de Blé niellé, de grandeur naturelle ; B, Coupe transversale d’un grain niellé contenant des Anguillules adultes, grossi 4 fois ; C, coupe longitudinale d’une tige de Blé, grossie 100 fois, sur laquelle on voit une larve. D’après Davaine.

ORDRE DES NÉMATODES.

nent les trois genres Angiostoma Dujardin, 1843, flhabdonema ! Leuckart, 1882, et Lenckart.

Ce dernier est représenté par A. mirabile, dont la forme parasite vit dans la cavité générale d'un Coléoptère curculionide, Hylobius pini. Le genre Angiostoma, caractérisé par sa grande capsule buccale, comprend cinq espèces qui vivent à l’intérieur ou à la surface du poumon des Batraciens, des Reptiles et des Oiseaux; la plus connue est A. nigrovenosum \m Linstow (Ascansm^?'ove?iosa Rudolphi, 1810), étudiée par tant i d’observateurs, mais dont le cycle évolutif a été élucidé par i Metchnikoff et Leuckart. La forme hermaphrodite qui vit dans le poumon de la Grenouille donne naissance à des larves qui arrivent dans l’intestin, puis au dehors : elles se transforment alors en adultes des deux sexes ; ceux-ci s’accouplent et produisent finalement une nouvelle génération de larves qui retourneront dans le poumon de la Grenouille, dès que l’occasion s’en présentera.

Le genre Rhabdonema comprend un petit nombre d’espèces, dont la forme parasite, dépourvue de capsule buccale chitineuse, vit dans l’intestin des Mammifères et se nourrit de matières fécales. Les larves produites par la génération libre n’émigrent point d’elles-mêmes dans le tube digestif de l’hôte chez lequel elles deviendront adultes, mais y sont introduites avec les aliments. Une imposante espèce est parasite de l’Homme; d’autres ont été signalées chez le Lapin, la Belette, le Porc et le Mouton.

Rhabdonema intestinale R. Bl., )S8o.

Synonymie : AnquUMa stercoralis Bavay, 1877.

A. intestinnlis '&s.ysLY,.mi.

Leptodera stercoralis Cobbold, 1879 L. intestinalis Cobbold, 1879.

Pseudo-rhabdUis stercorajis Perroucito, I «8 1 .

Rhabditis stercoralis, lih. mteslinalis.

Rhabdonema slrongyloides Leuckart, 1888.

^'^testinalis 1883 Rhabditis slrongyloides Grassi.

roL™* '2™““''''“''’’'' Saint-Mandrier, à Toulon,

RIIÂBDONEMÂ INTESTINALE.

decin de première classe de la marine, découvrît un Nématode dont il confia l’étude au professeur Bavay. Celui-ci le fit connaître sous le nom à’Anguillula stercoralis. Un peu plus tard, à l’autopsie d’un homme mort de diarrhée de Cochinchine, Normand rencontra un petit Ver qu’il remit à Bavay comme différent du premier, qu’il accompagnait du reste dans l’intestin. Par la suite, Bavay retrouva ce nouveau Ver dans quatre autopsies et put s’assurer que c’était en effet une nouvelle espèce qu’il appela A. intestinalis.

Il semblait donc acquis que, à part le Balantidium coli dont nous avons déjà parlé, la diarrhée de Cochinchine était caractérisée par le parasitisme de deux Nématodes, dont les caractères nous occuperont bientôt. Cette notion régna sans conteste dans la science jusqu’en 1883, époque à laquelle Leuckart vint démontrer que les deux Vers cités plus haut n’étaient que deux formes successives d’une seule et même espèce, A. intestinalis étant la forme parasitaire et A. stercoralis la forme libre.

L’Anguillule intestinale, ainsi que l’ont constaté Normand et Bavay, se rencontre en grande abondance dans le duodénum; elle est moins fréquente dans le jéjunum et c’est par exception qu’on la trouve dans l’iléon. Ces observateurs ne l’ont vue qu’une seule fois dans les liquides provenant de 1 estomac.

Ce parasite (fig. 403) a l’aspect d’une Pilaire ou d’un Strongle : il représente la forme strongyloïde de 1 espèce dimorphe Rhabdonema intestinale. Il est long de 2““,20 et large de 34 à 40 [x. Le corps, un peu effilé en avant, se termine assez subitement en arrière par une queue conique, dont la pointe s’arrondit sensiblement et même se dilate un peu à l’extrémité. La surface présente partout une striation transversale très fine et très régulière-

La bouche est simple et dépourvue' d’armature cornée. Elle donne accès dans un œsophage à peu près cjlindriqne, qui occupeœnviron le quart de la longueur de l’animal, et qui ne présente ni rentlements ni stries. A sa suite vient un intestin avec lequel on pourrait ie confondre, s’il ne se produisait un brusque changement^ de teinte, e ui ci se termine à la base de la queue par un anus qui a 1 aspect une fente transversale (fig. LOri, 2 et 3). .

La vulve s’ouvre au tiers postérieur du corps, L’utérus qui y aiio -

RllÂBDONEMA. INTESTINALE. ^3

Iiisau’à présent, on ira pu voir chez l’Homme un seul mâle d’Aunuillula intestinalis. Toutes les Anguillules, en nombre immense, qui Limlent l’intestin, se présentent sous une seule et même forme : ce ^ I des Vers à habitus femelle, qu’il s'agisse de femelles partheno- «enésiques, ou qu’il s’agisse de véritables hermaphrodites. Grassi et Llandruccio croient à la reproduction par parthenogenese; mais leuckart croit plus volontiers à l’hermaphrodisme. 11 base cet e annréciation sur ce que, chez Angiostoma nigrovenosum, l’etat femelle est précédé d’un stade dans lequel les canaux génitaux produisent

^^^lï^m^ment de la ponte, le vitellus est déjà segmenté en partie ; les embrvons se développent rapidement (fig. 405, b et 6) et, au bout de letaies heures, on peut les voir s’agiter et se rouler eu dtrers senl à rintérieur de l’œuf. Ils ne lardent pas à éclore, et mesurent alors 0““,20 à de long, sur 0““,012 de large. Bientôt apres,

ils sont expulsés avec les excréments.

I,es individus dont l'intestin renferme VAnguillule intestinale rejettent donc avec les selles des pelils Vers invisibles à l'œil nu dont le nombre est parfois si considérable que chaque gouttelette en renferme de quatre à six et qu’on peut évaluer à un million et plus leur nombre dans chaque selle.

Ces Vers sont des larves qui présentent le caractèie de ditis (fig. .400, ! et 2) et qui offrent une certaine “aK'gie a çc les larves d'Ankylostome. mais elles sont de plus 8™^ que ces dernières. Elles mesurent en effet de 0 ,fe i U ,bu

de long, sur IG à 20 [A de large.

Ces larves pourront se comporter de trois abandonne à la température ambiante, aucune ^ elles son évolution, même en été et sous le chaud ^ ^ elles muent alors et s’enveloppent dans leur vieux g j

dans un kyste, attendant des conditions favorables leur évoluUon. Au contraire, soumet-on f Jf^rer.

qui les contiennent à une température " ,i„;i des

laines. d’entre elles continuent à se développer e o ^ j.^mée à 32 femelles et des mâles. Les chauffe-t-on dans une ,

ou 350, toutes poursuivent leur développement et arrivent a letat

Te quinze àdix-huitheures après que les larves ont été mises dans

l’étuve à 320, on voit ces animalcules effectuer rature ordinaire de la chambre, 18", qui tombe a P

ORDRE DES NEMATODES.

les Vers mettent environ huit jours pour effectuer leur mue. Celle-ci est l’indice du passage à l’état adulte, ainsi que Bavay l’a montré.

A ce moment, le mâle mesure 0““,58, tandis que la femelle est longue de 0“™,73 et plus; le mâle ne s’est guère accru, mais la femelle a grandi notablement.

Le vieux tégument séparé par la mue reste quelque temps comme une gaine transparente autour de l’animal sexué. Il est assez diaphane pour permettre de reconnaître nettement les organes sexuels avec leur structure et leur embouchure caractéristiques. En revanche, la forme particulière de l’extrémité postérieure du mâle ne devient apparente qu’après que la peau de la mue est tombée.

Quand il s’est enfin débarrassé de cette sorte de kyste, l’animal augmente de taille, en même temps que ses organes reproducteurs achèvent de se développer. Les femelles (fig. 406, 3; fig. 407, B) sont à peu près huit fois plus nombreuses que les mâles (fig. 406, 4; fig. 407, A) ; elles sont plus fortes et plus grandes que ceux-ci, leur corps est fusiforme et plus aminci à sa partie postérieure. La surface du corps est faiblement striée en travers, presque lisse.

Perroncito attribue au mâle une longueur moyenne de 0™™,7 et une largeur de 0"‘“,03o, à la femelle une longueur de 1 millimètre et une largeur de 0““,0,3. Les mesures indiquées par Leuckart sont peu différentes : d’après cet observateur, le mâle atteint une longueur moyenne de 0““,7 sur une largeur de 0“™,0i, tandis que la femelle mesure 1“™,2 sur 0”“,07o, mais il est assez fréquent de trouver des individus de grande taille et de voir des mâles longs de 1 millimètre et des femelles longues de l'“'“,4.

Au bout de trente heures de culture, la plupart des larves sont déjà parvenues à l’état adulte; bon nombre se sont même accouplées et Ion peut voir déjà l’utérus des femelles rempli d’œufs en partie segmentés.

^ Les deux sexes ne diflèrent pas seulement par la taille; ils se disinguent encore l’un de l’autre par la longueur relative qu’affectent les divers segments du tube digestif. L’œsophage a la même forme que chez la larve; lors de la métamorphose, il s’allonge relativement mesnrT'"^- ^0^*6 ffue, même chez la femelle, il

plus court. Des

trois portions de 1 œsophage, la partie buccale est la plus grande •

tomac renferme un appareil de trituration constitué par trois dents chitineuses disposées en forme de V f ^ ^

plus lono- chez la femoii 7 / ' ^ presque moitié

RHÂBDONIÎMÂ INTESTINALE. 75

' 18 de chaque côté; elles alternent en deux séries longitudinales, mme c’est l’ordinaire chez les Rhabditis, et se fusionnent souvent à tel point que seuls les noyaux permettent d’en déterminer le nombre.

Fig. 406. -Angiiülida üercoraUs à^^^^^^^ adliiT^ S adulte ;

toïde; 2, larve rhabditoide plus âgée, 3, „t n,,„vioïde devant se trans- • 5, œuf contenant un embryon ; 6, jeune larve jjj^le ; a, pièce •

former en Anguillule intestinale; 7, appar Jijjjent des glandes géni-

L’inteslin aboutit à un mamelon situe au toujours pour

base de la queue; le développemeut de l'ulerus a toujours p

résultat de le déformer et de le déplacer. rraTifice buccal,

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