‹ Traité de zoologie médicaleChapitre 20 sur 103 · SO · texte numérisé non relu

SO

troisième patte-mâ- ebe se termine par un filament

ohoire. ' multi-articulé. L’exopodite se retrouve, plus ou

moins modifié, chez les trois maxillipèdes, où on le connaît sous le nom de palpe, ainsi que sur les membres abdominaux, à l’exception du premier; il manque partout ailleurs.

Un autre appendice des membres est Yépipodite ou lame hrancMale (fig. 349, ep) : on l’observe du deuxième maxillipède à l’avant-dernière patte ambulatoire; il y en a donc six paires, placées sur les anneaux 8 à 13; sur le premier maxillipède, l’épipodite est imparfaitement développé et se réduit à une large plaque membraneuse ou flagellmii dépourvue de filaments • branchiaux.

L’épipodite est appendu au coxopodite. Il se compose d’une large base hérissée de soies droites et fines et se continuant par une tige étroite ; celle-ci se divise bientôt en deux parties ; l’antérieure ou plume n’est autre chose que la branchie, br; la postérieure ou lame, ep, sert à la protéger. Les branchies ainsi constituées sont les podobranchies-; elles sont défendues contre les parasites ou les corps étrangers par un bouquet de soies, sx, portées par une petite saillie du coxopodite.

Les six anneaux de l’abdomen portent chacun une paire de pattes, mais la forme de celles-ci varie.

Pour les anneaux 17, 18 et 19, elles sont petiles, grêles et constituées par un protopodite auquel font suite un endopodite et un exopodite plus petit ; elles exécutent toutes ensemble des oscillations régulières et concourent ainsi à faire progresser l’animal. Celles du vingtième anneau sont transformées chacune en deux larges plaques, dans lesquelles il est encore aisé de reconnaître un endopodite (fig. 346, enp) et un expodite, exp : avec le telson, 21, qui se trouve entre elles, elles constituent un battant dont les brusques contractions impriment à l’animal un mouvement de recul.

— Troisième patte ambulatoire du chélate), chez l’Écrevisse. — bp, basipodite ; br, branchie; cp, carpopodite ; dp, dactylopodite ; ep, lame branchiale; ip, ischiopodite ; mp, méropodite ; pp, propodite ; !>x, soies du coxopodite ; xp, coxopodite.

Les deux premières paires de pattes abdominales se sont modifiées curieusement. Chez le mâle, la première patte est un appendice styliforme, non articulé, qui se termine par une large plaque enroulée sur elle-même, de façon à constituer un canal ouvert aux deux bouts. La deuxième patte, plus parfaite, a un protopodite normal, suivi d’un endopodite et d’un exopodite : l’endopodite reste longtemps indivis, puis se termine par un filament multiarticulé ; à la basç de celui-ci, Tendopodite se prolonge en dedans, sous forme d’une lamelle qui s’enroule sur elle-même pour constituer un cône creux avant quelque ressemblance avec un éteignoir. Ces pattes, d’un volume relativement considérable, sont normalement dirigées en avant et appliqués contre le sternum, entre les derniers membres thoraciques ; elles servent à transporter le sperme de l’orifice des canaux déférents à l’orifice des oviductes, lors de l’accouplement.

Chez la femelle, la première paire de pattes abdominales se développe à des degrés divers : elle manque entièrement ou bien se développe d’un seul côté ou des deux côtés : la patte est très petite; le protopodite se continue par un seul filament articulé, qui semble correspondre a Tendopodite. Les pattes de la seconde paire sont semblables à celles qui leur font suite.

Les téguments de l’Écrevisse, comme ceux de tous les Décapodes, se composent de deux couches : un derme et un épiderme. Ce dernier se subdivise lui-même en deux couches secondaires : l’interne est représentée par une couche d’épithélium chitinogène à cellules cylindriques et correspond en quelque sorte à la couche de Malpighi; l’externe, durcie ou non parles sels calcaires, correspond à la couche cornée de la peau des Vertébrés : elle.forme à elle seule le squelette tégumentaire et est constituée par quatre couches chiiineuses, dont la plus superficielle est une véritable cuticule, anhiste, jaunâtre et d’une extrême minceur.

L’Écrevisse adulte mue une ou deux fois par an, suivant qu’elle est femelle ou mâle. A ce moment, elle ne rejette que la couche externe de Tépiderme et, au-dessous de celle-ci, on peut déjà voir à cette époque d’autres assises chiiineuses encore molles, qui dérivent de Tépithélium chitinogène ; dès lors, une carapace nouvelle va se former rapidement, grâce à un processus que Vitzou a fait connaître.

. La carapace en voie de formation est constituée par des prismes chilineüx qui surmontent les cellules chitinogènes; chaque prisme se compose, en réalité, d’un grand nombre de lamelles superposées, qui tirent leur origine d’un épaississement progressif de la portion supérieure des cellules épithéliales. La partie ainsi épaissie va finalement se séparer du corps cellulaire et former des lamelles régulièrement parallèles, d’aspect variable suivant la densité des matières qui

ORDRE DES DÉCAPODES, entrent dans leur constitution. Il en résulte que la hauteur des cellules épitheliales diminue par le progrès de la formation des nouvelles couches chilineuses.

•Quand la carapace est entièrement formée, elle comprend, de dedans en dehors : 1° une couche assez mince, superposée à Tépithélium ; les lamelles qui la composent sont très délicates et dépourvues de sels calcaires ; 2° une couche très importante, produite par la superposition d’un grand nombre de lamelles calcifiées que traversent des canalicules poreux; 3“ une autre couche calcifiée, assez épaisse et traversée par des canalicules en continuité avec les précédents ; elle renferme le pigment auquel la carapace doit sa coloration ; 4“ enfin la cuticule déjà mentionnée plus haut.

Le rejet des téguments est provoqué par l’accroissement de l’animal, sa carapace inextensible devenant incapable de le contenir plus longtemps. Contrairement à l’opinion reçue, Vitzou a montré que la croissance de l’animal a lieu pendant la période préparatoire de la mue et non après cette opération.

Au-dessous de l’épithélium chitinogène on trouve une couche dermique très vasculaire, formée de fibrôs conjonctives, de chromatophores et de grosses cellules ; elle .renferme encore des glandes en tube simple ou ramifié, disséminées sur toute l’étendue de la carapace et débouchant à la surface de celle-ci; les glandes œsophagiennes en sont une simple dépendance. A l’époque de la mue, les grosses cellules se chargent de matière glycogène, sous forme de granulations qui disparaissent graduellement, à mesure que les cellules épithéliales s’allongent. De semblables réserves s accumulent encore dans le foie, dans les ovaires, .dans la lymphe et dans divers autres tissus de l’organisme ; c’est à leurs dépens et grâce à leur rapide utilisation que la nouvelle carapace est capable de se former dans l’espace de quelques jours. Quant aux sels calcaires qui entrent dans sa constitution, nous verrons bientôt quelle est leur origine.

Pendant les efforts qu’elle fait pôur les retirer de la carapace qu’elle est en train d’abandonner, l’Ecrevisse peut perdre quelqu’un de ses membres. Le même accident s’observe en maintes circonstances, par exemple quand on saisit l’animal par une patte : quand il a reconnu l’impossibilité de s’échapper, il ampute spontanément sa patte et prend la fuite. Cette autotomie se fait toujours au niveau d’une articulation ; ainsi que Frédéricq l’a montré, elle résulte d’une action réflexe dont le point de départ est une excitation douloureuse portant sur une partie sensible de la patte et transmise à la chaîne nerveuse ventrale; elle disparaît chez des animaux anesthésiés ou quand la chaîne nerveuse estlésée. Laperte du membre n’est d’ailleurs pas définfiive : grâce à la faculté de rédintégration que les Crustacés possèdent a un hau

degré, uii membre nouveau se reproduit assez promptement.

L’autotomie semble manquer chez les Palémons et les Crangons; en revanche, elle existe, à des degrés divers, chez tous les Macroures et chez tous les Brachyures. On l’observe encore chez les Echinodermés (Comatule), les Mollusques, les Araignées, les Insectes (Sauterelle), les Reptiles (Orvêt), etc. Dans tous ces cas, elle est évasive et est un moyen curieux qu’emploie l’animal pour échapper à ses ennemis.

La bouche est une fente longitudinale, percée à la face ventrale et bordée d’appendices qui nous sont déjà connus. Elle est recouverte en avant par une large plaque clypéiforme, la lèvre antérieure ou labre.

L’œsophage (flg. 550, œ) est large et court; il se porte verticalement de bas en haut et aboutit à un estomac spacieux, v, qu’un étranglement divise en deux chambres inégales. La cuticule du tégument externe se réfléchit au niveau de la bouche et tapisse intérieurement l’œsophage et l’estomac. La portion antérieure de la première poche gastrique est membraneuse et hérissée de longues papilles ; sa portion postérieure présente au contraire des épaississe- •ments calcaires qui constituent le Fig. 550. — Appareil digestif de moulin 'gastrique, appareil destiné à l’Écrevisse, d’après Carus. — a, broyer les aliments. Cet appareil anus ;/i., foie intestin ;œ,œso- consiste en plusieurs osselets calphage rectum ; v, estomac; . . ,

concrétions calcaires ; u", por- loflt partie de la paroi

tion pylorique de l’estomac. supérieure de l’estomac et qui sont mis en mouvement par deux paires de muscles, l’une antérieure, l’autre postérieure.

Au commencement de l’été, il se développe dans l’epaisseur de la paroi de la première poche stomacale deux petites masses calcaires, v', connues sous le nom d'yeux d! Ècremsse, Quand arrive la mue, ces ^as^ro/t7/<e.9 tombent dans la cavité de l’estomac, y sont broyés, puis absorbés dans l’espace de quelques jours. Formés de IH p. 100 de phosphate de’ chaux et de

63 p. 100 de carbonate de chaux, ils ont une composition chimique très analogue à celle des parties calcaires delà carapace, bien que celle-ci renferme une moindre proportion de phosphate de chaux : leur absorption coïncide avec l’encroûtement de. la nouvelle carapace, à laquelle ils fournissent ses matériaux calcaires, comme Réaumur l’avait observé déjà.

Ces concrétions (iig. 551) sont discoïdes, comprimées, convexes d’un côté, aplaties ou légèrement concaves de l’autre et formées de couches superposées ; leur ■ diamètre varie de 9 à 18 mil- iffP

limètres, leur poids de 0e%o mÊLi

à l®',o. Naguère encore, elles étaient utilisées en médecine Fjg 551, Gastrolilhes de l’Écrevisse, et entraient dans une foule

de préparations : on les réduisait en poudre, on les porphyrisait avec un peu d’eau, puis on en faisait des trochisques que l’on administrait surtout comme absorbants, dans les aigreurs d’estomac : elles entraient dans la confection (T Hyacinthe et dans la poudre tempérante de Slahl. Les plus estimées venaientd’Astrakan et de la Hongrie. Aujourd’hui, les yeux d’Écrevisse figurent encore au Codex, mais leur usage est à peu près abandonné ; ils servent encore, tout au plus, à la confection de certaines poudres dentifrices..

La seconde chambre gastrique ou filtre communique avec la première par une très étroite ouverture, qu’une languette conique, s’élevant de la paroi inférieure, contribue à bouclier. Les parois latérales de la moitié postérieure s’invaginent d’autre part à l'intérieur de la chambre, de bas en haut, et ne. laissent entre elles qu’une étroite fente verticale et médiane, en travers de laquelle des poils sont entre-croisés. En bas, ces deux replis s’écartent assez l’un de l’autre, mais une saillie nouvelle se dresse sur le plancher de la chambre gastrique, .eh sorte que la lumière de celle-ci se réduit en ce point à une étroite fissure à trois branches, ayant la forme d’un X. En raison de cette disposition, le passage n’est possible que pour des substances liquides ou pour des matières solides à un état d’extrême division. La cuticule se prolonge sur toute l’étendue du filtre gastrique et s’arrête au pylore ; elle est vomie au moment de la mue.

L’intestin (fig. 330, i) est grêle, à paroi mince et se porte directement d’avant en arrière; il s’élargit légèrement dans sa portion terminale, de manière à constituer un rectum, r, qui aboutit à 1 anus, a,

percé à la base et à la face ventrale du telson. Immédiatement en Prière du pvlore, l’intestin est tapissé d’une muqueuse molle et unie; il a sa paroihiférieure percée de deux orifices qui correspondent aux canaux excréteurs de la glande digestive; en même temps, sa paroi supérieure présente un court diverticulum médian ou cæcum.

Presque immédiatement en arrière de cette région, l’intestin se montre parcouru sur tout le reste de son étendue par six^ crêtes longitudinales et revêtu intérieurement d’une couche cuticulaire qui, à l’anus, se continue avec celle du tégument ; cette cuticule intestinale est déféquée à chaque mue,

A part de petites glandes en tube découvertes par Max Braun dans l’œsophage, à part aussi des glandes analogues vues par Vilzou dans le rectum, le tube digestif ne possède donc lui-même aucune formation glandulaire capable de transformer chimiquement les aliments. Cette action est exercée par une paire de glandes volumineuses constituant le foie, h, dont nous avons indiqué déjà les rapports avec l’intestin. Chaque glande se compose elle-même d’un nombre considérable de tubes dont l’épithélium comprend deux sortes de cellules ; des cellules hépatiques, dont le protoplasma est imprégné d’une matière colorante, et des rellules à ferment, qui renferment une grosse vacuole dans laquelle vient s’accumuler le liquide digestif.

Ce liquide est jaunâtre, un peu trouble et de réaction alcaline : ü remonte par le pvlore jusque dans la première chambre gastrique, où se fait la digestion. Suivant Krukenberg et Hoppe-Seyler, il transforme l’amidon cuit en glycose, émulsionne et saponifie les gmsses, en mettant l’acide gras en liberté, transforme les albuminoïdes en peptones ; cette dernière opération se fait aussi bien dans un milieu acide (ferment peptique) que dans un milieu alcalin (ferment trypUque). Stamati confirme ces résulats et note également que le suc digesU transforme la saccharose, en glycose et digère assez facilement 1 amidon cru; il trouve enfin dans la glande du glycogène, de la lécithine et de la cholestérine. La glande digestive de l’Écrevisse et des Macroures équivaut donc à un hépato-pancréas ou' plus exactemehf, possède a elle seule les propriétés de toutes les glandes digestives des animaux supérieurs.

L’appareil circulatoire (fig. Sa2) a pour organe central un cœur, Cj situé à la région dorsale, en arrière du sillon cervical. Cette poche musculeuse, à contour irrégulièrement hexagonal, est reliée par de^ bandes fibreuses aux parois du sinus péricardiaque, pic, dans leque elle est suspendue. A sa surface se voient six ouvertures ovalesj ■ pourvues de lèvres valvulaires, deux à la face supérieure, deux a face inférieure et une sur chaque face latérale. Ces orifices s’ouvrent au moment de la diastole et se referment au moment de la systole <

ils font ainsi pénétrer dans le cœur le sang qui remplissait le sinus.

Le sang est alors chassé dans les vaisseaux qui se séparent du cœur ; ceuxci sont au nombre de six.

De l’angle antérieur part V artère médiane antérieure ou artère ophthalmîque, ao, qui se rend aux ^eux et à la partie antérieure de la tête. De chaque côté de ce premier vaisseau se sépare Yartére antennaire, aa, qui donne un gros tronc à l’estomac, puis irrigue le rostre, la glande rénale, l’antenne, l’antennule et le pédoncule oculaire ; elle finit par se rencontrer avec sa congénère en avant du cerveau, et forme ainsi un tronc commun récurrent, situé sur la face ventrale. Derrière les artères antennaires, deux autres artères se détachent encore de la face inférieure du cœur et se rendent dans le foie.

L’angle postérieur du cœur est occupé par une dilatation bulbeuse, de laquelle partent deux vaisseaux. L’un, artère 'postérieure ou abdominale supérieure, ap, court le long de la ligne médiodorsale de l’abdomen et donne de nombreux rameaux à l’intestin : au ni-

Fig. 552i — Schéma de l’appareil circulatoire du Homard. — a, artère sternale ; aa, a. antennaire; ae, antennes; ai, antennules ; ao,a. médiane antérieure; ap, a. postérieure; av, a. ventrale ; br, branchies ; c, cœur ; o, yeux ; pc, péricarde; v, sinus veineux ventral; vbr, veines branchiales. Les flèches indiquent la dilœction des courants sanguins.

Page 1