SOUS-CLASSE DES AILÉS
c rrassi I vrofjénitori dei Miriapodi e degli Insetti. — L’Iapyx e la Camïtü accad: giüenia, Catania, (3), XIX, 1886. - M . ’ Contrihuto allô ^TdtdeW anatomia del gen. Machilis. Ibidem. - Id., Cenni amtomwi sul ' Z Nicoletia. Bull. Soc. entomol. di Fircnze, 1886. - Id., Altre ricerche ■r<ianuri Ibidem 1887. — Id., Anatomia comparata dei Tisanun e con- 7derazioni generali sulV organisazione degli Insetti. Mcmorie dell’ Accad. deiLincci, (4),IV, 1887 .
Sous-classe des Ailés.
Les Insectes en nombre immense dont se compose cette sous-classe sont tous pourvus de deux paires d’ailes, sauf le cas où les ailes, primitivement existantes, se sont atrophiées en totalité ou en partie, par suite du parasitisme ou pour d’autres raisons. Le thorax, divisé en trois somites, porte les appendices locomoteurs (fig. 642) : le prothorax, th' , porte la première paire de pattes; le mésothorax, th", porte la seconde paire de pattes et la première paire d’ailes; le méiathorax, th , porte la troisième paire de pattes et la seconde paire d’ailes. Les ailes présentent des variations de forme et de structure qui ont été prises comme caractéristique des différents ordres.
L’appareil buccal présente également les plus grandes variations et est conformé de façons fort diverses, suivant que l’Insecte est broyeur, lécheur, piqueur ou suceur. Malgré ces notables dissemblances, l’appareil est toujours constitué fondamentalement par les mêmes pièces, qui se modifient suivant les besoins, ainsi que Savigny a eu la gloire de le démontrer . Ce sont, dans un type peu ou point modifié, comme le sont les Coléoptères (fig. 643) . une lèvre supérieure ou labre, Is, limitant la bouche en avant , deux mandibules^ md, se mouvant latéralement et triturant les aliments ; en arrière, deux mâchoires ou maxilles, mx, fonctionnant de la môme manière et portant chacune deux appendices dont l’externe est le palpe maxillaire et l’interne la galéa; en
Fig. 642. — Parties dont se compose le corps d’un Insecte (Coléoptère). — a, abdomen ; c, tête ; th! , protliorax ou premier segment thoracique ; th", mésothorax ; th", métathorax.
lin, une lèvre inférieure ou labium, li, représentant deux mâchoires fusionnées, comme le prouve la comparaison avec les Crustacés et les Myriapodes, et portant deux palpes labiaux pluriarticulés.
Le développement est rarement direct (Insectes sans métamorphoses, Ametabola): ' parfois la larve ne diffère que fort peu de l'adulte, par exemple par l’absence d’ailes [Hemimetabola] ; le plus souvent, de l’œuf sort une larve (flg. 644, A, B) qui, par des mues successives, grandit et arrive à’ un état
Fig. ü43. — Appareil masticateur d'un Coléoptère. — U, lèvre inférieure portant les palpes labiaux ; h, lèvre supérieure ou labre; md, mandibules ; mx, mâchoires avec les palpes maxillaires.
de repos ou de nymphose, pendant lequel elle porte, suivant les cas, les noms de pupe, nijmphe (flg. 644, G, D) ou chrysalide [Metabola). Il est même des Insectes, tels que les Coléoptères vésicants, chez lesquels l’évolution est encore plus compliquée et constitue une hypermétamorphose, suivant l’expression de Fabre.
Pendant la nymphose, les organes internes de la larve subissent une destruc¬
tion partielle [histolysé) ou totale : d’après Kowalewsky, des cellules analogues aux leucocytes des Vertébrés mangent littéralement les tissus larvaires et ne laissent que
les noyaux cellulaires : ceux-ci sont chargés de former à nouveau les organes de l’adulte. Les téguments de l’abdomen ne
U- ^pnt aucune modification, mais ceux de la tète et du tho- 'L atns îue les membres, sont détruits, puis régénerts par , i ou «S3«es maginau^, amas cellulaires au
'“mbr de" paires chez la Mouche. La paire céphalique donne îTs antennes les si% paires thoraciques, trois dorsales et trois iralPs forment les trois somites du thorait avec leurs apdVes’ Quand ces modifications sont achevées, l’Insecte par- Sfou“LTe (4. 6«. E) éclôt: il a acquis sa taille déanitive et n’a souvent à mener qu’une existence fort courte.
nrlhootéres (flg. 643) ont 2 paires d’ailes : les antérieures, a„
Fig, 646. - Parties doet se “'J’.® p/eSe"''paire *'i'è““i
. AB, abdomen; T, thorax; a, antennes, R ■ msth méso-
a-j, deuxième paire d’ailes; c, cuisse; - ’ deuxième’ et troisième
thorax; mtth, métathorax; Pi> Pai Psi P ’
paires de pattes; pth, prothorax; t, tarse, y, Y
sont semi-coriaces et se croisent pendant le repos; a„ membraneuses et parcourues par des nervures^ecWigues.
Blânchaud. — Zool. méd.
plient dans le sens de la longueur, à la manière d’un éventRÎi p. tère auquel le groupe doit son nom. ’ carac-
La tête, A est grasse et Ms développée ; elle porte deux longue, antennes setiforines, a, et deux gros veux composés, y La bonrï. disposée pour broyer et pour mordre, diffère peu de cellp Coléoptères (flg. 643). ®
Leprolhorax,p«Æ, est grand et libre. Les pattes (fig. 646), toujours
ig. 646. — Diverses formes de pattes chez les Insectes. — A, patte sauteuse de Locusta vindissima. — B, patte ambulatoire de Carabiis : a, hanche ou coxa , 6, trochanter; c, cuisse ou fémur ; d, jambe ou tibia ; e, tarse. — C, anneau thoracique de Dytiscus portant une patte natatoire ciliée. - D, patte fouisseuse de Gryllotalpa : a, hanche; b, trochanter portant un prolongemen c en forme de dent; d, fémur; e, tibia; I, 2, 3, articles du tarse. - PP religlosa (les lettres comme pour Bj. - F, la
môme avec la jambe repliée contre la cuisse.
formées de 5 articles, dont le dernier est lui-même pluriarticulé et ermmé par eux griffes, peuvent se modifier d’une façon remarquable, pour s adapter au genre de vie de l’animal, d’où, de bons arac eres pour a classification. Celles de la troisième paire, longues
fig^6?6Trr'! Sauterelle (fig. 643,1)3;
fnnk^spiir ^ Première paire se transforment en un organe
iouiss6ur Ciioz 19, Courtilièrp (f\o‘ A4 a n*» ^ • /Mit»
chez la Mante (fig. 646, E,F) ^
L’abdomen (flg- A^)’ généralement segmenté et constitué par des anneaux, se termine par des appendices en forme de tenailles et de stylets, qui se transforment souvent chez la femelle en une tarière ou un oviscapte au moyen duquel les œufs sont pondus. Ils constituent de la sorte une armure génitale qui se trouve représentée encore chez d’autres types et qui, malgré la grande diversité de sa structure, résulte toujours d’une modification des pièces fondamentales et des appendices soit du huitième anneau abdominal, soit des huitième et neuvième anneaux. Les métamorphoses sont incomplètes ; la larve ne diffère de.
l’adulte que par sa plus petite taille et l’absence d’ailes.
L’appareil digestif est très compliqué (fig. 647). Des glandes salivaires volumineuses, gs, accompagnées d’un réservoir particulier, rs, viennent se déverser dans la bouche. La moitié postérieure de l’œsophage, œ, se renfle en un jabot, j, auquel fait suite un gésier, g. L’estomac ou ventricule ch^Jlifique, e, reçoit, dès son début.
le liquide digestif élaboré par les cæcums.gastriques,cg ; au moment où il va se continuer avec l’intestin, i, il reçoit également les tubes
Fig. 647. — Appareil digestif de Periplaneta orientalis, d’après L. Dufour. — cg, cæcums ou glandes gastriques; e, estomac; g, gésier; gs, glandes salivaires; i, intestin ; /, jabot; oe, œsophage ; r, rectum; r5, réservoir des glandes salivaires,
de Malpighi, tm, exception^ tubes de Malpighi.
nellement nombreux. Le rectum, r, débouche à la face ventral entre les huitième et neuvième anneaux de l’abdomen. C’est ée 1^’ ment en ce point que se trouve l’orifice génital.
Les Mallophages forment un groupe aberrant de petits Orthoptères aptères, à développement direct. Leur place dans là classification est encore discutée : on les rattache généralement aux Pédiculides, soit pour les incorporer à l’ordre des Hémiptères, soit pour en faire un ordre distinct, celui des Épkoïques ou Anoploures. La place que nous leur assignons ici nous semble être la plus naturelle.
Ces animaux vivent dans le pelage des Mammifères ou dans le plumage des Oiseaux; aucune espèce ne se rencontre chez l’Homme. D’après la nomenclature de P. -J. van Beneden, ce sont des mutualistes, plutôt que des parasites véritables : ils se nourrissent des détritus épidermiques qui, sans eux, tendraient à encombrer les poils (pilivores) ou les plumes {pennivores).
On les divise en deux familles : les Philoptérines ont des antennes à 3 ou O articles et les palpes maxillaires invisibles; les . Liothéines ont des antennes à 4 articles et des palpes maxillaires visibles. La première de ces familles se subdivise comme l’indique le tableau suivant, emprunté à Railliet :
à 3 articles. Tarses à une seule griffe [Pilivores). Trichodectes.
/semblables dans les^^^^g® . Docophorüs.
deux sexes. Corps | étroit . Nirmus.
Antennes i I
1 à 5 articles. \ / à 3® article
I Tarses I l appendi -
[ à 2 griffes ( 1 large. / cuîé . Goniodes.
I [Pennivores]. 1 Antennes 1
\ Antennes J différentes! fsansappen-
f dans les) ' dices.... Goniocoïes.
lofpt.] à 3e article
I , . i appendi -
étroit. \ culé . Lipeüros.
' Antennes i
f sans appendices ..... Ornithobius.
Parmi les Trichodectes ou Ricins, celui du Chien {T. canis) mérite une attention spéciale, en ce que, suivant Melnikow, il hébergerait le Cysticercoïde de Tænia canina (tome I, page 476). La critique que nous avons faite de cette opinion a déterminé
ORDRE DES ORTHOPTÈRES. 42 i
Grassi à reprendre la question des migrations de ce Ténia, et le naturaliste de Catane a reconnu que la Puce du Chien [Pulex canis) était son véritable hôte intermédiaire.
Des Trichodectes se rencontrent encore chez le Mouton (fig 648), le Cheval, l’Ane, la Chèvre, le Bœuf, le Chat, etc.
sphærocephalus.
Tous les autres Philoptérines vivent sur les Oiseaux ; nous figurons le Goniode de la Perdrix (fig. 649).
Les Liothéines comprennent également plusieurs genres. Le tableau suivant indique, d’après Railliet, les caractères de ceux qui sont représentés chez les animaux domestiques :
I à une seule griffe {Pilivores) . Gyropüs.
à 2 griffes [Pennivores).
Tête
/ profond. Antennes 1 dépassant le bord
I large. Sinus ) de la tête .
i orbitaire... j . ,
] I nul. Antennes ca-
< ' chées .
( triangulaire. Sinus orbitaire faible.
V Antennes cachées . .
COLPOCEPHALUM .
Menopon.
Tbinoton.
Les Gyropes vivent sur les Rongeurs, notamment dans le pelage du Cobaye (fig. 660). Les - autres Liothéines s observent chez les Oiseaux; nous représentons le Ménopon du Coq (fig. 681).
O.Taschenberg, Die Mallophagen. Nova Acta Acad. Caes. Leop. Carol., XtIV-,
1882. 7 yttt
F. Grosse, Beitrüge zur Kenntniss der Mallophageii. Z. 1. w. ù., AL,n, p. 530, 1885.
CLASSE DES mSECTES.
A.-S. Packard, On the systemcUic position of ttie MvMophaqa Procpprl ni the Amer, philos. Soc., XXIV, p. 2G4, 1887.
Les CoüREDRs comprennent les Forficules ou Perce-oreilles (flg. 6S2) remarquables à cause de la pince absolument inoffensive, mais pourtant si redoutée qui termine leur abdomen. On prétend qu’ils pénètrent dans l’oreille des personnes endormies et que, à l’aide de leur tenaille, ils peuvent perforer la membrane du
Fig. 650. — Gyropus Fig. G51. — Menopon gracilis. pallidum.
Fig. 652. — Forficula auricularia.
tympan et causer des accidents redoutables. Xous ne connaissons aucune observation qui légitime cette croyance. Ils peuvent néanmoins s’introduire dans les cavités naturelles, comme le font tant d’autres Insectes.
Les Blattes ou Cancrelats vivent par troupes nombreuses dans les boulangeries, les magasins, les cabines des navires, voire même dans les habitations ordinaires. Ce sont des Insectes nocturnes, puants et incommodes, mais nullement redoutables. Blatta germanica et B. lapponica se trouvent dans les bois et dans les maisons ; Periplcineta orientais (fig. 653) vit dans les cuisines. Les œufs sont pondus dans des sacs ou oothèques, c-f, à l’intérieur desquels ils sont disposés sur deux rangs. L’ancienne médecine employait les Blattes infusées dans 1 huile ; récemment on les a préconisées comme diurétiques.
Parmi les Marcheurs, citons les Mantes, Insectes carnassiers des pays chauds, représentés dans le sud de la France par le Pregci-Bioii (flg. 6o4); les pattes antérieures sont transformées en organes ravisseurs (flg. 646, E, F). Grâce à leur coloration verte ou brune, les Mantes peuvent se dissimuler aisément dans le feuillage ou sur les branches et échapper ainsi aux regards des Mouches ou des autres animaux dont elles se nourrissent.
îles Seychelles, les Phasmes, du Brésil, les Kéuvelle-Guinée, les Bacilles (fig. 6S3), du sud de des exemples de mimétisme encore plus curieux, vent sur des arbres, au milieu desquels l’œil le à les découvrir, tant ils ont pris l’aspect et la feuilles, soit des branches.
Les Sauteurs ont les deux pattes postérieures longues et puissantes, conformées pour le saut (flg. 646, A); ils comprennen rois types principaux. . . , .
Les Acridiens ou Criquets ont le tarse formé de trois ar ic es ^ pourvu d’une pelote entre les deux griffes terminales. La femelle n a pas d’oviscapte, mais porte à la place deux paires de sty ets cornes, Le mâle produit un bruit grêle et strident en frottant contre les nervures saillantes de son aile antérieure coriace le bord interne dentelé de la cuisse de sa patte postérieure.
Les Criquets constituent une nombreuse famille : ils ne son
guère représentés chez nous que par ces Insectes qui montrent en s’envolant des ailes rouges ou bleues {(Edipoda fasdata). Dans les pays chauds, leurs espèces sont plus nombreuses et de plus grande
Fig. 654. — Manlis religiosu.
taille. Elles s’abattent parfois en quantités vraiment prodigieuses sur certaines régions : le nord de l’Afrique, Chypre, le sud de la Russie, le sud des États-Unis d’Amérique, sont surtout exposés à leurs invasions; ce sont les Criquets qui ont causé la huitième plaie d’Égypte,
dont il est question dans la Bible. Véritable fléau en effet, car ces animaux détruisent toute la végétation d’une contrée, ruinent les récoltes et les plantations et causent des dégâts inimaginables : on se rappelle encore les désastres que Stauronotus maroccanus a causés en Algérie au printemps de 1888. Pachylylus migratorîus (fig. 636) est l’espèce qui envahit le sud de l’Europe.
Les habitants des contrées ravagées par ces Insectes trouvent du moins en ceux-ci une nourriture abondante, sinon délicate.
y„s,gedema.g»d^Cnq^^
foXfof Cette coutume s’est maintenue jusqu à notre Sicile en font toi. i^e dernier, Hasselqvist voyait
époque : vers le milieu Criquets. Jackson
er à la ~ -e s^^ de^pam d^e^^^^q^
assure que les Marocain p „ , , coupent la tête, les
Fig. 656. — Pachytylus migratorîus et sa lavvc.
charrclées aux marchés de Fez et de Maroc. s'observe à Bagdad, oit Olivier a vu vendre des P p
parés dJAcridium -peregrinum. Les Malgaches, J* ^
Lmboué, recherchent également les Cnquets, notamment d. æmginomm et Packytylus migratorwides (1).
Aux États-Unis, après s'être ‘ V
l'espèce la plus répandue, ne contenait aucun P™“P® on a songé sérieusement à le taire entrer dans l del'Homme etk en préparer des conserves; on a proposé e core de l'utiliser en industrie pour l'extraction de 1 acide
(I) Ils mangent encore d’antres Orthoptères, t®*® ggg^^^pgce* A'Oxya, C^tLlcp, debilitatm, mbeWa nigro«gnala, et diverses espece d'Epacromia et à'OEdaleus.
mique et d’une huile particulière. Ces deux tentatives ne sem blent pas avoir abouti.
Si des peuples plus ou moins civilisés sont encore acridophages, il sera moins surprenant de constater de semblables coutumes chez des peuplades inférieures. Sparrmann et Anderson rapportent que les Hottentots se nourrissent des Criquets; ils utilisent même les œufs pour préparer une sorte de potage. Sur le passage des nuées, les Boschimans allument de grands feux : ils ramassent les Insectes qui s’y sont brûlé les ailes, les dessèchent et les conservent. Les Batékés, qui habitent les rives de l’Ogooué, font la chasse à ces animaux et les prennent au piège, au dire de Cuirai. Enfin, les Indiens qui vivent sur les bords du rio Uruguay mangent aussi ceux de leur contrée ou les font cuire comme des Crevettes, d’après le comte d’ürsel.
Les Locustiens ou Sauterelles ont des tarses à quatre articles, dépourvus de pelote terminale. Les ailes antérieures sont de véritables élytres, c’est-à-dire des ailes dures et coriaces, encroûtées de
chitine. Chez le mâle, parfois aussi chez la femelle {Ephippigera), elles se transforment en un instrument de musique : à la base de lélytre droit, les nervures laissent entre elles un espace plus ou naoins grand, qu’occupe le miroir, mince membrane transparente et bien tendue ; l’élytre gauche recouvre l’autre et présente à sa base une forte nervure transversale saillante; quand l’animal vient à frotter lun contre l’autre les deux élytres, il se produit un son que le miroir amplifie notablement. L’appareil auditif est situé sur le tibia de
1 ,.«üe antérieure. La femelle possède une tarière ou oviscapte con- IXt entle de ,a.agan et qui lui eert d creuser eu terre des
du nord et du centre de VEurope, a la réputation d'extirper les verrues qu'on lui donne à mordre - de sa bouche sort un limiide brun qui en Mterait encore la resolution.
^ Les Grvllidl ont les plus grands rapports avec les Sauterelles bien ,ue\es tarses soient à trois articles. Le mile produit des sons
aigus par le frottement de ses deux élytres, bien que ceux-ci soient de structure identique ; ils sont plus courts que les ailes de la seconde paire. La femelle a une tarière longue mais frêle.
Le Grillon des champs (fig. 658) est connu de tous; une au^e espèce [Gr. domesticus) habite nos maisons. La Courtilière ou aupe Grillon (fig. 659) cause de grands dégâts dans les jardins ; ses pattes
antérieures, considérablement élargies et épaissies, sont transform ■ en appareils fouisseurs (fig. 646, D).
Chez cette dernière espèce, Jobert a étudié la structure de l’ore du toucher (fig. 660). Cet organe consiste en poils tactiles répandu^ à la surface du palpe maxillaire : chaque poil, p, s’insère sur le té^
Fig. CGO. — Poils tactiles du palpe maxillaire de Gryllotalpa vulgaris, d’après Cl. Jobert. — c, couche de chitine avec base d’implantation des poils; h, cellules de l’hypoderrae; n, renflements nerveux fusiformes, au centre desquels se trouve la cellule sensorielle ; p, poils tactiles.
gument, c, par une partie membraneuse; l’âme du poil est continue avec un filament émané d’une cellule nerveuse qu’entourent des cellules de névrilème, n, et à laquelle aboutit un filet nerveux.
Exode, X, V. 15.
Moïse, cap. XI, v. 20-22.
Aristophane, Les Acharniens, v. 1115,
Pline, Historîa naturalis, lib. XI, xxxv, 29.
Strabon, Géographie, I, xvi.
Diodore de Sicile, Bibliothèque. Traduction Hœfor, III, p. 28, t. I.
F. Hasselqvist, Voyages dans le Levant pendant les années 1749-1752. Deuxieme partie, 1769.
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OMBE DES PSEODO-NÏVaOPTÈBES.
\,„i comme comeroe alimentaire. 4m.. Soc. entomol. dcFcnco, (5), V, 1«B.
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Mfal'land A Denny, The structure and life-history ofthe Cockroack In introduction to the study of Insects. London.
i„.8o de Sauterelles à Madagascar. Bull, do la Soc. d’accli¬
matation, (4), V, p. 793, 1888.
ORDRE DES PSEUDO-NÉVROPTÈRES Ces Insectes ’sont ordinairement réunis soit aux Orthoptères, soit
aux Névroptères; ils tiennent en effet des premiers par leurs métamorphosés incomplètes et des seconds par leurs ailes membraneuses et réticulées, semblables entre elles et incapables de se plier. Les organes buccaux sont disposés pour broyer; les deux moitiés de la lèvre inférieure sont distinctes. Le prothorax est libre. La larve et la nymphe ne diffèrent que très peu de l’animal parfait.
Les Physopodes, encore appelés Thysanoptèi es ou Cystipèdes, ont le corps très allongé, grêle et plat; la bouche est conformée pour la succion ; les ailes sont frangées de longs cils; au lieu de griffes, les tarses biarticulés portent des pelotes semblables à des ventouses. Les Thrips (flg. 661) se rencontrent communément sur les fleurs.
Les Corrodants ont pour type les Termites ou Fourmis blanches (flg. 662), ainsi nommées abusivement à cause de leur genre de vie qui rappelle à beaucoup d’égards celui des Fourmis. Ces Insectes forment des sociétés nombreuses, composées, outre les larves et les nymp es, de trois sortes d’individus adultes : des mâles et des eme es, sexués et munis d’ailes, et un nombre immense de neutres aptères, c’est-à-dire d’individus chez lesquels les glandes géniales ne se sont point développées. Parmi les neutres, on distingue des soldats, m, ou individus chargés de la défense de la colonie, et des ouvriers, n, ou individus auxquels incombent les soins domestiques , es so
flg. mi.— Thrips cerealium.^ très grossi.
sont reconnaissables à leur plus grande taille et à leur tête volutni neuse, armée de très puissantes mandibules. De même que chez les Abeilles, il existe dans chaque société une reine ou femelle pondeuse* /', à laquelle une galerie spéciale peut être réservée. ’
Termes lucifugus, la seule espèce européenne, est commun dans le sud-ouest de la France: il mine les souches, des vieux pins - il a envahi certaines villes, comme la Rochelle, Rochefort, Saintes,'Bordeaux, où il creuse les poutres des maisons. D’autres espèces creusent le sol; à Ceylan, le tiers du pays plat est miné par ces Insectes. D’autres encore, dans l’Afrique et l’Amérique tropicales, construisent des édifices hauts de 3 à 4 mètres et d’une extrême solidité.
Fig. 662. — Ternies lucifugus. — f, femelle ; /', femelle fécondée d’une espece de Ceylan; m, soldat; n, ouvrier.
Kônig rapporte que les Hindous prennent au piège de grandes quantités de Termites et en font des gâteaux, en les mélangeant à de la farine. Les Hottentots s’en nourrissent également, après les avoir torréfiés.
Les Psoques ou Poux de bois vivent dans les boiseries et dans les troncs d’arbres. Le Frappeur (Trocfespulsafoms) habite nos maisons et se tient dans les vieux papiers ou dans les collections d’histoire naturelle. Clothilla inquilina a le même genre de vie.
Virchow a rapporté un cas dans lequel cette dernière espèce avait envahi la maison d’un instituteur, toujours tenue pro' prement, à la suite de réparations faites dans une maison voi-
ORDRE DES PSEÜDO-NÉVROPTÈRES.
sine Une nuée d’insectes se répandit partout, dans toutes les chambres, sur tous les objets, dans les habits, dans les lits; ils étaient devenus pour les habitants delà maison eux-mêmes un supplice permanent, qui eut pour conséquence une grave altération de leur santé. Il fut très difficile d’exterminer ces incommodes visiteurs.
Les Aephibiotiques sont aériens à l’état adulte, mais leurs larves sont aquatiques et carnassières.
Fig. 663. — Ephemera vulgata. — et, Insecte parfait; 6, larve; c, œuf.
Les Ephémères (flg. 663) sont reconnaissables à leurs ailes inégales èt aux deux ou trois filets qui sont appendus à leur extrémité posté-
Fig. 664. — Prosopistoma puncti- Fig. 665. — Lestes sponsa.
frons vu de dos, d’après Em.
Joly.
rieure. La larve porte sur les côtés de l’abdomen 6 ou 7 paires de houppes trachéennes extérieures. Jouant le même rôle que des
CL4SSE DES INSECTES
branchies. L’animal ailé qui sort de l’enveloppe de nymphe n’est ' encore qu’une subimago; fait unique dans l’histoire des Insectes, il lui faut subir encore une mue avant d’arriver à l’état parfait.
On connaît sous le nom de Prosopistoma punctifrons (fig. 664) une singulière larve d’Éphémère qui a tout l’aspect d’un Apus et que Latreille considérait comme un Crustacé. On ignore encore la forme adulte qui correspond à cette larve, d’ailleurs fort rare.
Les Libellules, Odonates ou Demoiselles, sont d’élégants Insectes de forme élancée (fig. 665), d’allure vive, de couleurs fraîches, aussi voraces à l’état adulte qu’à l’état larvaire. Chez les petites espèces, la larve porte à l’extrémité de son abdomen des lames trachéennes simulant des branchies; chez les grandes espèces, des organes analogues se sont développés dans le gros intestin et l’eau qui vient les baigner entre et sort alternativement par l’anus muni de valvules.
R. Virchow, Eine Invasion von HolzUiusen. Virchow s Archiv, LIV, p. 283,
ORDRE DES NÉVROPTÈRES
Ces animaux sont des Insectes broyeurs, quelquefois suceurs, pourvus de quatre ailes membraneuses et réticulées. La bouche pre sente à peu près la même conformation que chez les Coléoptères ; le prothorax est libre, Les métamorphoses sont complètes : la larve est carnassière et armée de pinces en tenailles provenant d’une modification des mandibules et des mâchoires; elle se transforme en une pupe immobile.
Les Planipennes ou Gyrmoptères ont les deux paires d’ailes semblables, non écailleuses et ne se repliant jamais; les larves sont ordinairement terrestres. A côté des Sialis, Rhaphidia (fig. 666), Boreus, Panorpa, Mantispci, Hemerobius, etc., qui sont moins importants, ce groupe renferme le Fourmilion (fig. 667). L’adulte, a, ressemble à une Libellule; la larve, b, c, creuse dans le sable une sorte denton^ noir, e, au fond duquel elle se tient enfouie, ne laissant passer qu ses deux longues mandibules : une Fourmi passe-t-elle sur le lor
alors avec voracité. Au moment de se transformeren nymphe, la larvé file un cocon sphérique, d, dans lequel elle se renferme.
Les PéfciPENNES ou Trichoptères ont les ailes écailleuses ou poilues peu ou point réticulées ; les postérieures se replient. La bouche est disposée pour sucer : par suite de l’atrophie de la mâchoire supérieure, la mâchoire inférieure et la lèvre inférieure se sont soudées en une sorte de trompe. Les larves vivent dans l’eau.
Les Pliyganes (fig. 668) ont quelque ressemblance avec les Papillons : leur larve, comme celle des Teignes, se lient renfermée dans un étui composé par l’agglomération de pailles, d’herbes, de graviers, de petites coquilles qu’elle porte partout avec elle.
ORDRE DES STREPSIPTÈRES
Les Strepsiptères, Rhipiplères ou Stylopides, ne comprennent qu’un petit nombre de formes parasites des Hyménoptères et présentant un dimorphisme sexuel très accentué. Le mâle (fig. 669) a de petits élytres enroulés, o, et de grandes ailes postérieures se repliant en
Fig. GG9. — Xenos Pec/ci, mâle grossi. Fig. G70. — Xenos Rossn, femelle grossie.
éventail ;les stemmates sont gros et proéminents. La femelle (fig. 670) est vefmiforme, aveugle, sans ailes ni pattes ; elle est parasite dans l’abdomen des Bourdons et des Guêpes et ne laisse sortir au dehors que la partie antérieure du corps. Après avoir été fécondée par le mâle qui se porte à' sa rencontre, elle donne naissance à des larves agiles, qui s’attaquent aux larves d’Hyménoptères, s’enfoncent dans leur abdomen et y subissent une mue, après laquelle elles se montrent apodes; elles arrivent à l’état de pupe en même temps que bur hôte. Le mâle devient libre quand ce dernier devient adulte, mais la femelle continue sa vie parasitaire. Xenos Rossii s’observe chez PoHstes gallica.
L’ordre des Hémiptères ou Rhynchotes est des plus hétérogènes : les ailes sont conformées de façon très variable et le seul caractère vraiment fixe tient à ce. que les pièces buccales sont transformées en un rostre disposé pour piquer (fig. 671). Ce rostre est une modification de la lèvre inférieure, H; il représente un tube uni ou pluriarticulé, dans lequel peuvent glisser les mandibules, md, et les mâchoires, ma, transformées en quatre soies rigides et perforantes.
A l’état de repos, le rostre est replié sous la tête et le thorax, de façon à ne gêner en rien les mouvements de l’animal. Grâce à cet appareil, celui-ci perce l’écorce des plantes pour en sucer le suc ou la peau des animaux Fig. 671.
^ , . A , rnst.rp
pour en sucer le sang ; sa piqûre s accompagne de l’émission d’un liquide irritant qui, chez l’Homme et les animaux, détermine une douleur plus ou moins vive.
Les Pédicülides ou Zoophthires, qu’on rattache souvent aux Mallophages, sont en réalité de petits Rhynchotes aptères et amétaboliens, qui vivent en parasites sur la peau des Mammifères. Ils sucent le sang de ces derniers à l’aide de leur rostre rétractile, qu’entoure une gaine molle, formée par la réunion des deux lèvres
A, tête et rostre de Carpocorîs nigricornis vus en dessous. — B, organisation du rostre. — a, antennes; li, lèvre inférieure à quatre articles ; Is, lèvre supérieure ou labre ; pièces perforantes correspondant aux mâchoires, ma, et aux mandibules, md; y, yeux.
Fig. 672. — Rostre de Pediculus capitis à divers états d’évagination. — 1, gaine presque entièrement cachée; 2, gaine commençant -à montrer des crochets; 3, les crochets épanouis ; 4, le roste faisant saillie au-dessus des crochets.
supérieure et inférieure et armée à son extrémité de crochets incurvés en arrière (fig. 672).
Les antennes ont de 3 à 5 articles; les yeux sont ordinairement absents. Le tborax est fort réduit, peu distinctement annelé. L’abdomen comprend 6 à 9 segments : chez le mâle, le dernier est arrondi et présente à sa face dorsale le cloaque par où sort le pénis (fig. 678) ; chez la femelle, ce même anneau est écbancré (fig. 679) et porte la vulve à sa face ventrale, en sorte que, lors de la copulation, la femelle doit grimper sur le dos du mâle.
Les tarses ont 2 articles, le terminal est transformé en une forte griffe, capable de se replier et de former pince avec une
Ilæmalopinus suis
saillie que l’extrémité inférieure de la jambe présente à son angle interne (fig. 680). Les œufs ou lentes sont piriformes (fig. 673); ils adhèrent aux poils par leur petite extrémité; le jeune, tout semblable aux parents, en sort en soulevant un clapet qui ferme l’autre pôle.
On connaît actuellement six genres de Pédiculides ;
à 3 articles.
Pedicinüs.
à 4 articles . Echinophthiwus.
^ / à deux griffes inégales . . Hæjiatomyzus.
articles.
Pattes
/ seule j ' griffe. J ' Abdomen I
à 6 segments .
^rétrécie en avant
à 7-9 1 du thorax .
segments. ■;
Tête /rétrécie jusque dans V le thorax .
Phthirius.
Pemcülus.
Hæmatopinüs.
Le genre Hæmatopmus comprend le Pou du Chien (fig. 674), le Pou du Porc (fig. 675) et le Pou du Boeuf (fig. 076). Le genre
Fig. 676. — Hæmatopinui eunjsternus. Fig. 677. — PecMcinus eurygaster.
Hæmatomyzus ^'observe chez l’Éléphant, et le genre Pedicims chez le Singe (fig. 677). Des Pediculus et des Pkthirius sont parasites de l’Homme.
G. G. Giebel, Insecla epizoa. Die auf Saugethieren und Yôgeln schmarotzenden Insecten. Leipzig, 1874.
E. Piaget, Les Pédiculines. Description de toutes les especes observées, enrichie d’espèces nouvelles. Loide, iQ-4“, 1880. — Id., Les Pédiculines. Essai monographique. Supjjlémeni. Leide, 1885. — Id., Quelques Pédiculines nouvelles ou peu connues. Tijdschrift voor entomologie, XXVI, p. 152, 1887.
Pediculus capitis Degeer.
Synonymie : Pediculus humanus var. 1 Linné.
P. cervkalis Leach.
Le mâle (fig. 678) est long de 1 à 2 millimètres et large de 0mm,6 y I millimètre; la femelle (fig. 679) est un peu plus grande. La tête est triangulaire. Les trois paires de pattes sont grimpeuses et conformées comme nous l’avons indiqué déjà (fig. 680).
Ce Pou se reproduit avec une extrême activité. La femelle pond de 50 à 60 œufs, qu’elle fixe çà et là le long des cheveux et qui éclosent vers le sixième jour; au bout de dix-sept à vingt jours, le jeune est déjà capable de se reproduire.
Murray a pu étudier les Poux d’un grand nombre de races humaines et a constaté entre eux de notables différences décoloration, enrapport manifeste avec celle de leurs hôtes. Le Pou
de l’Européen est grisâtre; chacun des anneaux du thorax etde^ l’abdomen présente sur son bord externe une tache noire, au centre de laquelle s’ouvre un stigmate. Celui des Au'straliens et
des -nègres de la côte occidentale d’Afrique est presque noir, celui des Hindous est de teinte sombre et enfumée, celui des Hottentots est orangé, celui des Chinois et des Japonais est brun iaunâtre, celui des Indiens des Andes est brun foncé, celui des Indiens de Californie est olive sombre ; celui des Indiens qui habitent les régions septentrionales de l’Amérique, au voisinage des Esquimaux, est presque aussi pâle que celui des Européens.
A ces variétés dans la couleur
® sont jointes des différences considé-
Fig, 680. - Pattes du Pou. - ^^^g taille et dans la pro-
pAÎ""””’ portion des parties dures, telles que
les griffes. Celles-ci, par exemple) portent des dents à peine visibles, chez les Poux d’Européen, de Gafre et de Japonais; les dents sont représentées simplement par quelques ondulations chez ceux du nègre et de l’Australien ; elles sont grandes et nombreuses chez ceux de l’Hindou et de l’Indien des Andes.
Doit-on conclure de là à une grande diversité spécifique des Poux qui infestent les différentes races humaines et môme à la
nluralité spécifique de ces dernières, si l’on admet que chaque espèce animale ait des parasites qui lui sont propres ? Cette conclusion, adoptée jadis par P.-A. Pouchet, après un examen comparatif du Pou du blanc et du Pou du nègre, est formellement repoussée par Murray, dont nous adoptons la manière de voir. Les différences de taille des animaux et de leurs diverses parties nous semblent bonnes tout au plus à justifier rétablissement de diverses variétés ; les différences de coloration et la remarquable concordance de la teinte du Pou avec celle de la peau du patient constituent un simple fait de mimétisme.
Ce n’est pas à dire, pourtant, que les différentes races de Poux soient capables de vivre indifféremment sur une race humaine quelconque. Darwin rapporte, d’après le chirurgien d’un baleinier, que les Poux dont étaient infestés quelques habitants des îles Sandwich qui se trouvaient à bord, périssaient au bout de trois à quatre, jours, quand ils venaient à passer sur le corps des matelots anglais.
Le Pou existait en Amérique avant l’arrivée des Européens; il semble même n’y avoir pas été rare. Certains auteurs, tels que Bingley, racontent gravement que ce parasite était si abondant chez les Aztèques, que les rois n’avaient rien trouvé de mieux, pour en débarrasser leurs sujets, que de leur imposer un tribut de Poux : Fernand Cortès aurait trouvé dans le palais de Montézuma des sacs qui en étaient remplis!
A l’exemple du Chien et du Singe, les races humaines inférieures mangent aussi leurs Poux, Les habitants des îles Aléoutiennes, les Hottentots, d’après Sparrmann, les Australiens, d’après Labillardière, ont cette dégoûtante coutume.
Le Pou de tête ne s’observe, dans les pays civilisés, plus guère que dans les classes inférieures de la population, Au siècle dernier, il était encore très répandu et, à Lisbonne, des gens faisaient métier de louer des Babouins pour débarrasser leurs clients de la vermine : le Singe montait sur les épaules du patient et cherchait dans sa chevelure les Poux qu’il croquait à belles dents.
Ce parasite s’observe à tous les âges, mais surtout pendant fenfance. Il passe directement d’un individu à l’autre et, pour cette raison, il est surtout fréquent dans les écoles, les caser-
nés les camps et partout où il y a une agglomération humaine permanente.
La pénétration de son rostre dans la peau détermine une démangeaison qui sollicite le patient à se gratter, d’où résulte une inflammation suivie bientôt de l’apparition de nodules et de pustules. Quand les parasites vivent en grand nombre dans une chevelure luxuriante, le liquide qui suinte à la surface des excoriations produites par le grattage colle les cheveux les uns aux autres; si, par absence de soins de propreté, les choses restent quelque temps en cet état, les cheveux constituent alors un substratum sur lequel pourront tomber et germer des spores de Champignons, et c’est ainsi que prend naissance l’affection connue sous le nom de plique polonaise et dont l’étiologie est longtemps demeurée obscure.
On a prétendu que les Poux étaient capables de vivre et de se multiplier dans des cavités et des abcès de la peau et du tissu sous-cutané. Rust, cité par Bremser, vit à Zaslaw, en Volhynie, en 1808, un garçon juif de 13 ans ; il portait une grosse tumeur mollasse, sans la moindre fluctuation, qui occupait la plus grande partie du crâne ; il était profondément cachectique et se plaignait d’une démangeaison insupportable à l’intérieur de la tumeur : une incision fit sortir de celle-ci une énorme quantité de petits Poux blancs. J. Cloquet a vu, lui aussi, des milliers de Poux blancs rassemblés dans une poche sous-cutanée; Gaulke et Landois ont soutenu plus récemment encore la réalité de ces faits. Toutefois, ceux-ci devraient être considérés comme douteux, d’après les observations deHebra.
Parmi les accidents consécutifs au grattage, dans les cas où les Poux persistent et pullulent, il convient de citer l’engorgement, voire môme la suppuration des ganglions de la mâchoire inférieure, de la nuque et du cou ; parfois aussi, la face, la nuque e le dos se couvrent de vésicules et de pustules. Le Pou de la tête paraît donc être, dans certaines circonstances et chez des individus particulièrement malpropres, le point de départ d’accidents sérieux. Une simple lotion au pétrole, soit seul, soit mélangé à partie égale de baume du Pérou, suffit à en débarrasser le malade.
O. Tasclienbcrg, Bibliothecn zoologica, II, p. 1537. ,.
Rev. W. Bingley, Animal biography, or 2^opular zoology. London, I tion, IIL p. 437. London, ed., 111, p. 34G, 1813.
P A Pouchet, Traité élémentaire de zoologie. Paris, 1841. Voir II, ^■fl^^zeau Etudes sur les facultés mentales des animaux. Mous, 187^1. Voir Accident causé par les Poux. Bull, de la Soc. méd. de Reims, XII,
‘’w’ Frlzér Pediculi; their treatment by parasiticides ; with observations. mX press and circular, (2), XL, p. 550, 1885.
Pediculus vestimenti Nilzsch, 1864.
Synonymie : Pediculus humanus var. 2 Linné.
P. humanus corporis Degeer.
P. tabescentium Alt, 1824.
Ce Pou, un peu plus grand que le précédent, est long de i à 3 millimètres et large de 1 millimètre à la femelle
(fig. 681) est plus grande que le mâle. La tète est moins arrondie et porte des antennes plus longues. La teinte spéciale est d’un gris sale ou légèrement jaunâtre. Le thorax est bien distinct de l’abdomen ; celui-ci est formé de huit segments : il porte de rares poils et ^ est coloré en jaunâtre sur les bords. L’extrémité distale de chaque tibia est ornée à sa face interne d’une pointe chitineuse qui repose sur un tubercule entouré de grandes soies : chez la femelle, ce tubercule est partout d’égale taille; chez le ggi. — Perficwtows-
mâle, il est plus gros aux deux pattes an- timenti femelle,
térieures. La femelle pond de 70 à 80 œufs, d’où sortent, au bout de trois à huit jours, des petits qui sont déjà capables de se reproduire quinze à dix-huit jours après leur naissance.
Le Pou du corps se tient caché dans les plis des vêtements ;
. c’est là que la femelle pond ses œufs, notamment le long des coutures. L’animal ne passe sur le corps que pour chercher sa nourriture. L’usage des bains, même fréquemment renouvelé, est insuffisant pour débarrasser de ce parasite; si on n’a pas soin de changer en même temps de linge; aussi obseive t-on ce Pou de préférence chez les mendiants ou les gens mal-
CLASSE DBS INSECTES.
propres qui ne changent de flanelle ou de chemise qu’à de longs intervalles.
On l’acquiert bien moins par le contact des pouilleux qu’en se couchant sur la paille ou dans le lit qui leur a servi, ou en faisant usage de leurs couvertures ou de leurs vêlements. On ne peut songer à en débarrasser les objets de literie ou d’habillement qu’en les laissant pendant plusieurs heures dans l’étuve à une température élevée. Il est plus commun dans les pays méridionaux et dans l’est de l’Europe ; pendant la guerre de Grimée, les camps français et anglais en étaient infestés.
Au moment où le Pou enfonce son rostre dans, la peau, on perçoit une légère piqûre, de courte durée ; il se gorge alors de sang et finit par prendre une coloration d’un rouge intense ; quand il est repu, il lâche prise spontanément. L’endroit piqué se montre alors comme un point hémorrhagique, situé au centre d’une petite élévation pâle; il est le siège d’un prurit assez vif, qui ne se calme qu’après que le patient, en se grattant, a déchiré avec ses ongles les capillaires des papilles dermiques. Ainsi se forment des excoriations, à la surface desquelles le sang coagulé revêt l’aspect de croûtes; elles peuvent être le point de départ de pustules, de furoncles et d’abcès cutanés, dans les cas de pédiculose invétérée.
Dans les régions recouvertes de croûtes prurigineuses, la peau présente fréquemment une teinte brune uniforme ; sur ce fond d’un brun bistre, on aperçoit même des macules plus foncées, sépia, bien délimitées et dont les dimensions oscillent entre le diamètre d’une pièce de 50 centimes et celui d’une pièce d’un franc. Fabre (de Gommentry) a démontré que cette mélanodermie était due à la présence des parasites, ainsi que Geo. Pouchet l’avait déjà entrevu.
Jusqu’à ces dernières années, on a décrit sous le nom de phthiriase (1) une prétendue maladie ou diathèse pédiculaire, dans laquelle les chairs et les humeurs engendreraient des Poux : le poète Alcmène, le tragédien Phérékyde, Hérode, Antiochus, le dictateur Sylla, Honorius, Agrippa, Yalère Maxime, le cardinal Duprat, Philippe II d’Espagne, Foucquau, évêque
(l) Ce mot est souvent employé comme synonyme do pédiculose, par suite d’un regrettable abus.
, Novon -d’autres encore dont l’histoire conserve les noms, diraient ké victimes de cette terrible maladie. Moufet parle klle en termes terrifiants ; Amatus Lusitanus raconte que les Vaux sortaient en telle abondance du corps d’un riche seio-neur portugais, que deux de ses domestiques n’avaient d’autre occupation que de porter à la merles corbeilles qu’ils enrem-
TToUe époque, des médecins célèbres, comme Alibert, Gibert Cazenave, Giraudeau de Saint-Gervais,Devergie, croyaient encore à la diathèso pédiculaire. Semblable opinion était adoptée par Fuchs, Gaulke et, plus récemment, par Blyckaerts. G’est à Rayer, puis à Bazin et à Hardy que revient le mérite d’avoir détruit cette erreur grossière et d’avoir démontré que, dans tous les cas, les parasites, même très nombreux, étaient renfermés dans les vêtements avant de se montrer à la surface du corps.
O. Taschenberg, Biê/ioi/ieca 20oZoârica, ir, p. 1537.
H. Ch. Alt, üe phthiriasi. Commentatio inaiigurahs gKcthologica. Bounæ,