II
Leurs larves ont les aspects les plus divers, mais se laissent pourtant ramener au type de la larve de Lovén (flg. 440). La bande ciliée postorale avorte fréquemment, mais la bande préorale est largement répandue (flg. 434) : elle oc-
Chétopodes.
cupe la même position que la couronne ciliée des larves des Mollusques, des Rotifères, etc.; par exemple, la larve des Serpüles est très semblable à celle des Ptéropodes, la larve polytroque des Spionides a une similitude frappante avec celle du Dentale. Ces remarquables analogies autorisent à penser que, à l’origine, les Annélides actuelles, les Rotifères, les
Géphyriens, voire même les Mollusques, sont nés d une souche commune dont les Achètes sont les derniers survivants.
Par leur métamérisation et par la disposition du système nerveux , entre autres caractères, les Annélides se rattachent encore étroitement aux Arthropodes, particulièrement aux Myriapodes. La transition vers ces derniers est ménagée par les Onychophores [Peripatus),
qu’on a longtemps réunis aux Vers, mais dans lesquels il est impossible de voir autre chose que des Myriapodes très inférieurs.
Enfin, on a voulu chercher dans les organes segmentaires la preuve d’une parenté des Vertébrés avec les Annélides. Cette théorie
a été surtout développée par C. Seraper; voici brièvement en quoi
elle consiste :
Chez les embryons de Squales, on voit correspondre à chacun des segments musculaires qui se succèdent régulièrement de chaque côté de la corde dorsale un canal s’ouvrant dans la cavité générale par un 1 arge pavillon vibratile. Ce canal se porte obliquement d’avant en arrière et de dedans en dehors; il se pelotonne alors sur lui-même en un corpuscule assez volumineux, puis revient obliquement vers la ligne médiane. Avant de l’atteindre, il vient s’ouvrir dans un tube longitudinal, qui lui-même débouche au dehors au voisinage de l’anus. Chacun des tubes’pelotonnés correspond à un glomérule de Malpi ghi ; leur ensemble représente donc le rein du Plagiostorae. Le canal auquel ils aboutissent est l’uretère ; celui-ci se conserve sans modifications chez le mâle; chez la femelle, il devient l’oviducte, par suite de la formation d’un nouvel uretère, danslequelles canalicules rénaux viennent se déverser. L’analogie de cet appareil avec les organes egmentaires des Annélides est assurémsnt frappante; la seule dif-
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férence, d’importance foute secondaire, lient à ce que les organes rénaux viennent se jeter dans un canal commun qui s’ouvre à Textérieur, alors que, chez les Annélides, les organes segmentaires débouchent chacun isolément au dehors.
Le rein primitif des Plagiostoraes, des Cyclostomes et de certains Batraciens inférieurs, tels que les Cécilies, présente donc une disposition qui rappelle d’une manière remarquable celle des organes segmentaires des Annélides. Chez les Vertébrés comme chez les Vers, l’appareil excréteur se montre en effet constitué par une série de tubes faisant communiquer la cavité générale avec l’extérieur, tubes qui sont disposés par paires dans chacun des segments ou soraites du corps. La segmentation des Annélides est évidente, mais celle des Vertébrés l’est moins ; elle existe néanmoins et devient manifeste, si on considère que, chez l’embryon, les masses musculaires sont divisées en anneaux disposés en série linéaire et qu’à chacun de ces anneaux correspond une paire de prévertèbres, une paire de tubes excréteurs, ainsi qu’une paire de ganglions rachidiens.
Chez les Reptiles, les Oiseaux et les Mammifères, le rein ne présente point les remarquables homologies dont nous venons de parler; celles-ci se voient au contraire avecla plus grande évidence dans son précurseur, le corps de Wolf, qui devient ainsi l’un des organes les plus intéressants de la vie embryonnaire, encore que son existence soit transitoire, et à coup sûr celui qui nous renseigne de la façon la plus précise sur notre propre descendance.