Bergh à Copenhague
Homme, 24 ans, de Scanie (Suède).
La gale croûteuse a été observée tout d’abord dans un cas de spedalskhed, c’est-à-dire de lèpre ; aussi Danielssen la considéra-t-il comme une variété de cette maladie. Bœck, en retrouvant cette forme de gale chez une jeune fille non lépreuse, ne tarda pas à démontrer l’inexactitude de cette opinion.
Cette gale est transmise aisément par le malade à d’autres personnes, comme Bœck l’a encore noté. Elle n’a aucune tendance à guérir spontanément et ne cède qu’à un traitement énergique et prolongé ; elle durait depuis seize ans dans le "second cas de Bergh et depuis plus longtemps encore chez I un des malades de Fuchs. Les croûtes se forment parfois d’emblée (Hebra, Bamberger, Bergh) : plus souvent elles ne se montrent qu’au bout d’un temps assez long : trois ans dans le cas de Bigler, à peu près huit ans dans celui de Gumpert et neuf ans dans celui de Vogel. On observe parfois aussi les
SARCOPTES SCABIEI.
symptômes de la gale ordinaire, notamment les gal«»ffis épidermiques (Bœck, Fuchs, Hebra, Bergh) ; dans le cas de-Féréol, le malade présentait en outre de l’ecttiyma et des abcès souscutanés.
n -G Danielsseii et W. Bœck, Traité de la spedalskhed ou éléphantiasis des Grecs. Paris, 1848. Voir p. 232 et atlas, pl. IV, XXI et XXIV "W Bœck, Une nouvelle forme de gale. Annales des maladies de la peau et de la’ syphilis, IV, p. 122, 1852. — Id., NorskMagazin for Lægevidenskaberne,
riE^^Euchs^ Ùeber scabies cruslosa s. norvegicaBœcki undderen lorkommen in Deutschland. Zeitschrift für rat. Med., (2), III, p. 261, 18.53.
Hébra, Skizzen einer Reise in Norwegen. Zeitschr. der k. k. Ges. der Ærzte zu Wien, 9: Jahrgang, I, p. 60, 1853. Voir p. 68. — Id., Beitrag zur Gesclnchte der sogenannten norwegischen Krtilze. Ibidem, II, p. 33, 1853.
Rigler, Beitrag zw Geschichte der norwegischen Kratze. Ibidem, II, p.
^^Gudden, Beitrüge zur Lehre von den durch Parasiten bedingten Hautkrankheilen, 1855. Voir p. 68, note.
Cœck og Danielssen, Samling af Jagllag. ocer Hundens Sygdomme. Christiania, 1855. Voir fasc. I, p. 2 et pl. II.
L. Buchner, Klinische Beobachlungen. Deutsche Klinik, VU, p. 42, 1855.
Gumpert, Ueber scabies cruslosa s. norvegica Bœcki. Inaug. Diss. Wüiz
Second-Féréol, Observation de gale h forme insolite, avec formation de croûtes très épaisses, constituées par des millions d'Acarus. Gazette raed.,
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AVendt. Bibliothek for Læger, XXVT, p. 448, 1857.
Von Dtiben, Leisfungen des Mikroskops, 1858. Voir p. m.
R. Bergh, Om Skorpefnat. HospiUlsTidende, II, p. 197, 18d9.
Borkenkratze. VirchoVs Arcliiv, XIX, p. 1, 1860; - Id-, '
. pefnat. Hospitals-Tidende, (2), 1, 1874. - Id., î/eôerBorfrenAra/se. Vierteljahrs clirift für Dermatol. und Syphilis, VI, p. 491, 1874. w
H. Bamberger, Ein Fall von scabies cruslosa s. norvegica. Wurzoui^ei med. Zeitschrift, I, p. 134, 1860. j..
C. Seggel, Ueber die scabies noinvegica s. cruslosa Bœcki, Inaug. Würzburg, 1860. , , -r, „ no
Petters, Bericht über die Krülzekranken. Prager Vierteljahrsschri ., p. >
1868. Voir p. 195. ... ,. ..
A. Vogel, Èin Fall von scabies cruslosa {norvégien). Dorpater meu. /.e schrift, I,p. 246, 1870.
Finsen, .Jagttag. ang. Sygdomsforsh. i Island, 1874. Voir p. 138.
Sarcoptes scabiei var. equi Mégnin, 18/7.
Synonymie : Sarcoptes equi Gerlach, 1857 .
I.e corps, assez régulièrement ovale-allongé, est roussâtre chez le mâle, gris perle chez la femelle.
■‘tarve hexapode.
. 'Ny“P^*® .
" FQKiellé pubère.
Femelle ovigère.
Longueur.
IGO p.
1GÜ-2Ô0
Le céplialo thorax est très nettement divisé en quatre anneaux; les plastrons sont légèrement roussàtres et surtout apparents chez le mâle Les papilles dorsales sont disposées en quinconces et présentent deux petites éclaircies ovalaires sur la ligne médiane. Le sternite de l’organe mâle est intiment uni aux épimeres des pattes pos-
^TuTtrdd’ArbovaUapporte quelques cas de transmission de la gale du Cheval à l’Homme. Le plus remarquable est emprunté a Fauvet, vétérinaire à Rome ; un Cheval galeux, acheté au marché, communiqua la gale aux trois personnes qui le ramenaient a la ferme, puis au garçon d’écurie, au berger, enfin à plus de trente personnes, ainsi qu’aux domestiques et à la vache d’un meunier auquel il lut re-
venau. . , , ,
Les exemples les plus caractéristiques de contagion sobsene surtout dans les écoles vétérinaires, dans les écoles et les régiments de cavalerie. Sick raconte qu’une gale qui sévissait, en 1/91, ans un régiment de hussards anglais, se communiqua à deux cen s Hommes. Lavergne vit plusieurs fois, à l’école de Toulouse, la gale se déclarer chez les élèves, à la suite du contact de Chevaux galeux, elle cédait à l’usage de bains simples. Delafond vit de même, en 1836, plusieurs élèves de l’école d’Alfort prendre la gale sur un tneval du cours d’opérations : elle ne résista pas à quelques frictions antiseptiques. A l’école de Saumur, il est fréquent, d après Gerau , que des sections entières de cavaliers-élèves éprouvent tous les symp tomes de la gale, mais la guérison se fait spontanément au bout e
huit à dix jours. a
A la suite de la guerre de 1870-1871, la plupart des chevaux e l’armée furent atteints de gale. Au 3“ régiment de lanciers, Mégni'i eut, chaque jour pendant cinq mois, à l’infirmerie, une moyenne e quarante chevaux galeux ; vingt cavaliers et six maréchaux étaien attachés à leur service. Néanmoins, on ne constata de transmission à l’Homme que vers la fin du quatrième mois, sur une quinzaine e soldais d’une môme chambrée, parmi lesquels six étaient attaches à l’infirmerie.
Ces observations démontrent donc que le Sarcopte du Cheval est capable de se transmettre à l’Homme et de s’y multiplier de manière à produire une gale véritable. Mais celle-ci va en s’atténuant et guérit
SARCOPTES SGÂBIEI. 319 ,
spontanément en quelques semaines, par suite de la morP-^
parasites d’inoculation amènent à la meme cl^ fc
rerlach prend sur un Cheval quelques Sarcoptes b.en tuv|Œ|j^ te transplante sur lui même et sur plusieurs de ses tM^Ü narque datisun étroit espace, délimité par un verre de mJIK ren- !ersé sur la peau et maintenu par un bandage. La gale se développe, misses efflorescences s’affaibUssent bientôt, tout en se mulüpUant, rirllection disparaît spontanément au bout de trois à hu.t senaatnes.
Par exception, elle persistait encore le soixantième jour ches un des élèves, que l'on dut soumettre à un traitement approprie Les individus à peau Une et velue semblent être plus aptes que les autres
à nrendre la gale du Cheval. r^
Géraud, vélérinaire au 31'’ régiment d’artiU^, a renouvelé 1 expe-. rience de Gerlach avec un égal succès. 11 iso]^ sous u^erre de tnonire fixé sur l’avant-bras des croûtes prises \ur-:des Revaux galeux et laisse le tout en place pendant quinze heures; au bout de cinq jours, il voit se produire sur tout l’avant-bras l’erupüon caractéristique ; quelques vésicules apparaissent dans les sillons mterdigitaux , le prurit est intense.
Hurtrel d’Arboval, Gale. Dictionnaire de mcd. et de cliir. vétérinaires. Pans,
^ Xavergne, Journal des vétérinaires du Midi. Toulouse, 1838.
Bourguignon et Delafond, Traité de la psore. Pans,
Géraud, Tra7ismission du Sarcopte de la gale du Cheval al Ho de mém. de inéd. nailitairc, 1881.
Sarcoptes scabiei var. suis Mégnin, 1877.
Synonymie ; Sarcoptes suis Gerlacli, 18â".
S. canis Gerlacli, 1857.
S. squamiferus Vârsteohevg, 1801.
Celle variété est remarquable par sa grande taille. Le coips est ovale, roussâtre chez le mâle, gris perle chez la femelle.
OEuf . .
Mâle . . 320 290
Femelle ovigère . 470-500 300
Cet aniinal vit sur. le Porc et le Sanglier, et parfois aussi sur le- Chien. Delafond contracta la gale au contact d un Porc u cour d’opérations, mais il s’en guérit facilement par quelques ne ions. Gerlach cite quelques auteurs qui virent le parasite passer u oc
et du SMgUer sur l’Homme; mais l’éruption disparaissait sponlabout de quelques jours.
ptes notoedres Delafond et Bourguignon, 1837.
Synonymie : Sarcoptes cati Hering, 1838.
S. cuniculi Gerlach, 1857.
S.minor Fürstenberg, 1861.
Ce Sarcopte présente deux variétés, caractérisées par leur habitat et par leurs dimensions : Sarcoptes notoedres var. mûris Mégnin, 1877, a la plus grande taille; il vit sur le Rat et le Coati, Sarcoptes notoedres var. cati Mégnin, 1877, présente à tous ses étals exactement la moitié de la taille du précédant ; il s’observe chez le Chat, le Lapin et l’Homme; c’est donc cgtte variété que nous étudierons spécialement. ^ .
L’œuf est ovoïde, de couleur gris perle et diaphane; il mesure 80;^. sur 30 [A. La larve hexapode est longue de 90 pi, large de 70 [a; le bord postérieur est échancré, l’anus est près de ce bord. La nymphe pubère est longue de 120 pi, large de 100 p. ; le bord postérieur et l’anus sont comme chez la larve.
Le mâle mesure 120 p. sur 90 pi. Les épimères de la première paire de pattes se réunissent en un long sternum; ceux des deux dernières paires sont reliés entre eux à leur extrémité interne, de façon à former un groupe unique; ceux delà dernière paire s’articulent incomplètement avec le sternite. La troisième paire de pattes se termine par une soie, les autres pattes portant une ventouse. L’anus a l’aspect d’une fente longitudinale, percée à la partie postérieure de la face dorsale.
La femelle mesure 160 p, sur 130 p.. En raison de sa grande taille, c est sur elle qu’on reconnaît le plus nettement les caractères de l'espèce. Le corps est arrondi, la séparation entre les anneaux céphalothoraciques est inappréciable. La face dorsale est marquée de gros plis concentriques, écartés les uns des autres; à la face ventrale, ces plis n’occupent que le bord des régions latérales et postérieures. L’épistome porte deux longs poils ; le bord postérieur ne présente que deux soies correspondant à la paire externe de Sarcoptes scabiei et égalant à peine le quart delà longueur du corps. Trois paires d’aiguillons à la face dorsale des deux segments céphalothoraciques moyens. L’anus est percé au milieu du notogastre et bordé de chaque côté par deux rangées de trois spinules.
Les épimères de la première paire de pattes se 'réunissent en V, sans former de sternum; ceux des deux dernières paires convergent
SARCOPTES NOTOEDRES. 32i
1, li.ne médiane, mais sans se réunir. Le poil porté pa^ bord ,r du fémoral est très raccourci. Les deux crochetsW tarse égaux ; la face antérieure porte deux soies courtes, et la face inférieure deux crochets. Les ventouses etjes soies îalps sont réparties comme chez Sarcoptes scahiei; les.g||^ses lonTtrès larges et portées par un pédicule moitié plus court^chez
mstre est à demi caché sous l’épistome ; il est plus étroit, plus allongé et plus petit d’un tiers que chez l’espèce précédente. Les joues sont plus larges et plus étaléea.
Sarcop^es notoedres se creuse un véritable nid sous-epidermique, et ^ non une galerie linéaire; il détermine une foule de petites erainences miliaires, ressemblant à de petites vésicules d’eczéma et dans lesquelles on reconnaît une femelle ovigère, entourée d une aggloméraîion d’œufs et protégée par une couche épidermique. Les larves, les nymphes et les mâles errent au milieu des croûtes qui remphssent les espaces séparant les nids et qui s’accumulent surtout dans
les régions précédemment atteintes.
S notoedres var. cati peut se communiquer au Cheval et au Bœuf, parfois même à I Homme. HerUvig l’a vu chez une servante, qui faisait coucher un Chat galeux dans son lit. On a encore vu a ga e s développer chez une jeune fille dans des conditions analogues. Uedetnacher a pu noter également. la transmission du parasite a une Vache sur laquelle un Chat galeux avait coutume de se coucher, puis à une servante qui soignait la Vache, enfin à la famille enliere u propriétaire de l’animal. Hering a observé aussi chez deux jeunes gens une gale caractérisée par des papules croûteuses, de fortes démangeaisons et la présence du Sarcopte du Chat.
Gerlach a encore inoculé ce Sarcopte à quelques-uns de ses eleves . l’éruption qui s’ensuivit disparut spontanément au bout ^ e ix jours chez le premier, de quinze jours chez le second, de trois semaines chez un troisième; elle durait encore après six semaines et ne céda qu’à un bain sulfureux chez un dernier, blond et très velu.
Le Sarcopte de la gale du Chat est donc incapable de s acclimater chez l’Homme; il détermine une éruption fugace et sans gravite.
Chabert, Flandrin et Huzai-d, Instructions- et observations sur les maladies des animaux domestiques. Paris, 3“ édition, 1793. Voir V, p. 29 • ,
A. A. Berihold, Diï Krülze der Katzen theilt sich durch Menschen mit. Casper’s Wochenschrift für die gcs. Heilknnde, j . >
HeiTwig. Magazin für Thierheilkunde. Berlin, u° 48, p. 32a, 18<w. Redemacher. Ibidem, 1842. h, Vache et à
P. Mégnin, Gale du Chat, sa Lransmission au Cheval, a la l'Homme; son oricfine. Compte rendu de la Soc. de biologie, ( )) » * ’
Bl.vnchari). — Zool. méd.
Sarcoptes mutans, qui vit sur les Poules, a été considéré par Reynal et Lanî^flfètin comme pouvant passer sur l’Homme ; ces auteurs, il est vrai, ne donnent pas la preuve de cette opinion ; ils disent simplement amr vu des filles de basse-cour souffrir de vives démangeaisonst^gjû^ras et aux mains. Déposé sur l’avant-bras et parqué sous un verrue montre, le Sarcopte a provoqué le développement d’une éruption vésiculeuse rappelant celle de la gale. Sans nier la possibilité de la transmission admise par ces auteurs, il convient de remarquer que les symptômes dont ils parlent peuvent avec autant de raison être imputés à Dermanyssus gallinæ.
Psoroptes communis vit sur le Cheval, le Bœuf, le Mouton et le Lapin. Il se communique difficilement à l’Homme ; il est alors incapable de se propager; la gale ne dure que quelques heures et reste localisée.
Chorioptes symbiotes var. bovis a été vu plus de vingt fois par Schérémétevvsky à la surface de la peau, chez de^ galeux ; Bogdanow l’a décrit sous le nom de Bermatophagoides Scheremetewskyi. Zürn a vu ce môme animal sur la peau de la tôte dans un cas d’alopécie. Un autre Acarien a encore été trouvé par Schérémétewsky près de la narine gauche, chez un enfant de six ans atteint d’herpès; cette affection guérit rapidement après l’extraction de l’animal. Il nous est impossible de voir là autre chose que de simples co’incidences, et nous ne saurions considérer comme de véritables parasites ces animaux qui manifestement ne peuvent s’acclimater sur l’Homme.
Reynal et Lanquetin, Maladie parasitaire des Oiseaux de basse-cour, transmissible à l'Homme et au Cheval. Gazette médicale, (.3), XIV, p. 407, 1859.
A. Bogdanoff, Deux Acariens trouvés par M. Schérémélewsky sur l’Homme. Bull, de la Soc. imp. des naturalistes de Moscou, p. Zi\, 1864.
Zürn. Bericht dcr med. Gesellscliaft In Leipzig, p. 38, 1877.
FAMILLE DES IXODIDÉS
Les Ixodidés ont un rostre dépourvu de lèvre mobile et composé : 1® de deux maxilles soudées dans toute leur longueur à une languette et à une lèvre, de manière à former un dard rigide, lancéolé ou spathuliforme, portant inférieurement, et quelquefois sur les bords, des rangées de dents à pointes rétrogrades, en nombre variable suivant les espèces ; 2® de deux palpes maxillaires quadri-articulés et creusés en gouttière à eur face interne, de manière à former par leur rapprochement une game en deux parties ou valves, enveloppant le dard à e a e repos, 3 de deux mandibules terminées en harpon à
FAMILLE DES IXODIDÉS. 323
auatre crochets inégaux, articulé sur une longue tige T'* °t sur la face supérieure du dard barbelé ; ces mandibules nTpuveloppées ou non d’une gaine membraneuse chagrinée. Le rostre esUnfère ou marginal ; d’où la division de lafamüle
à six articles : les hanches immobiles sont fixées directement sur le tégument; le tarse se termine par un arabulacre composé d’une paire de crochets et d’une caroncule nlus ou moins développée, se plissant en éventaü. L appareil respiratoire est formé de trachées aboutissant à une paire de stigmates, situés en arrière de la dernière paire de pattes et nroté<"éspar un péritrème discoïdal percé en ecumoire; les sligmites n’existent pas chez la larve. L’appareil digestif est sacciforme, lobé, à lobes symétriques rayonnants et digités. L’orifice sexuel mâle est représenté par une ouverture circulaire située entre les hanches des premières paires de pattes, un peu en arrière du rostre ; chez la femelle, la vulve occupe la même situation, mais se présente sous l’aspect d’un orifice
plissé. La reproduction est ovipare.
Tous les Ixodidés sont des parasites temporaires : P.-J. van Beneden les classe dans son groupe des « parasites libres dans le jeune âge. » Tous les Vertébrés terrestres sont exposes a leurs attaques, et l’Acarien montre la plus grande indifférence dans le choix de son hôte; on rencontre du moins la larve, la nymphe et le mâle sur les animaux les plus divers, appartenant à des ordres et même à des classes différents. La femelle choisit au contraire un animal en rapport avec sa taille et d es
pèce assez fixe.
La famille des Ixodidés ne comprend que les deux genres Ixodes Latreille et Argas Latreille. Koch a proposé de distraire du premier les genres Hyalomma, Husmalastor et Amblyomwai qui n’ont pas été admis.
Les Ixodes sont aisément reconnaissables à leur rostre er minai, implanté dans une fossette creusée à la face antérieure d’un écusson céphalo-thoracique. Cet écusson, dont 1 étendue, la forme, la couleur et l’ornementation varient suivant les espèces, est petit chez la femelle; il est grand chez le mâle et recouvre toute la face supérieure du corps. 11 porte parfois, près de son bord latéral, â la hauteur de la deuxième paire de
pattes, une paire d’yeux simples. Les palpes maxillaires sont épais ou aplatis en lame de rasoir et généralement creusés à leur bord interne d’une gouttière valvaire. Les œufs sont pondus au nombre de plusieurs milliers.
Ixodes ricinus Lalreille, 1806.
SïNONyMiE ; Acanis riciniis Linné, 1790.
Cynorhœstes ricinus Hermann, 1808.
Cet Ixode, vulgairement connu sous le nom de Tique ou Tiquet des Chiens, est très répandu dans nos pays. Le mâle est long de 2““,6o, large de 1““,50. Corps ovo-triangulaire, arrondi et non festonné postérieurement, anguleux en avant, plat en dessous, légèrement bombé en dessus. A la face supérieure et en avant, on voit un écusson brun mat, dépourvu d’yeux, qui s’échancre antérieurement pour s’articuler avec le rostre. Celui-ci est si dissemblable dans les deux sexes qu’on serait tenté de les rapporter à des espèces différentes, si on ne les trouvait point accouplés. Chez le mâle, cet organe est long de 0®“,7, large de 0““,4. Le dard maxillo-labial est mousse et pourvu seulement de cinq dents de chaque côté. Les mandil3ules se terminent par un harpon à quatre dents. Les palpes sont plus courts que ceux de la femelle, et plus larges à l’extrémité. Le pore génital, en forme de fente oblongue et transversale, est situé à la hauteur des hanches de la troisième paire de pattes.
La femelle à jeun est longue de 4 millimètres, large de 3 millimètres, ovale, aplatie, rouge jaunâtre pâle ; l’écusson est cordiforme, à extrémité arrondie, brun, lisse (flg. 592). Le rostre est court, carré, long de 0““,9, large de ; le dard est rectangu- Yïg.h^^. - Ixodes ricinus. '^ire, long de 0““,3, muni inférieure- Femeiie un peu grossie. ' ment et de chaque côté de la ligne médiane, de deux rangs de huit dents.
Les mandibules glissent sur la face supérieure du dard et sont terminées par un harpon à trois dents. Les pattes sont groupées sous le thorax, de chaque côté du rostre; les hanches
IXODES RICINUS.
ont contiguës. La vulve s’ouvre sur la ligne médiane, près de k base du rostre. L’anus est au milieu de la face ventrale, au centre d’une dépression qui se prolonge en arrière.
î a femelle fécondée acquiert un appétit vorace ; elle arrive alors à décupler son volume primitif (fig. b93) et mesure communément de 10 à 11 millimètres de long sur6 à 7 millimètres de large. Son corps, ovoïde comme une graine de Ricin, est de couleur plombée, lisse, uni, à stries transversales écartées et presque effacées supérieurement; la dépression anale est également effacée. Les hanches sont écartées les unes des autres,
surtout les postérieures. Fig. 593. - Femelle gor-
Quand elle est repue, la femelle retire son rostre et tombe à terre. Elle pond alors des deur naturelle. — A, de
œufs dont Mégnin évalue le nombre à 12,000 dos; B, par la face
environ pour une seule ponte ; c’est un fait i entrale.
général, que les Ixodes pondent un nombre
d’œufs considérable, tandis que les Argas, pourtant si voisins, en pondent un nombre restreint, à peine une centaine.
L’œuf est ovoïde, de couleur rousse, long de 0““,-t, large e , .
Il éclot au bout de huit à quinze jours et donne naissance a une larve petite, hexapode, de couleur claire, longue de , > ar^e ü““,4, dépourvue de stigmates (fig. b94). Im- ^ ^
médiatement après leur naissance, les larves ^ ^
se répandent dans toutes les directions et cherchent à s’élever sur les herbes ou les buissons. Elles se tiennent alors suspendues verticalement sur deux de leurs pattes ; un animal vient-il à passer (à leur portée, elles s’accrochent à lui par les pattes qui restent libres et abandonnent la branche ou la feuille à laquelle elles étaient suspendues. Elles se fixent ainsi sur des animaux très divers. Lièvres, Lapins, Campagnols, Fouines, Putois,
Furets, Taupes, Hérissons, etc. ; elles sont errantes dans le pelage et empruntent peu de nourriture à leur hôte , aussi conservent-elles leur teinte claire’.
La nymphe octopode est longue de 1 à 3 millimètres, large de à 2 millimètres ; elle possède des stigmates respiratoires, mais est dépourvue d’organes génitaux. Son rostre et ses patte.s sont semblables à ceux des adultes, mais de moindre proportion ; 1 anus et les
Fig. 595. — Ixodesrîchius, de grandeur naturelle. — A, au sortir de l’œuf; B, à son second stade de développement ; C, mâle; D, femelle.
stigmates sont également comme chez l’adulte. La nymphe commence à faire des blessures aux animaux sur lesquels elle vit; elle enfonce son rostre dans la peau et, par suite de l’ingestion du sang, prend une teinte plus foncée (1).
L’Ixode ricin s’attaque surtout au Chien, mais il n’est pas rare de le rencontrer sur l’Homme, particulièrement chez les chasseurs ou les individus qui vivent en compagnie des Chiens et parcourent les landes et les fourrés. Le plus souvent, l’ani- f mal est inoffensif ou ne détermine que de légers accidents, de nature d’ailleurs très variable (cas de Dubreuilh, Moquin-Tandon, Mauvezin, Desprès, Duplain, van Beneden, etc.); d’autres fois, sa piqûre est le point de départ d’accidents fort graves (cas de Raymondaud et de Johannessen) et peut même causer la mort (cas de Chillida). Ces accidents tiennent sans doute à ce que rixode transporte et inocule dans la plaie divers agents infectieux tels, par exemple, que le Bacille du charbon.
Dubreuilh, Pustule gangréneuse déterminée par la morsure d un Insecte. Gazette des hôpitaux, XII, p. 426, 1838.
Bazin, Leçons théoriques et cliniques sur les affections cutanées artificielles.
Paris, 1862. Voir p. 147, une note de Mauvezin.
A. Desprès. Bull, de la Soc. de chirurgie, (2), VIII, p. 461, 1867.
P.-J. van Beneden, Les commensaux et les imrasîtes dans le règne animal.
Paris, 3e éd., 1883. Voir p. 130.
Ph. Bertkau, Bruclistücke aus der Lebens-, namenllick Fortpfianzungsgeschichte unserer Zecke, Ixodes ricinus. Verhandl. des nalurhist. Vereinsder preuss. Rheinlande und Westfalens. Siizungsberichte, p. 145, 1881.
V. Chillida, Un caso notable de enfermedad infeeciosa ocasionada par la absorciôn de un vinis ôponzona no descrito aun por los aulores y terminado por lamuerte. Revisia medico-fartnacéulica, V, p. 314 y 337, 1883.
D.-J. Chillida Melia, La ponzona de la garrupata. Gaceta de los hospitales,
III, p. 172, 1884.
É. Raymondaud, Un chapitre à ajouter à l'histoire pathologique des affections parasitaires; esquisse monographique du genre Ixode, considéré dans ses rapports avec la pathologie. Journ. de la Soc. de méd. et de pharm. de la Haute-Vienne, VIII, p. 129 et 161, 1884.
Duplain, Observation sur un cas de parasite du genre Ixode. Loire médicale, IV, p. 57, 1885.
A. Johannessen, Acute Polyurie bei einem Kinde nach dem Stiche eines Ixodes ricinus. Archiv fur Kinderheilkunde, VI, p. 337, 1885.
Quelques autres espèces d’Ixodes peuvent encore s’attaquer à l’Homme; nous ne possédons que des renseignements incomplets sur certaines d’entre elles.
(1) Megnin afhrme que la nymphe de certains Ixodes, tels cpx’Ixodes reduvius, pénètre même sous la peau des grands animaux et donne lieu à une affection furonculeuse.
FAMILLE DES IXODIDÉS. 327
r.oMS MDriïios de Gccr. - Celle espèce (flg. 393) n'esl pas rare en c ne sur le Bœuf et le Mouton ; on la rencontre parfois sur d anf"'s,„i’n,aui, tels que le Chien elle Hérisson. Aucun auteur n’a enrore staualé son parasilisme chez l'Homme; mais, lors de notre pas- “It à Kremnitz. en août 1885, le docteur Zechenter nous assura qSle allaquait tréquemmeul les bergers, dans le nord do la
" Hfjmondaud rapporte à la Tique du Chien une observation dans
laquelleils’agit, pensons-nous, de rixode
du Mouton, autant qu’on en peut juger par
une figure imparfaite. Un vagabond, qui
avait coutume de coucher dans une berge-
rie, est trouvé mort, un matin. L autopsie Jff
ne fut pas faite, en sorte que la cause véri- /|ylM
table de la mort est inconnue, mais on
doit vraisemblablement attribuer cette der- wSpÇP#
nière à des piqûres réitérées d’Ixodes. La ^ - p
peau était rouge et luisante par places et fig.o95.—I^odesreduvius parsemée d’ecchymoses, d’excoriations, de grossi,
pustules livides, d’ulcères gangréneux. On , , . .
trouva un Ixode solidement implanté dans la peau, a la partie supé¬
rieure et interne du bras gauche.
IXODES ÆGYPTIÜS Audouin, 1812; I. Dügesi P. Gervais, 1841- ; 1. al- GERIEKSIS Mégnin, 1880. — Ces trois espèces sont originaires du nord de l’Afrique. La première vit sur le Bœuf et s’est acclimatée dans le midi de la France, depuis que le bétail d’Algérie est importe dans la métropole ; c’est son mâle qu’il est si fréquent de trouver sur les pattes ou le cou de la Tortue mauresque. La seconde est également fort répandue dans le midi de la France et semble ne pas être rare en Italie; elle vit sur le Bœuf et le Mouton. La dernière a les mômes
mœurs et le même habitat.
C’est sans doute à l’une de ces trois espèces que se rapporte 1 ob¬
servation suivante, citée par Moquin-Tandon.
En 1856, E. Cosson voyageait dans l’oasis d’Asla, province d Oran. Il dressa sa tente près d’un village, sur un emplacement qui sert de marché aux Moutons. Le lendemain, son domestique portait sur le mamelon droit trois Tiques de la grosseur d’un pois, qui lui causaient une vive douleur.
Carpot dit qu’au Cavor (Sénégal) la Tique est fréquente chez le Chien et le Mouton et qu’elle passe assez souvent sur l’Homme ; il 1 a vue se fixer de préférence au scrotum et aux grandes lèvres. ^
IxoDEs RETicuLATus. — Cette Tique, longue de 13 millimètres à létal de réplétion, est très commune à Natal sur le bétail et passe aussi
ORBRE DES ACARIENS.
sur l’Homme. A la suite d’une piqûre, Allen éprouva d’assez graves symptômes qui durèrent une semaine.
IxoDES MARGiNATUS Leacli. — H est parfois si abondant sur les pelouses ou dans les prairies qu’il torture les ouvriers pendant le fauchage ou la fenaison.
IxoDEs Nigoa Guérin-Méneville. — Espèce mexicaine encore peu connue.
J. Packard a connu, dans le New-.Iersey, plusieurs enfants qui étaient couverts, surtout aux jambes et au scrotum, d'une petite espèce d’Ixode qui vit dans les bois et s’insinue sous la peau : la démangeaison était intolérable, surtout la nuit, et rendait tout sommeil impossible. En 1881, ce même observateur a vu un individu qui, depuis plusieurs années, portait ensevelie dans son thorax la tête d’un gros Ixode, ce qui le gênait beaucoup.
Nous mentionnons ici pour mémoire le cas de Hagen, sur lequel nous n’avons aucun renseignement.
Les voyageurs qui ont parcouru l’Amérique centrale sont unanimes à dépeindre les souffrances atroces qui résultent de la piqûre de myriades d’Acariens, dont les espèces sont encore inconnues, mais qu’on désigne sous le nom collectif de Gairapatas : les uns sont des Ixodes, d’autres sont des Argas ou même apppartiennent à d’autres familles encore, notamment à celle des Trombididés.
A. Reclus, qui a exploré les isthmes de Panama et de Darien, de 1876 à 1878, a dû interrompre momentanément son voyage, à cause des douleurs intolérables que lui causaient ces animaux dont il parle en ces térmes : « Plus redoutés que les Alligators, les Tigres, les Serpents, plus terribles même que les Moustiques sont les Garapates, le fléau des explorateurs. L’irritation causée par les piqûres de ces Arachnides et par Théro'ique remède (1) employé pour les éloigner et, si possible, les tuer, devient bientôt intolérable ; au bout de quelques jours le corps se couvre de plaies. »
Reclus a eu surtout à souffrir de leurs attaques dans le bassin du rio Chico, affluent du Ghucunaque. Il en a observé quatre espèces. « Les Panchas ou Barberos (saigneurs), grands comme l’ongle du petit doigt, sont les plus mauvais, mais leur taille les rend victimes de la recherche la moins attentive. Les Joaleros bruns sont les plus communs ; les Curcus sont presque microscopiques ; lorsque leur dard envenimé a fait surgir des boutons, on aperçoit sur ceux-ci un atome noir, ledit Arachnide. Les Coloradillos, également minuscules, sont de
(1) « Le seul moyen d’obtenir un peu de calme, c'est de se badigeonner le soir avec de 1 alcool dans lequel on a fait macérer du tabac. Nos hommes ont un moyen plus simple : chiquant toute la journée, ils crachent dans leurs mains et s’enduisent de cette liqueur énergique, »
ARGâS MARGINâTUS. 329
vif • s’ils restent immobiles, on ne saurait les distinteinte rouge , est tout à fait
par malheur pour elle, c’est une gent fort remuante, eue polnTincaniat venant à se déplacer, on le remarque tout de suite. »
““Red "s eJplorctions 0«x iMm., de Panama et de Darien. U Toar du „„„de. The Laneet. Il, p. 403, 1881,
T PaS' S%““!:Uo,.néee. Ehcyd.p, iulen».. de Cnrurg», I,
' H'ï'SeÏÏ'i;!;»!— a eaidiat^e teen roue moutl. in tke eue cfa «lan. Entomol. American, lH, P- 124, 1887.
les Acariens du genre .4r»as sont netlement caractérisés par leur rostre inféfe, situITla face ventrale, plus ou nioms Ln du bord antérieur du corps. Les palpes maxil aires sont cylindruiues, formés de quatre articles sensiblement ga ^ tr\s mobiles les uns sur les autres. L'écusson fait défaut, mais les veux existent quelquefois. Lambulacre possédé une caro culè rudtLtairl Les œufs sont pondus en moins grand nombre que cbez les Ixodes.
Argas marginatus
A. Railliet, 1886.
Synonymie : Acarus manjinalus . -.j,,, i-qti
Argas reflexus Latreille, 1796 (nec Fdinc.us, 1.9.).
Rhynchoprion colmnbæ Hermann, 18ÜS.
Argas Ilermanni Audouin, 1812.
A. miniatus Koch, 1846.
Le mâle est long de 4 millimètres, large de 3 ’ j.
couleurbrune uniforme et pl^s régulièrement ovoïde que la fe^
melle. L’orifice génital s’ouvre sur la ligne me lo ve > hauteur de la troisième paire de pattes. ^îiUmMrPs
La femelle fécondée (fig. 596) est longue de 5 large de 3 millimètres; ces dimensions augmente quart, lorsqu’elle est repue et peuvent, devenir en P considérables. La face supérieure est d’un jaune roug , . bord, la face inférieure et les pattes sont d un anc J Quand les cæcums gastriques sont distendus au max corps prend une teinte uniforme noir violac , ma
marginale conserve encore sa couleur jaunâtre. L’anus s’ouvre au milieu de la face ventrale, la vulve tout près de la base du rostre.
L’Argas bordé est jusqu’à présent la seule espèce européenne du genre Argas (1). Il vit surtout dans les colombiers et se cache dans les crevasses des murs : la nuit venue, il sort de sa retraite et s’attaque aux Pigeons endormis, notamment aux jeunes, qu’il n’est pas rare de voir mourir d’épuisement, suivant Latreille et Bianconi, à la suite de ses piqûres réitérées.
Fig. 59G. — Argas marginalus, femelle. — A, vue de dos; B, vue parla face ventrale.
Quand il s’est gorgé de sang, il peut rester fort longtemps sans manger ; Hermann en a conservé un dans cet état pendant plus de huit mois dans un verre.
Latreille avait déjà trouvé cet Acarien errant dans les habitations ; Mégnin a reçu de Strasbourg quelques exemplaires qui avaient été recueillis sur les vêtements d’une personne. On ne sera donc pas surpris d’apprendre que cet Argas peut, dans certains cas, devenir parasite de l’Homme ; on en connaît, à l’heure actuelle, quatre observations.
1“ Cas de Tiasindl, 1839. — Chez un jeune garçon de onze ans, on voit, au sortir d’un colombier, un violent érythème se développer sur
(1) On le trouve jusqu'à Odessa. Le quelques exemplaires de grande taille
professeur Kowalewsky nous en a remis qui avaient été trouvés sur des Pigeons.
ARGAS MARGINATUS. 33^
et le visage; il se forme des sortes de vésicules confluentes, ï phacune est causée par un Acarien.
‘Z t, de SoschuUe, 1859. - Bosehulle fut consuUé par un v,e, - , .ni avait été piqué à la jambe par un Acarien, dans lequel GersrPPonnutl’Argas bordé : à l’endroit de la piqûre s’etait formée '“"l\rsûppù™ie, protonde. arrondie, dans laquelle une ^e lo nnnvait aisément se loger. A l’entour et sur une etendue '^'SéraL la peau était d’un rouge luisant; le pied était œdéma- Quelques jours de repos suffirent pour rétablir le malade, mais • iripp était encore apparente au bout de plusieurs mois.
Le malade habitait une maison assez propre,
ripe pRambres et des corridors étaient couverts d Argas. La '“r” anl"e„tpi,uer les dormeurs, etleur piqhre déter. miniitune tumélaction et de la rougeur, plus ,t«es en ete quen
“riehulle voulut constater sur lui-même VelTet de la piqûre. Le 8 lévrier 1860, il place un Argas sur la paume de sa main gauche, au I naîe du pouce, et le laisse sucer pendant vingt-sept minutes, k doulL es? comparable à celle que produit la p qure d un Mous^ Uoue L animal làch? prise de lui-même, après avoir acquk la laïUe i-f Tv.ic Pa<; dp rougeur ni de tuméfaction notables par la iTeflu bout de trois jours, la petite plaie est entièrement guérie. Au dixième jour, le 18 ^rsoulève en
des démangeaisons à l’endroit pique ; la peau rougfi et se sou unnodale, au centre duquel on voit
trice provenant delà piqûre. La rougeur ni par laisser
vation acquiert le volume d’un bouton de dr4
suinter aucun liquide ; le prurit devient insupportable. ^ les symptômes vont en s’atténuant, la peau a
aspect normal, la cicatrice se désquame, ®'' ' • -g gjj son
sorte de papule arrondie, à contour net, aplatie, P . ^ g
centre et large de 3 millimètres. Dans le cours des années il se forma successivement, autour de P.^P'^, ®’ . de
pules semblables, mais plus petites ; la plus e oignee e . g
8 centimètres. En 1879, c’est-à-dire dix-neuf ans apres p
les choses étaient encore en cet état. „ x rhaiAiin
30 et 40 Cas de Ckatelin, 1882. - Cette observation due a CbateUn de Charleville, a été communiquée en 1882 par Laboulbene a la bociete
“rr“eTe??irm:rdq aupêni,. pcêzee.all ,aelque~ plus tord un œdème séreux de 1. verge, du bas-venlre 4»* de la partie intérieure des cuisses. Cet œdème, ur ® vigom
persista pendant plusieurs jours. Le père de 1 en an ,
reux, vient d’ôlre mordu au coude; en ce moment, tout l’avant-bras est le siège d’un gonflement notable avec tension douloureuse et engorgement ganglionnaire dans Faisselle. » Les Argas provenaient d’un colombier placé au-dessus de Fhabilation. Ce colombier, qu’ils avaient jadis infesté, était inoccupé depuis six mois ; malgré des mesures de désinfection, quelques Acariens avaient survécu et envahi l’appartement voisin.
F.-V. Raspail, Recherches d’histoire naturelle sur les Insectes morbipares. Gazette des hôpitaux, (2), I, p. 9, 1839.
Boschulte, Argas reflexus ats Parasit an Menschen. Virchow’s Archiv, XVIII, p. 554, 1860. -- Id., Ucberden Argas reflexus. Ibidem, LXXV, p. 562,
A. Gerstâckcr, Argas reflexus Latr., ein neuer Parasit des Menschen. Ibidem, XIX, p. 457, 1860.
A. Laboulbène. Bull, de la Soc. entomol. de France, (6), II, p. xcvin, 24 mai 1882.
Argas persicus Fischer de Waldheim, 1824.
Le mâle est long de 4 à o millimètres, large de 3 millimètres à 3””’, O ; son orifice sexuel s’ouvre au sommet d’une saillie circulaire, située entre les hanches de la deuxième paire de pattes. La femelle ovigère est longue de 7 à 10 millimètres, large de 5 à 6 millimètres ; la vulve est une fente transversale à lèvres épaisses et plissées, située tout près de la base du rostre.
Le corps est ovoïde (fig. o9*)) plus étroit en avant, plat dans l’état de jeûne et de couleur jaunâtre terreuse, plus ou moins épaissi, surtout au centre, et de couleur violacée à l’état de réplélion. Le tégument est résistant, chagriné, à demi coriace ; le bord est caréné, plus clair. A jeun, la surface du corps présente des dépressions symétriques, séparées par des saillies correspondantes; dans l’état de réplétion, ces diverses dépressions s’effacent en grande partie.
Les pattes s attachent sur des saillies dépendant du tégument. La
Fig. 597. — Argas jjersicuSjAe grandeur naturelle et gros.si.
ÂRGâS PEHSIGUS. 3^53
■ rp naire est la plus courte (3 millimètres) ; viennent ensuite la f nuis la troisième et la quatrième, cette dernière ayant Simè’tres de long. Le tarse des trois dernières paires de pattes trente près de sa base une fausse articulation, qui ne se voit pas
^ rTa première paire; celle-ci, en revanche, porte en arriéré de là fhèrosUé terminale un organe auditif, constitué par une fossette r fond de laquelle se dressent quelques soies. L’ambulacre est ^ 4 rtP deux petits articles, dont le terminal est armé de deux
Sets En dehors des hanches des deux dernières paires de pattes Têtu, de cLque côté, un très petit stigmate, constitue par un orifice circulaire protégé par des cils.
L’Ar-as de Perse, ordinairement connu sous le nom de Punaise de Miânè, est appelé par les Persans G uénb- g nez, Garib-quez, Malleh et Bhebquez ; ceüe derniere dénommation serait, d’après Schlimmer, usitée dans le Khoraçan et signifierait « mordant la nuit. » Il est doué d’une grande vitalité : quatre ans après avoir été recueillis en Perse et sans avoir pris la moindre nourriture, plusieurs Argas {Argas persicus et A. Tholozani) étaient encore vivants.
L’Argas de Perse a des mœurs assez semblables à celles de a Punaise des lits. Il se rencontre dans les habitations, mais non dans les maisons nouvellement construites. Pendant le jour, il se tient caché dans un endroit obscur, sous les tapis ou les tentures, dans les fissures des murailles ou des meubles : la nuit venue, il sort de sa retraite et attaque l'Homme endo*-mi. Il redoute l’éclat delà lumière; cependant, au dire deKotzebue, la clarté des lampes et des bougies ne le met pas toujours en fuite. Ce même auteur rapporte qu’il ne se monHe point pendant l’hiver et que son « venin » est le plus actif pen an es grandes chaleurs de l’été. . .
Cet Acarien a la réputation de ne pas s’attaquer aux inüigènes, ou du moins les piqûres qu’il leur fait n ont pas e sui es plus graves que celles des Punaises d Europe. En revanc e, i fait une guerre cruelle aux étrangers qui passent la nuit â Miànè : il déterminerait des accidents divers, et parfois m me amènerait la mort en moins de vingt-quatre heures (i).
(1) « L’Homme qui en est piqué, dit Dupré, tombe dans qui le fait dépérir à vue d’œil, surtout s’il ne se f ‘. Z, boissons
au régime dicté par l’expérieuce : c’est de s’abstenir de vian
Deux cas de mort ont été publiés par Kotzebue (1) : ces observations semblent se rapporter à des accidents tétaniques qui nous autorisent à penser que la nocivité de l’animal tient à ce qu’il introduit dans la plaie un microbe pathogène, tel que le Bacille du tétanos (2). La piqûre del’Argas ne semble pas être dangereuse par elle-même : Heller n’a pu trouver de glandes à venin.
Pendant longtemps, Fumouze a nourri une femelle, arrivée vivante en France avec des laines de Perse, en lui faisant piquer de temps en temps un Lapin qui ne s’en portait pas plus mal. Cette même expérience a été répétée par Mégnin sur le Lapin avec A . persicus et .4 . Tkolozani, et sur lui-même avec cette dernière espèce.
Ces expériences semblaient démontrer l’innocuité de l’Argas de Perse et tendaient à faire croire que sa piqûre est exactement comparable à celle de nos l.xodes indigènes. Depuis lors, Tholozan a publié une série d’observations qui, à la vérité, ne prouvent pas définitivement le pouvoir toxique de l’animal, mais du moins le rendent vraisemblable.
La distribution géographique de l'Argas de Perse est encore mal établie ; on peut du moins admettre qu’il se rencontre dans tout le nord de la Perse, peut-être même dans le sud de la Géorgie. De ïhielmann dit qu’il est fréquent à Ardebil, dans la partie nord du
acides ou fermentées. Le sucre est regardé comme un spécifique contre la piqûre de cet Insecte. »
Le traitement usité par les habitants de Miânè consiste, d’après Kotzebue, à écorcher un Bœuf et à envelopper le pied du malade dans la peau encore chaude. Le malade doit rester pendant quarante jours sans prendre autre chose que de l’eau sucrée et du miel.
(.1) « Les Anglais de Tauris, dit Kotzebue, m’ont unanimement déclaré qu’ils ont perdu à Miana un de leurs domestiques qui fut atteint par ces terribles Insectes ; il éprouva bientôt dans tout son corps une chaleur violente, tomba dans une espèce de délire et expira enfin au milieu d’épouvantables convulsions. J’ai reçu d’autres informations non moins dignes de foi du colonel
baron Wrède, . qui, il y a quelques années, a été envoyé en Perse comme
ambassadeur. Lorsqu’il passait à Miana, la saison était fort avancée; ne croyant rien avoir à craindre des Punaises, il y resta la nuit, mais avec la précaution de tenir une bougie allumée. Il n’éprouva aucun mal. Un cosaque de son escorte eut le lendemain matin une tache noire au pied, tint des propos délirants et tomba enfin dans un accès de fureur . Le pauvre cosaque mou¬
rut dans une douloureuse agonie. »
(2) Il est intéressant de l'emarquer que les deux individus dont Kotzebue a noté le décès vivaient habituellement avec les Chevaux, condition que Verneuil considère comme favorable au développement du tétanos.
ARGAS PERSICUS.
fhilan • Orsolle le signale comme très abondant à Pa-Chinar, entre Recht et Kazbin, au pied de l’Elbourz. Il infeste Miânè depuis un temps immémorial et se rencontre aussi dans les localités environnantes comme Turkomanchei, où il a la réputation d’être un peu moins 'dangereux. L’expédition allemande envoyée à Ispaban, en 1873, pour observer le passage de Vénus sur le disque du soleil, n’alla pas à Miânè, mais passa dans le voisinage et put se procurer des exemplaires encore frais, qui furent étudiés par Fritsch.
L’animal est donc répandu dans tout le nord-ouest de la Perse; Fritsch dit qu’il se rencontrerait également dans tout le sud-ouest, mais aucune observation précise ne permet de considérer le fait comme démontré. On sait au contraire que l’Acarien habite le nordest de la Perse : Schlimmer le signale à Chahroud-Bastam, à 30 lieues du sud-est de la mer Caspienne, dans le Khoraçan, et Tholozan l’a reçu lui-même de cette localité.
Dupré, Voyage en Perse fait dans les années 1807, 1808 et 1809. Paris, 1809, Voir II, p. 324.
M. Kotzebue, Voyage en Perse à la suite de l’ambassade russe en 1817. Paris, 1819. Voir VIII, p. 180.
G. Fischer de Waldheim, Notice sur l’Argas de Perse [Mallèh de Mtaneh), déci'it par les voyageurs sous le nom de Punaise venimeuse de Miana. Moscou, 1823. '
G. Relier, Zur Anatomie von Argas persicus. Sitzungsber. der matli.-uat. Classe der Akad. der Wiss. zu Wien, XXX, p. 297, 1858.
A. Laboulbène, Argas. Dictionn. eacyclop. des sc. tnéd., VI, p. 53, 1867. — Id. Bull, de la Soc. entomol. de France, (6), I, p. Lxxxviu, 1881.
J.-L. Schlimmer, Terminologie médico-pharmaceutique et^ anthropologique frangaise-persane sur les maladies endémiques et particulières les plus intéressantes des habitants de la Perse. Téhéran, 1874.
G. Fritsch, üeber die giftige Wirkung des Argas persicus Sitzungsber. der Gesellschaft naturforschender Freunde zu Berlin, p. 61, 1875.
Baron Ernouf, Le Caucase, la Perse et la Turquie d’Asie, d'après la relation de M. le baron de Thielmann. Paris, 2» éd., 1880. Voir, p. 256.
A. Bordier, L’Argas persicus. Journal de thérapeutique, IX, p. 131, 1882.
A. Laboulbène et P. Mégnin, Note sur les Argas de Perse. Compte rendu de la Soc. de biologie, p. 59, 1882. — Id., Sur les Argas de Perse. Ibidem, p. 577, 1882. — Id., Mémoire sur les Argas de Perse. Journal de l’anatomie, XVIII, p. 317, 1882.
P. Mégnin, Expérience sur l’action nocive des Argas de Perse. Compte rendu de la Soc. de biologie, p. 305, 1882.
J.-D. Tholozan, Des phénomènes morbides produits par lu piqûre de pat asites voisins des Jxodes ou Tiques, les Argas de Perse. Mémoires de la Soc. de biologie, p. 15, 1882.
E. Orsolle, Le Caucase et la Perse. Paris, 1885. Voir-p. 176.
Argas Tholozani Laboulbène et Mégnin, 1882.
Cet Argas est très voisin du précédent, avec lequel il a été longtemps confondu; il est encore originaire de Perse. Le mâle est long de 4 à 5 millimètres, large de 2 â 3 millimètres.
La femelle ovigère est longue de 8 à 10 millimètres, large de 4 à 5 millimètres.
Le corps est rectangulo-polygonal, arrondi en arrière, anguleux en avant, à bords latéraux parallèles. Le tégument est résistant, chagriné, et présente un élégant gaufrage disposé en un réticulum aux entre-croisements duquel s’insèrent de fins poils.
Les pattes sont encore inégales : les deuxième et troisième paires sont les plus courtes (3 millimètres} ; viennent ensuite la première (4 millimètres), puis la quatrième (b millimètres). Le tarse est constitué de la même façon que chez A. persicus; le stigmate occupe la même situation. I/anus est logé dans une dépression, un peu en arrière du milieu de la face ventrale. La vulve s’ouvre à la hauteur des hanches de la deuxième paire de pattes.
Cette espèce s’attaque aux Moutons, plus rarement à l’Homme ; les Persans l’appellent Kéné ou Punaise des Moutons. C’est à elle, croyonsnous, qu’il faut attribuer quelques-unes des observations publiées par Tholozan; c’est à elle encore que se rapportent les accidents dont parle Chénier, ex-médecin de la légation de France en Perse, dans une note inédite qu’il nous a communiquée :
« En 1 86b, dit-il, j’accompagnais M. le comte de Massignac, ministre de France pour la Perse, qui se rendait à son poste à Téhéran. J ai couché à Miânè ; sur le conseil de M. Querry, notre dogman-chancelier, qui était aussi du voyage, tous les deux nous avons dormi sous une tente dressée sur une terrasse. Des sept Européens de la caravane, un seul, le comte de Massignac, a été mordu par un Argas (1), à la partie dorsale de la main; il n’est point mort. Deux domestiques persans, venus de Téhéran à notre rencontre, ont été, eux, mordus par tout le corps; ils avaient dormi dans une étable a Moutons. Ces deux Hommes ont été fort malades pendant plus e cinq mois ; mais de mort, point, et c’est, j’en suis persuadé, une erreur en tous cas. »
Nous avons dit déjà que Mégnin s’est laissé piquer par l’ Argas e Tholozan. 11 dépose une femelle sur le dos de sa main et la recouvre d’un verre de montre. L’animal ne tarde pas à implanter son rostre
(1) Il s’agit probablement ici d'Argaspersicus.
âRGàS THOLOZANI. 33“
^ « la neau en ^provoquant une douleur semblable à celle d’une
s'anUe ou même un peu plus faible. Au bout d’une demi-heure 1 pft assouvi et retire son bec de la blessure quil a faite : il est Lenu très replel, ses rides et ses plis se sont presque effacés. Pen- Tnt l'heure qui suivit la ohutede l'Argas, l'ejpérimentateur éprouva pncore des picotements, comme quand le parasite était en .onction pûis celle sensation disparut tout à fait. Au point piqué, une gou telette de sang coagulé et, tout autour, sur un diamètre de 6 millirïiPlres on vit se dessiner une ecchymose violette, qui persista peuranTîlois jours, mais en s'effaçant graduellement. Pendant les Quinze iours suivants, une certaine démangeaison se produisit de Lps en temps au point piqué; elle était parfois assez vive pour qu i fût difficile de résister à l’envie de se gratter. De la sorte il se forma une petite papule rosée qui, trois semaines après la piqûre, ne semblait pas encore en voie de disparition; six semaines apres, elle était
tout à fait guérie. ^ a
Ces faits sont en contradiction avec les observations de Tholozan, rapportées déjà plus haut. La contradiction tient sans doute a ce que l’animal avec lequel Mégnin a fait ses expériences était consene à jeun, dans un peu de coton, depuis plusieurs années : bon nombre d’organes, entre autres l’appareil à venin, avaient interrompu leur fonctionnement.
Argas Tholozani a été reconnu comme une espèce distincte par Fritsch, en 187a ; Laboulbène et Mégnin, en 1882, sans connaître le travail de l’auteur allemand, en donnèrent une description detaillee, d’après de nombreux exemplaires envoyés par Tholozan et provenant de deux localités ; de Chahroud-Bastam et de Djemalabad, a a lieues au sud de Miânè et de l’autre côté de la chaîne du Kaflankouh. ces localités il faut ajouter encore Patchenar, sur le Sefld Rud, d’après Fritsch (1). .
Nous signalerons encore quelques autres Argas, de gran e ai e pour la plupart.
Argas türic.'ita A. Dugès, 1876. — La femelle est longue e à 6 millimètres, large de 4 millimètres. Le mâle est plus petit un cinquième. Cet Argas est originaire du Mexique : il vit sur le Porc et s’attaque aussi très fréquemment à l’Homme; on le rencontre en
(1) « Une autre espèce, dit cet auteur, considérée comme beaucoup moins dangereuse (qu’ persicus), fît souffrir les membres de lexpe ‘ ^
Patchenar, sur le Sefîd Rud. Elle détermine chez le patient de petites bosses douloureuses : chez l’un des voyageurs, ces bosses furent le point ce epai d’une violente inflammation du tissu cellulaire de la main et du bras, autre espèce ressemble beaucoup à Argas per sicus : on lappe e Mouton ; elle semble être très répandue en Perse et s attaque su t Mouton. » ‘ .
Blanchard. — Zool. méd.