II
Blanchard. — Zool. méd.
242 CLASSE DES CKUSTÂCÉS,
veau du sixième anneau de l’abdomen, il se divise en deux branches qui distribuent le sang à cet anneau et à ses appendices ; chaque branche émet d’ailleurs un rameau qui passe sous l’intestin et s’unit à son congénère, de façon à constituer un collier intestinal en avant du telson.
Le second vaisseau qui part du cœur en arrière est l’artère sternale, a. Elle descend verticalement en contournant l’intestin d’un côté ou de l’autre, passe par une sorte de boutonnière de la chaîne nerveuse (fig. 554, os), puis se divise en deux branches qui courent toutes deux au-dessous de cette chaîne. L’antérieure eslVartère ventrale oumaxUlo-, pédieuse (fig. 552, av) : elle irrigue les pattes thoraciques et buccales, les muscles du plancher ventral, les parois de la chambfe branchiale, les glandes vertes et l’œsophage ; sa branche œsophagienne antérieure s’anastomose par l’une de ses ramifications avec l’extrémité postérieure du tronc commun récurrent formé par les artères antennaires.
La branche postérieure résultantdelabifurcation del’artère sternale est Yartère abdorniaale inférieure. Elle n’envoie aucun rameau à l’intestin, mais s’anastomose avec le collier intestinal formé en arrière par les branches de l’artère abdominale supérieure.
Le sang qui a baigné l’intimité des organes vient s’accumuler dans des sinus très irrégulièrement disposés dans l’interstice des viscères, puis aboutit au grand sinus ventral, v, d’où il passe dans les branchies, br. De celles-ci partent d’autre part six veines branchiales, vhr, qui déversent dans le sinus péricardiaque, pc, le sang qu’elles contiennent. Nous avons vu déjà comment le sang pénétrait dans le cœur, exclusivement artériel.
Le sang est incolore ou très légèrement rougeâtre ; il renferme des globules blancs amiboïdes et ne tarde pas à se prendre, au contact de l’air, en un caillot assez ferme.
Chaque chambre branchiale renferme dix-huit branchies (fig. 553). En outre des &\\podobrancldes qui nous sontdéjà connues, on distingue onze arthrobranchies : dix s’attachent par paires, aux membranes intei’articulaires du dernier maxillipède, de la pince, des deux chélates et de la patte suivante; une autre s’attache isolément à la membrane interarticulaire du second maxillipède. Toutes les arthrobranchies se ressemblent entre elles, mais ont une structure assez différente de celle des podobranchies. Le second maxillipède porte donc deux branchies; chacune des pattes suivantes, jusqu’à l’avant-dernière patte ambulatoire inclusivement, en porte trois. La dix-huitième branchie ou pleurobranehie a la structure des arthrobranchies, mais est plus grande et s’attache au-dessus de la dernière patte ambulatoire, sur la paroi même du thorax. Enfin, on trouve dans une situation analogue, au-dessus de chacune des deux pattes précédentes, un
Fig. 553. — Appareil respiratoire du Homard, d’après ri. Milne-Edwards; la partie latérale do la carapace, formant la paroi externe de la cavité branchiale, a été enlevée. — a, base de l’abdomen; è, cavité branchiale ; c, carapace ; d, pattes-mâchoires externes; e, fouets des pattes; f, base des pattes; g, branchies; A, canal efférent de la respiration; i, orifice externe de ce canal; j, grande valvule motrice appartenant à la mâchoire de la deuxième paire; /c, appendice flabelliforme de la première patte-mâchoire, constituant le plancher du canal efférent. *
filament délicat, long de environ et qui représente une pleurobranchie rudimentaire.
La chambre branchiale est remplie presque exactement par les branchies, en sorte qu’il ne reste que peu de place pour l’eau; aussi le renouvellement de celle-ci doit-il se faire activement. La surface des branchies est dépourvue de cils vibratiles, mais les déplacements du liquide sont néanmoins assurés par le scaphognathite, j, large plaque courbe attachée à la deuxième mâchoire et animée de rapides mouvements en avant et en arrière. Le scaphognathite exécute trois
ou quatre, vibrations par seconde ; il saisit l’eau dans la chambre branchiale, la ramène et la projette en avant par l’orifice infundibuliforme percé à sa base, en même temps qu’un courant se précipite par la fente postéro-inférieure du branchiostégite.
L’appareil excréteur est constitué par les deux glandes vertes, situées dans la partie antérieure du céphalothorax. Chacune de ces glandes se compose d’un tube très contourné, renfermant de la guanine et débouchant dans une vaste poche qui joue un rôle analogue à celui de la vessie urinaire par rapport au rein. Cette poche s’ouvre
au dehors par un orifice percé sur l’article basilaire de l’antenne correspondante.
Le système nerveux est formé par deux ganglions sus-œsophagiens oucérébroïdes (fig. 5b4, gc), qui donnent des filets aux antennes, aux antennules et aux yeux ; en arrière, deux longs nerfs, c, s en échappent également, contournent l’œsophage et se réunissent à la face inférieure de ce dernier, de façon à constituer autour de lui un véritable collier ; ces deux con- , nectifs. sont encore reliés l’un à l’autre par une com- ' missure transversale, cm. En arrière du ganglion sousœsophagien, le système nerveux central se continue par une série de ganglions thoraciques, gth, g'th', et de ganglions abdominaux, g', ga. On compte un ganglion ou plutôt une paire de ganglions par anneau. En effet, chaque ganglion est double et se montre formé de deux moitiés plus ou moins étroitement juxtaposées; chaque moitié est réunie au ganglion qui précède ou qui suit par une commissure longitudinale. La boutonnière qui livre passage à l’artère sternale, os, se trouve entre les ganglions 5 et 6 de la chaîne ventrale, le ganglion sous-œsophagien étant compté comme le deuxième.
Chaque ganglion émet un certain nombre de filets latéraux, qui vont se distribuer dans les organes et dans les masses musculaires. Celles-ci, très puissantes, sont formées uniquement de fibres striées ; le tissu musculaire lisse n’a encore été signalé chez aucun Arthropode.
Le toucher s’exerce par les antennes, les aiitennules et sans doute aussi par les poils répandus sur le ^corps et les appendices. On pense que l’olfaction a son siège dans certains appendices développés sur le côté inférieur de la branche externe de l’antennule ; du septième ou huitième à l’avant-dernier, chacun des articles de cette branche externe porte deux faisceaux d’appendices longs de 15 environ et divisés en une portion basilaire et une portion terminale articulées
Fig. 554. — Chaîne ganglionnaire d’un Paléinon, d’après H. Milne-Edwards. — c, connectifs constituant le collier œsophagien; cm, commissure; g', ga, ganglions abdominaux; gc, ganglions cérébroïdes; gih, g'th’, ganglions thoraciques; os, passage de l’artère sternale.
ORDRE DES DÉCÀPODES.
entre elles. Les sacs auditifs sont logés dans l’article basilaire des an-
^^T’œil est situé à l’extrémité du pédoncule oculaire (fig. 546,' 1). Il ,^conv xe semi-globuleux et limité par une eut .eue on cornée SuL depo^rvue de sels calcaires et divisée en un grand nombre de m ’ f Jpttps carrées Sur une coupe longftudinale du pédoncule
nar un renflement ganglionnaire, go. Chacune des cellules de ce dernier se continue mide visuelle. Cet organe élémentaire (fig. bo6) est formé d’un bâtonnet optique (fig. 533, At), entoure d’une gaine de pigment noir, P, et d"» ^ (fig. 535, fac ; fig. 336, o) qui joue le rôle de lentille
. réfringente. .
Chaque pyramide visuelle correspond a un œii simple; l’organe visuel de l’Écrevisse est donc un œil composé. Des yeux de cette nature sont très répandus chez les Cr Jstacés et les Insectes.
Fig. 555. - Schéma d’un œil composé d’ Arthropode. 'de
c, cornée ; fac, cônes ; kr, bâtonnets ; go, ganglion du ™ visueue ü nerf optique; no, nerf optique; P, gaines p.gmen- J taires des bâtonnets.
L’organe mâle (fig. 557) est formé de deux testicules t, plus ou moins complètement fusionnés l’un avec l’autre. Ce sont des glan en grappe dont les tubes excréteurs prennent naissance dans acini sphériques; ceux-ci sont tapissés de grosses cellules dont chacune se détache et devient un spermatozoïde globuleux, arge ron 16 g et hérissé d’un grand nombre de longs dlameuts recourbes. De chaque testicule part un canal déférent, vd, long, e ’ ment replié sur lui-même et aboutissant à un orifice, og, si base de la paire postérieure des pattes ambulatoires.
L’organe femelle (fi g. 5o8) est également formé de deux ovaires, o, presque entièrement fusionnés l’un avec l’autre; ils sont situés audessous du cœur, entre le plancher du sinus péricardiaque èt le canal alimentaire. Les oviductes, od, s’ouvrent à la base de la seconde paire de chélates.
En quittant l’oviducte, l’œuf est entouré d’une épaisse membrane vitelline; il est revêtu en outre d’une substance visqueuse qui l’attache aux pattes abdominales de la femelle et qui se solidifie bientôt : il reste donc suspendu à ces membres qui, sans cesse en mouvement, l’entretiennent sans cesse d’eau bien aérée.
Fig. 557. Appareil génital mâle de Fig. 558. — Appareil génital femelle ï Écrevisse. og, orifices génitaux ; de l’Écrevisse. — o, ovaires ; od, ovi- /, testicules ; vd, canaux déférents. ductes; og, orifices génitaux.
G est là que 1 œuf accomplit son développement, qui exige tout un hiver. A la fin du printemps ou au commencement de l’été, l’éclosion se produit ; contrairement à ce qui a lieu chez les autres Crustacés, le jeune animal ne diffère de l’adulte que par des détails secondaires. 11 reste cramponné aux pattes natatoires de sa mère, sans se nourrir autrement qu’aux dépens de la masse vitelline que renferme encore son céphalothorax, probablement jusqu’au moment de sa première mue.
L Écrevisse croît assez vite pendant le jeune âge, puis de plus en plus lentement. Quand elle sort de l’œuf, elle est longue d’environ 8 millimètres; au bout d’un an, elle mesure près de 4 centimètres; a tiois ans, . ,o, à cinq ans, 13‘”“,5. On en a vu atteindre une Ion-
peur de 20 centimètres et qui, par conséquent, devaient être d’un âge fort avpce. Le nombre des mues diminue aussi avec l’âge : il est de huit la première année, de cinq à six la seconde, de trois la
ORDRE DES DÉCÀPODES. 247
troisième ; les années suivantes, les mâles muent deux fois et les femelles une seule.
On connaît plusieurs espèces d’Écrevisses : Huxley a tenté d en Pfablirles caractères et la distribution géographique; la question a été reprise plus récemment par Ghimkievitch. Cet auteur distingue
plusieurs groupes : . , ,
l» Groupe de l’Europe occidentale, avec Astacus torrentiuni ou Écrevisse à pieds blancs, qui se rencontre en France, en Grande- Bretagne, en Irlande, en Suisse, en Espagne, en Grèce, en Dalmatie
et dans l’Allemagne du Nord.
90 Groupe européo-asiatique, avec A. nobilis ou Ecrevisse a pieds rouges qui se rencontre en France, en Allemagne, en Italie et en Danemark. A ce groupe se rattachent trois régions particulières, caractérisées chacune par une variété de l’espèce type ; iMa région baltique (sud delà Suède, provinces haltiques de la Russie) avec A. fliiviatilis; 2° la région ponto-caspienne (Bas-Danube, Theiss, rivières se jetant dans les mers Caspienne et d’Azov et dans la partie de la • mer Noire située au nord du Danube et du Caucase), avec A.leptodactylus et ses formes A. pnchypiis, A. angulosus et A. colchicus; 3“ la région centre-asiatique (environs deTachken t,Turkestan) avec A.Kess/m.
3° Groupe amouro-japonais, avec A. daurims et A. Schencki dans le
bassin de l’Amour et A . japonicMS au Japon.
Le genre Astacus est encore représenté en Amérique, à l’ouest des montagnes Rocheuses, par six espèces (Orégon, CaUfornie). A l’est de ces mêmes montagnes, depuis les grands lacs jusqu’au Guatemala, on trouve le genre Camhanus, comprenant trente-deux espèces et représenté aussi à Cuba. Dans le sud du Brésil vit le genre Pamstacus; un autre encore s’observe au Chili.
En Australie, on rencontre des animaux analogues, grands comme des Homards. Le genre Engæus, de Tasmanie, comprend de petites espèces qui se tiennent ordinairement à terre, dans des sillons. En Nouvelle-Zélande et aux îles Fidji se trouvent des Paranephrops.
Madagascar possède le genve Astacoîdes, mais on ne connaît aucun Astacide d’eau douce dans l’Afrique continentale.
V. Lemoine, Recherches pour seruir à l’histoire des systèmes nerveux^ musculaire et glandulaire de l’Écrevisse. Annales des sc. nat., Zool., (.5), IX etX, 18G3 et 1869.
Cliantran, Observations sur la formation des pierres chez les Ecrevisses. Bail, de l’Association scientif. de France, XIV, p. 26, 1874.
G.-Fr.-W. Krukenberg, Vergleichend physiologische Beilrage zur Kenntniss der Verdauungsi'organge. Untersucli. a. d. physiol. Institut in Heidelberg, ■ H, p. 145, 1878. , - ■
M. Weber, Ueber den Bau und die Thütigkeil der sog. Leber der Crustaceên. Archiv f. mikr. Anatomie, XYII, p. 385, 1879.'
24g CLASSE DES CRUSTACÉS.
Tli.-H. Huxley, V Écrevisse. Introduction à l’étude de la zoologie. Paris, in-80 de 260 p-, 1880. , , « .
Al.-N. Vitzou, Recherches sur la structure et la formation des téguments chez les Crustacés décapodes. Arcli. do zool. expénm., X, 1882.
J Frenzel, IJeber die Mitteldarmdrüse [Leber) der Decapoden. Sitzungsber. der Akad der Wiss. in Berlin, p. 1113, 1883. — Id., Ueber die MUteldarmdrüse der Crustaceen. Mittheil. a. d. zool. Station zu Neapel, V, p. 28, 1884.
L. Frédéricq, Les mutilations spontanées ou l'autotomie. Revue scientif., (3), ’xil, p. 613, 1886.
D. Oehlert, L’autotomie et les amputations spontanées. Revue scientif., (8), XII, p. 701, 1886.
P. Hallez, Un mot historique à propos de l amputation reflexe des pattes chez les Crustacés. Bull, scientif. du département du Nord, (2), IX, p. 342, 1886.
H. Reiclienbach, Studien zur Entwicklungsgeschichte des Flusskrebses. Abhandl. der Senckenberg. naturf. Gesellschaft in Frankfurt, IV, p. 1, 1886.
W. Chimkievitch, Des caractères spécifiques et de la distribution géographique du genre Astacus. Isvicstia imp. obtchestva lioubiteléi estestvosnania... Troudi zoo'log. otdiélénia, L, n” 1, p. 9, 1887 (en russe). Analyse dans Archives slaves de biologie, III, p. 268, 1887.
H. de Varigny, L'amputation réflexe des pattes chez les Crustacés. Revue scientifique, (3), XII, p. 309, 1886.— Id., Autotomie. La Grande Encyclopédie, IV, p. 778, 1887.
A. Giard, L’autotmie dans la série animale. WsiAeva, (3), XIII, p. 629, 1887.
G. Stamati, Recherches sur la digestion chez FÉcrevisse. Bull, de la Soc. zoologique de France, XIII, 1888.
E. -L. Bouvier, Sur la circulation de l’Écrevisse. Comptes rendus de la Soc. de biologie, (8), V, p. 156, 1888.
G. Poucbet et L. Wertbeirner, Sur les glandes cutanées chez l'Écrevisse. Ibidem, p. 169, 1888.
Les Palinurides ou Cuirassés ressemblent beaucoup aux Astacides, mais en diffèrent en ce que la première paire de pattes est monodactyle, au lieu de se terminer par une puissante pince. Les Langoustes abondent dans les mers intertropicales; une espèce (fig. 5ü9) est assez commune sur nos côtes et se tient cantonnée dans certaines localités ; elle est plus commune que le Homard dans la Méditerranée. Les œufs sont pondus au nombre de plus de 100,000 en une seule année; ils sont plus petits et au moins cinq fois plus nombreux que ceux du Homard. Cette extrême fécondité est une mesure de précaution prise par la nature pour assurer la reproduction de l’espèce, qui se trouve exposée dans le jeune âge aux plus grands dangers. L’œuf, en effet, donne naissance à un Phyllosome (fig. fi60), forme larvaire qui a été longtemps considérée comme spécifiquement distincte : à cet état, le jeune animal mène une vie pélagique et encourt ainsi de nombreuses chances de destruction. Au bout de quarante jours, il subit sa quatrième mue, revêt sa première carapace et se rapproche des côtes pour vivre désormais au fond de la mer.
Les Scyllares sont voisins des Langoustes et sont également recherchés, mais leur taille n’est jamais bien considérable. La Méditerranée
.enferme deux espèces, Scyllarus Mus Lalreille e a (Sc. arctus). Le corps est aplati, les antennes
ale et striée en travers
Fi. PÆnums vuloarù, vu par la face dorsale. - 10, première paire
de pL'tes ou crochet simple correspondant à la pince de l'ÉcreviSse appendice' du 10° anneau. - Les autres chiffres comme dans la figure 546.
. le Iroisième maxillipède ala forme d’une grosse pince. Ces Crustocés sont représentés sur nos côtes par plusieurs especes,
Galathea strigosa, dont la chair exhale une odeur de Punaise, même
après la cuisson. , , ,
Quelques Galathées ont l’habitude de se loger dans des q
vides de Mollusques. Cette coutume devient la règle chez les Pagures ou Bernard-l’ermite, dont l’abdomen est mou et asymétrique. Les
genres Pagunis, Eupagunis, Clibanariiis (fig. o6t), Diogenca, etc., appartiennent à ce groupe : l’animal traîne après lui sa demeure d’emprunt, qu’il abandonne pour une autre plus vaste, à mesure qu’il grandit ; il ne montre au dehors que la partie antérieure du céphalothorax et les fortes pinces dont est armée sa première paire de pattes.
Pagiirm striatm et P. calidus se vendent sur les marchés d’Algérie.
Les Br.4chyures ont le corps ramassé, la carapace large et plus ou moins arrondie ; l’abdomen, dépourvu de nageoire caudale, est t'ig. .üCl. — Clibanarius barbalus. replié sous la face sternale du céphalothorax.
Les sexes sont assez faciles à distinguer ; chez le mâle, l’abdomen est court, triangulaire et pourvu seulement d’une à deux paires de pattes, chez la femelle, il est large et pourvu de quatre paires de pattes, auxquelles les œufs restent fixés. De l’œuf sort une Zoé
Les Notopodes forment une première tribu dans l’important sousordre des Brachyures ; l’insertion de la dernière ou des deux dernières paires de pattes est reportée sur la face dorsale ; les oviductes s’ouvrent sur l’article basilaire de la troisième paire de pattes. A ce groupe appartiennent les Uromies (flg. 564), qui vivent dans la Méditerranée, et les Lithodes : Lithodes antarctica, qui vit dans les mers polaires du sud, est mangé par les Fuégiens.
Fig. 564. — Dromia. Les Oxystomes ont le
cadre buccal triangulaire, acuminé en avant; les canaux déférents se terminent sur l’article basilaire de la cinquième paire de pattes. Les Ranines [Ranina] de l’Océan Indien, se tiennent volontiers à terre et grimpent même sur le toit déshabitations. La Mi grane ou Gaow.
Fig. 565. — Chaîne ganglionnaire d’un Crabe, d’après H. Milne-Edwards. Les lettres comme dans la figure
de mar {Calappa qranulatd) vit dans la Méditerranée, à une assez grande profondeur ; d’après Lucas, sa chair est délicate et d’une saveur agréable.
Les Oxyrhynqucs ont le céphalothorax triangulaire, acuminé en avant, le cadre buccal quadrilatère, les pattes très allongées. Le Crabe Araignée {Maia squinado) est un mets peu estimé ; sa carapace jaunâtre est velue et épineuse.
Les Cyclométopes ont une large carapace, rétrécie en arrière et dépourvue de rostre; ils ont neuf branchies de chaque côlé; les canaux déférents s’ouvrent à la base des pattes postérieures. Le système nerveux (fig. 565) atteint un haut degré de coalescence. Le Crabe tourteau [Cancer pagurus) est de grande taille et commun sur nos côtes où il est recherché comme aliment. 11 en est de môme pour l’É-
trille [Portunus puher), qui est plus petite et recouverte d un fin duvet; P. Rondeleti est une espèce africaine, encore plus petite, que les Arabes ne dédaignent pas. Le Crabe enragé [Carclnus mænas) abonde sur notre littoral; il peut rester assez long-
OHÜRE DES DÉCAPODES.
de l'eau, à la condilion d'être dans un milieu humide. ‘'n'’*lraes espèces de Csclométopcs elvenl dans les eaux douces.
I ' , rufssêaux -, on le mange partois en Italie, mais les Arabes le f- e t Le! nègres de l'AWque équatoriale se nourrissent d un r'Tombre de Crabes iluviatiles, dont la détermination manque certain ^ , ent une sorte de tromage appelé iflonpo en
encore , les Oba b Cucurbitacées. En Chine,
broyant ces Crabes ' estime beaucoup certains
Sel'pêŒs des Tacs et qu'ôn tait venir vivants d'une grande
UsftKomaoîes ont une carapace quadrangnlaire et moins de neuf paires de branchies; les canaux déférents s’ouvrent sur le sternum et communiquent par des sillons avec les organes copulateurs. Les Pinnothères (Pinnotheres) vivent entre les lobes du manteau de certains Lamellibranches {Mytilus, Pinna) ’ on les a considérés comme la cause de la toxicité des Moules. Les Gé- trrnnne
lasimes (fig. 366) ont de très longs pédoncules ^ ^
intéressant est constitué par les Gécarcins, ra es er ,
regagnent la mer qu’au moment de la reproduction, Tourlourou {Gecarcimis ruricola) est très répandu aux Anti es , es P nés se rencontrent également dans le sud de 1 Asie, aPondicherj ,
On a vu maintes fois l’ingestion de la chair des Crustacés provoquer des accidents d’intoxication, surtout dans les regio intertropicales ; la cause de ces accidents est encore ^^connu , mais on peut prévoir qu’elle tient soit à ce que es g an es nitalesou leurs produits se chargent d’une leucomame toxique au moment du frai, soit à ce que des principes vén neux se veloppent dans des conditions analogues à celles que nous avons exposées pour les Lamellibranches. , • a
Van Leent a vu à Bornéo une Crevette d’espèce indétermm e occasionner une diarrhée cholériforme. Chevallier et Duchesne rapportent le cas d’une femme chez laquelle les manquaient jamais de provoquer des éternuements r p s
Fig. 566. — Gelasimus.
CLASSE DES CKUSTÂGÉS.
comme convulsifs et celui d’une autre personne qui ne pouvait manger de ces mêmes Crustacés sans être prise de nausées, de gonflement de la poitrine, du cou et de la tête, accompao'né d’une éruption rouge.
Les Crabes sont particulièrement incriminés. En 1819, la frégate l'Aréthuse se trouvant en rade d’Annapolis, aux États- Unis, plus de 100 hommes furent malades pour avoir mangé des Crabes recueillis sur le rivage. Aux Antilles, on attribue au Tourlourou des propriétés toxiques, que le P. du Tertre et le P. Labat ont signalées les premiers : on accuse ce Gécarcin de déterrer les cadavres dans les cimetières et de manger les fruits du Mancenillier ; aussi ne le consomme-t-on pas, à moins de l’avoir nourri pendant plus d’un mois avec des déchets de cuisine. Les accidents qui suivent l’ingestion du Homard et de la Langouste semblent devoir être attribués à de simples indigestions.
A. Chevallier et E.-A. Ducliesne, Mémoire sur les em^.oisonuemenls imr les Huîtres, les Moules, les Crabes, et par certains Poissons de mer et de rivière. Aanales d’hygiène, XLV, p. SSCetXLVI, p. 108, 1851.
Sous-classe des Gigantostracés.
ORDRE DES XIPHOSURES
Les Gigantostracés ne sont plus représentés dans la nature actuelle que par le seul geme Limulus comprenant un très petit nombre d’espèces ; L. polyphemus (fig. 567) vit sur la côte occidentale de l’Amérique du Nord, L. moluccanus dans les mers de l’archipel Malais, X. longispinus au Japon, Ces animaux peuvent atteindre jusqu’à un mètre de longueur ; leur corps est nettement formé de deux parties.
Le céphalothorax est de grande taille, clypéiforme ; la face dorsale est convexe et ornée de deux yeux simples, contigus sur la ligne médiane, et de deux gros yeux composés, très écartés l’un de l’autre. La face ventrale est plate et porte sept paires d’appendices ; c’est d’abord une paire de palpes terminés par une petite pince didactyle; puis viennent cinq paires de pattes non bifides, entre lesquelles se trouve la fente buccale et qui, comme chez les Arachnides, servent tout à la fois à la marche et à la mastication, leur article basilaire étant tranchant et mobile dans le sens latéral; une dernière paire d appendices est indiquée par deux petits mamelons et représente deux membres réduits à leur article basilaire.
ORDRE DES XIPHOSURES.
L’abdomen hexagonal s’articule avec le céphalothorax, mais tous les segments dont il est formé sont soudés entre eux, à l’exception dutelson II porte à sa face inférieure six paires d’appendices transformés en six lamelles, par suite de la fusion des deux membres de chaque paire sur la ligne médiane. La lamelle antérieure est plus épaisse et plus développée que les autres, qu’elle recouvre à la façon d un clapet ; elle présente les deux orifices sexuels à sa face supérieure. Les cinq autres lamelles portent à l^r face supérieure et sur leur bord externe de grands feuillets branchiaux juxtaposés comme les pages d’un livre.
L’anus s’ouvre â la base et à la face ventrale du telson.
Les sexes sont séparés -, les glandes sexuelles et leurs conduits sont doubles.
Les œufs sont pondus dans le sable, près de la limite des marées. Le développement a été suivi chez Limulus folyphemus : de l’œuf sort un embryon qui a la plus grande ressemblance avec un Trilobite (fig. 568); tous ses appendices céphalothoraciques existent déjà, mais il ne possède encore que deux paires de pattes abdominales et n’a qu’un rudiment du telson, es. Les changements ultérieurs s’accomplissent dans une série de mues.
Les Xiphosures, ainsi nommés parce que leur telson a la forme d’un long aiguillon, sont considérés par Ray Lankester et quelques autres zoologistes comme des Arachnides voisins des Scorpions ; ils descendraient de formes aériennes et n’auraient acquis certains caractères qui les rapprochent des Crustacés, comme la présence de pattes abdominales biramées, que par suite de leur adaptation à la vie aquatique; leur première paire de membres correspondrait aux
Fig. 567. — Limuluÿ i)oUjyhemus.
chélicères des Arachnides et non aux antennes des Crustacés, Les affinités de la Liinule avec ces derniers sont au contraire défendues par Packard, qui en voit la preuve dans le stade Triiobile qu’elle traverse au début de son évolution. Elles sont évidentes, si les observations de von Willemœs-Suhm se confirment : une espèce des ^ Philippines, Limiilus rotundimuda, se ^
développerait moins rapidement que l’espèce américaine et aurait pour premier état larvaire un Nauplius très semblable à celui des Phyllopodes, mais à queue articulée.
En outre des Xiphosures, ou Pœcilopodes, le groupe des Gigantostracés comprend encore deux ordres entièrement fossiles, les Mérosto-
Fig. 568. — Embryon de Lhnulus po/y- Fig. 569. — Calymene Blumenbaphemus &\i stade Trilobito, d’après cAL — o, l'animal étendu; 6, Ta- Dohrn. — ce, œil composé; es, telson; nimal roulé en boule. se, œil simple.
mes {Belinurus, Ëunjpterus, Pterygolus) et les Trilobites. Ceux-ci sont représentés dans les terrains dévonien et silurien par un grand nombre de formes, qui étaient douées pour la plupart de la faculté de s’enrouler en boule (fig. 569).
La descendance des Crustacés et les rapports des différents groupes entre eux sont encore entourés d’obscurité. En raison de l’existence de la larve Nauplius chez les Entomostracés et chez quelques Malacostracés (Penæus), Fritz Müller et Claus considèrent Nauplius
ORDRE DES TÂRDIORA.DES. 2b7
comme la forme ancestrale ; Clans admet plutôt nne forme primitive nrlpHyllopode, dont les Phvllopodes actuels seraient les descen- Lnts\ peine modifiés et dont tous les autres groupes de Crus aces se seraiLt détachés en divergeant. Quant à la larve Zoea, elle se serait substituée peu à peu à la précédente, dont elle dérivé d ailleurs, comme le prouve l’ontogénie àejenæus.
SOUS-EMBRANCHEi^ENT DES TRACHBATES
Les Arachnides sont’ des animau^^aptères, à respiration aérienne oi®épourvus«i’appareil r^piratoire; la tête et le thorax sont orÉnairement fusionnés én ifi céphalothorax qui porte deux paires de mâchoires et quatre paires de pattes; l’abdomen est* apode. -Cette classe renferme surtout des animaux terrestres ; on Indivise emdix ÿdres. dont quatre seulement intéressent la |(|^decine.
^ ORDRE DES TÂRDIGRADES.
Les Tardigrad*s (flg. 370) sonfdes animaux microscopiques qui se tiennent au milieu des Moussés et des Algues, sur les toits et dans
Fig. 5t0. - Macrobiotus DujarxHni grossi 300 fois, d’après ^aufma^. L’animal vient de muer et s’est rétracté dans son ancien •.
ovarien; B, œuf pondu, entouré de granulations; C,
D, E, F, G, crochets de l’extrémité des quatre paires de pattes sur le t g ment abandonné ; H, appareil buccal.
les gouttières; quelques-uns vivent dans tardigradum) et même dans la mer (Echiniscus Si^mu^ Blanchard. — Zool. méd.
nom, donné par Spallanzani, tient à la lenteur de leurs reptations Le corps est vermiforme, sans délimitation-%«tre la tête, le thorax et l’abdomen. Les pièces buccales sont disposées pour piquer et sucer Les pattes, au nombre de quatre paires, sont courtes, inarticulées et terminées par quatre griff^. Les organes .^e la circulation et de la respiration font défaut. Le systèmg^nerveiéc est représenté par un collier œsophagien et par quatre masses ganglionnaires unies par deux commissures : c’est chez ces animau#^ que Doyère, en 1840, a découvert la terminaison c^s nerfs ^s les muscles,.
Tous les Tardigrades sont hermaphrodites^^ ils 'ont''^ux testicules avec une vésicule séminale et un ovaire impair, qui aboutissent à l’extrémité de l’intestin. Au moment de lcPr#ue, ils pondent de gros œufs qui restent entoura^ usqu’au moment de ré^|sion dans le vieux tégument; le dévoilement est or(fiSja'iremen^R^ect.
Ces animaux jouissftt au plus hart't degré de èllculté de réviviscence, ainsi que Spallanzani l’a le^'^remier constaté j depuis, celte propriété a été étudiée par bien des auteur'^ entre a«tfes par Doyère et Gavarret. Une commig.stei nommée pai^Jg Société de biologie, et dont Broca fut le rapporteu^^ constata que animau)^ soumis à la dessiccation, soit à l’air libre pendant soixame-quinze jours, soit dans le vide, soit dans uneétuvô>à plus de 100°, éftient encore capables de revenir à la vie quand on les mettait dans l’eau. ^
Doyère, Mémoire sur l^.Ti^igrades. Annales des sc. Éit., (2), XIV, 1840.
Gavarret, Quelques expériences ^sur les Hotifèrcs, les Tardinrades, etc. Ibidem, (4), XI, 1859.
(iPDRE*DES PANTOPODjg
Les Pantopodes ou Pycnogonides étaient classés par H. Milne- Edwards et Krôyer parmi les Crustacés ; on les range maintenant parmi les Arachnides, mais leur position systématique est encore mal fixée. Ce sont pour la plupart des animaux de très petite taille, vivant dans la mer au milieu des Algues. Le corps est remarquable par 1 atrophie de son abdomen ; il se prolonge antérieurement en un rostre conique à la base duquel s’attachent deux sortes d’appendices : des chehcères en forme de pinces (fig. 571, a) et des palpes maxillaires, d, semblables à des pattes ou encore en forme de pinces. Les pattes, au nombre de quatre paires, sont formées de G à 9 artic es e erminees par des griffes. La femelle est en ouire munie d’une mitres nX. «PP^ndices sont plus petits que les
que de porter les œufs (tig. 572). L’abdomen est extrêmement réduit :
ORDRE DES PANTOPODES.
il est tout au plus représenté par un petit tubercule, à l’extrémité duquel s’ouvre Tanus (fig. 573).
L’appareil digestif est rectiligne : de l’estomac (fig. 571, h) partent huit cæcums, e, qui pénètrent dans les pattes, jusque dans le dernier article ; deux cæcums plus petits s’enfoncent dans les palpes maxillaires. L’appareil respiratoire fait défaut. Les organes de la circulation sont habituellement représentés par un cœur percé de deux ou trois
paires d’orifices latéraux et pourvu en avant d’une aorte. Le système nerveux consiste en quatre ou cinq ganglions et en un cerveau au-dessus duquel on voit, à la face dorsale, quatre yeux supportes par un mamelon. Les glandes génitales sont également contenues dans les pattes et s’ouvrent à la surface de la cuisse ou de la hanche. Les œufs sont habituellement attachés jusqu’à l’éclosion aux pattes accessoires signalées plus haut; parfois {Phoxichilidium), üs sont pondus sur les Hydroméduses (Hydractinies, etc.), chez lesquelles la larve vit en parasite.
L’œuf est centrolécithe; la segmentation est totale. La larve, appelée Protonymphon par Hœk, a un rostre et trois paires d’appendices biarticulés : ceux de la première paire se terminent par une pince,
Fig. 572. — Symphon gracile femelle.
ceux des deux autres paires portent des griffes. A la suite de mues successives, on voit se développer les quatre paires de pattes de l’adulte, tandis que les trois paires d’appendices larvaires subissent d’importantes modifications : la première paire devient plus petite et forme les pédipalpes ou antennes; la seconde perd sa griffe, grandit chez l’adulte et forme les palpes ; la troisième avorte chez le mâle, mais se transforme chez la femelle en les appendices portant les œufs. Dans certains cas [Pallene], le développement est abrégé et le jeune Fig. 573. — Pyenogonum tous ses appendices.
littorale. On doit considérer les Pyenogonides
comme provenant de la même souche que les Arachnides véritables, mais les deux groupes ont dû diverger de bonne heure. Les affinités avec les Crustacés sont beaucoup plus incertaines ; à part le nombre des appendices, Protomjmphon n’a rien de commun avec Nauplius.
Les espèces que nous figurons sont de petite taille et se rencontrent communément sur nos côtes. Les explorations sous-marines du Travatlleur et du Talisman ont fait connaître un certain nombre espèces gigantesques qui vivent à des profondeurs considérables : tel est Colossendeis Titan, qui se trouve jusqu’à 4,000 mètres de pro-
LINGUATULâ RHINARIA. â6î
fondeur et qui, les pattes étendues, atteint une longueur de 40 centimètres.
ORDRE DES LINGUATÜLES
Les Linguatules ou Pentastomes sont des Arachnides parasites, à corps allongé, vermiforme, annelé, que pendant longtemps on a rangées parmi les Vers. Quand ondes eut reconnues pour de véritables Arthropodes, on les classa d’abord parmi les Crustacés (P. J. van Beneden), mais on doit les placer définitivement à côté des Acariens. On en connaît environ une vingtaine d’espèces : deux au moins ont été rencontrées chez l’Homme.
Linguatula rhinaria Railliet, 1886.
Synonïmie : Ténia lancéolé Chabert, 1787.
Tænia rhinaria Pilger, 1802.
Polystoma tæ7iioides'R\iào\ç\\\, 1810.
Linguatula tænioides hB.ma.vck,
Prionoderma lanceolata Cuvier, 1817.
Linguatula lanceolata. de Blainville.
Pentasloma tænioides Rudolphi, 1819.
La Linguatule adulte habite les fosses nasales, les sinus frontaux et maxillaires du Chien et du Loup, plus rarement du Cheval, du Mulet, de la Chèvre, plus rarement encore les fosses nasales de l’Homme ; elle a été découverte par Chabert, en 1757, chez des Chevaux et des Chiens. Les animaux ou les individus chez lesquels elle se fixe ont de fréquentes épistaxis ; ils éternuent souvent et le mucus expulsé par l’éternuement contient des œufs qui se répandent et se dispersent ainsi de diverses manières, par exemple sur les plantes. Quand celles-ci sont mangées par un Lièvre, un Lapin, un Mouton, une Chèvre, un Bœuf, un Chat ou par l’Homme lui-même, l’œuf se rompt dans l’estomac et donne issue à un embryon qui va bientôt se fixer dans quelque organe, notamment dans le foie.
L’œuf mesure 90 p, sur 70 p, et est entouré de deux enveloppes : l’interne est homogène et résistante ; l’externe est plus épaisse, granuleuse et extensible. Le développement commence quand l’œuf est encore dans l’utérus. La segmentation semble être totale : elle aboutit à la formation d’un embryon ovale, long de 76 \i., large de 60 et
ORDRE DES LINGUÂTULES.
effilé postérieurement en une queue longue de 56 li., large de 18 i. et repliée sous la face ventrale. L’extrémité antérieure présente une bouche béante, à laquelle est annexé un appareil perforant qui doit être d’un grand secours à l’embryon dans ses migrations. L extrémité caudale est ornée de dix soies minces et raides. Le milieu de la face dorsale est creusé d’une fossette dont le fond se relève pour former une sorte de croix et en avant de laquelle on voit deux stigmates.
L’embryon présente encore deux paires d’appendices en forme de moignon, longs de? [x et non segmentés ; ils sont situés sur les côtés de la face ventrale, aux deux extrémités du tiers moyen du corps. Chacun d’eux est comme écourté à son extrémité et est bordé d’un fort anneau chitineux ; il porte en outre une paire de griffes longues de 3 [x,a. Leuckart pense que ces pattes disparaissent sans laisser de traces, au moment de la métamorphose.
Parvenu à ce stade, l’œuf a grossi notablement. 11 est alors pondu et est rejeté au dehors avec le mucus nasal. Comme l’œuf des Cestodes et de nombreux Nématodes, il attend d’être introduit avec les aliments dans le tube digestif d’un Lapin ou de tout autre animal approprié : l’embryon est capable de rester longtemps en vie latente. Mis en liberté par rupture des membranes de l'œuf, sous l’influence des sucs digestifs, il traverse alors la paroi de l’estomac ou de 1 intestin pour aller s’enkyster dans quelque organe. Il se laipe probablement charrier par le cours du sang veineux : s’il a pénétré dans une branche d’origine de la veine porte, il s’arrête dans le foie; s’il est tombé dans un rameau de la veine cave, il est transporté jusque dans le poumon. ^
Cette migration de l’embryon semble se faire avec une grande lenteur. Sur des Lapins infestés expérimentalement par des œufs de Linguatule, Leuckart n’a pu constater la présence du parasite qu’au bout de la cinquième semaine : on trouve alors dans le foie et le poumon des nodules blancs, mesurant jusqu’à 0'“'“,4 et Dans le cours de la huitième semaine, ces nodules mesurent 1 millimètre; ils renferment une larve ovoïde, dépourvue de pattes et de queue, longue de à 0““,30, large de 0““,18 au maximum. Le
passage à l’état larvaire a été marqué d’une double mue ; on retrouve à l’intérieur du kyste, à côté de l’animal, les débris de deux membranes cuticulaires, dont l’une porte encore les pattes, l’armature buccale et la fossette dorsale.
La larve est pourvue d’un appareil digestif complet, renfermé dans une cavité générale. La bouche est béante, infundibuliforme et creusée à la face ventrale, à peu de distance de l’extrémité antérieure du corps; elle est entourée d’un demi-cercle corné, ouvert en avant. L’œsophage et le rectum sont étroits, incolores et revêtus intérieu-
LINGUATULÂ RHINARIÂ.
rement de chitine ; l’estomac est un grand sac jaunâtre. La face dorsale présente, dans son tiers antérieur, des stigmates groupés en trois rangées transversales et à chacun desquels est annexée une glande unicellulaire.
Une troisième mue se produit vers la neuvième semaine : la larve s’allonge et présente 8 à 10 rangées de stigmates ; autour de l’œsophage, un amas cellulaire représente le rudiment du système nerveux ; entre l’estomac et la paroi dorsale, une autre masse cellulaire indique les organes génitaux.
A la cinquième mue, la larve mesure 1 millimètre ; elle porte de 28 à 36 rangées de stigmates ; l’appareil génital commence à se développer et il est déjà possible de dire à quel sexe appartiendra l’adulte, par suite de la position occupée par l’orifice sexuel.
A la sixième mue, la longueur est de 1““,2. Le tégument commence à se segmenter, par l’apparition de stries transversales : chaque rangée de stigmates correspond à un segment. Les membres entrent en voie de formation.
La septième mue a lieu vers la quinzième semaine; la larve est longue de et possède oO à 60 rangées de stigmates. Ceux-ci
envahissent également la face ventrale.
La huitième mue , se produit vers la dix-neuvième semaine; la longueur est presque de 3 millimètres. Le corps est segmenté sur toute son éteftdue et chaque segment porte une rangée de stigmates, au dos comme au ventre. Le système nerveux est définitivement constitué ; les orifices sexuels ont pris leur position définitive.
La neuvième et dernière mue a lieu vers la vingt-troisième semaine. La larve ne subit plus désormais aucune modification : elle peut rester longtemps dans son kyste et, comme le Cysticerque arrivé à son complet développement, elle est incapable de parcourir les dernières phases de son ontogénie sans changer de milieu et sans pénétrer chez un hôte nouveau.
La Linguatale, parvenue à ce stade de son développement, a été longtemps considérée comme un animal parfait, en raison du développement remarquable de son appareil reproducteur. On la connaît généralement sous le nom de Pentastoma denticulatum Rudolphi, 1819, mais le seul nom qui puisse lui convenir est celui de Linguatula serrata Prôlich, 1789, si, pour la commodité du langage, on trouve avantageux de lui conserver un nom spécial, comme nous l’avons fait déjà pour les larves des Ténias, Voici du reste sa synonymie :
ORDRE DES LINGUÂTÜLES.
Tænia caprina Abildgaard, 1789.
Halysis caprina Zeder, 1803.
Echinorhynchus capræ Braun, 1810.
Polystoma denticulatum Rudolphi, 1810.
Tetragulus caviæ Bosc, 1810.
■ Lingualula denticulata Lamarck, 181G, Pentastoma emarg'mafMm Rudolphi, 1819.
P. fera Creplin, 1829.
Lingualula ferox Kiicheumeister, 185.5.
Lingualula serrata (fig. o74) est un animal blanc, transparent, lancéolé, long de 4 à 5 millimètres, large de 1““,2 à 1““,3 au maximum. Son corps estannelé et formé d’environ 80 anneaux, dont le bord postérieur est orné d’un grand nombre de spiculés cbitineux striés en long et à pointe dirigée en arrière.
Ces spiculés se développent plus vite à la partie antérieure et à la face ventrale; chacun d’eux est constitué par un simple prolongement d'une cellule chitogène.
Immédiatement eu arrière des pattes, on en compte 180 par rangée; à l’extrémité postérieure, on n’en compte plus que 60 et même moins. Les deux premiers segments, d’ailleurs peu distincts, en sont seuls dépourvus. Le premier rang de spiculés correspond donc au bord postérieur du troisième segment, qui s’étend à la face ventrale entre les deux paires de pattes; le deuxième rang correspond à la deuxième paire de pattes. Les trois premières rangées sont sinueuses à la face ven- Fig. 574. — Lingua- traie, mais rectilignes sur le dos; les deux suiiula serrata. vantes sont interrompues sur la ligne médiane de la face ventrale. Les troisième et cinquième rangées portent enfin, de chaque côté de la ligne médiane ventrale, une sorte de petite cupule large de 20 p., à laquelle ne se rend aucun nerf et dont la signification est inconnue.
L’organisation interne de la Linguatule ne diffère que très peu de celle de la forme adulte, mais elle ne présente pas encore de caractères sexuels extérieurs. On peut pourtant reconnaître déjà les sexes, à la situation des orifices. La vulve correspond ordinairement à l’avantdernière rangée de spiculés, plus rarement à la dernière rangée, portée par 1 avant-dernier segment. L’orifice mâle correspond tou-
LINGUATULÂ RHINARIÂ. 26b
jours à la cinquième rangée de spiculés. Ces orifices sont percés l’un et l’autre à la face ventrale et ont l’aspect d’une courte fente trans-
'"^yanimal ne peut arriver que par une migration active dans le milieu favorable à som développement ultérieur. Aussi est-il pourvu de puissants appareils locomoteurs : en outre des spiculés, qui s’opposent à un recul, il possède deux paires de pattes ayant l’aspect de griffes et jouant le rôle d’organes de fixation.
Chacun de ces organes est logé dans une poche, simple invagination du tégument s’ouvrant par une fente assez longue et à peu près parallèle au grand axe de l’animal. Du fond de la poche s’élève un crochet creux, incurvé en griffe, rempli d’une pulpe de nature conjonctive et mis en action par des muscles spéciaux. Le crochet s’élargit à sa base en une portion plus ou moins ventrue ; son bord basilaire est très net et est attaché aux parois chitineuses de la poche • par une mince et flexible membrane unitive. Les mouvements du crochet sont peu étendus et se font dans un seul sens, comme dans un ginglyme ; ils s’opèrent autour d’un axe transversal qui passe à peu près par le milieu du bord basilaire et consistent simplement en des saillies ou des retraits.
Au crochet est annexée une pièce importante, avec laquelle il s’articule et qui constitue l’appareil de soutien LClest une fewJIe chitineuse, de forme rectangulaire et incurvée en gouttière : elle est placée en arrière du crochet, qu’elle reçoit dans sa concavité et avec le bord inférieur duquel elle s’articule par ses deux angles supérieurs, étirés en facettes articulaires. Cette lame se dresse librement dans la poche; sa face antérieure est reliée encore à la face postérieure du crochet par une expansion de la membrane unitive.
Celle-ci se continue en haut par le crochet accessoire. Cet organe, placé entre l’appareil de soutien et le crochet véritable, est une feuille chitineuse incurvée en gouttière ou plutôt en capuchon et prend dans sa concavité le crochet, à la base duquel il s insère par son bord inférieur, tandis qu’il s’attache d’autre part à 1 appareil de soutien. Il est mobile, mais n’a pas de muscles propres ; ses mouvements lui sont communiqués par l’appareil de soutien; les déplacements du crochet sont sans action sur lui. Le crochet accessoire déborde le crochet principal et le recouvre complètement, quand celui-ci est rétracté dans la poche ; en outre de sa situation plus postérieure, il s’en distingue encore par sa forme plus effilée, plus droite et par sa moindre longueur; von Siebold le considérait à tort comme un crochet de remplacement.
L’organisation interne âe Linguatula serrata diffère fort peu de celle de la forme adulte ; les seules dissemblances portent sur l’appareil gé-
200 ORDRE DES LINGÜATULES.
nital, qui est incomplètement développé, bien qu’il présente déjà tous ses tkits essentiels. Chezle mâle, le fond du cloaque sexuel n’est encore occupé que par trois papilles qui produiront par la suite le cirre et d’autres organes ; des muscles sont en train de se différencier autour du canal déférent. Chez la femelle, les ovaires sont encore pleins, mais les oviductes commencent à se creuser d’un canal; des fibres qiusculaires se forment autour du vagin.
La Linguatule a été découverte par Abildgaard, en 1789, dans le foie et les ganglions mésentériques de la Chèvre. Frôlich l’a vue dans le poumon du Lièvre, Zürn dans les ganglions mésentériques du Mouton ; Colin, d’Alfort, l’a étudiée chez ce même Ruminant. On l’a encore observée chez le Lion, le Bœuf, le Chat; Colin l’a vue chez le Dromadaire, Cobbold chez l’Antilope .{Bubalis numritanica et Cephalophus pygmæus) ; Weinland l’a -vue également chez le Bubale; enfin, Csokor l’a trouvée récemment dans le foie du Cheval.
L’Homme n’est pas à l’abri des attaques de ce parasite, qui se loge de préférence dans le foie, mais peut se rencontrer aussi dans quelques autres organes.
Les premières (1) observations sont dues à Zenker, de Dresde, qui le trouva 9 fois dans 168 autopsies pratiquées du 1" juillet 1853 au 21 août 1854. Dans tous les cas, le parasite a été observé dans le foie, 8 fois à la surface, immédiatement au-dessous du feuillet péritonéal, une fois seulement dans la profondeur de l’organe. Dans 6 ou 7 cas, il siégeait à la partie antérieure du lobe gauche ; une fois seulement, on en a trouvé deux exemplaires dans le lobe droit, l’un à la face antérieure, l’autre à la face postérieure.
Parmi les individus chez lesquels Zenker fit ses observations se trouvaient 7 hommes et 2 femmes, tous adultes et âgés de 21 à 74 ans; chez aucun d’eux la mort ne pouvait être attribuée à la présence du parasite. Dans 7 cas, on ne trouva qu’une seule Linguatule ; dans un autre cas, on en trouva 2 ; dans le dernier cas, il y en avait au moins 2.
La Linguatule ne semble pas être un parasite fort rare. Zenker dit que Heschl, de Tienne, l’a observée 5 fois sur 20 cadavres, dans l’espace de quelques semaines. A Würzburg, Virchow ne l’a rencontrée qu’une seule fois ; 2 exemplaires calcifiés
^ (1) Pruner dit avoir vu en 18;i3, dans le Musée d’anatomie pathologique de l’Umversité de Bologne, deux préparations étiquetées ; fnseUi trovati net fegato d un uomo. S’agit-il là de Linguatules?
LINGUATULâ RHINâRIâ.
siégeant à la sui-face du foie. Ce même auteui- l’a trouvée n fois àBerlin, dont 3 fois à la surface de foie. A Leipzig, Wagner dit qu’on la rencontre à peu près 1 fois sur 10 cadavres : elle se trouve ordinairement à la surface du lobe gauche, plus rarement dans le lobe droit ; elle siège alors de préférence auprès du ligament suspenseur. Wagner l’a vue 2 fois à l’état vivant. Enfin, Walter a vu le parasite sous le feuillet péritonéal du foie, chez un jeune homme de 16 ans, et Frerichs l’a trouvé à Breslau, pendant un seul semestre, 5 fois sur 47 cadavres.
Toutes les observations qui précèdent montrent qu’en Allemagne la Linguatule est un parasite assez fréquent. Elle semble plus rare en Suisse % Klebs dit qu’on la trouve 1 fois sur 900 cadavres. A Bâle, d’après Zâslein, on la voit 2 fois sur 1,914 cadavres, soit dans la proportion de 0,1 p. 100 : dans un seul de ces cas, elle était à la surface du foie.
Le parasite n’a pas encore été observé en France dans le foie de l’Homme. En Russie, Loukin l’a vu 6 fois sur 659 autopsies, à l’hôpital maritime de Gronstadt : 4 des malades étaient originaires du gouvernement de Wologda, un autre de celui de Pskov. La Linguatule se trouvait 1 fois dans la profondeur du parenchyme hépatique, 1 fois dans les canaux biliaires dilatés et 4 fois à la surface du lobe droit.
La Linguatule a encore été observée ailleurs que dans le foie. Wagner l’a trouvée chez un Homme de 62 ans, dans un kyste situé sur le bord convexe du rein droit. A Berlin, Virchow l’a vue également dans la substance corticale du rein. Wagner l’a rencontrée encore vers la partie moyenne de la rate, près de la face convexe, chez un cordonnier de 23 ans, mort de tuberculose pulmonaire. D’après ce même auteur, Zenker l’aurait vue sous la séreuse intestinale. Virchow et Welch (1) virent également le parasite enkysté dans la sous-muqueuse de l’intestin grêle ; ce dernier observateur le prenait pour un Echinorhynque. Enfin, Zâslein rapporte un cas analogue, dans lequel deux kystes furent trouvés dans la sous-muqueuse de l’intestin grêle.
(1) Dans le cas de Welch, il ne s’agit sans doute point de Linguatula serrata, mais bien d’une espèce voisine. L’observation fut faite chez un soldat de 44 ans, qui était resté 14 ans aux Indes et qui, bientôt après son retour, mourut de phthisie. Le parasite était long de 3““,30, large de 83 p., réniforme et pourvu de crochets dont la teinte d’ambre contrastait fortement avec le blanc laiteux du corps.
ORDRE DES LINGUATULES.
Le parasite est ordinairement enkysté dans une capsule fibreuse à tissu dense, lâchement unie au parenchyme hépatique et au péritoine. Ce kyste se présente sous l’aspect d’un nodule solide, blanchâtre, à contour net, gros comme un grain de Millet ou comme un petit pois. Le plus souvent, l’animal est mort depuis plus ou moins longtemps ; aussi est-il rendu méconnaissable par des dépôts calcaires qui se sont effectués dans ses tissus et dans sa cavité générale; en le soumettant à l’action de l’acide chlorhydrique très dilué, les sels se dissolvent et l’on retrouve aisément les crochets ; parfois même l’animal s’obtient en bon état de conservation. Dans aucun cas, ce parasite ne semble avoir déterminé la mort, ni même avoir amené de graves accidents. Comme il est de petite taille, qu’il est presque toujours solitaire et quïl s’isole dans un kyste, il ne peut occasionner de grandes lésions dans le parenchyme du foie : son rôle pathogénique est des plus faibles.
Gurlt avait émis l’avis que Lirujualula serrata et L. rhinaria étaient deux états d’une même espèce et non deux espèces distinctes, comme on l’admettait généralement. Leuckart confirma cette présomption et démontra expérimentalement que la première de ces formes n’était que la larve de la seconde. .
On infeste trois Chiens avec un certain nombre de L. serrata, puis on les sacrifie au bout de quelque temps. Chez le premier, tué six semaines après l’infestation, on trouve dans les fosses nasales trois L. rhinaria de petite taille(8 à 10 millimètres). Chez le second, sacrifié au bout de dix-sept semaines, on trouve 39 Linguatules : la moitié environ est représentée par des mâles, longs de 13 à 16 millimètres, et ayant accompli déjà l’acte de la copulation. Les’femelles sont plus grandes et ont jusqu’à 26 millimètres de longueur; leur réservoir séminal est rempli de sperme, bien que l’ovaire et l’utérus ne soient pas encore complètement développés. Les fosses nasales et les, sinus frontaux du troisième Chien, sacrifié au bout de six mois, renferment 3 femelles et 2 mâles ; ces derniers ont la taille et l’aspect de ceux de l’expérience précédente, mais les femelles ont atteint leur maturité sexuelle et ont acquis jusqu à 65 millimètres de longueur; les œufs contenus dans le vagin sont tous mûrs et déjà presque tous fécondés.
Sans avoir connaissance des recherches de Leuckart, le professeur Colin, d’Alfort, a répété ces mêmes expériences et est arrivé aux mêmes résultats. Le fait est donc définitivement acquis; toutefois, ces expériences n’expliquent pas de quelle manière L. serrata, introduit dans le tube digestif du Chien
LINGUATÜLA RHINARIA.
avec les tissus qui l’hébergent, va parvenir jusque dans les fosses nasales de son nouvel hôte. Gerlach pense que, après la digestion de son kyste et sa mise en liberté, il traverse la paroi de l’estomac, passe du péritoine dans la plèvre, pénètre dans le poumon, puis remonte par les bronches, la trachée, le larynx et le pharynx jusque dans les fosses nasales et les sinus frontaux, où il arrive à l’état adulte. Il est plus vraisemblable qu’il remonte par l’œsophage et l’arrière-bouche. Quoi qu’il en soit, c’est dans son habitat définitif que l’animal accomplit sa dernière métamorphose et revêt les caractères de l’adulte.
Les migrations étant achevées, les nombreux spiculés qui hérissent le tégument sont devenus inutiles : une mue se produit dans le cours de la troisième semaine et les spiculés sont rejetés; il en est de même du crochet accessoire. La nouvelle cuticule est une lamelle de chitine simple et lisse. Tant que la mue ne s’est pas effectuée, l’animal s’allonge peu ; sa taille maximum est de 5““,3; après la mue, elle atteint 7 à 8 millimètres etlafemelle se montre d’emblée plus grande que le mâle. Les organes génitaux achèvent alors leur développement, mais avec une inégale rapidité : le mâle arrive â maturité sexuelle plus tôt que la femelle.
Linguatula rhmaria (fig. 575) est un animal aplati, en forme de lancette, effilé en arrière, arrondi en avant. Le mâle n’a jamais plus de 16 à 18 millimètres de longueur et présente sa plus grande largeur,, environ 3 millimètres, vers le premier tiers de sa longueur. La femelle est longue.de 60 â 85 millimètres.
La surface du corps est divisée en segments, au nombre de 90 environ, séparés les uns des autres par un sillon profond et plus larges à leur bord postérieur, en sorte que le profil du corps est dentelé. Chez le mâle, les segments ont à peu près tous la môme longueur ; les quatre premiers jouissent d’une certaine indépendance et peuvent
ORDRE DES LINGUATULES.
ôlre considérés comme formant un céphalothorax ; Fanneau 2 porte les papilles tactiles, les anneaux 3 et 4 portent les deux paires de pattes Chez la femelle, les segments sont inégaux, par suite du développement de l’appareil génital dans la région postérieure du corps et de rallongement consécutif de cette partie. Le corps présente sa plus grande largeur à 10 ou 12 millimètres en arrière de l’extrémité céphalique • iusque-là, on compte environ 30 anneaux, longs chacun de 30 r, à partir de ce point, les segments augmentent progressivement de longueur, jusqu’à mesurer 1 milUmètre, mais diminuent de nouveau
dans le dernier quart. , ...
Le corps peut être divisé en trois zones longitudinales : la médiane comprend tous les organes et se dilate plus ou moins suivant le volume de ceux-ci, tandis que les deux zones latérales restent plates
et vides. , , , ,
Les stigmates sont disposés comme chez la larve : ce sont des canaux larges de 10 à 18 i^, qui traversent toute l’épaisseur de la cuticule et mettent ainsi l’épiderme en rapport avec Fexterieur. Vers le milieu de la longueur du corps, on en compte 40 à 50 par anneau, mais ils sont moins nombreux aux extrémités et sont plus serres a a face ventrale qu’à la face dorsale. Les premiers se montrent sur le
troisième anneau; les derniers segraentsen sont totalementdepourvus.
Ces organes ne sont nullementcomparablesauxstigmatesdeslnsectes,
leur rôle est inconnu : peut-être servent-ils à la respiration, en rendant la cuticule perméable.
Le second segment présente à sa face ventrale, tout près ûe soi bord latéral, une paire de papilles tactiles, analogues aux antennes ou aux palpes des Arthropodes. Chacune d’elles reçoit un filet nerveux et porte à son extrémité une sorte de petit tentacule mobile.
Les crochets ont la même disposition générale que chez la larve, mais sont comparativement moins grands et moins forts,- bien que leur taille ait augmenté d’une façon absolue; ils sont moins incurvés que précédemment; En raison de leur nature cuticulaire, ils subissent des mues, comme toutes les autres parties du corps, celle qui marque le passage de l’état larvaire à l’état adulte est caractérisée par la perte définitive du crochet accessoire. Les croche s n’ont donc pas une taille constante, comme chez les Gestodes, par exemple, mais croissent à chaque mue et présentent d’autre part e différences sexuelles : chez le mâ'e, ils sont longs de 380 p. environ, mais atteignent chez la femelle une taille à peu près double. La gn se sépare de la partie basilaire, en sorte que le crochet doit être con sidéré comme un membre à deux articles.
L’épiderme recouvre une couche musculaire formée de trois assises , les fibres sont striées transversalement. La première assise est trans-
LINGÜATULA RHINÂRIA.
versale; la seconde, plus épaisse, est longitudinale; la dernière, plus interne, consiste en un système de fibres diagonales, développées seulement sur les parties latérales.
La bouche est située entre les crochets, à la partie antérieure delà face ventrale. Elle est béante, ovale, large de 0“™,3d chez le mâle, de Omm^eO chez la femelle; elle est dépourvue d’appareil masticateur et ses bords sont renforcés par un bourrelet de chitine. Elle communique avec une petite cavité infundibuliforme, qu’un étranglement et un sphincter séparent d’un pharynx de même aspect. Ce dernier est mis en mouvement par trois muscles protracteurs qui s’attachent l’un à sa face dorsale, les deux autres sur les côtés et se portent en avant; ils ont pour antagoniste un muscle rétracteur qui s’insère à la face ventrale de l’œsophage, puis se bifurque et va se fixer d’autre part à la paroi latérale du corps. Les aliments liquides sont pompés par les mouvements du pharynx.
L’œsophage est long de 3 à 4 millimètres ; sa lumière est large de Omm,i ; il est revêtu, sur toute son étendue, d’une couche de chitine, au-dessous de laquelle on voit un épithélium chitinogène, puis une couche musculaire. L’estomac est dépourvu de cuticule, mais possède deux couches musculaires ; l’interne est circulaire, l’externe longitudinale. C’estun tube cylindrique, rectilignecommetout le reste du tube digestif, rétréci en arrière : à sa surface prennent insertion un certain nombre de fibres musculaires qui se groupent de chaque côté en un faisceau rubané et vont s’attacher à la paroi dorsale.
On ne constate aucune ligne de démarcation entre l’estomac et l’intestin, mais intérieurement la limite est indiquée par la réapparition sur celui-ci d’une cuticule et d’une couche de muscles circulaires. Le rectum s’étend à travers les 12 à 16 derniers segments : la masse conjonctive qui lui sert de tunique adventice renferme de grosses cellules nerveuses, auxquelles aboutissent des filets nerveux qui traversent en ce point la cavité générale, venant de la paroi du corps et accompagnés de fibres musculaires.
La Linguatule n’a pas d’appareil respiratoire; les échanges gazeux s’opèrent par la surface entière du corps et peut-être plus spécialement au niveau des stigmates. L’appareil circulatoire fait également défaut. Le liquide nourricier remplit la cavité générale qui, pour assurer un contact plus intime entre le sang et les organes, présente des diverticules latéraux s’enfonçant plus ou moins loin dans l’épaisseur de la peau, sous forme de grandes lacunes.
Un appareil glandulaire, signalé par Mehlis, est répandu dans le corps presque entier : on le voit déjà à l’œil nu. Çà et là sont épars, sauf dans la zone moyenne, des acini formés par la réunion d’un certain nombre de glandes unicellulaires mesurant jusqu’à 0““,2 de
ORDKE DES LINGUATüLES,
diamètre et déversant leur produit dans un canal commun. Les canaux aboutissent de chaque côté à l’un ou à l’autre de trois tubes qui marchent d’arrière en avant : ce sont des canaux à revêtement chilineux, dépourvus de couche musculaire et s’ouvrant chacun à la base d’un crochet; on ignore encore où se termine la paire de tubes internes. Cet appareil élabore un liquide clair, dont la signification est inconnue, mais qui probablement est destiné à irriter les parties sur lesquelles l’animal est fixé et à provoquer ainsi un afflux plus ■ considérable de substances nutritives.
Le système nerveux consiste en deux masses ganglionnaires fusionnées sur la ligne médiane, au-dessous de l’œsophage et situées dans le huitième ou le neuvième segment. Les ganglions cérébroïdes font défaut et sont remplacés par une commissure annulaire qui entoure l’œsophage. Cette masse nerveuse représente une chaîne ventrale raccourcie et condensée; tous les nerfs qui en partent se distribuent à la région antérieure du corps, sauf deux grands filets latéraux qui se laissent suivre jusqu’à l'extrémité postérieure.
Les organes génitaux sont développés dans la région dorsale, audessus du tube digestif. Le mâle possède deux testicules, simples glandes en tube dont la longueur totale est de 13 millimètres environ, pour une largeur d’un millimètre ; au moment de leur turgescence, ils remplissent la plus grande partie de la cavité générale, sauf le quart antérieur; les spermatozoïdes sont filamenteux. Les deux testicules s’unissent Tun à l’autre pour former la vésicule séminale, canal unique et cylindrique, long de 9 millimètres, large de 0““,6 à 0““,9, et bifurqué à son extrémité antérieure ; ses deux cornes embrassent la portion initiale de l’estomac, puis se continuent chacune avec un canal déférent. A. la naissance de celui-ci se trouve appendu un cæcum long de 6 millimètres, large de 0”“,3, revêtu intérieurement d’une cuticule chitineuse et pourvu d’une puissante couche musculaire longitudinale ; cet appendice n’est donc pas de nature glandulaire, mais représente plutôt un appareil propulseur, favorisant l’éjaculation du sperme.
Chaque canal déférent est formé de deux portions distinctes; la première est droite et longue seulement de quelques millimètres ; la seconde se dilate en un grand sac pyriforme qui est le cloaque sexuel, renfermant l’organe copulateur ou cirre. Celui-ci est représenté par un filament long et mince, qui s’insère au fond du cloaque ; il est normalement pelotonné sur lui-même, mais se déroule au moment du coït. Le cloaque sexuel renferme encore deux grandes papilles chitineuses. Les deux cloaques s’ouvrent au dehors par une fente transversale dépourvue de muscles et percée à la face ventrale, en arrièreMu septième segment.
LINGUATULA RHINARIÂ.
L’organe femelle ne comprend qu’un ovaire, retenu à la paroi dorsale par un mésoarium. Son extrémité postérieure se bifurque en deux oviductes longs de S millimètres, qui embrassent l’œsophage, puis se réunissent pour constituer un vagin impair avec lequel ils communiquent par une fente étroite. Le vagin présente une couche cuticulaire et une couche musculaire surtout développées dans la région posté- . rieure; à son début, il porte comme annexes deux réceptacles séminaux, longs de 4““,5 à 5 millimètres, larges de i millimètre à 1““,3, et dans lesquels le sperme s’accumule après la copulation. Ces deux organes sont formés d’un large cæcum, pourvu d’une puissante couche musculaire et d’un canal excréteur, séparé de la première portion par un sphincter : le cæcum est libre dans la cavité générale, mais le conduit séminal est fixé par de nombreux troncs nerveux et par deux forts muscles provenant de l’enveloppe musculo-cutanée. La vulve s’ouvre à l’extrémité postérieure du corps, au voisinage immédiat de l’anus.
L’accouplement a lieu avant la maturité sexuelle de la femelle : le mâle ne déroule alors qu’un seul cirre et ne remplit de sperme qu’un seul réceptacle séminal de la femelle. Celle-ci -poursuit alors son évolution ; quand les œufs sont mûrs et fécondés, ils s’accumulent dans le vagin, le distendent et y séjournent jusqu’à un état avancé de leur développement.
Nous avons dit déjà que Linguatula rhinaria s’observait parfois chez l’Homme. On a cité des exemples de malades guéris d’épistaxis persistantes après avoir évacué par les narines des -« Vers » qui étaient sans doute des Linguatules : Fulvius Angelinus (1) a signalé un fait de ce genre chez un Homme de trente-quatre ans, cas dans lequel la détermination du parasite est peu nette; elle semble du moins être plus certaine dans l’observation de Laudon.
(1) « Cum autem liic ex morbo jam convalesceret, neque ilium amplius ipse visitarem, dum apud ignem de cæna cogitât, sentit ecce nescio quem levem pruritum, aut tristem sensum circa dextram narem, credensque id vel ex grumo sanguinis, aut a crasso muco procedere, sudariolo nares emungit, statimque in ipso delapsus apparet vermis medii digiti longitudinem æquans, crassiusculo corpore, i-ubeus, nigro capitê, et dure, duabus acutis brancliiis instar scorpionis mordens, non uullis pilis rubeis præditus, sex pedes versus caput, non nullos vere parvos versus caudam liabens, quibus placide gradiebatur, vixit apud me quatuor integros sine cibo dies, hujusque imaginem præsens picta pagina notam facit. » Vie. Als. délia Croce, De quæsitis per epistoarn in arte medica centuriæ quatuor (Veneliis, page 190), cite Fulvius Angelinus, De verme admirando ex morbi acuti convalescentia per tiares egresso.
Rlanchard. — Zool. méd.
274 ORDRE DES LINGUATULES.
Un Homme de trente-quatre ans, serrurier à Elbing, fait la campagne de 1870. Il ne tarde pas à être malade ; douleur au foie, ictère, troubles gastriques; on porte le diagnostic de périhépatite. Gela dure jusqu’en 1874; le traitement fait disparaître ces symptômes, sauf l’ictère ; néanmoins le malade va en s’affaiblissant.
Bientôt après la guerre, mais un peu après la maladie hépatique, il commence à saigner du nez. Ces épistaxis durent sept ans, presque sans interruption ; elles sont d’abord faibles et arrivent dans l’aprèsmidi, puis elles vont en augmentant d’intensité et se reproduisentordinairement deux fois par jour. Le malade se plaint en même temps d’une pénible sensation de pression dans la narine gauche; le spéculum ne permet de constater qu’un peu de gonflement inflammatoire; la narine droite est saine. Au commencement de l’été 1878, la sensation de pression étant très forte vers la racine du nez, le malade expulse soudain, après un violent éternuement, une Linguatule qui, mise dans l’eau, était encore vivante au bout de trois jours.
Les épistaxis cessent alors définitivement. Le malade revient à l’état normal, sauf la persistance d’une légère teinte ictérique. Il est vraisemblable .que les troubles hépatiques tenaient à l’irritation causée par des Linguatules ; ils ont pris fin quand les parasites, en s’enkystant, ont cessé d’agir sur le foie.
Pour la bibliographie, voir Garus et Engelmann, Bibliolkeca zoologica (Leipzig, 1861), 1, p. 459 et O. Tascheuberg, Bibliolheca zoo/oÿzcû 7/ (Leipzig, 1887), II, p. 1267. Consulter en outre les travaux ci-dessous :
F.-À. Zenker, Veber einen neuen thieriscken Parasiten des Menschen {Pentastomum dentîculatum Rud.). Zeitschrift f. rat. Medicin, (2), V, p. 212, 1854.
E. Wagner, Pentastomum deniieulalum in der Kiere. Archiv f. physiol. Heilkunde, XV, p. 581, 1856. — Id., Pentastoinum denliculatum der Mil:. Archiv der Heilkunde, III, p. 478, 1862. — Id., Lehrbuch der allgemeinen Pathologie, 1876. Voir p. 180.
R. Virchow, Helmintliologisclie Notizen. — 7. Zur Verbreitung der Entozoen. Virchow’s Archiv, XI, p. 79, 1857. Voir p. 81.
R. Leuckart, Weitere Beobachlungen über die JugendzusUinde und die Entwickelungsgeschichte von Pentastomum tœnioïdes. Zeitsclirift f. rat. Medicin, (.3), IV, p. 78, 1858. — Id., Bau und Entwicklungsgeschichte der Pentastomen. Leipzig und Heidelberg, 1860.
Colin, Recherches sur une maladie vermineuse du Mouton, due à la présence d'une Linguatule dans les ganglions mésentériques. Bull, de la Soc. de méd. vétér., (2), V, p. 125, 1861. — Id., Communication sur le développement de la Linguatule des ganglions mésentériques. Ibidem, (2), VII, p. 22, 1863. - Id., Recherches sur le Pentastome des cavités nasales du Chien. Ibidem, (2)i VIII, p. 108, 1864.
H. Walter, Helminlhologische Studien. Bericht des Offeiibacher Vereins für Naturkunde, VII, p. 51, 1866. Voir p. 78.
T. Sp. Gobbold, On the prevalence of entozoa in the dog, wUh remarks on their relation to public health. Journal of the Linnean Soc. 6f London, IX, p. 281, 1867. Voir p. 293.
LINGÜÂTULA CONSTRICTA. 275
F.-H. Welcli, The 'pre&ence of an encysted Echinorhynchus in Man. The Lancet, II, p. 703, 1872.
Laudon, Ein casuistischer Beilrag zur ÆHologie der Nasenhhdungen. Berliner klinische Wochenschrift, XV, p. 730, 1878.
Dr. Loukin, Piatioustnik (Pentasioma denticulatum, Linguatuta). Meditsinskia pribavlenia kmorskomou sbornikou, XVIII, p. 389, 1878 (en russe).
L. Hahn et Ed. Lefèvre, Pentastome ou Linguatule, Dictionn. encyclop. des sciences médicales, (2), XXII, p. 704, 1885.
H. Landois, Pentasioma tænioides Rud. 15. Jahresber. des Westfal. Provinzen Vereins, p. 17, 1886.
J. Csokor, üebe?' Pentastomen und P. denticulatum aus der Leber des Pferdes. Zeitschrift fur Veterinârkunde, I, p. 1, 1887.
Liuguatula constricta R. Bl., 1888.
Synonymie : Pentasioma constrictum von Siebold, 1852.
Cette Linguatule n’est encore connue qu’à l’état larvaire. Elle est allongée, cylindrique, annelée, arrondie en avant, terminée en cône obtus en arrière, aplatie à la face ventrale, longue de 13““, 4, large de 2““,2o. Le corps est blanc de lait; au voisinage de la bouche se voient quatre crochets jaune d’or ; l’intestin, vu par transparence, est jaune ou verdâtre. Le nombre des anneaux serait de 23, d’après le dessin publié par von Siebold; Pruner dit avoir reconnu dans leurs intervalles, à la face ventrale, deux rangées de stigmates. Le bord postérieur des anneaux est dépourvu de spiculés, ou du moins ne porte que des spiculés de petite taille.
Ce parasite n’a encore été trouvé que par quatre observateurs. Pruner l’a vu deux fois au Caire, enkysté dans le foie des Nègres : c’était là la première observation de Linguatule chez l’Homme; ce même auteur l’a trouvé chez la Girafe. Bilharz le vit également chez deux Nègres, dans un grand nombre de kystes situés sous la capsule de Glisson ; des kystes semblables se trouvaient sous la muqueuse de l’intestin grêle.
D’autre part, Aitken a fait connaître deux cas, d’après des exemplaires du Musée pathologique de Nestley. Le premier cas, constaté parle D'' Kearney, se rapporte à un Africain d’environ vingt et un ans, qui s’était enrôlé dans le 5® West India Régiment, à la Jamaïque, et qui, quelques mois auparavant, était venu de Sainte-Hélène. Le lobe inférieur du poumon droit renfermait un ou deux nodules jaunes, à l’intérieur desquels on voyait une Linguatule enroulée sur elle-même à la façon d’un
ressort de montre. La surface du foie était marquée d’environ 20 à 30 nodules semblables à ceux du poumon. Le plus long des spécimens observés avait à peine 19 millimètres de lon^ gueur.
Dans le second cas, observé par Grawford, les parasites n’existaient que dans le foie ; ils étaient renfermés dans de petites poches disséminées dans tout l’organe. Le malade était soldat au 1®" West India Régiment; il mourut à Bathurst, Gambie.
Mégnin pense que Linguatula constncta est la larve de L. moniliformis, qui habite les poumons et la cavité abdominale d’un grand nombre de Reptiles; cette opinion nous semble peu probable. Quoi qu’il en soit, l’animal est un parasite redoutable : il peut produire à la fois une pneumonie et une péritonite et amener ainsi la mort.
Pruner, Krankheiten des Onents. Erlangen, 1847. Voir p. 249.
Biliiarz, Eiii Beiti'cig zur Helminthographia humana. Z. f. w. Z., IV, p. 53, 1852. Voir p. 65. — Id., Uebersichl über die in Egypten beobachteten mensehlichen Eingeweidewürmer. Zeilschrifi der Gesellscliaft der .'Erztc in Wien, I, p. 447, 1858.
W. Aitken, On the occurrence of Pentasloma conslrictum in the human body as a cause of pain fui diseuse and dealh. Science and practice of medicine, 4‘'‘ édition. London, 1865.
Les Acariens ou Mites sont des Arachnides ordinairement de petite taille, à corps non annelé, ramassé sur lui-même; le céphalothorax et l’abdomen sont unis entre eux; l’appareil buccal est disposé pour mordre ou pour sucer; la respiration est cutanée ou trachéenne. Les sexes sont toujours séparés ; la femelle est ovipare, plus rarement ovo-vivipare. De l’œuf sort un jeune animal semblable ou non aux parents, pourvu de trois paires de pattes, rarement de quatre ; il subit une métamorphose pour arriver à l’état d’adulte pubère; la femelle subit encore une dernière transformation après l’accouple ment, pour passer à l’état de femelle ovigère.
Ces animaux sont très répandus dans la nature : les uns sont terrestres, les autres aquatiques; ils sont libres pendant toute leur existence ou mènent, au contraii’e, à des degrés très diffé-
DEMODEX FOLLICULORUM.
rents, une vie parasitaire, soit chez les plantes, soit chez les animaux; un grand nombre s’attaquent à l’Homme, mais deux seulement [Demodex folliculorum et Sarcoptes scabiei) sont de vrais parasites. Les importants travaux de Mégnin, dont nous suivrons la classification, ont éclairé d’une vive lumière l’histoire de ces animaux.
P, Mégnin, Les parasites et les maladies parasitaires. Paris, in-S® de 478 p. et atlas de 26 pl., 1880.
FAMILLE DES DÉMODICIDÉS
Les Démodicidés ou Dermatophiles sont des parasites vermiformes, glabres, à organisation rudimentaire; les pattes ne sont formées que de trois articles raccourcis; la femelle est ovipare, le jeune subit des métamorphoses. Cette famille ne renferme encore que le seul genre Demodex, dont l’espèce unique, D. folliculorum, vit dans les glandes sébacées et les follicules pileux de l’Homme et de divers animaux.
Demodex folliculorum Owen, 1843.
Synonymie : Acarus folliculorum Simon, 1842.
Macrogaster platypus Miescher, 1843.
Simonea folliculorum P. Gervais, 1844.
Entozoon folliculorum Er. Wilson, 1845.
Steatozoon folliculorum 'Et. ’SSfiXson, 1847.
En 1841, Henle, alors professeur à Zurich, découvrit ce parasite dans les glandes sébacées du conduit auditif externe, chez un cadavre humain. Prenant la tête pour la queue, il décrivit à cette dernière quatre paires de saillies armées de crochets et comparables au disque de ventouses de certains helminthes {Octobothrium, Gyrodactylus), raison pour laquelle il le rangea parmi les Vers.
L’année suivante, Gustave Simon, de Berlin, découvrit à son tour le parasite dans les comédons de l’aile du nez, chez trois Hommes parfaitement sains et très propres, dont l’âge était de 40, 30 et 22 ans; 1 animal fut cherché en vain chez sept autres personnes. Simon examina encore les glandes de l’aile du nez chez dix cadavres (deux nouveau-nés, un enfant de trois ans et sept adultes des deux sexes): sur huit de ces cadavres, dont sept avaient des comédons, il trouva le parasite, soit dans les follicules pileux malades, soit dans les follicules sains. Il reconnut en lui un véritable Acarien et le considéra
comme capable d’irriter les glandes sébacées et de produire ainsi les
comédons et les pustules d acné.
L’étude de cet animal fut alors reprise par Miescher, par Valentin qui le trouva sur lui-même, par Wilson et Tulk en Angleterre, puis par Gruby en France. Les travaux plus récents de Mégnin et de Csokor ont achevé de nous le faire connaître.
Deimdex foUiculorum (fig. 576) rappelle assez l’aspect de Lingualula serrata, mais la taille est différente : le mâle est long de 0““,30 environ, la femelle ovigère mesure de 0““,36 à 0“”,40. Le corps est effilé, totalement glabre et assez nettement divisé en deux parties. Le céphalothorax est rigide, aplati à la face inférieure, convexe à la face supérieure, délicatement strié en différentes directions. L’abdomen est allongé, mou, conoïde et finement strié en travers.
L’appareil buccal ou rostre fait saillie à l’extrémité antérieure et est recouvert dans sa partie postérieure par l’épistome, qui se prolonge lui-même latéralement par deux lamelles analogues aux joues des Sarcoptides. Le rostre est long de 30 [t, large de 30 tx à sa base dans l’un et l’autre sexe, et com- ^^modex fblHcu- pre^d ; une paire de mâchoires ou maxilles soudées lorum. plus ou moins loin par leur base et adhérant au
premier article des palpes ; une paire de paires maxillaires à quatre articles, le premier cylindroïde et de grande taille, le dernier portant deux papilles aiguës et un fort crochet à pointe tournée en arrière ; une paire de mandibules ou chélicères soudées par la base, fixes et ayant l’aspect de stylets lamelleux, tronqués à leur extrémité ; enfin une languette impaire, mobile et triangulaire, située à la face supérieure des mâchoires. Les articles basilaires des palpes présentent à leur face dorsale, près du bord externe, une paire de tubercules punctiformes, que Wilson considérait comme des yeux et qui donnent simplement insertion à des muscles se distribuant à la tête ou au thorax. Trois paires de papilles semblables se voient également sur les parties latérales de la face dorsale du thorax : Wedl les considérait comme des stigmates, mais cette opinion a été reconnue fausse par Landois; pour Geber, ce seraient des sortes de spiculés particuliers au sexe mâle.
Un sillon circulaire sépare la tête du thorax. Celui-ci est long de
DEMODEX FOLLICULORUM.
9b à 100 [A et large de 45 jj-; vu par la face ventrale, il présente de chaque côté quatre épimères ou tiges chitineuses résultant d’un renforcement de la cuticule : les épimères prennent naissance sur le bord latéral, se portent transversalement et se rencontrent sur la ligne médiane; là, ils sont réunis les uns aux autres par un sternite longitudinal qui divise la face inférieure du thorax en huit petits carrés ouverts sur les côtés et dont le dernier s’ouvre en outre postérieurement.
A la naissance de chaque épimère s’attache un membre à trois articles : la hanche ou coxa a la forme d’un tronc de pyramide à trois faces ; la jambe ou tibia est conique ; le tarse est un simple tubercule surmonté de deux ongles mousses, dont l’interne est le plus grand.
La taille de l’abdomen diffère notablement dans les deux sexes, ce qui explique la différence dans la longueur totale du corps : chez la femelle ovigère, il est arrondi en arrière et environ un quart plus long que chez le mâle.
La bouche s’ouvre entre les mâchoires ; l’œsophage chitineux court d’avant en arrière et se dilate en estomac au niveau de la dernière paire de pattes; l’intestin est rétréci et revêtu d’une cuticule. L’anus s’ouvre à la base et à la face ventrale de l’abdomen, sous la forme d’une fente longitudinale et médiane, longue de 10 à 15 (a. L’appareil circulatoire ne semble pas exister. 11 en est de même pour l’appareil respiratoire; pourtant, Leydig et Csokor ont décrit deux systèmes de trachées communiquant entre eux à la partie postérieure de la tête et s’étendant de là jusqu’à la dernière paire de pattes. On peut rapporter au système nerveux deux masses granuleuses latérales, qui siègent au niveau du sillon séparant la tête du thorax et qui émettent des filaments délicats.
Les organes génitaux sont contenus dans l’abdomen et se voient assez facilement à travers le tégument. L’organe mâle comprend un testicule et un canal déférent : ce dernier s’ouvre au dehors par un petit orifice situé un peu en avant de l’anus, mais en arrière de la dernière paire d’épimères, et dans lequel on remarque, à l’époque de l’accouplement, un pénis ayant la forme d’un tronc de cône. L’organe femelle comprend un ovaire et un oviducte qui débouche dans la terminaison du rectum.
On n’est pas d’accord pour savoir si la femelle est ovipare ou vivipare. La première opinion est celle de Simon, Wilson, Owen, Leydig, Csokor, Geber et Railliet; la seconde est celle de Wedl etMégnin.
L’œuf est cordiforme ou fusiforme, long de 60 à 80 large de 40 à 50 [J, et entouré d’une mince membrane; il donne naissance à une larve hexapode qui présente déjà le rudiment des pièces buccales et
des trois premières paires de pattes. Une mue survient et la larvedevient octopode, par suite de l’apparition des deux dernières pattes.
A la suite d’une seconde mue, la larve s’est transformée en nymphe: son rostre et ses pattes sont définitivement constitués, mais les organes génitaux manquent encore, comme l’indique le faible développement de l’abdomen ; ces organes se développent sans que l’animal subisse une nouvelle mue. Les individus sexués sont rares et assez difficilement reconnaissables au milieu des nymphes qui ont la même apparence ; mais la présence des œufs ou des larves hexapodes est un signe certain de la présence des adultes.
Le Démodex se trouve très ordinairement dans les glandes sébacées du visage, du nez, des lèvres, du front et des joues; Henle et Berger l’ont vu dans le cérumen, Majocchi dans les glandes de Meibom, Wilson au ventre, Remak au dos, Gross sur le mont de Yénus et Gruby en d’autres régions encore. Le parasite occupe de préférence le conduit excréteur de la glande, qui se dilate en ce point ; la tête est toujours tournée vers le fond de la glande, les pieds sont appliqués contre la paroi.
Le nombre des parasites renfermés dans une môme glande varie suivant l’état de celle-ci. Les glandes sébacées normales n’en renferment pas ou n’en renferment que I ou 2, rarement 3 ou 4. Les comédotis en contiennent ordinairement de 2 à 6, d’après les observaèops de Simon sur le cadavre, aussi bien que sur le vivant; parfois on en trouve 11, 13 et même, suivant Gruby, jusqu’à 16 et 20; sur le cadavre, Henle les a trouvés encore vivants au bout de six jours.
Le parasite s’observe à tout âge, sauf chez les très jeunes enfants ; Geber l’a vu sur des enfants de deux ans et de quatre ans ; il y est très rare, mais devient beaucoup plus fréquent à 1 âge adulte. Gruby l’a vu 40 fois sur 60 personnes et 2 fois sur 3 cadavres : il conclut donc à son existence chez la plupart des individus et à toutes les époques de l’année, conclusion qui est^ également celle de Wilson et de Geber; toutefois, Mégnin dit ne 1 avoir observé que chez un dixième environ des hommes d’un régiment d’artillerie.
On peut trouver le Démodex dans des glandes parfaitement saines . aussi certains auteurs, tels que Geber, lui refusent-ils tout rôle pathogénique. D’autres admettent avec Simon et
DEMODEX FOLLICULORUM.
Gîuby que sa présence prolongée et son accumulation dans les glandes finissent par irriter celles-ci et causent ainsi l’inflammation, puis la purulence caractéristique de l’acné ; l’action du parasite dans l’kiologie de cette affection n’est sans doute pas négligeable, mais se réduit pourtant à fort peu de chose.
Des Démodex ont été signalés chez un certain nombre de Mammifères : chez le Chien, dans les follicules pileux de toute la surface du corps, parTopping, Tulk etCruby; chez le Chat, au nez et dans l’oreille, par Leydig et Mégnin; chez la Chèvre, à la région des côtes, par Niederhausern, puis par Railliet etNocard; chez le Renard et le Cheval, par Gros ; chez le Bœuf, par Gros et Faxon ; dans les glandes de Meibom du Mouton, par Oschatz; chez le Porc, par Csokor, en 1878; enfin, chez un Chiroptère ÇPhyllostoma) de Surinam par Leydig, en 1859.
Toutes ces formes représentent-elles autant d’espèces ou simplement des variétés d’une seule et même espèce? La question n’est pas encore tranchée. L’unicité du Démodex est admise par Gruby, Heubner, Darin, Railliet, mais est contestée par Leydig, Csokor, Geber, etc.
Divers observateurs ont tenté de transplanter le parasite d’un animal sur l’autre ou de l’animal sur l’Homme, mais leurs tentatives ont donné des résultats douteux (Friedberger, Martin) ou même complètement négatifs (Martemucci, Rivolta). La question reste donc pendante ; elle ne présente du reste que peu d’intérêt au point de vue médical, en raison de la réelle innocuité du parasite. Le Chien et le Porc ne jouissent point à cet égard du même privilège que l’Homme : chez eux, le Démodex détermine une très grave affection cutanée.
Carus et Engelmann, Bibliotheca zoologica, I, p. 468. ïaschenberg, Bibliotheca zoologica, II, p. 1274.
J. Henle. Berichtüb. die naiurf. Gesellschaft in Zürich. Beobacbter ans der ôstlichen Scfaweiz. Zûricb, dec. 1841. — Id., Bericht über die Arbeiten im Gebiet der rationellen Pathologie. Zeitschrift für rat. Medicin, III, p. 1, 1844. Voir p. 28.
G. Simon, Swr les Acares vivant dans les follicules pileux de l’Homme, en santé et en maladie. Archives de médecine comparée par Rayer, I, p. 45, 1843.
F. Miescher, Ueber einen neuen Parasiten der menschlichen Haut. Vorhandl. der Baseler naturf. Gesellschaft, V, p. 191, 1842.
Erdl, üeber den Acarus folliculorum. Gelehrte Anzeigen der k. baierischen Akademie, XVII, p. 143, 1843.
G. Valentin. Repertorium für Anatomie und Physiologie, VIII, p. 248, 1843. Fr. Leydig, Ueber Haarsackmilben und Krützmilben. Archiv für Naturges-
cbichte, XXV, p. 338, 1859.
Edw. Sparks, On a diseuse of the skin produced by the Acarus folliculorum , illustrated by cases observed in the dog. Mcdico-chirnrgical Transactions, LVII, p. 239, 1874.
Darin, Lettre sur le Demodex ou Acarus des follicules. Gazette des hôpitaux p. 807, 1874.
G. Wedl, Ueber die Haarsackmilbe (Acarus folliculorum). Zeitschrift der Gesellschafc derÆrzte zu Wieu, IV, p. 177, 1847.
Majocchi, L’acaro dei follicoli nelle glandole Meibomiane dell’ iiomo. Atti deir Accad. di med. di Roma, V, p. 43, 1879.
Laulanié, Sur une pseudo-tuberculose cutanée du Chien, provoquée par le Demodex folliculorum. Compte rendu de la Soc. de biologie, p. 658, 1884.
FAMILLE DES TROMBIDIDÉS
Les Trombididés constituent une famille importante, dont les nombreuses espèces sont vagabondes ou parasites des végétaux ; un petit nombre seulement sont parasites des animaux ou de l’Homme. Ce sont des Acariens avec ou sans yeux, dont le rostre, en forme de suçoir conique, renferme une paire de mandibules diversement conformées; ce rostre est accompagné de palpes plus ou moins volumineux, portant des crochets soit sur l’avant-dernier article seulement, soit sur le dernier, soit sur les deux derniers. Les pattes, à o ou 6 articles, sont terminées par des ongles crochus qu’accompagne ou non un cirre ou une caroncule étroite et velue. L’appareil respiratoire trachéen s’ouvre au dehors par une ou plusieurs paires de stigmates. Le corps est mou, plus ou moins velu ; le squelette est réduit aux épimères.
La famille des Trombididés se divise en onze tribus : trois seulement nous intéressent, celles des Cheyléüdes, des Tétranycides et des Trombididés.
Les Cheyléüdes sont caractérisés par leurs mandibules styliformes et par leurs palpes dont l’avant-dernier article s’allonge en un fort crochet.
Cheyletus eruditus Latreille, 1806.
Synonymie : Acarus eruditus Schrank, 1781.
Tyroglyphus Mericourti Laboulbène, 1851.
Acaropsis pectinata Moquin-Tandon, 1860.
A. Mericourti Moquin-Tandon, 1860.
Cet Acarien abonde dans les vieux livres (d’où son nom spécifique), dans le vieux linge, la vieille charpie, les vieilles éloupes, les fourrages altérés et moisis, la poussière des fenils et des greniers. Le Boy de Méricourt l’a observé à Terre-Neuve, sur un officier de ma-
PEDIGULOIDES VENTRIGOSUS.
rine : trois individus furent recueillis au milieu du pus qui s’écoulait de l’oreille, après une inflammation du conduit auditif; ils avaient probablement été portés en cet endroit par la charpie ou les linges à pansement. Laboulbène les décrivit tout d’abord sous le nom de Tyroglyphiis Mericourti (fig. 577), mais reconnut plus tard la véritable nature de l’animal.
Ce même Acarien a été souvent rencontré par Mégnin sur des Chevaux, avec d’autres Acariens des fourrages tombés c mme lui du râtelier.
Récemment, Picaglia a attribué à celte espèce une dermatose observée chez le Cheval et ressemblant à celle que produit Bermanyssus gallinæ : il base son opinion sur ce fait insuffisant, que le foin dont se nourrissait le Cheval renfermait un grand nombre de Cheylètes .
Leuckart a encore reconnu cet animal dans des Acariens qui lui avaient été envoyés d’Angleterre : par suite de la restauration de l’église Saint-Pierre, à Londres, les tombes avaient été ouvertes et nettoyées ; il se répandit alors, sur les ouvriers et les fidèles, des myriades d’animalcules.
Al. Laboulbène, Description de quelques Acariens et d’une Bydrachne. Ann. de la Soc. entomol. de France, (2), IX, p. 295, 1851. Voir p. 800.
L. Picaglia, Sopra una particolare dermatosi del cavallo. Atti délia Soc. dei naturalisti di Modena. Rendiconti delle adunanze, (.8), II, p- 86, 1884.
Pediculoïdes ventricosus Caneslrini, 1888.
Synonymie ; Heteropus ventricosus Newport, 1850.
Acarus tritici Lagrèze-Fossot, 1851.
Physogaster larvarum Lichtenstein, 1868.
Sphærogyna ventricosa Laboulbène et Mégnin, 1885.
Le mâle (fig. 378), long de 0““,12 et large de 0““‘,03, est de forme O ale. Son corps, beaucoup plus ramassé que celui de la femelle, est aplati, anguleux latéralement, à face dorsale un peu bombée et présentant six paires de poils. En arrière se voit un plastron chitineux, lyriforme, grenu, élargi en avant, et dont le bord postérieur tronqué sert d’armature à l’organe génital qui est terminal.
Les pattes sont cylindriques, à cinq articles et disposées en deux
groupes; les deux paires anterieures, rapprochées du rostre
Fig. 578. — Pediculoïdes venlricosus, d’après Laboulbène et Mégnin. Mâle vu par la face dorsale.
celles du mâle. Les stigmates S(
marginales, un peu infères, s’articulent à des épimères soudés deux à deux par paires et rappelant ceux des Sarcoptides ; les épimères des deux paires de pattes postérieures restent libres.
Les stigmates arrondis s’ouvrent sur la face dorsale, entre les hanches des pattes antérieures.
La femelle non gravide (fig. 579) est longue de 0““,20 et large de O^^jOT. Elle est allongée, cylindroïde et présente deux paires de soies sur l’abdomen et une paire de soies anales. Les pattes sont plus allongées et plus grêles que t plus marginaux et sont accom¬
pagnés en arrière d’une forte soie, en-avant et en bas d'un cirre spa-
''emelle non gravide.
Fig. 580. — Femelle un peu plus avancée dans son développement.
tuliforme rappelant celui certains Oribatides.
qui accompagne ces mômes orifices chez
PEDICULOIDES VENTRICOSUS.
La femelle est ovo-viviparè. Après la fécondation, quand les œufs commencent à se développer, on la voit subir de curieuses transformations : le tronc, le tborax et le rostre restent semblables à ceux de la femelle non gravide, mais l’abdomen se dilate en une sorte de spbère qui atteint des dimensions vingt fois plus considérables que le corps et qui présente à sa surface une douzaine de nervures servant à la rattacher au reste du corps (fig. 580 et 581). 11 y a là quelque chose d’analogue à ce qui s’observe chez la Puce pénétrante et chez les Termites.
La sphère abdominale (fig. 581) est d’une couleur jaune plus ou moins foncée et opaque. Elle est remplie d’œufs et d’embryons à tous les degrés de développement. On en voit sortir des individus adultes, mâles et femelles, qui se fécondent en quelque sorte en naissant, ce qui fait qu’il n’y a ni larve hexapode ni nymphe, et que tout le développement est intra-utérin.
Il est facile déjà, pendant le cours du développement, de distinguer les œufs qui donneront des mâles de ceux qui donneront des femelles ; dans l’utérus, les embryons destinés à produire des femelles sont toujours accolés deux à deux et tête-bèche dans un œuf allongé qui se sépare en deux parties contenant chacune un embryon.
Le Pédiculoïde ventru semble être normalement parasite des larves d’insectes. Newport l’a trouvé sur une larve de Monodontomerus, qui était elle-même parasite dans le nid d’un autre Hyménoptère, Ânthophora retusa. J. Lichtenstein, de Montpellier, Ta vu vivre aux dépens de toutes sortes de larves d’Hyménoptères et produire de la sorte de grands dégâts dans ses cages à éducation. Laboulbène Ta trouvé dans les galeries à métamorphose de Goræbus bifasciatus, Coléoptère -nuisible au Chêne vert; divers observateurs avaient pris la femelle ovigère pour Tœuf même du Coléoptère. Enfin, aux États-Unis, Webster signale la même espèce et dit qu’elle est très utile, en détruisant la larve de la Teigne du Blé, Gelechella cerealella.
Cet Acarien nous intéresse en raison des accidents qu’il peut occasionner quand il est transporté sur le corps de THomme.
1° Cas de Lagrèze-Fossot et Montané. — En 1849, un propriétaire d’Espalais (Tarn-et-Garonne) vendait sa récolte de blé à un commissionnaire de la Magistère ; l’acheteur n’en prit livraison que six mois plus tard, en juin 1850. Dans cet intervalle, le blé ne fut ni pelleté ni
Eig. 681. — Femelle ovigère.
ventilé. Le jour de la livraison, les hommes employés au transport des sacs, ainsi que le mesureur et l’acheteur, éprouvèrent de vives démangeaisons. Le mesureur, ne pouvant résister à la douleur cuisante qu’il éprouvait sur tout le corps, alla se baigner dans la Garonne; il fut guéri en sortant de l’eau.
L’acheteur expédia ce blé en partie à Bordeaux, en partie à Moissac. Dans ces deux villes, le déchargement dut bientôt cesser, les ouvriers refusant de continuer leur travail. Tous se plaignaient d’une vive démangeaison à la poitrine, aux bras, à la face, autour du cou et sur les épaules; quelques-uns la disaient plus intolérable que celle occasionnée par la gale. Chez la plupart, cette irritation cutanée fut suivie d’une éruption de boutons plus ou moins enflammés, dont quelques-uns renfermaient un peu de sérosité.
Ces faits causèrent une vive émotion sur les quais de débarquement de Bordeaux et de Moissac, Des rumeurs sinistres circulèrent: on prétendit que le blé avait été empoisonné. L’autorité intervint et, malgré un rapport erroné du conseil de salubrité, on reconnut que les accidents trouvaient une explication suffisante dans la présence parmi le blé d’un nombre considérable de petits Acariens. Le blé luimême était de belle qualité et ne renfermait aucune trace de matière toxique : lavé dans des tonneaux avec de l’eau, puis séché au soleil, il fut entièrement débarrassé des Mites, et les portefaix qui le transportèrent après cette opération n’éprouvèrent aucune démangeaison.
2“ Cas de Rouyer. — Pendant l’été de 1866, une maladie cutanée sévissait épidémiquement dans un grand nombre de communes du département de ITndre. Après de longues pluies, le blé avait été tacheté et les paysans qui étaient occupés à le remuer étaient atteints d’une éruption prurigineuse sur toutes les parties exposées. Des individus qui n’avaient pas touché le blé, mais qui couchaient au-dessous des greniers, furent atteints également. La maladie débutait par un prurit très pénible, qui durait seulement quelques heures : la peau rougissait, puis la maladie cessait au bout de trois ou quatre jours, soit spontanément, soit à la suite de simples lotions vinaigrées. Rouyer vit à la surface de la peau des malades un très grand nombre d’ Acariens; il retrouva la même espèce dans le blé avarié. L’examen des animalcules fut fait par Ch. Robin, qui reconnut des Acariens à l’état de nymphes octopodes, n’ayant pas de long, et les rapporta au genre Oribates ; l’adulte n’a pas été vu.
Les accidents occasionnés chez l’Homme par le Pédiculoïde tiennent à la salive venimeuse dont celui-ci est doué. Cette salive, inoculée aux larves et aux nymphes d’insectes sur lesquelles vit l’Acarien, est la cause principale de leur mort. Elle est produite par
TARSONEMUS MONüNGUICüLOSUS.
quatre paires de glandes vésiculeuses, disposées le long de l’œsophage et s’ouvrant dans le pharynx.
G. Newport, Further observations on the habits of Monodontomerus ; with some account of a new Acarus [Eeteropus ventricosus), a parasite in the nests of Anthophora retusa. Trans. of the Linnean Soc. of London, XXI, p. 95, 1850.
A. Lagrèze-Fossot et R. -J. Montané. Recueil agronomique de la Société des sciences” agriculture et belles-lettres du département de Tarn-et-Garonne, XXXII, n» 2, 1851. ^ ^
Ch. Robin et Rouyer, Eruption cutanée dm a l Acarus du blé. Compte rendu de la Soc. de biologie, (4), IV, p. 178, 1867.
A. Laboulbène et P, Mégnin, Mémoire sur le Sphærogyna ventricosa. Journal de l’anatomie, XXI, p. 1, 1885.
Tarsonemus monunguiculosus R. Bl., 1889.
Synonymie : Chrithoptes monunguiculosus Geber, 1879.
Kritoptes monunguiculosus Geber, 1884.
Acarus hordei Geber, 1884.
Tarsonemus uncinatus Flemming, 1884.
T. intectus Karpelles, 1885.
Cet Acarien est très voisin du précédent et mérite peut-être d’être rangé dans le genre Pedlculoides, dont il se rapproche, entre autres caractères, par l’existence d’un appendice claviforme situé sur le bord latéral, entre les deux premières pattes. Il peut passer accidentellement sur l’Homme et produire alors des exanthèmes accompagnés de vives démangeaisons.
1° Cas de Geber. — Dans les premiers jours de juin 1879, on reçoit à une station de chemin de fer, non loin de Klausenburg, des sacs d’orge provenant de la Basse-Hongrie. Au bout de quelques minutes, les ouvriers occupés à décharger ces sacs sont pris de telles démangeaisons, qu’il leur est presque impossible de continuer leur travail ; ces démangeaisons sont dues à des animalcules que le microscope permet de reconnaître comme constituant presque exclusivement la poussière qui tombe des sacs, quand on vient à les remuer. Au bout de dix jours, l’inflammation de la peau est encore considérable. L’animal est blanc jaunâtre, long de 22 p, en moyenne, uniquement à l’état de nymphe octopode. Des essais de culture sur les Souris et dans la terre humide ne donnent aucun résultat satisfaisant.
2° Cas de Koller. — En 1882, un bateau amène de Calafât à Budapest 216 sacs d’orge : tous les ouvriers qui travaillent à les décharger sont atteints des mêmes symptômes que dans le cas précédent. Koller considère l’Acarien comme une nymphe d’Oribate; il se rappelle avoir observé, quelques années auparavant, un cas identique chez
quatre ouvriers qui déchargeaient du blé; il pense que, là encore, la cause était la même.
Horvâth rapporte ce même cas et croit aussi que l’Acarien est une nymphe d’Oribate.
3» Cas de Flemminfj. — Des ouvriers de Klausenburg, en déchargeant du blé venu de Russie, sont atteints soudain d’un exanthème causé par des Acariens, que Flemming décrit sous le nom de Tarsonemus undnatus. Kramer a montré depuis que la forme décrite par Flemming comme adulte appartenait au genre Pygmephorus.
4“ Cas deKarpelles. — En juin 1883, on amène de Bulgarie à Steinbruch, près Budapest, 2,o00 quintaux d’orge. Les ouvriers occupés à transporter celle-ci sont envahis par une Mite de couleur blanche, qui provoque l’apparition d’un exanthème analogue à l’urticaire, caractérisé par des vésicules rougeâtres, grosses comme un grain de Pavot ou de Mil et accompagné d’un prurit violent ; l’orge égrugée ne renferme pas d’Acariens. Ceux-ci sont à l’état de nymphe ou à l’état adulte et mesurent alors environ 0““,3d.
Tarsonemus monunguiculosus est encore peu connu, malgré l’étude que Karpelles en a faite. 11 semble être assez répandu dans les pays riverains du cours inférieur du Danube et dans le sud de la Russie.
E. Geber, Bôrlobok eddig nem ismcrl alkafaj dllal okozva. Orvosi hetilap,
XXI, p. 137, 1877 (en magyar). — Id., Entzûndliche Prozesse der Haut, durcli eine bisjelzl nicht beslirnmle Milbe verursacht. Wiener med. Presse, XX, p. 1361, 1395 et 1478, 1879.
J. Koller, Gabonàn élôskôdij alkafaj dlczài dltal okozoll bbrbetegség ûjable esetei. Orvosi hetilap, XXVI, p. 821, 1882 (en magyar). Pester med. chir. Presse, n® 36, 1882.
G. Horvâtli, Jelentés az orszâgos phylloxera-kisérleti dllomds \8S2-ik évi mükodésérôl. Budapest, 1883 (en magyar).
J. Flemming, Ueber eine geschlechtsreife Form der als Tarsonemus beschriebenen Tiere. Zeitschrift für Naturwissenschaften, (4), III, p. 472, 1884. Kramer, Zu Tarsonemus undnatus Flemming. Ibidem, p. 671, 1884.
L. Karpelles, Eine auf dem Menschen und auf Getreide lebende Milbe [Tarsonemus inlectus n. sp.). Anzeiger der k. k. Akad. der Wiss. zu Wien,
XXII, p. 160, 1885. — Id., Egy érdekes üj atka-faj. Math. term. értesltô, IV, p. 58, 1886 (en magyar). — Id., Eine intéressante Milbe. Alath. und naturw. Berichte aus üngarn, IV, p. 45, 1887.
Les Tétranycides sont caractérisés par leurs mandibules styliformes, dont le stylet a sa base longuement repliée, par leurs palpes dont les deux derniers articles portent des crochets, par la présence de deux yeux; des stigmates impairs s’ouvrent sur le dos; les deux premières paires de pattes sont très éloignées des postérieures.
TROMBIDIUM HOLOSERIGEUM.
Tetranychus molestissimus Weyenbergh, 1886.
Cet Acarien est extrêmemeot commun dans la République Argentine et dans l’Uruguay, où on le connaît sous le nom de Bicho Colorado à cause de sa couleur rouge. 11 se tisse une toile à la face inférieure des feuilles de Xanthium macrocarpim et s’y tient blotti pendant la plus grande partie de l’année; de décembre à janvier, il l’abandonne pour passer sur quelque animal à sang chaud, à l’occasion sur l’Homme. L’implantation de son rostre dans la peau détermine une démangeaison insupportable. Haller rapproche l’exanthème qu’il produit de l’affection analogue dont Delegorgue eut à souffrir à Natal et qui était causée par des « milliers de Tiques roussâtres, dont les proportions étaient infiniment petites. »
Ad. Delegorgue, Voyage dans l’Afrique australe. Paris, 1847.
A. L. Donnadieu, Recherches pour servir à l’histoire des Tétranyques. Lyon et Paris, 1875.
6. Haller, Vorlaufige Nachrichten über emige noch wenig bekannte Mtlben. Zoolog. Anzeiger, IX, p. 52, 1886.
G. Fritsclî, Bemerkung zu Herrn Haller's Aufzatz. Ibidem, IX, p. 229, 1886. ■
Les Trombidides proprement dits sont caractérisés par leurs mandibules unguiculiformes, leurs téguments mous et sans anneaux distincts et leurs palpes dont le dernier anneau, en forme de m.assue, s’articule avec la base du précédent. La surface du corps est veloutée ; les deux stigmates s’ouvrent à la base des mandibules. Les yeux sont pédonculés [Trombidium) ou sessiles {Ottonia) .
Ces animaux sont phytophages ; toutefois la larve des Trombidions est carnassière ; elle s’attaque aux Arachnides, aux Insectes, etc. La larve de Tr. holosericeum, l’une des trois espèces indigènes, s attaque même aux Mammifères et à l’Homme.
Trombidium holosericeum Fahricius, 177.6.
Synonymie : Leptus autumnalis Latreille. 1796.
Acarus autumnalis Shaw.
Acarus holosericeus Linné.
Tetranychus autumnalis Murray, 1884 ?
Le Trombidion soyeux (fig. 582) est commun au printemps et jusqu’en août; il abonde dans les jardins. En avril, on trouve quelques mâles et beaucoup de femelles; à la fin de mai, on ne rencontre plus que des femelles fécondées ; la ponte a lieu en juin et juillet. L œuf,** Blanchard. — Zool. méd. U-
d’abord de couleur orangée, devient coriace, brun foncé et éclot se divisant en deux segments égaux.
II en sort une larve hexapode presque sphérique (flg. 583) de cou
cmm, vu par la face ventrale et grossi 8 fois.
ig. Ô83. — Larve de Trombidium holosericeum vue par la face ventrale et grossie près de 100 fois, d’apres Mégnin. v'I
leur rouge orangé, longue de 0«“, 23, large de 0”“,i9 ; en arrière de la dernière paire de pattes, un sillon circulaire peu profond divise le corps en deux parties à peu près égales. Vu par la face dorsale, le céphalothorax al’apect d’un plastron portant en son milieu deux stigmates circulaires, à bords saillants et munis chacun d’un poil protecteur; cinq autres poils plus petits forment un demi-cercle en avant des stigmates. En arriéré de ceux-ci et de chaque cote, le plastron porte encore un œil simple. A la face inférieure, les épimères des pattes se présentent sous forme de larges plaques correspondant aux hanches ; ces deux premières paires se réunissent en une paire de chaque côté; ceux de la dernière paire sont libres. La hanche delà patte antérieure porte un grand stigmate circulaire à rebord saillant. Sur toutes les parties non occupées par le plastron et les épimères, e tegurnent est mou, extensible, finement strié en travers et planté de quelques, rares poils symétriques.
Le rostre est court, cylindro-conique et s’attache au céphalothorax par une P aque résultant de la soudure des deux maxilles et creusée en gou lere, e manière à former un tube presque complet, taillé en avan en ec ® P^ume. Çette plaque donne insertion de chaque côté l’avisseur à cinq articles : le deuxième est très d-mi lermioal est orné de soies el
nette et oli mandibules ont la forme d’une lame de ser-
•dk ne neSr -r" ''’ints est une courte fente mé¬
diane percee au m.lteu de 1. face inférieure de l’abdomen.
TROMBIÜIUM llOLOSERICEUM.
Les pattes sont cylindriques, effilées, à six articles, comme chez l’adulte; les deux derniers sont les plus longs, le terminal porte trois crochets, dont le médian est le plus long.
Dès qu’elle est éclose, la larve erre à la récherche d’un animal, aux dépens duquel elle puisse se nourrir; elle se fixe ainsi au tégument d’un Insecte et surtout d’un Vertébré (Poule, Lièvre, Chauve-Souris, Chat, Chien, Taupe, etc.). Elle implante ses mandibules dans la peau et, la nourriture étant abondante, grandit insensiblement jusqu’à ce que sa taille primitive soit au moins quintuplée; la croissance porte uniquement sur l’abdomen; le céphalothorax conserve les mêmes dimensions et le même aspect que précédemment, si ce n’est que les épimères des pattes postérieures se sont un peu écartés des autres.
La nymphe octopode n’est plus parasite; elle est un peu moins grosse que la larve repue, dont elle ne diffère guère que par la présence d’une quatrième paire de pattes.
La larve hexapode s’attaque fréquemment à l’espèce humaine, surtout aux individus dont la peau est délicate (femmes, enfants) : on la connaît sous les noms vulgaires de Rouget, à.' Aoûtat, de Vendangeur, etc., en raison de sa couleur ou de la saison à laquelle elle se montre ; avant que Mégnin n’eût démontré ses relations avec Trombidium holosericeum, les zoologistes la désignaient sous le nom de Leptus autumnalis. Quand on traverse les jachères où elle abonde, ou bien quand, en été, on se tient à proximité des Groseillers à maquereaux (1), des Sureaux, des Haricots, etc., ou encore quand on se couche sur l’herbe des jardins ou des bois, on est souvent assailli par les Rougets. Ces animaux remontent le long des jambes et se propagent avec agilité sur toute la surface du corps; les jarretières ou la ceinture leur barrent-elles le chemin, ils s’accumulent et se fixent au niveau de l’obstacle.
Leur présence détermine une affection que Gruby a proposé d’appeler érythème automnal. La peau est le siège de démangeaisons intolérables, qui enlèvent tout sommeil et que Latreille comparait à celles de la gale; elle se gonfle, devient rouge ou même violacée ; sa surface se recouvre de plaques
(I) D’où le nom de Staehelbeerkrankheit donné à l’exanthème produit par le Rouget. Dans quelques parties de l’Écosse, par exemple dans l’East Lothian, cet animal est si abondant, au dire de White, qu’il empêche les femmes et les enfants de cueillir les groseilles.
ayant jusqu a un et deux cenlimètres de largeur, isolées ou confluentes et dont le centre est occupé par un petit point rouge qui n’est autre chose que le parasite. Le patient se gratte avec force, le plus souvent jusqu’au sang et augmente encore l’intensité de l’inflammation ; la fièvre se déclare, le derme s’infiltre de sérosités dont l’animal semble se nourrir; du moins ne trouve-t-on jamais son estomac rempli de sang.
Duméril observa chez un jeune enfant plus de 12 Rougets vivants, agglomérés à la base d’un cheveu ; il crut que les ongles des pattes étaient le principal organe de fixation et la cause unique du prurigo. Johnston, de Berwick, a vu aussi les parasites se suspendre aux cheveux en si grand nombre qu ils formaient des amas ayant l’aspect de gouttes de sang coagulé.
Oken avait reconnu dès 1835 que le Rouget s’implante dans la peau à la racine des poils. Jahn, puis Gruby et Mégnin précisèrent cette notion en démontrant qu'il insinue son rostre dans le canal excréteur des glandes cutanées, le corps entier restant au dehors ; il se fixe si fortement qu’il est exceptionnel d’obtenir l’animal intact, encore pourvu de son rostre, lorsqu’on cherche à le détacher.
Un bon nombre d’auteurs ont rapporté des cas particulièrement remarquables. Moses a vu toute une famille être envahie par le Rouget et souffrir d’une inflammation vésiculaire avec prurit insupportable.
Gudden a publié le cas d’un phtisique dont le corps entier était couvert de ces Acariens, saut le dos, qui était rendu inaccessible par le décubitus ; ils se trouvaient en nombre immense sur tout le tronc ef à la face interne des bras et des jambes -, les uns étaient libres et couraient à la surface de la peau, les autres étaient fixés et souvent réunis en groupes. Contrairement à l’opinion courante, Gudden n a pas vu les parasites se fixer à la base des poils. Il pense qu’ils avaient été amenés avec les bouquets dont l’infirmier avait coutume d’orner la salle; plus vraisemblablement ils provenaient de ce que la paillasse du malade avait été chargée de paille fraîche.
En Danemark, à Thisted, il règne tous les ans, dans la seconde moitié de l’été, un exanthème épidémique désigné par les habitants sous le nom de boutons d’août {Avgust knuder)-, il s’observe surtout chez les personnes qui vivent dans les jardins. Heiberg a reconnu qu’il était dû à l’invasion de la peau par le Rouget, que des lotions avec la teinture de Pyrèthre tuent rapidement.
trombidiüm holosericeum. 293
Tîisthenbcrg, Bibliotheca zoologica, II, p. 1278, 1284 et 1285. ,
Jahn, Die Slachelbcerkrankheit. Jenaisclie Annalen für Physiol. und Medi-
“ r \vhit^ ffenatural histovy of Selborne. London, ia-I2, 1850.
H A Pagenster, Zur Anatomie der Milben. Leipzig, 1861.
Suthworth, Acarodermatitis autumnalis. Vierteljahrssclirift für Dermatol.
"""p mSS! 'Mémoire sur les métamorphoses des Acariens en général et en Jrticuliersur celles des Trombidions. Annales des sc. nat., (6) IV, no 5, 1876.
^ H Tlenking Beitrâqe zur Anatomie, Entwickelungsgeschichte und Biologie
rSS™ Z. t- »• f ?;
J Mac Leod, De l'hermaphrodisme du Trombidium mâle. Bull, de lAcad. de Belgique, (-3), VIII, p. 393, 1884.
On connaît au Mexique, sous le nom de Tlalsahuate, un petit Acarien rouge qui vit dans le gazon et passe fréquemment sur l’Homme; il est très commun dans les terres tempérées, mais est inconnu dans les régions chaudes. Lemaire croit pouvoir rapporter a cetle espèce un animalcule d’une teinte jaune-orangé très vif, qu’il trouva entre les cils d’une fillette de quatre ans, dont les parents avaient reçu du Mexique des caisses renfermant des nattes et divers autres objets; Avec Mégnin, nous croyons simplement que le parasite en question n’était autre chose que notre Rouget mdigene.
La bête rouge, que le P. Labat signale déjà comme très abondante dans les régions chaudes de l’Amérique (Guyane, Antilles, Honduras), s’attaque à l’Homme comme chez nous le Rouget, c’est-à-dire seulement lorsqu’elle est à l’état de larve hexapode; peut-être est-el e identique au Tlalsahuate? Bonnet, qui l’a vue à la Guyane, 1 appelle Pou d’ Agouti. C’est, dit-il, un animalcule long de 0““,4, large de 0“”,3. Il fourmille à la Guyane; on le rencontre surtout dans les herbes, en savane. 11 vit sur un grand nombre de Mammifères (Agouti, Paca, Akouchi) et d’Oiseaux marcheurs; il s attaque journellement à l’Homme : on ne peut s’asseoir à terre sans en avoir sur tout le corps. 11 ne se fixe pas au point piqué, comme la. Tique, mais se déplace comme un Pou; sa piqûre n’est aucunement dangereuse, mais occasionne des démangeaisons insupportables. Berenger-teraud, qui signale son extrême fréquence à la Martinique, dit que, dans certains cas, sa piqûre « entraîne une réelle inva i a ion sujet. C’est ainsi, par exemple, que pour mon compte j’ai passe plus de trois semaines sur une chaise-longue avec un véritable p egmon à la jambe, peu de temps après mon arrivée à la Martinique, pour n’avoir pas su, dès le premier moment, qu’il existait dans le pays üe petits animaux avec lesquels il fallait compter. »
Au lapon, on connaît, sous le nom d'Akamushi, un petit animai
rouge, hexapode, long de 0“^™, 15, qui est probablement a arve
Acarien voisin de notre Trombidion. Sa morsure est reputee
dangereuse : on la considère comme la cause d’une maladie appelée tsutsuga mushi ou shima mushi, suivant les localités. Celte maladie signalée d’abord par Palm, puis étudiée soigneusement par Bælz et Kawakami, s’observe en juillet et août en certaines contrées bien circonscrites, qui, au printemps, ont été submergées par le débordement des fleuves. Après une incubation de quatre à sept Jours, elle débute par une nécrose circonscrite de la peau et aboutit à un engorgement des ganglions lymphatiques et à un exanthème cutané. Bælz a montré qu’il s’agissait là d’une maladie infectieuse et non d’une affection parasitaire.
J. Lemaii-e, Importation en France du Tlalsahuate. Comptes rendus de l’Acad. des sciences, LXV, p. 215, 1867.
G. Bonnet, Contribution à l’étude du parasitisme. Thèse de Montpellier 1870. Voir p. 63.
Th. A. Palm, Some account of a diseuse called « Sldma-mushi » or « üland-insect diseuse, » bg tfie natives of Japan; peculiar, il is believed, to that country, and hitherlo nol described. Edinburgh med. journal, XXIV p. 128, 1878.
E. Bælz und Kawakami. Dos japanische Fluss- oder Veberschwemmungsfieber, eine acute Infectionskrankheit. Virchow's Archiv, LXXVIII, p. 373, 1879.
L.-J.-B. Bérenger- Féraud, Traité clinique des maladies des Européens aux Antilles [Martinique). Paris, 1881. Voir II. p. 448.
Andr. Murray, Economie eiUomology. .Aptera. South Kcnsington Muséum science handhooks. London, s. d. (188i?)
FAMILLE DES SARCOPTIDES
Les Sarcoptidés sont des animalcules blanchâtres, longs au plus d’un millimètre; le corps est toujours mou et n’est cuirassé que dans quelques genres, chez la nymphe adventive ou hypopiale ; les yeux et l’appareil respiratoire font défaut. Les pattes sont à cinq articles et disposées en deux groupes, l’un près du rostre, l’autre près de l’abdomen: le tarse est terminé par un, rarerhent par deux ou plusieurs crochets inégaux, accompagnés ordinairement d’une caroncule vésiculeuse ou d’une ventouse membraneuse en cloche, pédonculée. Les mâchoires sont inermes, soudées avec la lèvre et la languette, de manière à former une cuiller demi-cylindrique, creuse, tronquée, sur laquelle glissent deux mandibules chéliformes, courtes, à mouvements indépendants ou plutôt alternatifs; les palpes maxillaires sont à trois articles, cylindriques et libres ou soudes en partie à la cuiller maxillo-labiale.
Cette importante famille a été divisée par Mégnin en cinq
FAMILLE DES SARCOPTIDES. 295
ti'ibiis, savoir ; les Sarcoptides détrüicoles ou Tyroglyphinés, plumkolesoxx Analgésinés, cysticoles ou Cytodüinés, gliricoles ou listrophorinés et psoriques ou Sarcoptinés. Les derniers sont des Acariens venimeux qui déchirent les téguments de leur hôte, ahn de mettre à nu les tissus sous-épidermiques et provoquer ainsi l’apparition des humeurs dont ils se nourrissent : les dermatoses qu’ils produisent sont connues sous le nom de gales. Les autres Sarcoptides nous arrêteront moins longtemps.
Les Sarcoptides détrilicoles vivent dans les substances animales ou végétales en décomposition lente ; ils comprennent les cinq genres Glyevphagus, Carpoglyphus, Tyroglyphus, Cæpophagus et Serrator. On décrivait jadis sous les noms de Hypopus, Homopus et Trichodactylus, et on considérait comme constituant des genres spéciaux, de petits Acariens qu’il est fréquent de rencontrer sur divers animaux. Mégnin a découvert que ce sont, non pas des espèces distinctes, mais simplement des nymphes transformées de Tyroglyphes, de Cépophages et de Serratprs, chargées de la dissémination et de la conservation de l’espèce. La nourriture vient-elle à manquer, les adultes et les larves meurent, mais les nymphes deviennent cuirassées, acquièrent des organes d’adhérence représentés par un groupe de ventouses sous-abdominales ; les orifices buccal, anal et vulvaire disparaissent. La nymphe hypopiale se met alors en quête d’un animal quelconque et se fixe à lui jusqu’à ce qu’il vienne à passer dans un milieu ou se trouvent de nouvelles ressources alimentaires : elle abandonne a.lors son hôte d’occasion, reprend la forme première et, à la suite d’une mue, devient sexuée et fonde une nouvelle colonie.
Les Glyciphages ne subissent pas la transformation hypopiale : dans les circonstances où celle-ci se produit, la substance entière de leur corps et de leurs pattes devient molle et gélatineuse, comme au moment de la mue, et se rassemble dans la cavité du corps en une masse sphérique qui s’entoure d’une membrane kystique. Ce kyste est donc renfermé à l’intérieur de la cuticule chitineuse vide : celleci persiste et, en raison de ses appendices et de sa légèreté, est balayée par le vent avec les grains de poussière. Vient-elle à toniber dans un milieu favorable, il se produit dans le kyste de rapi es phénomènes de bourgeonnement et un nouveau Glyciphage sort e son intérieur.
P. Mégain, Mémoire sur les Hypopus {Dugès), Acariens nommas Homopus Koch et Trichodactylus L. Dufour. Détermina i position zoologique et de leur rôle physiologique. Journal de ana i , »
p. 2?5, 1874. — Id., 'Nouvelles études anatomiques et physiologiques sur les Glyciphages. Comptes rendus de l’Acad. des sc., CIII, p. 12*6, 1886. Comptes rendus de la Soc. de biologie, (8), III, p. 524, 1886.
Glyciphagus cursor P. Gervais, 1841.
Synonymie ; Acarus domcslicus de Geer, 1735.
Glyciphagus prunorum Bering, 1838.
Sai'coptes hippopodos Bering, 1838.
Cet Acarien (fig. 384) vit sur les Oiseaux et les Insectes desséchés, sur les squelettes mal dégraissés, sur les cadavres dans les salles de dissection, sur les fruits desséchés, etc.*, on le trouve en abondance, en même temps que 6/.
spinipes, sur toutes les momies d’enfants laissées à Pair libre et arrivées à la deuxième année après la mort.
Bering l’a rencontré en abondance dans les sabots d’un Cheval dont les deux pieds de derrière étaient ulcérés ; il commit l’erreur de le considérer comme la cause de la maladie. Plus récemment, Moriggia décrivit, chez une femme de soixante-di.x ans, une corne longue de 20 centimètres, ayant 16 centimètres de circonférence à la base et se dressant sur le milieu de la face dorsale delà main droite; l’intérieur de cette corne était rempli d’ Acariens que l’on peut considérer comme des Glyciphages, d’après la figure imparfaite qu’en donne Moriggia.
C’est encore à une espèce voisine, sinon à la môme espèce, qu’il faut rapporter le parasite accidentel connu sous le nom de Gl. BusM Murray et trouvé par Busk, en 1841, à la surface d’un ulcère qu’un nègre présentait à la plante du pied.
Les magasins de sucre sont souvent envahis par ce Glyciphage ou par des espèces voisines. Les Acariens passent sur les mains des garçons de boutique ou de ceux qui manient le sucre : ils déterminent
Fig. 584. — Glyciphagus cursor.
TYROGLYPHUS SIRO. 297
.msi une inflammation temporaire qui, suivant Murray, est fréquente en Angleterre et est connue sous le nom de gale des epiciers.
G. Busk, On the occurrence of a new from a pustule in a sai-
. dtlnTSnà. Atti dell’ Accad. dette scienze di Tonne, I, p. 449, 1866.
Carmolyphus passularmn Ch. Robin, 1869, et d’autres formes voisines se rencontrent, souvent en compagnie de la precedente a la surface de figues sèches, de conserves, dans la poussière des datte ou des pruneaux, etc. Cette espèce peut être introduite dans 1 estomac a“efces rmils. ;t c'e.t ainsi que Reinhardl, de Bauleen, l'a trouves dans les vomissements.
Tyroglyphus siro Latreille, 1806.
Cet Acarien (fig. 385) vit, en compagnie de T. longior P. Gervais,
tsudTm, S”
sière qui recouvre les membres ouïes os, à la fin de la deuxième année après la mort. Ces deux animaux se rencontrent encore dans la croûte de divers fromages, dans la farine, dans la poussière des caves, des garde-man-
Fig. 585. — Tyroglyphus siro, grossi .80 fois. — À, de dos ; B, par la face ventrale.
Fig. 586. — Tyroglyphus longioi
gers, etc. Zürn dit avoir observé plusieurs fois du catarrhe stomaca et intestinal chez des individus qui mangent de préférence du ro mage aux Mites: le catarrhe disparaissait quand on cessait cet usage.
Ce même auteur ajoute que, dans certaines contrées d’Allemagne on se livre à un véritable élevage de Tyrulyphus siro, dans le but de livrer à la consommation du fromage aux Mites, dont le goût acidulé est fort apprécié des gourmets.
Laboulbène a vu T. siro dans la vieille farine de graine de Lin • à plusieurs reprises, il a encore reconnu celte même espèce dans des animalcules trouvés à la surface de plaies soignées avec des cataplasmes.
C’est encore à cet Acarien, qu’on a rapporté des Mites que Rolander, élève de Linné, aurait rencontrées dans ses selles (au dire de Nyander) dans trois cas de diarrhée. Rolander avait l’habitude de ne pas boire pendant ses repas; la nuit, tourmenté par la soif, il buvait à même un vase de bois, dont les rainures étaient habitées par une innombrable colonie d'Acariens en tout semblables à ceux qui avaient été observés dans les selles. Linné les désigna sous le nom d’Acarus dysenteriæ; Latreille y voit simplement T. siro, toutefois sans que la détermination spécifique soit assez précise. Lambl a pu voir aussi, à I hôpital des enfants à Prague, un cas dans lequel Acarus dysenteriæ se rencontrait presque dans chaque goutte des déjections dysentériques.
T. siro a été décrit et très exactement figuré par Galès comme le véritable parasite de la gale, erreur qui a été rectifiée par Raspail.
Hessling a trouvé dans la plique polonaise deux espèces d’Acariens, qu’il désigne sous les noms d'Eutursus cancriformis et Cœlognathus morsitans : il en donne une description fort imparfaite; mais, en se reportant à ses figures, reproduites par Forster, on reconnaît en ces animaux un Trichodactyle, c’est-à-dire une nymphe hypopiale de Tyroglyphe, et un véritable ïyroglyphe.
C’est probablement encore un Tyroglyphe qui a été vu au Brésil par da Silva Araujo dans la lymphe extraite du scrotum d’un éléphantiasique et par P. S. de Magalhâes dans l’urine d’un hémato-chylurique. Il est bien évident qu’il s’agit ici d’Acariens qui se trouvaient accidentellement soit sur la lamelle de verre ayant servi à faire la préparation, soit dans le récipient renfermant la lymphe ou l’urine : ce serait une faute grave que d’attribuer à de pareils animalcules la moindre importance palhogénique.
J.-C. Exanthemata viva. Linnæi Araœnitates acaderaicæ, V, p. 92.
Dissertatio LXXXII. Ei’langæ, 1757.
J.-C. Galès, Essai sur le diagnostic de la gale, ses causes et sur les consê-
Hessling, Münchner ülustrirtc Zeitung, I, p. 5 I852 pi îv,Tg. ^ Strasbourg, 1853. Voir
SERRATOR NECROPHAGUS. 299
w T ambl Mikroskopische Untersuchungen der Darm-Excrete. Prager ftir di praktiscbe Heilkunde, LXF, p. 1, 1859. Voir p. 45,
“Cpe»», Bes icariem <k la ”7“
«//pYî’p Recueil de mém. de med. militaire, (3), XXXII, p. 93, 1816-
A p da Silva Araujo, Gazota medica da Bahia, (2), II, n'’ 11, 18i7. Id.,
^ toWo ie < Lo Acariano. Ibidem, (2), III, p. 1 1878
^P.-s! de Magalhâes, Um novo Acariano. Progresso medico, no 4, lo dec.
da Silva Lima, Novo Acariano. Gaz. med. da Bahia, (j), III, p. 39.
A Nalepa Die Anatomie der Tyrogl,phen. Sitzungsber. der Wiener Akad. der Wiss.! 1. Abth., XC, p. 197, 1881 ; XCII, p. 116, 1885.
Cæpophagus echinopus Mégnin, 1880.
Synonymie ; Tyroglyphus echinopus Fumouze et Ch. Robin, 1867.
Cette espèce, la seule du genre, abonde sur les bulbes des Liliacées qui commencent à s’altérer, sur les tubercules de Pomme de terre et sur d’autres matières végétales mortes. Mégnin la reconnue dans un Acarien rencontré par Baratoux, en 1878, dans le conduit auditi d’une femme atteinte d’otorrhée et se faisant des injections de décoction de racine de Guimauve. Dans le procès de Villemomble (disparition d’Élodie Ménètret), Mégnin .a pu, par l’etude des générations successives de ce même Acarien, tirer des conclusions fort importantes au point de vue médico-légal et arriver ainsi a la détermination précise de l’époque à laquelle des ossements humains avaient été enfouis dans la terre.
p. Mégnin, V„ mmel exea,ple ie l’applicalio. de médecine %aie.'Comptes rendus de la Soc. de
G. Ÿovanovitch, Entomologie appliquée à la medecme legale. Thèse de
Paris, 1888.
Serrator necrophagus Mégnin, 1888.
Cet animal se trouve en abondance sur les cadavres momifies, dans les mêmes conditions que Glyciphagus cursor, Gl. glyphussiro et T. longior. Le mâle mesure 0“-,39 sur 0 ,21, la
femelle 0““,56 sur 0““,3l; le corps est blanc jaunâtre, opaqu , presque glabre, rectangulaire, à angles arrondis. Le rostre es leux, en boutoir; les mandibules sont transformées chacune en une scie à dents nombreuses, irrégulières et aiguës, toiles m erieui . La nymphe hypopiale mesure 0““,22 sur 0,““16 : sa ^
de pattes est incomplète et terminée par une longue soie, men porte à la face inférieure une paire de grosses ven ou deux paires de toutes petites ventouses.
Une espèce voisine, S. amphibius Mégnin, a le corps couvert de gros tubercules portant chacun un poil court et arqué. Elle vit dans les Champignons en voie de décomposition humide, dans les conserves de légumes décomposés, dans les résidus de choucroute, etc.
Les Sarcoptides psoriques se distinguent de tous les autres par leur salive venimeuse, qui produit la gale. Ils comprennent trois genres et neuf espèces, savoir : Sarcoptes {S. scabiei Latreille, S. notoedres Delafond et Bourguignon, S. mutans Ch. Robin, S. fossor Ehlers et .S. laevis Railliet), Psoroptes {Ps. communis Fürstenberg), Chorioptcs {Ch. symbiotes Verhej', Ch. setifer Mégnin et Ch. ecaudatus Mégnin). La plupart de ces espèces peuvent vivre en parasites sur des animaux de nature diverse et, suivant leur habitat, présentent des modifications plus ou moins profondes, caractéristiques d’autant de variétés : c’est ainsi que Sarcoptes scabiei Latreille, 1806, ne comprend pas moins de neuf variétés qui sont, par ordre de taille croissante, les variétés hominis, hydrochæri, ovis, cameli, capræ, lupi, vulpis, egui et suis.
Sarcoptes scabiei var. hominis .Mégnin, 1877.
Syn-onymie : Acavus scabiei Linné, 1748.
A. exulcerans Linné ex Nyander, 17.'>7.
A. psoricus Pallas, 1700,
A. humanus subculaneus Linné ex Avelin, 1701.
A. siro Linné, 1701.
A. siro, var. scabiei Fabricius, 1775.
Sarcoptes scabiei Latreille, 1800.
Acarus brachypus Olfers, 1810. ’
Sarcoptes exulceram Nitzscli, 1818,
S. hominis Raspail, 1U,34.
S. galei Owen, 1853.
Cheyletus scabiei Cloqnet, 18 .
S. communis Delafond et Bourguignon, 18.57.
^ Le Sarcopte de la gale a une histoire des plus curieuses ; il est d’abord décrit et figuré par divers auteurs et considéré comme la cause de 1 éruption psorique, ou tout au moins comme un épiphénomène constant de cette éruption; à la fin du siècle dernier, les observateurs sont inhabiles à le déceler et on en arrive à nier l’existence de 1’A.carien et la nature parasitaire de la gale; cette opinion a cours dans la science jusqu’en 1 834, époque à laquelle Renucci, alors ^etudiant, fit voir à Alibert comment on avait coutume de procéder en
SARCOPTES SCÀBIEI.
rnrsP pour découvrir le Sarcopte et pour s’en débarrasser. Nous nas sur cet historique, dont Raspail, Bourguignon, Fürstenberg, Küchenmeister et Mégnin ont fait le récit détaille.
Sarcoptes scabieiesi ovipare. La femelle gravide (fig. 588) vit c IITI ülloïi ou plutôt dans une galerie couverte ou cumculus, rXlTs^rcreus’ée dans lépidern^e et le long de laquelle el^
J d ses œufs. Ceux-ci sont mûrs au moment de la ponte , ils font même déjà en voie de segmentation et o est là ee qui explique leur rapide éclosion, qui se lait en trois à six jours, soLnt même en soixante-quatre à soixante-seize i®"es^
L'œut est ovale, gris perle, brillant, et mesure loO à 160 (v sur- 100 |i. 11 en sort une larve hex^ode. qui porte deux soies au bord postérieur et, sur la face dm-sale, dix épines assez longues, disposées sur quatre rangs : les deux P'»™; '’; Pf Lstérieures se terminent par un ambulacre à ventouse, la Lire postérieure est très distante des précédentes et est ornée Lne tangue soie. La larve quitte aussitôtla galerie, ® ®
s’entouissl dans l’épiderme à quelque distance, soit quelle a“ surface de la peau : elle peut alors remonter la ga-^.,
lerie jusqu’à son orifice ou se ' “^“ ^iLrr?-
.uisnon une galerie verticale qui l’amene au dehor . Me eire - Sue temps sur la peau, puis s’enfonce dans l’epnierme Lst là que, vers le sixième jour après son éclosion elle su sa première mue, qui dure trois ou quatre jours et la
SnSr^ octopode et pourvue de douze épines dorsales et de quatre sotas postérieures les P™'' ^e nues internes; les pattes do laq«àtao“® P”® beaucoup plus petites que celles de la P»™ pr ceden e et^e terminent par une soie plus grêle et moitié P "ta. ^ bout d’une nouvelle période de ® Tr-
. seconde mue, après laquelle il posse e qua sales. Mégnin a reconnu qu’il existe des nymphes de deux tailles différentes, les plus petites donnant des mâles, les plus
grandes donnant des femelles. 1p 8ar-
Vers la fin de la quatrième semaine “P^o > d» tasron. lo Saj^ copte est pubère : il quitte alors sa re lai . chLin à travers l’épiderme, à la surface duquel librement.
Le mâle (fig. o87) a été découvert par Krâmer en 1843, puis a été revu par Eichstedt en 1846 et par Lanquetin en 1831 ■ on le trouve ordinairement sous les écailles ou sous les croûtes épidermiques; il est relativement rare et sa petite taille le rend difficile à voir. 11 est long de 200 à 230 IX, large de 160 (x, et n’a, par conséquent, que le tiers ou la moitié de la taille de la femelle ovigère; son corps est gris roussâtre et de forme'tétragone. Nous n’indiquerons ici que les caractères qui lui sont propres et le distinguent de la femelle, réservant pour plus tard l’étude des caractères communs aux deux sexes.
A la partie médiane et supérieure des deuxième et troisième anneaux du céphalothorax, le tégument s’est modifié en un large plastron ; deux autres petits plastrons discoïdes et grenus se voient sur le notogastreou face dorsale de l’abdomen, l’un à droite, l’autre à gauche. Les papilles cutanées coniques sont peu nombreuses et ne s’observent que près du bord, au niveau du quatrième anneau.
Le squelette se complique par l’adjonction de quelques pièces dépendant de l’appareil génital. II existe probablement, dans la région postérieure de l’abdomen, deux testicules qui se continuent par deux canaux déférents, réunis en un canal commun au niveau du pénis. Celui-ci est accompagné de pièces chitineuses diverses, colorées en roux, situées au milieu de la face inférieure du dernier anneau thoracique et se prolongeant sous l’abdomen.
Fig. 587. — Sarcoptes scaOiei mâle, vu par la face ventrale et grossi 250 fois.
La première pièce ou sternite est impaire, médiane et longitudinale e ® 1 urque en T à son extrémité antérieure, mais souvent resti
simp & , e e s articule imparfaitement par chacune de ses branche;
rierne épimère. L’extrémité postérieure du sternite si dmse egalement en deux branches courbes ou épùlernites, circons
nièce enchâssée la deuxièmi
yp eim e. Celle-ci a la forme d’un fer à cheval ouvert er
SARCOPTES SCABIEI. 303
l’exlrétnilé de ses deux branches s’articule avec celle des ^nklernites, de manière à pivoter d’avant en arrière et à découvrir ou recouvrir tour à tour l’espace que délimitent les épisternites et au milieu duquel se trouve le pénis, . , ,
Ce dernier est formé de deux pièces courbes se regardant par leur convexité ; large à sa base, il s’effile à son extrémité libre; il se dirige en arrière au moment de l’érection, qui coïncide avec le renversement de l’hyposternite en arrière.
Les épimères des pattes de la troisième et de la quatrième naires sont plus courts que ceux des pattes des deux premières paires ; ils s’incurvent en sens inverse à leur extrémité antérieure ou interne et convergent de manière à circonscrire un espace circulaire, complètement fermé chez le mâle, incomplet chez la femelle.
Les pattes des première, deuxième et quatrième paires se terminent chacune par deux crochets mousses et presque égaux : à la base du plus grand, s’insère un pédoncule cylindrique et tubulé, à peu près aussi long que le membre luimême et portant à son extrémité une ventouse ambulacraire, en forme de clochette. Les pattes de la troisième paire portent une longue soie à la place de la ventouse.
La femelle pubère est longue de 280 large de 230 ; ses
soies sont grêles et courtes; elle est encore dépourvue d oviducte. Elle erre quelque temps à la surface de la peau, puis commence à s’enfoncer dans l’épiderme, en creusant un sillon ou plutôt une galerie dans laquelle le mâle s’enpge a son toui pour procéder à l’acte de la copulation : celle-ci se fait par l’anus, auquel aboutit le vagin et qui présente des dimensions en rapport avec la fonction copulatrice , la vulve e ovi font encore défaut.
Le coït-achevé, le mâle s’enfonce dans 1 épiderme, en se creusant une galerie latérale, dans laquelle il meurt au bout de six à huit jours et après avoir vécu Gerlach est d’avis qu’un même mâle est capab e e co plusieurs femelles. ^
Après la fécondation, la femelle subit une mue e ■
de femelle ovigère (fig. 388). Elle est alors longue de 300 a 3dU g et large de 230 à 260 [i.. Le corps est oblong, a face s®Pd‘ '®'J convexe, à face inférieure un peu excavée. Le céphalothora.
est séparé de l’abdomen par un profond sillon transversal ondulé ; il est en outre divisé en quatre segments, surtout visibles sur les parties latérales. Les deux premières paires de pattes sont très écartées des deux dernières, qui se trouvent reportées à la partie postérieure du corps.
Les téguments sont transparents, un peu jaunâtres. Ils sont marqués de plis plus ou moins profonds, un peu obliques à la face dorsale, transversaux à la face ventrale et interrompus sur le thorax : dans la partie médiane de la face ventrale, ils sont
Fig. 588. — Sarcoptes scabiei, femelle giussic 250 fois. — A, de dos; R, par la face ventrale.
remplacés par un plastron chitineux, finement grenu; à la face dorsale, ils cèdent la place à de petits tubercules, au nombre de 140 environ et s’étendant depuis les derniers plis transversaux du deuxième segment céphalothoracique jusque sur les premiers plis de l’abdomen; ces tubercules sont coniques et disposés en séries concentriques.
En outre de ces tubercules, le tégument est orné d’appendices variés, disposés symétriquement : ce sont des soies longues et flexibles, des piquants aigus, courts et rigides, des spinules rigides, à pointe mousse et tronquée. Ces appendices sont cana-
SARCOPTES SCABIEI.
liculés quand ils sont gros, et pleins quand ils sont grêles ; tous s’insèrent sur une papille arrondie; ils se brisent aisénrient, mais cette dernière persiste et semble alors être percée d’un trou central.
En examinant le Sarcopte par la face dorsale, on remarque sur l’épistome une paire de piquants courts, aigus et recourbés. Au niveau de là deuxième paire de pattes et non loin de la ligne médiane, se trouve une paire de soies flexibles, dirigées en arrière, plus courtes èt plus grêles chez la femelle que chez le mâle. Chacun des trois derniers anneaux thoraciques porte, vers son bord postérieur, une paire d’aiguillons gros et courts, coniques et insérés sur un large tubercule basilaire : ceux de la première paire sont les plus internes, ceux de la seconde sont les plus externes; ces piquants, semblables entre eux, sont rangés en triangle de chaque côté de la ligne médiane.
Le notogastre porte deux groupes latéraux de gros piquants inclinés en dedans et en arrière, tubuleux et insérés sur une large papille : chaque groupe est formé de deux rangées, l’externe comprenant 4 piquants et l’interne 3; chez le mâle, ces deux rangées entourent le petit plastron que nous avons déjà signalé. Enfin, Robin a vu chez ûn grand nombre d’individus, mais non chez tous, un piquant impair, assez long, inséré sur la ligne médiane, à la marge antérieure de l’anus.
A la face ventrale, on remarque une paire de piquants aigus et rigides, au niveau de la deuxième paire de pattes, et une autre paire sur la lèvre antérieure de la vulve de ponte ; cette dernière paire est caractéristique de la femelle ovigère. Le dernier anneau thoracique porte enfin trois paires d’appendices : la première est constituée par des poils assez longs, insérés en dehors des épimères de la troisième paire de pattes; la seconde est formée de poils grêles et courts, placés entre les épimères des deux dernières paires de pattes,; la troisième comprend deux aiguillons situés en dedans des épimères de la dernière paire de pattes.
On voit encore, de chaque côté du quatrième anneau thoracique, une longue soie flexible, puis, à la partie postérieure de l’abdomen, deux longues soies flexibles de chaque côté de l’anus : l’interne est la plus longue et atteint à peu près la moitié de la longueur du corps, l’externe est d’un tiers plus petite.
Le tégument se renforce et s’épaissit en certains points, de manière à constituer une sorte de squelette qui tombe à chaque mue, avec le reste de la cuticule, dont il se distingue par sa teinte roussâtre plus ou moins foncée. Ce squelette comprend Blanchard. •— Zool. méd. O-
^Qg ORDRE DES ACARIENS.
quatre paires d’épimères correspondant aux quatre paires de pattes, plus cinq pièces pour chacune des pattes. L’armature génitale du mâle est également de même nature.
Les épimères présentent à leur face profonde un épidème ou lamelle faisant saillie dans l’épaisseur des tissus et donnant insertion à des muscles. Ce sont des pièces solides, grêles, effilées à leur extrémité interne et présentant à leur extrémité externe une cavité avec laquelle s’articule le premier article d’une patte. Les épimères de la première paire se soudent sur une partie de leur longueur, de manière à constituer une pièce médiane et longitudinale ou sternum, plus courte et plus large que chez le mâle; ils s’articulent en outre avec la base des palpes, tandis que ceux de la deuxième paire s’articulent avec la base des deux premières pattes. Nous avons noté déjà comment se comportent ceux des deux dernières paires de pattes.
Les cinq pièces du squelette des pattes sont plus ou moins annulaires, sauf la dernière qui est conique : ce sont la hanche ou rotule, Vexinguvial ou trochanter, le fémoral ou cuisse, le tibial ou jambe et le tarse.
La hanche s’articule avec l’épimère correspondant; elle porte un poil au milieu de sa face inférieure. L’exinguinal a la forme dun segment de cylindre très oblique : il porte, en bas et en dehors, un poil qui s’attache au pied d’un tubercule transformé en un fort crochet, dans la patte postérieure, il est très court et n’a ni tubercule ni poil- Le fémoral est un anneau à peu près régulier, étroit à sa face in erieure : il présente à son bord antérieur une longue soie ayant un petit aiguillon à sa base et à son bord postérieur une soie courte et raide.
Le tibia est un simple anneau, élargi en avant et en haut, portan en arrière une petite épine et en avant un aiguillon mousse et cylindrique; dans la patte postérieure, cet anneau est très court et inerme.
Le tarse se termine par deux crochets aigus, qui sont presque égaux aux deux paires de pattes postérieures, mais sont inégaux aux pattes antérieures, le plus grand étant terminal. Ses appendices sont, de la base vers la pointe ; deux aiguillons cylindrique^ et à pointe mousse, sur la face antérieure ; deux longues soies à la face inferieure. De la base du plus grand crochet part un ambulacre pour chacune des deux paires de pattes antérieures et une longue soie pour chacune dès deux paires de pattes postérieures,
SARCOPTES SCABIEI.
Les téguments du céphalothorax se prolongent en avant en une sorte de bourrelet qui entoure le rostre, dans le tiers de sa longueur, exactement comme le prépuce entoure et protège le gland. Ainsi se forme le caméroslome, loge dans laquelle le rostre est littéralement enchâssé fil est largement incisé en dessous, au niveau du menton, mais sa lame supérieure ou épis.'ome s’avance au-dessus du rostre.
Le camérostome porte de chaque côté un prolongement mince, transparent et incolore, qui ne porte pas de poils, n’est pas formé de pièces articulées et s’étend jusqu’au bout du palpe correspondant. Ce prolongement est spatuliforme, caréné et creusé en dedans ; Ch. Robin l’a appelé Bourguignon le nommait faux palpe o\x palpe secondaire n’existent que chez les Sarcoptes et les Laminosioptes.
Le rostre est comme enchâssé dans le camérostome. Il, a la. forme d’un cône arrondi en avant, un peu aplati et incliné en bas et en avant; il est coloré en jaune roussâtre et formé de pièces disposées sur deux plans : le supérieur comprend les deux mandibules glissant entre les deux palpes, que bordent les joues; l'inférieur comprend les deux mâchoires et la lèvre qui n’en est que la continuation.
Les mandibules ou chélicères occupent le milieu de la face supérieure et se touchent par leur 'bord interne : leur grosse extrémité est tournée en arrière et cachée sous l’épistome, mais une pression exercée sur celui-ci les détache facilement. Chacune d’elles est formée d’une tige et d’une pince à deux mors, dont l’inférieur seul est mobile et se meut verticalement.
Les palpes sont coniques, incurvés en dedans, à base très large ; le bord externe est net, mais l’interne se confond avec la lèvre qui y adhère. Ils sont formés de trois articles peu mobiles : le basilaire, qui est le plus grand, s’articule vers la mâchoire et s’appuie sur l’épimère de ia première patte ; le second article, plus étroit et plus court que le précédent, porte deux soies, dontl’antérieure est très longue, près dii bord externe. Le dernier article, plus court, est conique, fortement tourné en dedans et est libre sur presque toute l’étendue de son bord interne; son extrémité est effilée et bifide, il porte une soie assez longue.
Les mâchoires ou maxilles sont formées chacune d’une pièce étroite et épaisse, contournée en S et soudée à une piècé médiane appelé le menton : l’ensemble des deux mâchoires et -du menton représente un fer à cheval presque entièrement fermé.
La lèvre est un organe membraneux, fixé en arrière aux mâchoires et sur les côtés au bord inférieur des palpes : elle forme avec ces derniers une gouttière où les mandibules glissent alternativement.
Sa face inférieure porte deux soies divergentes, une de chaque côté de la ligne médiane ; à sa face supérieure se voit la languette ou ligule.
La bouche s’ouvre entre la lèvre et les deux mandibules.
" On ne sait que peu de chose des organes internes. Gudden a reconnu que l’œsophage se dilate, en arrière de la deuxième paire de pattes, en un estomac pourvu de deux lobes latéraux , 1 intestin est rectiligne. Une glande contiguë à l’estomac émet en avant un canal qui vient déverser dans la bouche une salive irritante, a laquelle sont dus en grande partie les phénomènes morbides dont s’accompagne la présence du Sarcopte. I/anus s’ouvre à l’extrémité postérieure du corps, du côté dorsal ; c’est une fente longitudinale, souvent un peu entr’ouverte, autour de laquelle le tégument forme bourrelet.
On ne trouve pas trace d’appareil respiratoire, bien que l’ardente imagination de Fürstenberg ait cru reconnaître des sacs à air et des stigmates ; on peut pourtant considérer comme des stigmates rudimentaires deux trous borgnes contigus, qui se voient au bord anterieur du plastron thoracique supérieur.
L’appareil circulatoire fait également défaut. Le système nerveux n’a pas encore été vu, ce qui n’empôche pas Fürstenberg de figurer des ganglions et des nerfs (1).
En passant de l’état de femelle pubère b. celui de femelle ovigère, le Sarcopte a acquis une vulve de ponte, située à la face inférieure, entre les deuxième et troisième anneaux du thorax, et ayant l’aspect d’une fente transversale à lèvres plissées. L’oviducte ou oviscaple qui y aboutit est un tu e cylindrique, large et court; on le voit marcher en arrièie, en suivant la ligne médiane, jusqu’au niveau de la dernière pane de pattes.
La femelle gravide continue à s’enfoncer dans l’épiderme e notamment dans la couche de Malpighi, dont les cellules succulentes lui fournissent une abondante nourriture. Chemm faisant, elle pond des œufs, qui se trouvent ainsi espacés e long de la galerie et dont le développement est d’autant plus avancé qu’ils sont de date plus ancienne, autrement dit qu i ® sont plus éloignés de la femelle ((ig. 589). La ponte achevée, l’animal meurt au fond de sa galerie.
(1) Fürstenberg, Die Krlitzmilben des Mensehen und der Thieve. Leipzig' 18G1. Voir fig. 130. ^
SARCOPTES SCABIEI.
Le nombre des œufs pondus varie de 15 à 50; toutefois,
Fig. 689. — Silloa renfermant un Sarcopte femelle à son extrémité, d’après Hebra. Ce Sarcopte contient un œuf; derrière lui, on voit une sé^’ie d’œufs rangés dans Taxe du sillon ; dans les plus éloignés, l’embryon est de plus en plus développé. Les points noirs sont les excréments du parasite. Grossi 70 fois.
on n’en rencontre jamais plus de 20 h 25 dans une même
ordre des acariens.
galerie, à cause de Tusure superlicielle de l’épiderme, qui fait disparaître progressivement les premières portions de la galerie. On admet que la femelle peut vivre de trois mois à trois mois et demi et pondre un ou deux œufs par jour : la durée totale de sa ponte est de quatre à six semaines. Sa fécondité est telle que, par suite de la transmission d’une seule femelle gravide à un individu sain, deux mois suffisent pour que la gale s’étende à la plus grande partie du corps de celui-ci.
La galerie, dont l’importance diagnostique a été reconnue par Albin Gras, dès 1834, a ordinairement une profondeur de O””,;) à 3 millimètres, mais elle atteint parfois jusqu’à 3, 4 et môme b centimètres; Hebra en a observé une qui présentait la longueur exceptionnelle de 16 centimètres. Elle est rarement droite, mais se contourne et s’infléchit de façons diverses (fig. b90). Les sillons, renfermant chacun une
Fig. û93. - Divers aspects du sillon, d’après Hardy.
seule femelle, se rencontrent de préférence en certains points ou corps, tels que les poignets, l’interstice et la face latérale des oigs, le bord cubital et la paume de la main (fig. b9t) ; on les trouve encore sur le dos du pied, au voisinage des malléoles, entre les orteils, sur l’avant-bras, le bras, en avant des aisselles, sur le dos, le ventre, tes cuisses;. leur fréquence particulière sur le pénis, le scrotum, e pre puce et même le gland, ainsi que sur le mamelon, chez la emme indique clairement que, dans nombre de cas, la transmission upa rasite se fait au moment du rapprochement sexuel. a- -
La pénétration de la femelle dans l’épiderme détermine des geaisons violentes, que le malade cherche à atténuer en se grat an • 11 se produit alors à la surface de la peau des éruptions de na ure diverse, que Hebra considère toutes comme étant le rcsuHat n grattage. Pour Hardy, le prurigo elles excoriations auraient cette origine, mais les vésicules isolées qu’on voit aux mains e au.^ pieds, les petites excoriations arrondies qui se développent princip ^ lement aux avant-bras et aux aisselles, les vésico-puslules des cou reconnaîtraient une autre cause : elles sont spéciales à la gale et so dues sans doute à l’action du venin déversé par le Sarcopte.
L’action irritante du venin a été démontrée par Hardy quL s’étant inoculé sous la peau du dos de la main la matière vis
Fig. 591. — Mains de galeux, sur lesquelles on voit les lieux d’élection des Sarcoptes etles'sillons qu’ils creusent dans la peau. — e, eczéma; s, si on.
chatouillement et vives démangeaisons; cette sensation ne I dura guère que cinq à six minutes, mais reparut plusieurs fois
dans là matinée et le lendemain matin-
La gale est extrêmement répandue à la surface du globe. On l’observe de préférence parmi les populations ignorantes ou sales et parmi les grandes agglomérations humaines, par exemple dans les armées. Pendant les guerres de Napoléon on comptait des galeux par centaines de mille, aussi bien dans l’armée française que dans les armées ennemies. Plus récemment, le nombre des galeux admis à l’hôpital de Prague était de 2,256 en 1867 et de 1,129 en 1868; ces chiffres contrastent palpeur élévation avec ceux des années précédentes ou suivantes et sont la conséquence de la guerre de 1866.
En Europe, la gale est surtout fréquente dans l’est de l’Allemagne, en Pologne, en Russie, en Islande, aux Færœer, en Norvège, en Turquie et aux îles Ioniennes ; elle était si commune à Céphalonie en 1818, d’après Robertson, qu’un tiers de la population était galeuse.
En Asie, la maladie est très répandue en Sibérie, au Kamtchatka, en Chine, en Perse et dans l’archipel Indien. Au Japon, elle atteindrait les trois quarts des habitants, d’après Vidal. Young et Huilletla signalent comme très fréquente aux Indes parmi les indigènes. Palgrave dit qu’elle abonde dans toute l’Arabie : elle est très commune chez le Chameau et semble passer de cet animal à l’Homme.
En Afrique, elle est endémique à la Côte de Mozambique ; en Abyssinie, d’après Courbon et H. Blanc; en Egypte, d’après Pruner; en Tunisie, d’après Ferrini. Les Arabes d’Algérie, et surtout les Kabyles, l’ont communément. Elle est également très répandue sur la côte occidentale, où un grand nombre d’observateurs l’ont signalée et où on la connaît sous le nom portugais de sarna. Elle est encore très fréquente dans le Haut Sénégal, d’après des notes communiquées par le D’’ Bellamy ; « Elle présente les mêmes symptômes que chez les Européens; les noirs ne se soignent pas. » Enfin, elle sévit aux Canaries et attaque presque toute la population des îles Cornera et Palma. ,
On la signale encore dans toute l’Amérique, notamment au Brési , à la Guyane et au Pérou. En Océanie, elle est très commune chez les Canaques des îles Sandwich, d’après Duplouy, mais est rare aux Samoa et serait inconnue à Taïti.
Garas et Engelmann, Bi6ù'oi/teca zoo/oÿica, I, p. 474-475.
Tasclieaberg, Bibliotheca zoologica, II, p. 1281-1284. . .
M.-H.-F. Fürstenberg, Die Krâtzmilben der Menschen und Thiere. Leipzig, in-folio do 240 p. et 15.pl., 1861. Pour la bibliographie, voir p. 224.
G. Hertwig, Ueher Kralz-und Raudemilben. Wiogmann’s Arcliiv, p. 398,183;).
Alb. Gras, Du rôle que joue l’Aearus de l’Homme dans la produclioti de a gale. Bull, de l’Acad. de médecine, I, p. 77, 1836.
SARCOPTES SCABIEI.
c i-lt uud Hertvvig, Vergleichende Unlersuchungen über die Haut des Uenschen und über die Krâtz- und Rüudemilben. Berlin, 1835 ; 2. Auflage,
*^Cli Robin, Recherches sur le Sarcopte de la gale humaine. Mém. de la Soc.^ debiologiO) (3), I) P- 21, 1869.
B Gudden, Reitrag zur Lehre von der Scabies. Würzburger medic. Zcitsclirift, n, p. 301, 1861.
P Mégnin, Sur certains détails anatomiques que présentent l’espèce Sarcoptes scabiei et ses nombreuses variétés. Comptes rendus de l’Acad. des sciences, LXXXI, p. 1058, 1875.
Sarcoptes scabiei var. hominis se transmet de l’Homme à l’Homme ; il ne nous est point communiqué normalement par les Carnassiers, comme le croyait Bourguignon, mais peut, en revanche, passer de l’Homme sur certains animaux, tels que le Chien et la Chèvre, d’où il revient parfois à l’Homme.
Hardy professe qu’aucune des nombreuses variétés de gale des animaux ne peut se transmettre à l’Homme, c’est-à-dire déterminer chez celui-ci une affection psorique incapable de guérir spontanément. Cette opinion est trop absolue, comme il est aisé de s’en convaincre déjà par l’interprétation de certains faits d’observation et comme l’ont démontré expérimentalement divers auteurs, entre autres Delafond et Bourguignon, puis Mégnin.
X. Got, De la gale de l’Homme et des animaux, produite par les Acares, et de la transmission de cette maladie à l'Homme par diverses espèces d'animaux vertébrés. Thèse de Paris, 1844.
H. Bourguignon, Recherches sur la contagion de la gale des animaux à l’Homme et sur les mœurs de l'Acarus de la gale. Gazette médicale, p. G2I, 1851. Mém. de la Soc. de biologie, III, p. 109, 1851. — Id., Observations sur lacontagion de la gale des animaux à l’Homme. Ann. sc. nat., (4), III, p. 114, 1855. Gazette bebd. de méd. et de cliir., II, p. 195, 1855.
O. Delafond et H. Bourguignon. Recherches sur les animalcahs de la gale des animaux et sur la transmission de la gale des animaux à l’Homme. Bull. Acad, de méd., XXIII, p. 149, 1858. Archives gén. de rnôd., (5), XI, p. 18, 1858.
P. Mégnin, Sur l’étiologie de la gale de l’Homme et d>‘S animaux. Ibidem, (6), XXVHI, p. 592 et 714, 1876. — Id., Mémoire sur l’acclimatation des Acariens psoriques des animaux sur d’autres espèces animales et sur l’Homme. La France médicale, XXIII, p. ICC, 175, 190, 198 et 206, 1876.
Sarcoptes scabiei var. cameli Mégnin, 1877.
Synonymie : Sarcoptes dromedarii P. Gervais, 1841.
Le mâle, long de 240 p, large de 160 p, est ovoïde et de couleur roussâlre. La femelle, longue de 440 p.,' large de 330 p, est ovale, allongée, de couleur blanc rosé. L’œuf mesure 120 p, sur 80 p..
Ce Sarcopte a été trouvé sur le Dromadaire et le Lama par Gervais, sur la Girafe par Mégnin, sur l’Antilope bubale par Mégnin et Railliet. Le Dromadaire, amené récemment au Jardin des Plantes, transmit la gale aux gardiens de la ménagerie et dut être abattu pour arrêter la Lntagion : la maladie s’accompagnait, outre l’éruption caractérislique, d’un prurit d’une violence extrême. Nous avons noté déjà que, suivant Pal grave, on observerait souvent en Arabie le passage de îa gale du Chameau à l’Homme.
Bérenger-Féraud a observé au Sénégal une affection psorique appelée larbisch par les Ouolofs et les Toucouleurs et caractérisée par la présence aux doigts et en d’autres points du corps, de sillons analogues à ceui de la gale. Cette maladie est fréquente au Oualo à l’époque des pluies et s’observe surtout chez les cultivateurs et ceux qui traversent les marais. Les nègres s’en débarrassent au moyen de lotions faites avec une décoction de tabac ou de plantes astringentes. Le parasite n’a pas encore été vu, mais Carpot pense qu’il n’est autre que le Sarcopte de la gale du Dromadaire.
Bérenger-Féraud, Traité clinique drs maladies des Européens au Sénegak Paris, 2 vol. in-8°, 1875-1878. Voir I, p. 239.
Sarcoptes scabiei var. capræ Mégnin, 1877.
Synonymie : Sarcoptes capræ Fttrsleubcrg, 18GI.
Le mâle est ovoïde, long de 243 p, large de 190 p. La femelle est arrondie, longue de 34o a, large de 342 [>■. La larve hexapode est longue de 180 v- et large de 160 p.. • • p
En Angleterre, on a vu ce Sarcopte passer d’une Chèvre d origine persane sur quinze Chevaux avec lesquels elle habitait, ainsi que sur les Hommes qui les soignaient ; ceux-ci présentèrent une éruption de boutons rouges, accompagnée d’un prurit excessif. En Suisse, dans la vallée de Prattigau, Grisons, Walbraff vit également la gale passeï des Chèvres à l’Homme et à quelques animaux domestiques.
Sarcoptes scabiei var. lupi Mégnin, 1877.
Synonymie : Acarus elephantiacus Dubini, 1850.
Sarcoptes scabiei crustosæ Fürstenberg, 1861.
Le corps est ovoïde; le thorax est plus large que l’abdomen, qm ressemble r un triangle à sommet arrondi. Le mâle est de couleur roussâtre; ses plastrons sont' très apparents. I.a femelle est gris-perle
SARCOPTES SCABIEI.
rosé ainsi que les jeunes. Les dimensions de l’animal à se^ différents étals sont les suivantes ;
Larve hexapode .
Nymphe .
Mâle .
Jeune femelle pubère Femelle ovigère. . . . . .
Longueuf. Largeur.
Les quatre anneaux thoraciques sont bien accusés, surtout sur les côtés du corps qui sont profondément festonnés. Les soies de la face supérieure et des côtés sont très longs. L’épimérile de l’organe mâle est étroitement uni aux épi mères des pattes postérieures.
Ce Sarcopte vit sur le Loup, le Lion, la Hyène et passe parfois sur l’Homme ; il est capable aussi de s’acclimater chez le Cheval, ainsi que Mégnin l’a constaté par voie expérimentale. Chez ce Solipède, la gale devient rapidement très grave et présente d’abord les caractères de celle du Loup, puis se rapproche de la gale ordinaire du Cheval : le Sarcopte se modifie au bout de quelques générations ; il augmente de taille et s’allonge, au point de ressembler à celui du Cheval.
Delafond et Bourguignon citent un cas où la gale avait été transmise à trois personnes par les Lions d’une ménagerie; elle ne céda qu a ün traitement approprié; Mégnin a montré qu’il s’agissait la de Sar¬
coptes scabiei var. lupi. ' , • v j i
En l’absence de tout traitement, cet Acarien se multiplie dans la peau de l’Homme avec une incroyable fécondité et cause une remarquable dermatose connue sous le nom de gale norvégienne. Sav divers points de la peau, mais surtout aux mains, au carpe, au ph u cou e, aux pieds, au creux poplité, voire môme au visage, se développent des croûtes épidermiques qui ont ordinairement de 1 à6 mi ime res d’épaisseur, mais atteignent parfois 12 millimètres (cas e ig er) e môme 50 millimètres (cas de Danielssen) ; leur coukur est blanc de craie (Gumpert), gris verdâtre (Bigler, Bœck) ou jaune run sa e (Féréol). En raison de son singulier aspect, cette gale est généra e ment connue sous le nom de scubies crustosa. Quand elle enva x cuir chevelu, les cheveux peuvent tomber, en môme .temps que es croûtes (Bœck, Gumpert); d’autres fois ils restent intacts (Berg }. Au microscope, on reconnaît dans ces croûtes la présence une incroyable quantité de Sarcoptes à tous les états de développemen , on trouve aussi leurs fèces et les. résidus de leurs mues; is occa sionnent un prurit abominable.
Les ongles des mains et des'pieds peuvent ôtre eux-mômes le siege d’une hypertrophie caractéristique ; dans le second cas e ergi,
c’est par eux qu’avait débuté la maladie. Ils s’épaississent, se détachent plus ou irions de la gouttière unguéale et prennent l’aspect d’énormes griffes, dont la hauteur peut atteindre jusqu’à 40 millimètres et l’épais- ■ seur jusqu’à 20 millimètres. Leur surface est excoriée, sèche, cassante ; leur croissance est si rapide, que l’un des malades de Bergh les raccourcissait de près de 7 millimètres tous les quinze jours. Eux aussi sont envahis par des myriades de Sarcoptes.
Sans parler des cas probables, mais peu authentiques de Büchner, de Gudden, de Wendt, de von Düben, de Petters et de Finsen, on connaît actuellement quinze cas certains de gale croûteuse chez l’Homme. L’énumération suivante les résume suffisamment :
Cas de Danielssen à Bergen, 1851 ......
— Bœck à Christiania, 1851 . FfiiS) 1^
— Fuchs à Gôttingen, 1853 . Homme, 42 ans.
Fuchs à Gôttingon, 1853 . Femme, 28 ans.
— Bigler à Constantinople, 1853 . Garçon, 9 ans.
— Bœck k Christiania, 1853 . Fille, 16 ans.
— Hebra à Vienne, 1853 . Homme, 19 ans.
— Bœck k Christiania, 1855 . Homme, 3a ans.
Gumpert à Würzburg, 1856 . Femme, 33 ans.
Féréol à Paris, 1856 . Homme, 50 ans, de Lan-
nion (Côtes-du-Aord).
— Bœck k Christiania, 1859 .
Bergh k Copenhague, 1860 . Homme, 66 ans.
— Bamberger à Würzburg, 1K60. . . . Femme, 37 ans, de Hass-