‹ Traité de zoologie médicaleChapitre 12 sur 103 · CLASSE DES GÉPHYKIE.NS · texte numérisé non relu

CLASSE DES GÉPHYKIE.NS

ORDRE DES SIPUNCÜLIDES

Les Sipunculides, encore appelés Géphyriens inermes ou achètes, son très allongés, mais dépourvus de soies et de toute trace de métamé' risation (Gg. 412 et 413). Le corps se prolonge en avant en une sorU de trompe, parfois ornée de côtes longitudinales {Priapulus), à l’exlrémite de laquelle est percée la bouche et que des muscles particuliers peuvent rétracter. La cuticule, épaisse et d’aspect chitineux, s’aminci sur la trompe et s’y soulève en verrues remplies de glandes ISipùnculus) ou en crochets {Phascolosoma, Phymosoma)

La bouche esl parfois entourée dune conrenne de tentacules (Si pondes : S, pnnente, Ptecoiosomo, ïlmcolim, A.piiosiplm), ou foi^'dir arborescents (Dendrosloinii) ; d'autrei

Pr ’annl def "p"" f ‘'î‘‘ “ “

(Priapulides . Pmpaias, laeazia, Halicrypim). 'L'intestin esl con. tourné en spirale ches les Siponcles et fanu sVuvre sûr dos a peu de distance de l'extrémité antérieure. Le tube dises It est au contraire rectiligne cher les PriapnlIJes i l'anus est termta. et s'oÛ"

ORDRE DES SIPUNCULIDES,

„e à la base d'an appendice caudal parliculier, qui porte des branchies tubuleuses et ne fait déiaut que ches Hahcryptus.

Au-dessous du tégument vient une double couche musculaire, dans l’épaisseur àe laquelle est logé le système nerveux. Celüi-ci est constitué par un ganglion œsophagien uni à un ganglion cérébroïde et se continuant par une chaîne ventrale qui émet de ■chaque côté un grand nombre de filets nerveux ; cette chaîne est formée d’un canal dont la paroi renferme une série continue de cellules ganglionnaires; elle diffère donc notablement de celle des Annélides. Certaines espèces {Phascolosoma) ont deux yeux accolés au cerveau.

L’appareil excréteur est constitué par une

Fig. 41B. — Priapulus caudatus.

seule naire d’organes segmentaires, s’ouvrant dans la cavité general par un entonnoir cilié et débouchant d’autre part au dehors sur

'“usVexêr'ônt réparés. Les glandes génitales sont représentées par deux vésicules clavitormes qui s'ouvrent près de ‘

^ pcment a été' sulVi chez Ptoscolasoma, par Se enka ™.cuse

Uon est totale, la gaslrulase forme par inVagmaUon a l’aspect de la trochosphère des Annehdes, mais il n existe p

d’anus. . .

Sipunculus eduîis se mange à Batavia.

i02 CLASSE DES GÉPHYKIENS,

E. Selenka, J.-G. de Man und G. Biilow, Die Sipunculiden. FAne stjstematische Monographie. Wiesbaden, 1884.

ORDRE DES ECHIURIDES

Les Échiurides, encore appelés Géphyriens armés ou chétiféres, sont allongés, contractiles et dépourvus de segmentation interne. Dans le jeune âge, ils sont divisés en lo métamères, mais ceux-ci ont à peu près disparu à l’âge adulte, au moins intérieurement : les cloisons ont à peu près disparu, sauf la première qui sépare la tête du reste du corps, et la segmentation de la cliaîne ventrale ne se reconnaît plus qu’à la façon dont les nerfs s’en détachent. Le corps présente en avant un lobe céphalique, constituant une trompe courte, large et indivise {Echiurus, Thalassema), ou au contraire longue etbifurquée [Bonellia, fig. 414 et 41 5); à sa base s’ouvre la bouche. Le premier segment du corps porte à sa face ventrale une paire desoies, avec des soies de remplacement; Echiurus possède en outre une ou deux couronnes de soies à l’extrémité postérieure.

Le tube digestif (fig. 415, a-l) est tordu en spirale et rattaché par de nombreuses trabécules à la paroi du corps; l’anus est terminal et reçoit le produit de deux grosses glandes, Z, annexées à l’extrémité de l’intestin. Les organes segmentaires sont au nombre de deux {Echiw'us) ou trois paires {Thalasserna} et servent à 77- IC n 1 évacuation des produits sexuels,

oui ioupL^r’i ^ ^1^) n’a qu’un seul organe segmentaire

r V P»*® ‘«raWrice; celui du cMé cp-

Ea re K

Fig. 414. — Bonellia viridis.

La larve de l’Échiure a

une ressemblance frappante avec la tro-

ORDRE DES TÜBICOLES. 103

cDosphère de Polygordius (fig. 440), ce qui établit une relation entre les Géphyriens et les Annélides. Celle de la Bonellie, bien qu’assez différente, présente également les plus grandes analogies avec les lar-

F\e 415 - Bonellia viridis ouverte par le dos, d'après de Lacaze-Dutluers. - a partie moyenne de l’intestin; b-i, ses circonvolutions successives; pharynx - k,l, œsophoge; m, utérus; n, rectum; s, organes excréteurs;

ves des Polychètes, On peut considérer les Géphyriens comme dérivant de ces derniers.

R. Greeff, Die Echiuren [Gephyrea armata). Nova Acta Acad. Cæs. Léopold. Carolinæ, XLI, p. 1, 1880.

ORDRE DES TÜBICOLES

Les Géphyriens précédents sont tous libres et vivent dans la mer, souvent à de grandes profondeurs, dans le sable et le vase, dans les

trous ou ies interstices des rochers. On doit établir un troisième ordre pour Phoronis Jiippocrcpia, que l’on rangeait naguère parmi les Annélides polychètes, à côté des Serpules : comme celles-ci, il vit dans un tube, présente un panache branchial et un opercule, mais il est achète, hermaphrodite et présente un anus dorsal, auprès duquel débouchent deux organes segmentaires, convertis en organes génitaux. L’œuf subit la segmentation totale et régulière ; la blastosphère forme une gastrula invaginée, puis se transforme en une larve nageuse que J. Müller connaissait déjà et avait nommée Actinotrocha (fig. 416). Cette larve aw, anus; m, bouche. est si différente de celle des autres Géphyriens, qü’on peut se demander si 1 opinion de Kowalev?ski, qui range Phoronis auprès de ceux-ci, est bien exacte.

Les Bryozoaires ou Polyzoaires sont des animaux de fort petite taille, extrêmement nombreux à l’époque actuelle et dans les temps géologiques; ils vivent dans les eaux douces et salées. Quelques-uns, tels

■l» bourgeons .n ,ol. de ioseloppoment, d après Claparède.

les SS -îes PhascolQsomes of

autres sont réunis en colonies dont la forme varie à rinfini ; elles s’étalent à la surface des corps étrangers ou bien se dressent à la façon d’un polypier (fig. 418); elles ont souvent la plus grande ressemblance avec une colonie d’Hydraires.

Quelle que soit sa forme, la colonie est constituée par un assemblage très régulier de petites loges, ectocystes ou zoécies, qui font en réalité partie des animaux et proviennent de ce que leur cuticule externe s’est chitinisée ou calcifiée. Cette couche externe est parfois gélatineuse [Alcyonidium], parfois môme elle fait défaut [Cristatella) ; elle est fréquemment ornée à sa surface de saillies, d’épines, etc., qui lui donnent les aspects les plus variés. L’ectocyste est percé les divers individus en communication les uns

autres; il présente en outre une grande ouverture par laquelle la cavité delà zoécie communique avec 1 extérieur. Cette cavité est tapissée sur toute sa face interne par la couche musculocutanée ou endocyste, qui se prolonge au-delà de l’orifice dp la zoécie en une sorte de cylindre creux ou gaine tentaculaire; l’extrémité libre de cette gaine représente le disque péribuccal ou lophophore, au centre duquel est percée la bouche et môme l’ànus, chez les Entoproctes (JPedicellina, Loxosoma).

Autour de la'bouche se voit, comme chez les Hydraires, une couronne de tentacules ciliés qui déterminent dans l’eau des tourbillons destinés à amener la nourriture. Ces tentacules, en nombre très variable, sont creux et communiquent largement avec la cavité géné- raie. Le liquide à globules qui remplit cette dernière y est poussé soit

Flustra foliacea, de grandeur naturelle et grossi.

par les cils qui revêtent la face interne (Phylactolémates ou Stelmatopodes), soit par les contractions de l’endocyste (Gymnolémates ou Lophopodes), et vient s’y charger d’oxygène. ”

Chez les Entoproctes, les tentacules restent toujours épanouis' ou du moins ont seulement la faculté de s’enrouler sur eux-mêmes Chez tous les autres Bryozoaires, la gaine tentaculaire s’invagine à la moindre alerte et entraîne avec elle les tentacules; c’est alors seulement qu’elle leur sert véritablement de gaine. L’invagination achevée, un sphincter situé à la base de la gaîne se contracte et assure à l’animal une protection plus efficace; d’autres fois, un opercule se rabat sur 1 orifice de la zoécie et le ferme entièrement (fig. 418)

La forme du lophophore sert de base à la classification des Bryozoaires ectoproctes. Chez les uns (Stelmatopodes : Eucratea, Cellularia, Flustra (fig. 418), Membranipora, Celleporu, Alcyonidium, Biastopora, Tubulipora, Ætea), il est discoïde et porte des tentacules sur toute sa circonférence : ce sont des espèces marines, à de rares exceptions près {Paludicelki). Chez les autres (Lophopodes : Cristatella, Plumatella, Lophopus (fig.. 419), Alcyonella, Fredericella), il a la forme d’un fer à cheval dont l’ouverture correspond à l’asont des espèces ->19. - Lophopus Trembleyi. d’eau douce. Les premières

vient s ouvrir a la partie supérieure, à côté de la hnn.i;. / a

«fe.TpeScrJe “mCvr.-T appêir'“

fibreux qui tapisse toute la sLface de l’enH .raclas, au „o,„brc d«,ue(s se t„uve ,e “ nue parfois d’une loge à l’autre dans les ^ se conti-

= ai autre, dans les especes arborescentes, et

forme ainsi une sorte de réseau que Fr. Muller avait considéré comme un système nerveux colonial.

L’appareil excréteur fait toujours défaut, sauf chez les Entoproctes, qui présentent une paire d’organes' segmentaires (Hatschek, Joliet). Le système nerveux, encore mal connu, ne comprend, chez les espèces marines, qu’un ganglion sus-œsophagien, c’est-à-dire tourné du côté de l’anus et duquel partent plusieurs filets ; chez les espèces d’eau douce, Nitsche a décrit un collier œsophagien, pourvu de deux ganglions du côté anal. Les organes des sens font défaut.

Les sexes sont toujours réunis chez un même individu. Le testicule se développe toujours dans lefunicule; l’ovaire s’y développe aussi le plus souvent, mais se montre parfois dans la couche pariétale de l’endosarque. Les œufs et les spermatozoïdes tombent dans la cavité générale, où ils se fécondent directement; Joliet admet pourtant certains cas de fécondation croisée {Valkeria). Chez les Stelmàtopodes, l’œuf fécondé passe dans une oécie ou ovicelle, sorte de loge transformée qui surmonte la zoécie ; c’est là qu’il se segmente et se développe en un embryon cilié, qui devient libre et nage à la surface des flots. Chez les Loph'opodes, l’œuf fécondé quitte la cavité viscérale et est reçu dans un bourgeon interne de la paroi du corps [Alcyonella).

Les Bryozoaires peuvent encore se multiplier par divers modes de reproduction asexuée. La gemmation est le mode le plus commun, comme aussi le plus important : c’est elle qui préside à la formation des colonies.

Un autre procédé consiste en la production des statoblastes. On appelle ainsi des corpuscules particuliers qui s’observent seulement chez les formes d’eau douce: vers la fin de l’été, on voit se différencier sur le trajet du funicule une masse cellulaire qui, sans avoir subi aucune fécondation préalable, sécrète à sa surface une lamelle chitineuse résistante et prend l’aspect d’une lentille biconvexe; chaque face porte parfois, vers la périphérie, une rangée de piquants {Cristatella). L’hiver passé, le statoblaste se développe : les cellules qu’il renferme s’organisent en un petit animal très simple, non cilié, qui bourgeonne bientôt et devient ainsi le point de départ d’une nouvelle colonie.

On peut enfin considérer comme un phénomène de rajeunissement la formation des corps bruns, dont la véritable nature a été reconnue par Joliet. Le polypide ne vit pas aussi longtemps que la zoécie qui le contient. Quand le premier polypide vient à mourir, il se flétrit et se réduit à un corps brun; IVndosarque ne tarde pas alors à bourgeonner un nouveau polypide qui, en s’accroissant, rencontre, puis englobe le corps brun et finalement le rejette par l’anus.

Les Stelmatopodes marins présentent d’intéressants exemples de

polymorphisme. Nous avons déjà considéré les ovicelles comme des individus transformés ; la même signification doit être attribuée aux aviculaires et aux vibraculaires, sans compter les individus qui fixent la colonie ni ceux qui constituent les segments des ramifications. Les aviculaires sont des sortes de pinces à deux mors, insérées sur la zoécie non loin de son orifice et ayant l’aspect d’une tête d’Oiseau ; les deux branches sont mises en mouvement par des muscles; elles saisissent au passage les petits organismes et ne les abandonnent que lorsqu’ils sont morts; le tourbillon déterminé par les tentacules les entraîne alors jusque dans la bouche. La signification des aviculaires est mise hors de doute, si on considère que dans certains cas {Flustra, Cellaria), elles occupent la place même des zoécies. Les vibraculaires sont constitués par un tube surmonté d'une longue soie que deux muscles agitent de mouvements continus, destinés à écarter de l’orifice de la zoécie tout corps étranger.

On employait autrefois en médecine, sous les noms lapis spongiæ, spongites et cystelithos diverses espèces de Bryozoaires marins et notamment Cellepora spongites. On les estimait « pour les Vers, pour briser la pierre du rein et de la vessie, pour dissoudre les glandes, pour les gouttes, étant prises intérieurement (Lemery). »

Réunis autrefois aux Brachiopodes etauxTuniciers dans un embranchement des Molluscoïdes, les Bryozoaires méritent d’être rattachés définitivement aux Vers : leur développement, étudié principalement par J. Barrois et parHatschek, amis hors de doute leurs affinités avec les Annélides polychètes et avec les Rotifères, mais ils sont beaucoup moins différenciés que ces autres formes et notamment que les Ghétopodes, sans doute à cause de leur état sédentaire; qui a pu contribuer au maintien de l’organisation primordiale, sinon la simplifier encore.

Lille, 1877.

K. Krapelm, Die deutschen Süsswasser-Bryozoën. Hamburg, in-i», 1887. •

«■■ande ressemblance avec

rieure I es rie ressemblance est purement exté-

rieure. Les deux valves, parfois très inégales, sont dorsale et ven-

«s M°n"uïeTt‘ f'”"’ le la catlcnle do deux replie

cjtanes constituant le manteau; l’inférieure (fig. 420 V) est la nlu»

grande O. se prolonge en haut par „„ erocif dom plrémUél^;

CLASSE DES BRACHIOPODES. iOB

percée d’un orifice livrant passage à un pédoncule, P, au moyen duquel le BracWopode s’attache aux rochers. Les deux valves s’unissent parfois à la face dorsale par une charnière, mais leur ouverture n’est iamais due k l’élasticité d’un ligament articulaire, comme chez les Lamellibranches; leur ouverture et leur occlusion sont au contraire sous l’influence de muscles puissants, m, m’ .

Le pédoncule fait défaut chez Grania, qui se fixe directement par la valve ventrale. Dans les autres genres, il devient parfois très long

Fig. 420. — Anatomie de Magellania [Waldheimia) australis, d après Han cock. - D, valve dorsale; P, pédoncule; V, valve ventrale; br, Olets branchiaux; c, paroi antérieure de la cavité viscérale; d, oesophage, d, es o^ mac; e, grand canal branchial; h, foie; h', orifice des canaux hépatiques, /, bras; m, muscle adducteur et ses insertions sur la face dorsale , wi , mus de abducteur ou divaricateur ; m", muscle ajusteur ventral; m*, portion u précédent ; m**, portion de l’ajusteur dorsal ; mp, muscle du pedoncu e, r, pavillon de l’oviducte droit.

{Unguia, fig. 42'3); toujours il est entouré d’une enveloppe propre, dont l’extrémité sécrète la substance visqueuse par laquelle se fait la fixation de' l’animal, et parcouru par deux muscles longitudinaux (fig. 420, mp) qui s’insèrent sur la valve ventrale. Sur la capsule du pédoncule s’attachent deux paires de muscles ajusteurs, m", m , m , ainsi nommés par Hancock parce qu’ils ont pour fonction d adapter exactement l’une à l’autre les deux valves du test, sur lequel ils prennent d’autre part insertion.

Le manteau est constitué par deux grands replis, l’un dorsal,! autre ventral. Chacun d’eux résulte de ce que le tégument s’est adossé à

no

CLASSE DES BRACHIOPOÜES.

lui-même, laissant entre ses deux lames un espace que cloisonnent un nombre considérable de trabécules conjonctives et qui n’est qu’une dépendance de la cavité générale. La lame externe du manteau s’enfonce et se ramifie dans l’épaisseur de la coquille : le liquide nourricier circule ainsi dans un système de canaux compliqués qui arrivent jusqu’à la surface de celle-ci et sont en rapport avec la fonction respiratoire. Le bord libre du manteau porte sur toute son étendue une rangée de soies cloisonnées, très semblables à celles des Annélides, mues chacune par deux ou trois petits muscles et insérées chacune au fond d’une dépression particulière.

Les Brachiopodes doivent leur nom à deux longs bras, remplissant tout l’espace compris entre les deux lobes du manteau et enroulés en

Fig. 421. — Valve dorsale de Fig. 422. — Terebrutula mimismalis. Terebratula caputserpentù.

anse {Terebratulina, fig. 421) ou en spirale {Magellania, fig. 420). Ils sont situés de. chaque côté de la bouche et sont formés chacun d’une baguette de consistance cartilagineuse (fig. 420, l), dont le bord correspond à la convexité de la spire et porte un grand nombre de cirres ou de tentacules mobiles, 6r. L’appareil est souvent suspendu à la valve dorsale par des pièces calcaires diversement conformées, qui se développent sur celle-ci et constituent un squelette brachial plus ou moins compliqué (fig. 422). Les bras sont couverts sur leur surface en¬

tière de cils vibratiles dont le mouvement dirige vers la bouche les particules alimentaires tenues en suspension dans l’eau ; ils sont enfin creusés de deux canaux qui se fusionnent au niveau de la bouche, puis se jettent dans la cavité générale. Les bras, ne font défaut que dans quelques types sans doute dégénérés (Argiope, Mûhlfeldtia)

Le corps est de dimensions fort restreintes. La bouche, située entre tes deux bras et à tap base (llg. 423, B, o). se coalinue par un court

Bg. 4.0, d , flg. 423, II), dans lequel yiennenl se jeter de chaque côté trois courls canaux hépatiques (fig. 423, /,) provenant départ et d’autre

CLASSE DES BRACiïlOPODES.

d’un foie (fig. 420, h) situé entre les muscles adducteurs. L’intestin (fig. 423, i) se contourne plus ou moins sur lui-même et, suivant les cas, se termine en cæcum et se continue par un simple ligament qui va s’attacher sur le pédoncule ou au

contraire se réfléchit pour aller s’ouvrir au dehors par un anus, a, situé sur le côté droit; chez Crania, cet orifice est médian et dorsal. L’estomac et l’intestin sont toujours réunis à la paroi du corps par deux lames mésentériques, m, qui vont s’insérer respectivement sur les lignes dorsale et ventrale et divisent la cavité générale en deux poches ne communiquant pas entre elles. Des paires de ligaments transversaux rattachent encore le tube digestif à la paroi du corps : l’antérieure, m', se voit au niveau du cardia; la postérieure part de la région moyenne de l'intestin et présente un-intérêtparticulier, en ce qu’elle supporte l’entonnoir vibratile de l’organe segmentaire.

Hancock a décrit un appareil circula¬

toire dont l’existence n’a pas été suf- ÿig. az. — A, Unguia anatina.

flsamment confirmée. Le système nerveux est constitué par un collier œsophagien (Terebralula, Crania) ou seulement par une masse ganglion-

demi-grandeur; B, son appareil digestif. — a, anus; h, embouchure des canaux hépatiques; i, intestin; m, m', mésentère ; o, bouche ; ce,

nairé sous-œsophagienne {Thecidea); cet œsophage ; v, estomac.

organe central émet des filets qui se

rendent au manteau, aux bras et au tube digestif. Les organes des sens semblent manquer, mais la larve possède des taches oculaires.

Les sexes sont séparés. La glande génitale est paire et disposée symétriquement de chaque côté de l’intestin ; de là, elle émet des ramifications qui s’insinuent dans' les sinus du manteau. Les produits sexuels tombent dans ces sinus, puis sont ramenés dans la cavité générale, d’où ils sont expulsés par les organes segmentaires; ceux-ci sont au nombre d’une paire, parfois de deux [Rhynchonella psittacea), et s’ouvrent au dehors entre les deux feuillets du manteau.

Fort abondants pendant toute la durée des temps géologiques, les Brachiopodes sont très peu nombreux dans les mers actuelles, dont ils habitent surtout les grandes profondeurs; tout fait prévoir que les

derniers survivants ne tarderont guère à disparaître à leur tour. On

les divise en deux ordres :

Chez les Ecardines ou Inarticulés, le test n’a ni charnière ni squelette brachial; le tube digestif se termine par un anus latéral {Lingula, üiscina) ou médio-dorsal {Crania)\ les bords des lobes du manteau sont entièrement séparés. Ligula Mans Swainson est comestible en Chine.

Chez les Testicardines ou Articulés, la coquille est pourvue d’une charnière, dont les dents sbnt ordinairement situées sur la valve ventrale; celle-ci porte un squelette brachial. Le tube digestif se termine en cul-de-sac [Thecidea, Magellania, Tcrebratula, Terebratella, Ârgiope, Mühlfeldtia). Le genre Rhynchonella établit le passage aux Ecardines : ses bras sont enroulés en spirale, son squelette brachial est rudimentaire; son intestin est. très long et présente un rectum distinct, mais l’anus est déjà oblitéré.

Le développement des Bracbiopodes est très imparfaitement connu ; on sait néanmoins qu’il convient de les retrancher du groupe des Molluscoïdes et de les rattacher au vaste embranchement des Vers, dans lequel ils occupent une place encore incertaine. Leurs larves ciliées, nageuses, sont pourvues de soies et de taches oculaires qui leur donnent une grande ressemblance avec celles de certaines Annélides. Les Bracbiopodes, en effet, ont d’incontestables affinités avec les Chétopodes, ainsi qu’avec les Bryozoaires; ils représentent l’un . des types les plus anciens, puisqu’on les trouve dès les premiers âges de l’époque cambrienne et que, depuis lors, certains genres, tels que Lingula, se sont maintenus jusqu’à nos jours sans subir de grandes modifications.

E. Joubin, Recherches sur l’anatomie des Brachiopodes inarticulés. Arcli. de zool. expérim., (2), IV, 1885.

D. P. OEhlert, Brachiopodes dans P. Fischer, Manuel de conchnliologie. Paris, 1887. Voir p. 1189.

Les Ànnélides sont des Vers cylindriques ou aplatig, à corps nettement segmenté. Elles sont munies d’un cerveau, d’un collier œsophagien, d’une chaîne ganglionnaire ventrale et de vaisseaux sanguins formant un système clos de toutes parts. Ces Vers sont très riches en espèces; malgré d’indéniables caractères communs, on peut les diviser en deux sous-classes.

FAMILLE DES GNATHOBDELLIDES.

Sous-classe des Hirudinées.

Les Hirudinées, Discophores ou Sangsues sont des Annélides aplaties, dont le corps est marqué d’anneaux courts, parfois peu apparents. Ces animaux sont hermaphrodites et présentent une ventouse à chacune de leurs extrémités, mais sont toujours dépourvus de soies et de parapodes; la région céphalique est indistincte. Ils se nourrissent du sang de divers animaux , mais ce ne sont pas de véritables parasites. On les divise en cinq familles, savoir : les Histriobdellides, les Acanthobdellides, les Rhynchobdellides, les Branchiobdellides et les Gnathobdellides. Nous parlerons seulement de quelques-unes de ces dernières; quant aux autres, on trouvera leur histoire à l’article suivant.

R. Blanchard, Hirudinées. Diztionn. eneyclop. des sciences médicales, (4), XIV, p. 129, 1888.

FAMILLE DES GNATHOBDELLIDES

Ces Hirudinées sont généralement armées de trois mâchoires, dont la tranche porte des denticulesplus ou moins développés ; le sang est rouge et renferme de l’hémoglobine. Ce sont pour la plupart des Sangsues de taille moyenne. En tenant compte de la disposition des yeux et de la constitution des somites, on divise cette famille en deux groupes,, les Hirudinides et les Néphélides.

Toutes les Hirudinides sont pourvues de cinq paires d’yeux et ont le corps formé de 26 somites, composés chacun théoriquement de cinq anneaux; la limite des différents somites est reconnaissable à ce que le premier anneau de chacun d’eux porte à l’une et l’autre de ses faces un certain nombre de papilles sensorielles, dites papilles segmentaires. C’est seulement â la partie moyenne du corps que les somites restent formés de cinq anneaux; à chacune des extrémités, un certain nombre d’entre eux, variable d’un genre à l’autre et même d’une espèce à l’autre, subit une importante modification consistant en la suppression d’un à quatre anneaux ; toutefois, cette disparition ne porte jamais sur l’anneau papillifère.

Blanchaud. — Zoûl. mé(i.

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