V. de Motsclmlsky, Note p
dionale. Bull, de la Soc. imp. des et le Karakourt du
iioZog'içMes. Ibidem, p. 109 (eu russe). , Biolo". Centralblatt, MH,
KoLrt, Ueber die giftigen Sptnnen Russlands. Biolo.. p. 287, 1888.
Les «.disaient des ‘oUe* homo„U.es ,r^ leurs extrémités en un tube ou sac ^ans Rq Agelena,
yeux sont au nombre de huit {Drassus, ^ ^ ’ seulement iOys-
Argyroneta, fig. 607, A), parfois au nombre de six seulement [üy
dera, Segestria, fig. 607, H).
La famille des Dysdérides comprend les^ a^re-
Segestria {Ÿig. 615). Au cours de ses / isson
coL que la morsure de D. erythnna produit une cuisson
vive, mais très passagère. * ja-?. rai.io rpdmi-
La grande Ségestrie (S. perfida Walck.) est déj p table ; ses crochets font dans la peau deux Petites pl à peine saignantes, un peù “ Se . la douleur
parables à celles que produirait une f ^ K ’g minutes, consécutive à la morsure ne dure pas p u
Une élévation blanchâtre entoure presque aussitôt les piqûres sur une largeur de près de 3 centimètres, puis se colore d’une teinte rouge érysipélateuse. Au bout d’une heure et demie tout s’efface, sauf la trace des morsures, qui persiste quelques
Fig. GI5. — Ser/estria senonilata, femelle grossie.
jours. Toutefois, cette .Araignée cause assez souvent par sa morsure une inflammation locale très douloureuse et de la fièvre. Ajoutons queWeyenbergh a vu une espèce voisine, de l’Amérique du sud, causer la mort.
II. Weyenbergli, Casa létal por la mordedura de una amîia de la especîe llamada Segestria perfida Walch. Boletin de la Acad, iiacional de ciencias exactes de Côrdoba, II, p. 289, 1876.
Les Dysdérides ne sauraient donc être considérés comme des animaux inoffensifs. 11 en est de même pour les Drassides {Drassus, Gnaphosa, Clubiona, iücaria, Proslhesiina), qui renferment quelques espèces très venimeuses, telles que la suivante :
Chiracantiuum pu.\ctoriu.m Villers {Clubiona nulrix Walckenaer, pOo). Cette espèce est répandue dans toute la France, en Suisse, en Allemagne, etc. ; la femelle a une longueur maximum de 19““, 5. Son venin, d’après Dugès, ne produit chez 1 Homme qu’tin petit gonflement et une rougeur qui durent à peine une demi-heure. Simon le considère, au contraire, comme plus actif que celui des autres Araignées : il tue instantanément es P us gros Insectes et produit chez l’Homme des accidents 1 ® es. Forel et Grube ont éprouvé de sérieux acci-
dents à la. suite de sa piqûre.
Mordu au pouce par une femelle de grande taille, Grube
ORDRE DES ÂRANÉIDES.
™ut une douleur aussi vive qu'à la suile d'une piqûre de rToe iüe sortil pas de sang et il n'était même pas poss.b e f ‘^ronnaître à la loupe l'endroit piqué. Neanmoins, il se deae reconua une vive indammalion et une tuméfaction qui ’f^mt ra » à la dernière phalange : cet état
H r'a trois iours et c'est alors seulement que la résoluUon onca à se faire lentement. Après plus d'une semaine Cd” il mordu présentait encore une petite tache jaunâtre et 'rSenTbilité! celle-ci ne disparut totalement que vers le quatorzième jour après l’accident.
Gesellscliaft fur vaterl. Gultur, LVI, p. iU, 18i8.
Les Argyronètes (Argyroneta) ont des moeurs singulières : elles filent dans l’eau une toile imperméable en forme de dé à coudre et remplie d air. Leu - |L Je ^
morsure provoque une légère douleur, selon , . ||
^^Les Agélénides comprennent
Agdma (fig. 616) et Tegenarm (fig. 60/, U). || il m v
L’Araignée domestique (T. domesfica) n est pas .||| g j/
redoutable et ne se sert de ses cliéliceres que ||mi M si on vient à la saisir. Sclialler a expérimente autrefois, d’une façon très insuffisante, Uc- üon de son venin : il prend quatre Tégénaires^ ^ 616. — Coque o viles broie et les réduit en une pâte qu i^ app i ^Agelena laby-
que sur une partie dénudée de la face interne rinthica, non encore
delà cuisse d’un Lapin : l’animal meurt au entourée de grains
bout de quatre jours ; l’expérience fut repe- de sable.
tée sans résultat sur un autre Lapin. Du lui-même ne
introduit dans des piqûres que Schaller s était faites a lui me
causa pas le moindre accident.
E.-3. Schaller, Recherches sur le Strasbourg, 1833. — A consulter pour la bibliOo p
Les muèles ont huit yeux, mais n’ont ni irrégu-
lum; les pattes sont longues et grêles.
lières, à filaments entre-croisés dans tous es . Erigone,
tiennent les genres Pholcus, ."“mf un
Linyphia et Latrodectus. Ce dernier re du globe et par-
pèces, répandues sur une grande partie
tout redoutées à cause de leur morsure venim
Laïrodectus TREDECiMGUTTATUS Rossi(L. malmignatus Walck 1837; L. lugubris Uolschnhkj, 1849).— Cette espèce (fig. 617)’ noire ou d’un brun rougeâtre foncé et couverte de poils rudes' est reconnaissable à ce que son abdomen est orné, à sa face supérieure, d’un demi-cercle rouge et de trois séries de grandes taches d’un beau rouge; la rangée médiane comprend six taches, chacune des rangées latérales en renferme trois. La femelle est longue de 13 millimètres au maximum.
Cette Araignée vit en Égypte, en Syrie, en Asie Mineure, dans la Russie méridionale, en Italie, en Espagne, en Corse et dans
Fig. 617. — Laïrodectus
le midi delà France (Vaucluse, Gard, Hérault); elle remonte même le long du littoral jusqu’en Vendée et dans le Morbihan, où elle perd ses taches rouges et acquiert une teinte noire uniforme. Elle file, principalement sous les touffes de Medicago saliva, de Diplolaxis lenuifolia et de Rubia tinctoria, une toile très forte qui arrête jusqu’aux gros Insectes. Son cocou est sphéroïde, mais pointu à l’un des pôles.
La Malmignatte est partout très redoutée : en Espagne, Simon a vu les paysans très effrayés à son aspect, tandis qu’une espèce voisine, Latro-
tredecimgut talus. declxis ereôws ' Savigny, ne leur cau¬
sait aucune crainte. Rotti, Boccone et Rossi en Italie, Kessler en Russie, assurent que sa morsure cause de la fièvre, de vives douleurs et un état léthargique. Graells en Espagne et Cauro en France citent des faits tendant à démontrer que sa morsure est capable de rendre malade 1 Homme ou l’animal. Walckenaer ne doute pas non plus que cet animal ne soit venimeux.
Aux environs d’Avignon, suivant le frère Télesphore, il aurait produit plusieurs fois de graves accidents, sans pouran causer jamais la mort. A la piqûre succède une douleur locale très aiguë, qui envahit bientôt tout le corps ; le malade es incapable de se tenir debout et perd connaissance ; puis il
est pris de violentes convulsions, pendant lesquelles il pousse des cris. Cet état dure environ vingt-quatre heures; les deux jours suivants, le malade est un peu plus calme, bien que presque incapable de remuer les membres; par moments, il est encore agité de tremblements convulsifs. La convalescence est plus ou moins longue : on peut ressentir les effets de la piqûre pendant deux ou trois mois, parfois même pendant un ou deux ans.
Dax (de Sommières) a observé six individus piqués par le Latrodecte ; tous furent indisposés, l’un d’eux même assez gravement; mais les stimulants amenèrent toujours la guérison dans les vingt-quatre heures.
La Malmignatle du sud de la Russie porte le nom de Karakourt; Motscbulsky et Kobert assurent qu’elle est extrêmement venimeuse. En 1839, elle aurait tué, dans le bassin inférieur du Volga, 7,000 Bœufs, dont la mort s’explique bien plutôt par une épizootie ; sa morsure serait plus dangereuse encore pour le Cheval et le Chameau et, en maintes contrées, elle tuerait jusqu’à 33 p. 100 des Chameaux. Ce sont là d’évidentes exagérations ; il n’en faudrait pourtant pas conclure à l’innocuité de l’animal.
Kobert a prouvé, en effet, que le venin du Latrodecte, mort ou vivant, est également redoutable pour le Rat, le Chien, le Chat, l’Oiseau et la Grenouille ; le Hérisson lui- même, qui a la réputation de résister au venin de Vipère, succombe à son action. Même dilué au millionième, le venin agit sur le système nerveux central et paralyse le cœur, mais à la condition d être introduit par voie hypodermique : à l’exemple du venin de la Vipère et du curare, il est inoffensif par la voie intestinale; ce serait une substance albuminoïde, que la chaleur détruit rapidement. Kobert assure encore que le venin est répandu dans tout le corps de l’Araignée, même dans les pattes et dans 1 œuf non développé, ce qui paraîtra peu vraisemblable.
ABerdiansk, sur la mer d’Azov, il se montre parfois, au temps de la moisson, une Araignée noire venimeuse qui cause une grande panique parmi les travailleurs; en 1865, elle aurait mordu plus de 300 personnes, dont 3 auraient succombé.
Un bon nombre de faits plus ou moins bien observés tendraient donc à démontrer le danger de la morsure du Latro-
decle ; mais celle morsure n’est pas dans tous les cas dangereuse. C’est ainsi que L. Dufour ne croit pas la Malmignalte redoutable pour l’Homme; H. Lucas a été mordu plusieurs fois en Algérie, sans en éprouver aucun inconvénient. Simon regarde môme le Latrodecle comme incapable de produire aucune piqûre: ses crochets sont très petits et l’animal ne cherche pas à s’en servir, quand on le saisit.
Carus et Engelmanu, Bibliolheca zoologica, I, p. 477.
O. Tascheuberg, Bibliolheca zoologica. II, p. 1305.
L. Totti, Memoria sopm U Falangio o Ragno venefico dell’ agro Volterrano. Atti deir Accad. dei fisiôcritici, Siena, VII, p. 244, 1794.
Marmocchi, Memoria sopra il liagno rosso dell' agro Volterrano. Ibidem, VIII, p. 218, 1800.
A. Cauro, E.vposition du moyen curatif des accide7its produits par la morsure de l’Araignée 13-guttnta ou Théridion malmignalte du département de la Corse; suivie de quelques réflexions sur le mode d'agir de son venin et de celui de la Vipère. Thèse de Paris, n® 128, 1833.
E.-W. Brayley, Poisonous Spider at Berdiansk. Transact. entomol. Soc. of London, (3), V, 1865-1867. Proceedings for 1866, p. xiv.
G. Dax, Accidents causés par la morsure de l'Araignée noire. Courrier médical, XXXI, p. 47, 1881.
L’ .Amérique possède également un certain nombre de Lalrodectes redoutables : tel est Latrodectus mactans dans l’Amérique du sud, suivant Fabricius; tels sont aussi L. perfidus, L. formidabüis eti. variolus aux États-Unis, suivant Abbot.
Latrodectds cüracavjensis Muller (L. malinignaltus var. tropicava.ü Hasselt; Theridium maligmm Anslyn). L’Araignée orange de Curaçao a été étudiée par van Hasselt, puis par Steenbergen. Elle est à Curaçao, à Bonaire, à Aruba et aussi sur la côte du Venezuela. Elle a à peu près la taille à’Epeira diademata et présente une teinte noire avec des taches et des raies d’un rouge vif; la face ventrale est marquée de plusieurs taches rouges.
Van Hasselt ne croit guère que cette Araignée soit redoutable, mais le fait est affirmé par d’autres observateurs.
Steenbergen maintient pendant quelque temps une Araignée sur la langue d’un Chien à la mamelle, puis contraint celui-ci à l’avaler. Au bout de deux heures, l’animal pousse des hurlements plaintifs et refuse tout aliment ou boisson ; sa gueule se remplit de bave spumeuse; sa langue est enflée; il vomit, puis se rétablit au bout de quelques heures.
Dans une autre expérience, on incise la peau d’un Chien, à la partie interne de la cuisse, puis on écrase dans la plaie le céphalothorax d’u-ne Araignée. Deux heures après, refus des aliments, hurlements, agitation ; inflammation et tuméfaction de la plaie. Trois heures plus
ORDRE DES ÂRÂNÉIDES. 369
„rd l’animal esl très agilé : il a les conjonctives enflammées, la nnnille rétrécie, la langue sèche, la respiration irrégulière et preci- . üilée. Puis le calme revient et des vomissements se produisent ; la Tilaie se ferme lentement après de longues suppurations.
^ L’expérience, répétée avec trois Araignées sur un jeune Bouc, donna des résultats analogues, si ce n’est que, à la suite de l’opera- Zn l’animal demeura apathique, alla en dépérissant, puis mourut au bout d’un mois et demi. Divers essais tentés sur la Poule n’eurent
“cousUnTonfirme le récit de Steenbergen : à Curaçao, 100 à 200 rqs de morsure s’observeraient annuellement chez 1 Homme et,
.ans être jamais mortels, les accidents seraient encore plus graves aue ne le laissent supposer les expériences précédentes. Ln usage Lal veut qu’on administre aux malades, comme antidote, de 1 urine humaine mélangée à une infusion de tabac et dans laquelle on fa
'""pTuTIltroiTe^ là encore, à des exagérations et doit-on considérer ^ cette espèce comme vraiment inoffensive? D apres Sirnon,.elle es très commune à Valencia (Venezuela), où personne ne la redoute ni ne la connaît.
A -W -M van Hasselt, Sludien over de z. g. Curaçaosche Oranje-spm,eene nogZnfgZende Latrodeclus-soort. Tijdschrift voor Entomologie, III, p. IG
\^.^C.^Seenbergen, Étude sur
"•va^Lr.e.Cov.st.., L’He Ce Curaçae. Ibido»., XXIV. p. an, iai5. Voir p. 324.
LATaoDECTüs ME.AVODI Vinson, 1863. - f “f VllXforÎt
12 millimètres, a Cette Aranéide est surtout "fondante dans la^ d’Alanamasoatrao, à Madagascar : elle se nartie
de celte île, où on la désigne sous le nom de Vancoho sud, et Ménavodi, qui veut dire cul-rouge, dans l est ^ 1 mterie chez les Hovas. La morsure de ce Latrodecte produit, chez l’Homme et même chez les animaux. Sa est etab ie dans les herbes, et les indigènes évitent de toucher a cette Araneide car ils la regardent comme fady, c’est-à-dire chose sacrée, f terdite, à laquelle on ne peut pas toucher... ie n ai ^ d’observer les effets redoutables qu on attri ue a a m Latrodecte; dans toutes mes investigations a ce des Européens les plus éclairés, j’ai trouve un accord unanime sur
un danger réel. » 24
Blanchard. — Zool. méd.
On trouve aux environs de Tananarive une autre espèce qui se rapproche beaucoup de la précédente, dont elle dépasse même la taille, mais les Hovas ne la redoutent pas.
A. VinsoD, Aranéides des îles de la Réunion, Maurice et Madagascar. Paris 1863. Voir p. 122 et 124, pl. VIII, fig. h et 5 a.
Latrodectüs katipo Poxvell, 1870. — La femelle est longue de 8““,o. Cette Araignée est abondante dans les deux îles de la Nouvelle-Zélande, où elle est très redoutée et où elle est le seul animal venimeux. Les naturels assurent quelle tue souvent les enfants; mais, en général, les accidents se dissipent d’eux-mômes au bout de quelques jours. La partie mordue est douloureuse, puis se tuméfie et s’enflamme; le malade sue ensuite abondamment et éprouve une vive sensation de langueur; son intelligence s’obscurcit et des contractions convulsives des membres peuvent survenir.
Le Rév. Chapman, missionnaire chez les Maoris, rapporte les trois observations suivantes, qu’il attribue, sans preuve suffisante, à la morsure du Katipo. Une fillette, mordue à l’abdomen, serait morte après avoir langui six semaines. Une dame anglaise, mordue à la cuisse, ne fut guérie qu’au bout de trois mois. Un chef indigène, mordu à la cuisse, n’éprouva rien de grave.
Butler rapporte également le cas d’une femme de cinquante ans qui, mordue à la hanche gauche, éprouvait une vive douleur quelques minutes après. Le lendemain, la hanche était fortement tuméfiée et sensible à la pression, les deux cuisses étaient douloureuses, mais surtout la gauche. Le troisième jour, ces symptômes commencèrent à s’atténuer et ne tardèrent pas à disparaître.
L’observation la plus probante est celle de Wright, encore que l’identité de l’animal mordeur ne soit pas indiscutable. Un individu est mordu à l’épaule, entre fl heures et midi. A midi, il rentre à son habitation : il ne peut plus ouvrir la bouche ou est à peine capable d’articuler quelques mots, par suite du trismus. L’endroit de la piqûre est très douloureux : la peau y est soulevée sur une surface aussi large qu’une tasse à thé; elle est blanche et entourée d’un cercle rouge. Le malade perd connaissance, le pouls devient presque absent, le visage pâlit, puis se cyanose; les extrémités sont froides, la respiration presque suspendue : la mort semble prochaine. L’alcool à haute dose et l’ammoniaque dans l’eau raniment le patient : le pouls réapparaît, la circulation et la respiration deviennent plus naturelles. La convalescence dure encore plusieurs jours.
O. Taschenberg, Bibliotheca zooloyioa,ll, p. 1305.
, '^^1' Ihs Katepo, a supposed poisonous spider ofNeui Zealand. Journal of the Linn. Soc., I, p. i, I857.
ORD^E'^ifS ARâNÊIDES.
at des toiles verticales, constituées par deux sortes 3nnauts, les autres concentriques. L’Araignée s( dans une cachette peu distante ; l’abdomen es yeux sont sur deux rangs (flg. 607, G), les deu ■érieures sont souvent plus longues que les autres
Fig. 618. — Epeira diademata.
Tetragncdha extensa.
puissantes. Aussi Blackwall a-t-il été mal inspiré en la choisissant pour expérimenter l’action du venin des Araignées sur omme. fait mordre par trois Épeires, au doigt et à lavan ras, sa éprouver le moindre inconvénient : d’où il conclut a^l mnocui e morsure des Araignées en générale! des espèces anglaises en Particulier. Mais cette conclusion est évidemment inexacte, comme ce a sort des nombreuses observations que nous avons relateesplus haut.
J. Blackwall, Experts and observations on the of the order Avaneïdea. Traasact. of the Lumeaa Society of London, XXI, p. 81, 1848-1852.
On irouvcm encore dans les Iravans ei-dessous d'inléressantes
observations qui se rapportent à des Araignées d’espèce indéterminée.
D. Clos, Les piqûres d’Araignées sont-elles venimeuses pour l'Homme? Méni. de l’Acad. des sciences de Toulouse, (6), III, p. 51?, 1865.
M. Bartels, Ueber eine gifUge Spinne des Haussalandes [Nord-Afrika). Sitzungsber. der Gesellschaft naturforschender Freunde in Berlin, p. 18?,
L’Araignée a joui d’une certaine réputation en médecine. Lemery dit qu’elle était estimée « pour les fièvres intermitentes et particulièrement pour la fièvre quarte, étant écrasée et apliquée au poignet, ou étant enfermée vivante dans une coquille de noix et attachée au cou à l’entrée de l’accès . »
ORDRE DES PÊDIPALPES
Ces animaux, peu nombreux, habitent les régions tropicales des deux continents; ils établissent la transition entre les Aranéides et les Scorpions. L’abdomen est séparé du céphalothorax par un étranglement et se divise en un certain nombre d’anneaux; chez Thclyphonus, les trois derniers sont rétrécis en un tube auquel fait suite un appendice très grêle, également annelé.
Les cbélicères sont sans doute en rapport avec une glande à venin, comme chez les Araignées, car la piqûre de ces animaux est très redoutée. Les palpes maxillaires se terminent par des griffes puissantes et armées de piquants {Turentula Fabricus, 1793 ;nec Sundevall, 1832) ou par des pinces didactyles [Thelyphonus), comme chez les Scorpions. Le céphalothorax porte en avant deux grands yeux médians et, un peu plus en arrière, deux groupes latéraux de trois yeux chacun.
Les pattes de la première paire sont très longues et très grêles et se terminent par une portion flagelliforme annelée. La respiration s’effectue dans quatre sacs pulmonaires, dont l’orifice est latéral et se trouve sur le bord antérieur des deuxième et troisième anneaux de Fabdomen. L’organisation de l’appareil digestif rapproche les Pédipalpes des Scorpions, celle du systètne nerveux les rapproche des Araignées. Les Phrynes (fig. 620) se rencontrent dans l’Amérique du sud, dans l’Afrique équatoriale et en Malaisie, les Thélyphones au Mexique, dans l’Asie méridionale et la Malaisie,
Ces derniers sont partout considérés comme venimeux : on va même jusqu à comparer l’action de leur venin à celle du venin de Crotale! Mais on n a pas encore démontré l’existence d’une glande à venin, et divers auteurs, comme Altamiro et Korotneff, assurent que
ces animaux sontinoffensifs. Altamiro dit qu’ils ne se servent point de leurs chélicères pour attaquer et qu’ils émettent par l’anus ou par
Fig. 6-20. — rareiitiila [Phrynits) reniformis.
l’appendice caudiforme un liquide volatil, de réaction acide, insipide et non venimeux, qui agit comme moyen de défense uniquement par son odeur.
F. Altamiro, Observaciones sobre la secredon venenosa del vinagnllo (Thelyphonus giganteus). La Naturaleza, III, p. -331, 187G.
H.-C. Yarrow, Thelyphonus giganteus poisonous. Amer. Naturalist, xi, p. 367, 1877. — Id., Le Thelyphonus giganteus regardé comme étant venimeux. Journal de zoologie, VI, p. 238, 1877.
Les Scorpions (fig. 621) ont le corps divisé en deux portions distinctes : l’antérieure est subcylindrique et comprend le céphalothorax et la première moitié de l’abdomen ; la postérieure, ou seconde portion de l’abdomen, est une sorte de queue très mobile, pluriarticulée et terminée par un appareil à venin.
Le céphalothorax e^ presque quadrangulaire : il est aussi large ou même un peu plus large que long ; il s’élargit progressivement d’avant en arrière et s’unit ti l’abdomen par une large surface. Son tégument est coriace et fortement chitinisé ; sa surface est, suivant les cas, lisse et ponctuée ou entièrement granuleuse. La face supérieure est une seule pièce, non segmentée et porte simplement les yeux ; 1 inférieure
porte six paires d’appendices et est presque entièrement recouverte par les hanches des quatre paires de pattes. '
[,es chélicères ou anlennes-pinces sont à trois articles : le basilaire est" court, annulaire et caché sous le céphalothorax; le moyen est allongé et se prolonge par son angle interne en une forte apophyse acuminée ou doigt fixe ; l’article terminal ou doigt moèi/e.s’insère à la face externe et à la base de l’apophyse du précédent, de manière à former avec celle-ci une pince didactyle, dont le doigt mobile se meut dans un plan horizontal ; chezles autres Arachnides (Aranéides, Chernètes,Solifuges),ce même mouvement se fait dans un plan vertical.
Les deux pattes - mâchoires sont très grandes cl formées de six articles : la hanche ou article basilaire est massive et sert à la mastication des aliments ;■ on lui donne parfois le nom de mâchoire et on considère alors comme un palpe maxillaire les cinq articles suivants.
Ceux-ci ont reçu les noms de scupulu, huniefus et brachium, que l’homo- Fig. 621. - Butlrus australis. ' logie avec les pattes véritables nous contraint a rejeter, pour adopter ceux de trochanler, fémur et tibia. A la suite de dernier vient le tarse, qui est formé de deux articles et constitue une puissante pince didactyle, dont le doigt externe est mo- Aux pattes-mâchoires comme aux chélicères, le bord interne
A cause do leurs pinces, les Scorpions ont été ranges autrefois parmi Je® costracés; mais la pince de l’Écrevisse, par exemple, n’est mobile nue sa branche interne, ce qui constitue une différence essentielle.
des doigts est orné de denticulations qui donnent de bons caractères
^iTsmttes ambulatoires sont au nombre de quatre paires et vont en , cimentant de taille de la première à la dernière. Chacune déliés Lrpnd sent articles, le tarse étant triarticulé. Les hanches sont très grandes et recouvrent presque entièrement la face inférieure du céptalolhoraK; elles se louchenlsur toute leur longeeur, et celles des
deux dernières paires sont même soudées entre elles. Celles de la econde paire sont plus longues que les autres et se réunissent sur
la liane inédiane rieur bord antérieur s'épanouit en avant, de chaque
côîi de celle-ci, en une large apophyse qui se rétrécit progressivement et s’avance jusqu’au voisinage de la patte- mâchoire , ainsi se forment les deux lobes maxillaires, qui s’affrontent sur lahgne mediovenTrak et contribuent à la mastication. Les hanches de la première paire de pattes portent de la même façon deux lobes maxillaires, qui L comportent à^’exemple de ceux de la seconde paire et s appliquent le long de leur bord externe ; ils sont courts et efOles en avant b«thus) ou se terminent au contraire par un élargissement Le
tarse se termine par deux griffes simples et divergentes; au-dessous “Is se voit souveul uu éperon ou grilte impaire, au-dessus une
TeÎTanXst deux dernières paires de pat.es iaisseni ent. ems
un espace qui est occupé par une petite pièce
Ce Sternum aune grande importance taxonomique . c est un mince
h:m:riransvers*l. un peu arqué (Tele.onu, ««T >
il est rétréci en avant et obtusément triangulaire {Buthus) , il est enfin
plSs ou moLs pentagonal (Scorpto,
dans ces deux derniers cas, il est creuse d une ossette mc^ane . ^ L’abdomen n’est pas pédiculé, mais est ^
comprend deux régions distinctes ; le gaster ou prea c oi abdomen. Le préabdomen est plus long et un peu plus large céphalothorax : il est formé de sept segments, divises arceaux, dorsal et ventral; ces arceaux sont des P'f réunies l’une à l’autre, le long de la ligne latérale, pa femelle molle qui peut se distendre considérablement, sur ou
“Xafe dorsale, les arceaux se recouvrent eu
premiers sont à peu près semblables, si ce n es que nrécé-
augmente progressivement ; le septième est P us ^ § *1 arrière et
dents et trapésoide, sa partie rétrécie étant tournée en arriéré
s’articulant avec le postabdomen. „ oiippanx les
A la face ventrale, le préabdomen ne ® plus court
deux premiers s’étant fusionnés en^un seu .
CLASSE DES AllÂCIlA'iDES.
et plus étroit que les suivants; il est enclavé entre les hanches de la dernière paire de pattes et s’appuie en avant sur le sternum. Dans sa portion antérieure, il présente l’orifice génital, que protège un opercule mobile autour de son bord antérieur. Dans sa moitié postérieure, ce même arceau est recouvert d’une petite pièce transversale, dont les deux extrémités latérales sont creusées d’une petite dépression, dans laquelle s’insèrent les peignes.
On appelle ainsi deux appendices denliculés (fig. 622, p), qui sont caractéristiques des Scorpions. Ce sont des lames allongées, graduellement rétrécies de la base à l’extrémité et ornées sur leur bord postérieur d’une série régulière de dents contiguës et articulées, dont le nombre est variable d’une espèce à l'autre et même d’un sexe à l’autre. La partie pleine du peigne comprend un nombre Fig. G22. — Préabdo- variable de lamelles étroitement juxtaposées et men d un Scorpion disposées en deux ou trois rangées transversa- VU par la face ven- ^ . » r • t
traie. — P, peigne ; 1®®. La rangée anterieure n est ordinairement
s, stigmates. ’ formée que de trois lamelles, très allongées ;
entre elle et les dents se trouvent une (Buthides, Hétérométrides, Botliriurides) ou deux (Véjovides) rangées de lamelles intermédiaires, dont le nombre est variable et donne de bons caractères de classification. Les peignes servent au toucher : ils reçoivent un gros nerf qui se termine dans les dents par un grand nombre de papilles tactiles.
Les cinq derniers segments de la face ventrale du préabdomen sont lisses, imbriqués, parallèles entre eux. Les segments 2, 3, 4 et 3 portent de chaque côté un stigmate, qui a l’aspect d’une fente oblique, s. Le dernier segment est conformé comme à la face dorsale.
Le postabdomen est formé de six segments; il est beaucoup plus étroit que le reste du corps, mais est presque toujours un peu plus long : il est parfois de même longueur, rarement plus court {Uehnurus). Les cinq premiers segments sont semblables entre eux et augmentent progressivement de taille : ils sont creusés eu dessus d’une dépression longitudinale, bordée latéralement de crêtes dentées et plus ou moins abruptes; l’anus s’ouvre en arrière du cinquième, à la face ventrale. Les anneaux sont incapables de s’infiéchir en dessous et n’ont que d’obscurs mouvements de latéralité ; en revanche, chacun d eux peut se relever verticalement sur celui qui le précède et le postabdomen s’enroule ainsi sur lui-même plus ou moins complètement en spirale.
Le sixième et dernier segment du postabdomen diffère con-
OBDRE DES SCORPIONS.
sidérablement des autres. C’est une vésicule subgiobuleuse, pyriforme ou subcylindrique, qui se continue en arrière par un aiguillon très acéré, arqué et à convex^ité supérieure. Cet aiguillon esTune arme redoutable, au moyen de laquelle le Scorpion inocule le venin sécrété par deux glandes renfermées à l’intérieurde la vésicîïTêr"
Ces deux glandes sont pyriformes, de même volume, légèrement aplaties sur la ligne médiane et symétriques; la partie renflée est comprise dans la dilatation de la vésicule, les canaux excréteurs s’enfoncent dans l’aiguillon. Elles remplissent presque entièrement la vésicule et ne laissent entre elles, à la région supérieure, qu’un petit espace comblé par du tissu conjonctif dans lequel passent les nerfs qui se rendent aux glandes ; en bas, elles laissent un plus grand espace, que vient combler encore une masse conjonctive traversée par des vaisseaux sanguins.
Chaque glande est appliquée en dehors et en haut directement contre la paroi chitineuse de la vésicule; en bas et en dedans, elle est entourée d’une couche musculaire qui s’étend sur toute la longueur de la glande. Celte couche musculaire est formée de fibres striées à disposition transversale, qui s’attachent à la face interne du tégument, d’une part près de la ligne médio-dorsale et d’autre part sur la face latérale. Cette sangle musculaire vient-elle à se contracter, elle comprime le sac glandulaire contre le tégument qui joue le rôle de plan résistant, et le venin se trouve ainsi éj^iléa....
Eu dedans du muscle, une mince couche conjonctive entoure complètement la glande, puis sert de base à l’épithélium sécrétoire, qu’elle refoule çà et là, de manière à sillonner la cavité de la glande de larges replis longitudinaux ayant pour but d’augmenter la surface de sécrétion. L’épithélium est formé de hautes cellules prismatiques à noyau basilaire et bourrées de fines granulations.
La glande s’effile progressivement en arrière, puis pénètre dans l’aiguillon ; la couche musculaire disparaît alors, la cavité centrale se trouve remplie d’une masse conjonctive dans laquelle passent les deux canaux excréteurs, réduits'à un épithélium surbaissé. Plus près de son exlré'mité, l’aiguillon est plein, si ce n’est qu’il est encore creusé latéralement de deux
CLASSE DES ARACHNIDES, canaux exçréLeuns. Ceux-ci marchent parallèlement, sans jamais se réunir, puis débouchent au dehors, sùTTès côtés et un peu -au-dessous de la pointe de l’aiguillon, par deux orifices j ovalaires que Maupertuis a décrits dès 1731. if Le venin 'est un liquide acjde, limpide et légèrement opaf lescent. A un fort grossissement, on y découvre une pande
quantité de fines granulations, semblables à celles qui s observent à l’état frais dans Tes cellules épithéliales. Ces granulations sont animées du mouvementbrownien: l’acide acétique et tapotasse très étendus les dissolvent, mais l’éther les laisse intactes ; ce ne sont donc pas des graisses. Elles proviennent directement des granulations intra-cellulaires, les cellules se rompant et leur protaplasma se liquéfiant pour former te venin.
Le Scorpion pique toujours en avant de lui ; il lance des coups d’aiguillon de deux manières distinctes. Veut-il se défendre quand on l’attaque ou l’excite, il se contente, pour ainsi dire, de chercher à effrayer : son abdomen relevé au-dessus de lui, il décoche brusquement un coup d aiguillon,
‘ et revient aussitôt à sa position première; le venin apparaît alors rai*ement à l’extrémité de l’aiguillon. Lui présente-t-on, au contraire, un animal dont il fasse habituellement s.i noui riture, une Araignée par exemple, il se précipite sur sa proie, la saisit fortement entre les pinces de ses pattes-mâchoires, puis relève son abdomen et la tâte avec la pointe de son aiguillon, comme pour chercher le point vulnérable; souvent alors on voit sourdre une gouttelette de venin. Dès quil a trouvé l’endroit propice à la piqûre, le Scorpion imprime h son appareil à venin un mouvement de bleuie, grâce auquel a pointe perce le tégument et s’enfonce dans le corps de la victime. Elle y séjourne un certain temps, pendant lequel les glandes à venin se vident par une série de contractions soumises à la volonté de l’animal; quand l’aiguillon jessprt, a victime est déjà inerte et*j5m‘alysée.
Jousset (de Bellême, Orne”) évalue à 0®',00^ la quantité e venin contenue dans la vésicule d’un Buthus europæus de moyenne taille, mais Joyeux-Latfuie fait remarquer que ce chiffre est beaucoup trop faible et ne saurait être accepté que comme un minimum.
L’action physiologique du Venin a été élucidée par Paul Sert
et Joyeux-Laffuie, dont les résultats concordants sont basés sur des expériences rigoureusementconduites. Ces résultats contredisent entous points une théorie émise par Jousset, d’après laquelle le venin serait un poison du sang, déformerait les hématies et causerait la moid par arrêt de la circulation, théorie qui, comme le dit fort judicieusement Joyeux-Laffuie, «n’est prouvée par aucune expérience sérieusement observée. »
Le venin est sans acj-ion sur les Protozoaires ; il n’est pas absorbé davantage par la peau de Poulpes et de Têtards vivants dans une eau à laquelle on a mélangé une forte proportion de venin. L’absorption ne se fait pas non plus par.lajvoie intesünale, ou du moins elle se produit lentement, tandis que l^itmnaiiûa'du poison par l’urme se fai Lacjhie ment, en sorte que le san gji’en renferme jamais en quantité suffisante pour provoquer des accidents. Il est intéressant dénoter cette première analogie avec lêTurare.
Introduit sous la peau, le venin est rapidement absorbé par les vaisseaux sanguins, puis porté par tout le corps jusque dans l’intimité des tissus ; s’il est inoculé à une dose suffisante, il cause alors une envenimation redoutable, à laquelle sont sensibles les Vertébrés, les .\rthropodes (les Scorpions euxmêmes) et les Mollusques. On constate toutefois, suivant les espèces animales, de grandes variations dans la sensibilité au venin : parmi les Mollusques, par exemple, la Limace rouge [Avion rufus] succombe rapidement, mais le Poulpe résiste, parmi les Sauriens, le Lézard résiste; parmi les Mammifères, le Chat ne présente qu’une faible réceptivité. Mantegazza a vu l’Écrevisse résister; mais Joyeux-Laffuie assure que les Décapodes marins [Plahjcarcinus pagurus, Portunus pubev) sont extrêmement sensibles et meurent promptement. Les Poissons sont tués par une forte dose, mais résistent à une dose plus faible, qui suffit pourtant à tuer .un Batracien ou un Oiseau; le Crapaud est plus résistant que la Grenouille ou le Triton. Les Diptères, les Hyménoptères et surtout les Araignées, dont le Scorpion se nourrit d’ordinaire, sont les plus sensibles de tous les animaux. •
L’inoculation du venin est toujours douloureuse et arrache souvent des cris au paiient;- cette douleur, qui dure un certain temps, doit êfre attribuée à une action directe du venin sur
lesnejrfs voisins et non au fait même de la pénétration de l’aiguillé: une épingle est plus grosse et cause pourtant une douleur insignifiante.
11 s’écoule toujours quelques instants entre le moment de l’inoculation du venin et celui 3e l’apparition des jrmiers symptômes" de l’envenimation; pendant cette première période, qui est d’autant plus courte que l’animal est plus sensible au venin, celui-ci passe dans le sang, puis se répand dans l’organisme. Quand iLse^rouve'^aiïs le sang en quantité suffisante, la période d’excitation éclate brusquement. Elle est marquée de convulsions violentes, qui ressemblent beaucoup à celles que produit Ta strychnine : comme celles-ci, un choc frappé sur la table suffit à les réveiller ; elles s’accompagnent de vives douleurs, qui arrachent souvent des cris; Insensibilité est intacte (1).
La durée de la période d’excitation dépend de la quantité de venin inoculée. La dose est-elle faible, les convulsions apparaissent tardivement, mais sont bien caractérisées et durent longtemps ; la dose est-elle forte, elles ne se font guère attendre, sont très violentes et cèdent bientôt la place à la paralysie. Ces convulsions proviennent de l’excitation exercée directement sur les centres nerveux, et spécialement sur l’encéphale, par le venin.
La période de paralysie fait toujours suite à la précédente. Elle débute par un en^urdissement des memlh'es, que l’animal a de la peine à ramener dans leur position première : l’engourdissement s’accentue de plus en plus et l’animal perd la faculté d’exécuter le moindre mouvement. Le cœur continue abattre, mais les mouvéments respiratoires sont' suspendus et la mort arrive par asphyxie, par impuissance du diaphragme et des au très muscles inspirateurs. Chose remarquable! la mort ,, est due à un mécanisme identique à celui qui s’observe dans i les cas d’empoisonnement par le curare, ainsi que Paul Bert. l' l’a reconnu. Le muscle^est toujours contractile, le nerf a con-
(l) Pendant la période d’excitation, l’Homme ou l’animal piqués émettent souvent leur urine. Au Gabon, ïouchard (Rivière du Gabon et ses maladies. Thèse de Montpellier, 18G4) a vu pratiquer une sorte de jugement de Dieu qui consiste à faire piquer un accusé par un Scorpion ; si le patient émet son urine pendant la première période do l’onvonimation, c’est un signe certain d’innocence.
servé sa conductibilité, comme le prouve la conservation de la sensibilité, et cependant l’excitation électrique des nerfs moteurs ne provoque pas la contraction des muscles : c’est que, en effet, le venin s’est fixé sur les plaques terminales des nerfs , moteurs et les a comme supprimées.
!\Iâis*cêtte suppression n’est que momentanée : le venin ne s’accumule pas dans l’organisme, mais s’élimine progressivement par le rein; aussi voit-on, par exemple, les animaux qui peuvent respirer par la peau, comme les Grenouilles, recouvrer peu à peu l’usage de leurs membres et revenir à la santé. Chez un Mammifère ou chez l’Homme, on peut donc affirmer que la respiration artificielle, suffisamment prolongée, entretiendrait la vie tant que durerait la paralysie, c’est-à-dire tant que l’élimination du venin par l’urine ne serait pas à peu près complète; cette élimination pourrait être aidée puissamment par l’administration de diurétiques actifs.
Le venin de Scorpion est donc essentiellement ruLumaon-du . système nerveux : il n’agit ni sur les muscles, ni sur le cœur, j ni sur le sang. La période de paralysie est seule mortelle : elle n’apparaît jamais d’emblée, sans avoir été précédée par une période d’excitation. Tant que celle-ci ne s’est pas manifestée, rien n’indique si l’envenimation doit ou non éclater.
Les auteurs apprécient d’une façon très inégale le danger de la piqûre du Scorpion. Ehrenberg, piqué cinq fois par Buthus quinquestriatus, n’éprouva aucun accident sérieux; mais lès douleuTs^qu’il ressentit furent assez vives pour lui faire admettre que les femmes et les enfants pourraient y. succomber. Lucas, piqué maintes fois en Algérie, assure que la douleur est moins vive et moins irritante que celle qui résulte d’une piqûre ■ d’Abeille. Guyon a vu la piqûre de deux espèces algériennes, B. europæus et B. australis, donner promptement la mort à de petits animaux (Oiseaux et Rongeurs) ; il cite encore deux cas de mort chez de jeunes Arabes, âgés de trois, et npuf ansL mais il ne connaît aucun cas mortel chez les adultes, bien que ceux-ci soient fréquemment piqués. Verdalle, qui a fait un séjour prolongé dans la région de Biskra, rapporte que les indigènes parlent souvent de piqûres mortelles, mais il n en a observé lui-même aucun cas ; sans douter de la possibilité du fait, il croit donc à sa grande rareté.
Nous sommes arrivé nous-même à une conclusion identique, à la suite de renseignements puisés auprès des médecins militaires et des indigènes à Biskrâ, à Tougourt, à Temacin, à' Kairouan, comme aussi dans des régions plus septentrionales de i’Algérie et de la Tunisie. Il en est encore de même dans le Haut-Sénégal, d’après Bellamy : « Les Scorpions sont fréquents, nous écrit-il. Je n’ai pas entendu dire qu’ils aient causé la mort, mais leur piqûre détermine de très vives douleurs, de l’œdème et de la lymphangite : ces symptômes disparaissent spontanément au bout d’une demi-journée. » Palkenstein assure également que les espèces de la côte de Loango ne donnent pas la mort; mais Bartels rapporte, d’après le récit d’indigènes interrogés par lui, que le pays des Haoussas, sur le cours moyen du Niger, renfermerait, entre autres espèces, un Scorpion noir dont la piqûre, extrêmement douloureuse, serait toujours mortelle.
Aucun des Scorpions d’Europe n’est capableie tufirXHqmme ; du moins, aucun cas mortel authentique ne nous est connu. Pline et Redi considéraient même les Scorpions d’Italie comme inoffensifs. Mais Ninni, piqué par l’un d’eux, sans doute par Fuscorpius iialicus, au petit doigt gauche, vit se former à Tendroit piqué une large papule d’un rouge livide, puis une phlyctène remplie d’une sérosité légèrement sanguinolente, en même temps qu’il ressentait un prurit et une brûlure douloureuse; une traînée de lymphangite s’étendit jusqu’au coude et un léger mouvement fébrile s’ensuivit. Le lendemain, tous ces symptômes commencèrent à s’amender et, le troisième jour, tout avait disparu.
A Costa-Rica, d’après A. von Frantzius, les Scorpions ne mettent jamais la vie en danger. En Colombie, d’après Posada- Arango, Cenlrurm [Atreus) Degeeri et C. Fdivardsi ne causent jamais mort d’Homme ; leur piqûre ne donne même pas la fièvre, et d’ordinaire les accidents disparaissent en moins de vingt-quatre heures. Au nombre des symptômes, on remarque toujours un engourdissement de la langue, qui rend la parole embarrassée, en même ternps que les facultés tactile et gustative sont émoussées.
A Duran^ (Mexique), Cavaroz a rencontré en grande abondance un Scorpion long de 53 millimètres, que nous croyons
nouvoir identifier à C. gracüis Latreille. Gel animal est extrêmement commun dans la ville même (1) ; sur une population de 13 à 16,000 habitants, il tue en moyenne 200 à 230 per- ^ sonnes par an, mais tous ces décès s’observent chez des enfants ; ' le venin n’est pas mortel pour les adolescents et les adultes, bien qu’il cause d’ordinaire chez eux de graves accidenta.
Les Scorpions, partout très redojités, le sont donc à juste titre Mais leur piqûre n’est pour ainsi dire jamais mortelle üour l’Homme adultéré! sain; elle l’est au contraire assez fréquemment pour les enfants, en raison de leur taille plus petite quifadtquela quantité de venin inoculéest proportionnellement plus considérable que chez l’adulte. A cause de leur taille plus petite et de leur sensibilité plus grande, les femmes sont également plus éprouvées par le venin que les hommes et succombent plus aisément. , • ^
On ne connaît encore aucun antidote rationnel du venin de Scorpion. Posada-Arango aurait retiré des infusions de Guaco (Mikaniaparviflora) de réels bénéfices. Aux Indes, on applique sur la blessure la racine à'Achyrantes aspera, préalablement macérée dans l’eau ; on fait aussi boire au malade une certaine quantité de l’infusion ; la douleur cesserait au bout d’une heure environ.
Si on écarte les hanches des pattes-mâchoires et des deux premières paires de pattes, on découvre une fente longitudinale qui est la bouctie. A celle-ci est annexée une petite pièce médiane et antérieure, ^ d’appendice cordiforme, velu à l’extrémité, qui permet a
diriger ses aliments vers la bouche et qui, d autre part, sem e re
siège du goût. ‘ -j c m
L’appareil digestif est plus simple que celui des Araneides. bur trajet de l’œsophage se voit un jabot qui se dilate sous 1 action de tai ceaux musculaires rattachés à la paroi ventrale. L’estomac est arron i et ne présente. qu’une seule paire de cæcums dont le fon , irige en
(l) Lors de l’expédition du Mexique, la municipalité de g douzaine •
une prime à la destruction des Scorpions et payait 3£centime p ^ •
les enfants leur faisaient la chasse pendant la nmtTTla lumière, truisaient ainsi 80 à 100,000 par- an, pendant les trois mois de AKairouan(Tunisie),’nous avons observé une habitude analogue • d’une caste spéciale parcourent pendant la nuit la ville et ses il»’ enfilent
munis d’une lanterne et armés d’une longue norte en
tous les Scorpions qu’ils rencontrent. Le lendemain, i s .
porte présenter leur capture et ils reçoivent quelque menue mo • ^
avant, est occupé par des glandes volumineuses {glandes salivaires). • ■ L’intestin est rectiligne ; dans le préabdomen, il est entouré par une grosse glande Hépatique, qui lui déverse son produit par un grand nombre de canaux excréteurs. Les deux tubes de Malpighi sont ramifiés et se jettent dans l’intestin terminal; nous avons indiqué déjà la situation de l’anus.
Les trachées font défaut; la respiration se fait exclusivement par quatre paires de poumons (fig. 623), dont la position nous est connue. •' Les stigmates sont ordinairement en forme de fente {Buthus, Broteas) ; ils sont ovales chez Euscoi-pius et ronds dans deux genres de l'Amérique in ter tropicale (flhaetas P. Gervais et Teuthraustes E. Simon).
L’appareil circulatoire n’est pas sans analogie avec celui des Crustacés décapodes. Le cœur est situé en entier dans le préabdomen ; il est enveloppé d’un'sinus et formé de huit ventriculites, dans chacun desquels le sang pénètre par une paire d’orifices munis de valvules. Chaque chambre cardiaque envoie une paire d’artérioles aux parties latérales du corps ; de plus, une grosse artère naît de chaque extrémité du cœur.
L’aorte antérieure émet d’abord une paire d'artères gastriques, puis va sans se ramifier jusqu’aux ganglions cérébroïdes, au niveau desquels elle se termine en se divisant en quatre branches : deux vont aux yeux médians, deux autres aux chélicères, mais non sans envoyer des rameaux aux yeux latéraux et aux muscles. L’aorte postérieure parcourt le postabdomen et distribue régulièrement des branches dans chaque segment. Ces diverses artères se ramifient richement; elles déversent finalement leur sang dans les espaces interorganiques, d’où il s’accumule dans deux sinus situés le long de la face ventrale et dans lesquels baignent les poumons. Une lacune sanguine, de laquelle partent de chaque côté cinq troncs destinés aux pattes, existe encore entre la masse nerveuse du céphalothorax et sa gaine; cette lacune se poursuit tout le long de la chaîne ventrale; elle n’a pas de paroi propre et porte comme annexe une sorte de glande vasculaire qui est , peut-être un organe excréteur. Cette lacune périnerveuse est réunie en avant à la terminaison de l’aorte antérieure par un vaisseau de chaque côté, et en arrière, dans le premier segment du post-abdomen, par un seul vaisseau qui contourne l’intestin à droite.
Le sang oxygéné est ramené dans le sinus péricardiaque par sept paires de veines pulmonaires, qui remontent le long des flancs : trois paires prennent naissance au niveau des poumons de la première
• inP naire au niveau de chacune des deux paires suivantes de e deux paires au niveau des poumons de la dernière paire, nerveux est moins concentré que chez les Araignées, ta maîse ganglionnaire sus-œsophagienne est petite et bilobee, la ^ r.ous œsophagienne est ovale et donne quatre paires de nerfs rendenl Lns les quatre premiers segments du préabdomen.
Tais viénf une claine de 7 à 8 ganglions, dont les 4 derniers sont «ranfprmès dans le post-abdomen.
Les yeux sont simples, en nombre variableetdivisés en deux gro^^^^^
neux Los yeux médians sont portés par un mamelon situed ordinaire au mhieu de la face supérieure du céphalothorax (Bui/iws, Palamnæus) mais parfois reporté en avant [Broteas) ou en arriéré (Opis- Zlthahms) En outre des yeux médians, on observe encore de 2 a 5 pLes d’yeux latéraux, disposés en une ou deux rangées a la partie aLéro-laterale du céphalothorax ; ces yeux, d’après Parker, ont tous la même structure, mais diffèrent à cet égard de ceux de la paire métZ q^sont compliqués. En raison de leur différence de taille, on distingue les yeux latéraux en principaux et ^
de- bons caractères pour la classification : par exemple, le genr Buthus a de chaque côté 3 yeux principaux et 2 accessoires ; Cmti'w us fs vTux principaux et 1 aLessoire ; Euscorpms a 2 yeux principaux mailTe présente pas d’yeux accessoires. Le genre BeUsanus est remarquable par l’absence totale des yeux. n,,*;.,., pf rjetero’
Les sexes sont ordinairement peu disUncU : metrus, le mâle est plus grêle que la femelle ; ^?7“^f2Tnomplus long relativement au tronc, les dents des peig P
breuses. Chez le mâle des Ischnurides, souvent Buthides, le bord interne du doigt mobile des pat -mâchoires porte à sa base une saillie correspondant a une ^ \
fixe. Chez quelques Euscorpius, tel qu’Eu. carpatJacus venin n’est pas semblable dans les deux sexes; chez f
thriurus, elle présente en dessus une grande fosseUe Les glandes génitales sont renfermées dans e enfouies dans le foie. Les testicules sont represen es P^ de tubes réunis par des branches transversa es, es egalement chaque côté se fusionnent en un canal déférent qui s u ^pq^i.ci à son congénère pour former un canal éjacula eur itnp ‘ ^
est pourvu de chaque côté d’un long cæcum fihfome et d an peüte vésicule séminale remplie de sperme ; il se termine P retirés
protractiles, entourés d’une gaine tubulaire et norma dans le corps. L’orifice génital, impair et médian, nou J
'TL'^ovaires sont constitués par trois tubes réunis e^re^eux par Blanchard. ~ Zool. méd.
386 • CLASSK DES ARACHNIDES.
4 paires de branches transversales, la dernière paire résuUanl d’une bifurcation du tube médian. A la surface de tous cos canaux sont appendues un grand nombre de petites vésicules, dont chacune produit un seul œuf. Les deux tubes latéraux se continuent chacun en un oviducte qui se dilate vers le milieu de son trajet, puis s’unit à son congénère pour former un court vagin.
La femelle est vivipare. A la fin du printemps ou au commencement de l’été, époque où elle est gravide, son abdomen est fortement renflé. La segmentation est partielle : elle commence déjà quand l’œuf est
Trois stades du développement du Scorpion, d'après Metchnikoff. Les embryons sont représentés redressés. — ub, post-abdomen; eh, chclipédipalpes; pe, peigne ; p^, ;A, pattes ; si, stigmates.
dans les petits diverticules ovariens.. Le blastoderme se forme au pôle de l’œuf dirigé vers l’ovaire; puis il s’étend de plus en plus à la surface du vitellus, à mesure que le développement se poursuit. L’embryon (flg. 62i) acquiert progressivement les caractères de l’adulte ; il ne subit aucune métamorphose. Pendant les premières semaines qui suivent leur naissance, les petits se groupent autour de la mère et, en cas de danger, grimpent sur toutes les parties de son corps. On assure que la mère va alors en maigrissant de plus en plus et meurt dès qu’elle est abandonnée de ses petits, devenus assez grands pour se nourrir seuls.
Carus etEiigelmann, BibUotheca zoologica, I, P- ^66 f ^ '6-
n Tanrheuberg, Bibliotheca zôologtca, 11, p, 1313-1310.
Vertaie, notes sur le climat des Z ib ans, deser de la promnce
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? ™ 'nû ltpion * Bm-anqo et du Cerro de lot remedtm ,11. tmtehe
? n ’ de niém d« méd. militaire, (3), XIII, p. 321, 1865.
“ P.Bmt', Co»(riL(ions à t étude des venint. Compte rendu do la Soc. do
“«'omHa'’» 'pM»o*S« p™*<« PW '» P-f '*'•'> * .
,8M - SzMte dee Hôpitaux, XUÏ, p. 481, 1811. Ardu, es de med. na-
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BreirÆrllpTÆ Se,'; r»;.us»-L«»des. Sltxun^sHer. dor Pmceod. Acad. „at.
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