‹ Traité de zoologie médicaleChapitre 33 sur 103 · r. • lO-T · texte numérisé non relu

r. • lO-T

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SïNONYMiE : Pediculus inguirtalis Redl, 1668.

P. pubis Linné.

Phthirius pubis Leach.

Le Pou du pubis ou Morpion (fig. 682) est l’unique espèce du genre Phthmus; il est particulier à rHomnm. ..et s’observe de préférence dans la race blanche. Le mâle est long de 0““,8 à 1 millimètre, largë"cfë'Ô““^,S à 0““,7. La femelle est un peu plus grande et mesure de 1 millimètre à 1““,3.

La tête est large, pourvue de deux longues antennes et de deux petits yeux et unie au thorax par un étranglement en

forme de cou. Le thorax est plus large que l’abdomen, dont il n’est pas séparé. Ge dernier est cordiforme, formé de huit segments : les trois premiers sont rudimentaires et indiqués seulement par leurs stigmates ; chacun des autres segments de l’abdomen est orné sur son bord externe d’un mamelon conique et rétractile, surmonté d’un bouquet de poils. Les pattes delà première paire, à la base desquelles on voit un large stigmate, sont relativement grêles et se terminent par une petite griffe. Celles des deux autres paires sont grimpeuses et s’épaississent à leur extrémité.

La femelle pond de 10 à io œufs piriformes, qu’elle fixe aux poils, le plus près possibip de la base. Lesœufs se distinguent déjà de

ceux des Poux à ce carac

Fig. 682. — Pfilhirius innuinalis i j-

très grossi. distinction ne

peut se faire avec certitude que si l’on examine l’embryon qui s’y trouve renfermé ; les pattes sont de bonne^Eeïïrè^ônfbrmées comraTcbez l’adulte. Le jeune éclôt au bqut de sixXjêpt jours ; il est apte à se reproduire environ quinze jours après sa naissance.

Comme son nom l’indique, .ce Pou se tient ordinairement dans les poils du pubis; il est plus fréquent chez l’adulte et se transmet surtout pendant le coït; toutefois, on peut l’acquérir, en dehors de la copulation, par les vêtements, la literie, le siège des cabinets d’aisances, etc. Sa piqûre détermine une violente démangeaison, le patient se gratte avec fureur et souvent provoque une éruption prurigineuse caractérisée par l’apparition de papules, de vésicules et de pustules.

Du pubis et de la région scrotale et périnéale, ce Pou passe ordinairement sur les parties voisines, pourvu qu’elles soient recouvertes de poils, même très fins : c’est ainsi qu’on le voit descendre sur la cuisse et la jambe et jusque sur les orteils, ou remonter sur le ventre et la poitrine, pour gagner le creux axillaire et même la barbe. On peut le trouver encore parmi

cils OÙ Gelse l’avait déjà rencontré, et au, sourcil ; cette ® aiisation particulière est, pour ainsi dire, spéciale à la première enfance et résulte de ce que, pendant l’allaitement, le rasite est passé du sein de la nourrice à la paupière de l’enfànt- il peut occasionner une légère blépharo-conjonctivite.

Le Pou du pubis se voit très rarement dans les cheveux : Bertarelli et Garabelli, de Milan, cités par Grassi, l’y ont rencontré, mais sans pouvoir y découvrir ses œufs. Grassi luitnèmel’avu en abondance, et à l’état d’œuf aussi bien qu à l’état adulte, dans la chevelure de trois sœurs, dont les deux aînées avaient 9 et 7 ans; les parasites étaient nombreux à la périphérie du cuir chevelu, mais faisaient défaut vers le sinciput. White, de Boston, les a vus également dans les cheveux.

La pédiculose semble être plus fréquente à Boston que dans les autres villes des États-Unis. De 1878 à 4886, on a soigné dans les hôpitaux 15,551 malades atteints de maladies de la peau : 914, soit 5,5 p. 100, étaient atteints de pédiculose ; dans d’autres grandes villes de l’Union et au Ganada, la proportion est notablement inférieure et oscille entre 1,5 et 3 ,33 p. 100. Dans 50 cas, d’après Greenough, la nature du parasite n’a pas été déterminée ; les 864 cas restants se décomposaient comme suit ;

Pediculus capitis a été vu chez 81 hommes et 419 femmes, soit 500 fo^.

Pediculus vestimenti — 196 141 — • ' ^

Phthirius inguinalis — 26 1

Totaux . 'm 561 864

Mourspu a démontré que les taches bleues^ taches ombrées ou maculæ cœruleæ, bien loin d’être un symptôme certain de la lièvre typhoïde, de la fièvre synoque et d’ares paves maladies, comme les cliniciens les plus éminent|J. avaient si longtemps professé, coïncidaient simplement avec la présence du Morpion ou de son œuf : il cite, à l’appui de son opinion, 250 observations concluantes, faites sur des individus bien portants ou sur des malades atteints d’affections diverses. Ges taches, d’un gris d’acier, ont jusqu’à 7 et 8 milimètres de largeur; elles sont indolores, ne pâlissent que faiblement à la pression et disparaissent au bout de quelques jours. Elles sont dues à la piqûre du parasite et à l’introduction de sa salive

SOUS la peau, sans que celle-ci ait subi la moindre lésion (Damaschino). Duguet a pu les reproduire expérimentalement en inoculant sous la peau le corps broyé d’un certain nombre d’insectes.

O. Taschenberg, Bibliotlieca zoologica, II, p. 1539.

L. Landois, Untersuchungen u. s. to. — 1. Anatomie des Phthirius inguinalis Leach. Z. f. w. Z., XIV, p. I, 1864.

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Les Phytophthires ou Poux des plantes sont parasites des végétaux ; ils comprennent deux familles principales, les Coccides ou Cochenilles et les Aphides ou Pucerons.

Chez les Coccides ou Gallinsectes, l’œuf donne naissance à une larve libre, qui court à la surface de la plante; au bout d’un certain temps, elle enfonce son rostre dans l’écorce, devient immobile et ne tarde pas à passer à l’état parfait.

ORDRE DES HÉMIPTÈpS. 447

I larve qui doit devenir un mâle subit une métamorpliose com- .ipte contrairement à ce qui s’observe chez tous les autres Hémiprrps - après sa dernière mue, elle perd son rostre, puis se confecfnnne une sorte de cocon, dans lequel elle se transforme bientôt en ne DUpe immobile. L’adulte est rarement {Ritsemia pupifera,

Acanthmccus aceris)-, le plus souvent, il n’a.qu’uhe paires d’ailes la Postérieure étant, comme chez lef Diptères, transformée en deux balanciers. L’abdomen est formé de sept.anneaux; sur le dernier s ouvrent des filières d’où sortent deux ou quatre filaments cireux ressemblant à des soies. Le mâle voltige à la recherche de la femelle, la féconde, puis meurt; pendant son existence éphémère, il ne prend aucune nourriture ; il n’a point de bouche. .

La femelle provient, par métamorphose incomplète ou régressive, d’une larve semblable à celle qui produit le mâle, mais un peu plus grosse; cette larve sécrète encore des matières cireuses ou farineuses, à l’abri desquelles elle accomplit ses métamorphoses. La femelle adulte est toujours beaucoup plus grosse que le mâle. Son corps est court et trapu ; la métamérisation s’observe encore au début, mais disparaît graduellement, au moins chez quelques espèces; si bien que la femelle ressemble finalement à.uné masse inerte, dans laqueUe on a peine à reconnaître un animal :Ja tête, le thorax et l’abdomen se fusionnent alors en un seul bloc.

Suivant les cas, les Cochenilles sont ovipares ou ovovivipares; elles peuvent également se reproduire par parthénogenèse. Signoret .les divise en quatre tribus : Lécanines, Coccines, Diaspines et Brachyscélines ; seules, les deux prerriières nous intéresseront. Aux Lécanines se rattachent les genres Ericerus et Tachardia(l) aux Coccines, les genres Kermes, Gossyparia, Coccus, Llaveia et Porphyrophora.

Ericerus cerifer Guérin-Méneville, 1858.

Synonymie : Ericerus pe-la Signoret, 1874.

Le mâle (fig. 683), de grande taille, est d’un rouge fauve; il présente six ocelles et quatre'yeux à facettes, des antennes et des pattes très longues et pubescentes, des ailes transparentes et très allongées, des balanciers pourvus de deux soies à l’extrémité. L’abdomen, aussi long que le thorax, est moins large que lui; son dernier segment porte dé chaque côté deux longs poils qu’agglutine une substance sécrétée par les filières.

(1) Nous proposons de substituer ce nom, nouveau dans la nomenclature, au nom de Carteria Signoret, 1874, adopté déjà par Diesing en 1865 et par Gray en 1867.

La femelle (fig. 684) est sphérique, globuleuse et présente à sa face inférieure une large échancrure au moyen de laquelle son corps se moule sur la branche.

Cette Cochenille produit la cire de Chine. Les femelles restent li¬

bres, tandis que le soin de fabriquer la cire est dévolu aux mâles. Ceux-ci forment le long et autour des branches de certains arbres des agglomérations considérables. L’Insecte semble vivre indifféremment sur différentes sortes d’arbres. Mus succedanus, Ligustrum glabrum, L. lucidum, Hibiscus syriacus, Celastrus ceriferus, Fraxinus sinensis et quelques autres arbres dont la détermination n’est pas suffisamment établie.

C’est surtout dans la province de Sse-tchouen ^^rus^^cerîfer''^'îe' prospère la culture du Pe-la; elle a en-

melle, d’4»rès Si- S^ndré de curieuses coutumes. L’Insecte se dégnoret. veloppe sur les feuilles de Ligustrum lucidum,

dans le pays de Kien-tchang, près de Nin-gyuen. A la fin d’avril, on recueille les œufs de la Cochenille et on les porte à Kia-tinq-fou, à quatorze journées de marche, de l’autre côté d’une chaîne de montagnes; le voyage ne se fait que la nuit, pour soustraire les œufs à l’action de la trop grande chaleur. Le trajet achevé, on détache les œufs de la branche sur laquelle on les a portés et on les place sur les rameaux de Fraxinus sinensis, où les Insectes naissent et sécrètent la cire blanche.

i « valeur totale de la récolte annuelle dans le Sse-tchouen

( évaluée par Richthoten à U millions de francs. La cire, Iduif de sécrétion de nnsecte même, est blanche, translu- P.T brillante, inodore, insipide, non onctueuse au toucher. EUe est plus dure que la eire d’Abeille et est douée d une ! ucture assez analogue à celle du feldspath fibreux. Elle est ÏÏuble dans l’eau, mais se dissout dans les huües essentielles; elle est à peine attaquée par l’alcool bouillant les acides ou les alcalis; son point de fusion n’a pas été suffisamment

Pour se procurer la cire, on chauffe les branches sur lesauelles elle s’est déposée : la cire entre en fusion et on la filtre àtravers une étoffe. L’analyse chimique a montre que cette substance était un éther cérotique ou éther de l’alcool cérylique, connue en chimie sous le nom de cérotate de céryle, QSiHiosos On la purifie en la faisant cristalliser dans un mélange d’alcool et de naphte ; le produit doit être épuisé par l’e-

ther, puis lavé à l’eau bouillante et finalement cristallise dans .

l’alcool absolu. , , . u ■

La cire de l’Éricère est employée en Chine à la fabrication de bougies de luxe. Elle sert en outre à des usages médicaux ; comme chez nous la cire d’Abeille, elle est utiUsée pour a préparation du cérat et de certains composés emplastiques;.elle sert encore à la confection d’appareils de contention pour les fractures.

A. Hosie, Chimie M «hile Brillsb Assoc. for th. adv.ucemoirt of .dence, ISSS. Mure. XXXII, p. 562, 1885. Amer. Naturall.t, XIX, p. 1106,

Tachardia lacca R. Bld, 1886.

Synonymie ; Carteria lacca Signoret, 1874.

La Cochenille de la laque, connue déjà du P. Tachard, en 171-0, a été bien étudiée par Carter, à Bombay, en t86I.

Sur les branches de certains arbres se voient des incrustations elliptiques, imperforées,qui abritent le mâle. Celui-ci sort de salogette au commencement de septembre : c’est un Insecte aptere, long de l“i“,4, pourvu de deux longues antennes à 9 articles, de quatre yeux et de deux longs filaments laineux émanant des filières. En courant sur les branches, il rencontre l’une des incrustations sous lesquelles se cachent les femelles, féconde celles-ci, puis meurt.

Blanchaud. — Zool. méd.

A côté des incrustations des mâles, mais en plus grand nombr on en voit d’autres dont la base est sensiblement circulaire et nre’ sente douze saillies symétriques (flg. 685) ; leur surface présente trois orifices disposés en triangle, deux petits et un grand, par chacun des

Fig. 685. — Incrustation Ylg.m.— Tachardia Fig. 687. — Section de la femelle, d’après lacca femelle, d’a- d’une branche char- Carter. près Carter. gée de laque.

quels passe un faisceau de filaments frisés. Si on traite par l’alcool une de ces incrustations, elle se dissout et met à nu la femelle (fig. 686), fixée perpendiculairement à l’axe de la branche (flg. 687).

La femelle est réduite à l’état de sac pyriforme, de couleur rouge sombre, lisse et luisant. Celle de ses extrémités qui est enfoncée dans 1 écorce porte le rostre; l’autre est munie de trois papilles représentant les filières et correspondant aux trois orifices de l’incrustation. La matière colorante, formée de granulations rouges, est renfermée dans l’ovaire et dans les œufs.

La Tachardie est ovovivipare. Au commencement de juillet, les larves sortent par l’orifice anal de l’incrustation et ne tardent pas à se fixer elles-mêmes, en enfonçant leur rostre dans l’écorce. Elles sont alors d’une teinte rouge minium, longues de 0““,6 environ, elliptiques, obtuses en avant, sans ligne de démarcation entre la tête et le thorax. Le corps est régulièrement segmenté ; une houppe de filaments laineux émerge de chaque côté du thorax, à la place des ailes,- et une touffe toute semblable, bifurquée et divergente, se voit au niveau de l’anus.

La larve fixée grandit rapidement, en même temps qu’elle exsude la laque par la surface entière de son corps. On peut dès lors reconnaître à quel sexe elle appartiendra par la suite : est-elle destinée à devenir un mâle, la laque l’entoure et l’emprisonne de toutes parts;

oit-elle devenir une femelle, l’incrustation présente les trois ouverturcs caractéristiques, par où passeront bientôt les touffes filamenteuses. Après la métamorphose, le mâle devient libre, mais la femelle

dans l’incrustalion; dès qu’elle est fécondée, elle sécrète la

ucfpnce cotonneuse avec exubérance.

larvées naissent au commencement de décembre, puis se fl.en et s’encroûtent de laque. A la fin de février, les mâles commenà sortir de leurs cocons et, dans les premiers jours de mars, nv ron c nq jours après leur éclosion, ils se livrent à l’acte de la ferndation. Les mâles d’été étaient aptères; ceux d’hiver sont au contrailtous munis de deux ailes membraneuses, blanchâtres, transparentes, parcourues par deux nervures et un peu plus longues que

Ta pnrns dô nns6Ct6. , ,

La Cochenille de la laque produit donc par an deux générations, caractérisées surtout par le dimorphisme des males. La sécrétion résineuse est plus active dans la première évolution que dans la seconde, probablement à cause de la plus grande quantité de sucs renfermés dans la plante en été qu’en hiver ; mais la plus grande quantité de laque semble être produite par la couvée de décembre.

Comme la matière colorante est contenue dans les jeunes, a gomme laque doit être recueillie immédiatement avant leur sortie, c’est-à-dire vers la fin de mai ou le commencement de juin ; on doit faire aussi une seconde récolte vers le mois de novembre.

Les arbres sur lesquels Tachardia lacca se rencontre le plus habituellement sont ; Anona squamosa, Ficus religiosa, F. indica, Butea frondosa, Zizyphus jujuha et trois espèces de Mimosa, entre autres M. dnerea; on l’observerait encore sur Schleichera trijuga et Croton lacciferum.

La laque est connue en Europe depuis de longs siècles ; peut-être même était-elle connue des anciens, car il y a que ques raisons de croire que c’est à elle que Dioscoride donnait

le nom de cancamwm. C’est un produit complexe, dans leque^ on doit distinguer deux substances : la laque (1), sécrétion qui exsude de la surîace du corps de l’Insecte, et la teinture de (2), matière colorante plus spécialement localisée dans l’ovaire de la femelle.

La gomme laque se présente dans le commerce sous ditférents états ; nous nous bornerons à les énumérer rapi emen ,

renvoyant pour plus de détails aux livres qui traitent de a

matière médicale. « Tantôt, dit Plancbon (3), on se con en e

(1) Lac des Anglais; Gummilack, Schellack des Allemands.

(2) Lac-dye des Anglais; Lackfarbe des Allemands. simples

(3) G. Planchon, Traité pratique de la détermination des d g d’origine végétale . Paris, 1815. Voir II, p. 1109.

de recueillii’le rameau entier, bois et résine ensemble; c’est la Laque en bâtons (flg. 688). D’autres fois, on détache les cylindres de leur axe ligneux et on les apporte ^ en gros morceaux, c’est ce qu’on a quel¬

quefois appelé Laque en grappes; ou bien, on concasse les morceaux et on en fait de la Laque en grains. Dans ces diverses opérations, on laisse à la laque ses caractères naturels. On pousse quelquefois plus loin la préparation : on fait fondre ta laque dans l’eau bouillante pure ou alcalinisée ; on la passe à travers une toile, on l’étend sur une surface plane, et on presse de manière à en faire des plaques. C’est la Laque en plaques ou écailles. »

Un grand nombre de chimistes se sont occupés de rechercher la composition de la laque. Voici les analyses de Hatchett ;

Résine .

Matière colorante

Cire .

Gluten .

Corps étrangers .

Perte .

Laque

Laque

plate.

eu grains.

en bâtons.

‘ïoo,o

Fig. 688. — Laque e bâtons.

On peut préparer la teinture de laque ou lac-dye par différents procédés. Le plus répandu aujourd’hui consiste à traiter la laque pulvérisée par des lessives de soude très faibles. De la sorte, on dissout la matière colorante avant -la résine et on la précipite de sa solution alcaline par une solution d’alun. Ce précipité se trouve dans le commerce sous le nom de laquelaque, produit ordinaire, et de laque-dye, produit supérieur. La matière colorante ainsi isolée est très analogue à l’acide carminique ou rouge de carmin; peut-être même lui est-elle identique, comme le pense Schützenberger. Elle donne des couleurs extrêmement tenaces et résistantes.

Les usages de la laque sont très nombreux: aussi cette substance est-elle l’objet d’un commerce important. On la tire du Bengale, du Pégu, de Madras, de Siam, etc. Elle sert

ORDRE DES HÉMIPTÈRES. 4o3

à la fabrication des vernis fins et de la cire à cacheter. Sa valeur thérapeutique doit être à peu près nulle ; pourtant, elle a joui, pendant une certaine période, d’une véritable faveur; on la croy^i*' tonique et astringente; ses teintures alcoolique, aqueuse et alcaline passaient pour vulnéraires et antiscorbutiques, mais devaient bien plutôt leur action aux substances auxquelles on les mélangeait. La laque entrait encore dans un grand nombre dé préparations officinales telles que les trocbisques de karabé, les trocbisques de laque, divers opiats, les species dialaccæ, le laccatota.

Tachardia larreæ R. Bld, 1886.

Synonymie : Carteria Larreæ Comstock, 1880.

Cet Insecte se rencontre dans l’Arizona, sur le tronc et les branches de Larrea mexicana; ldi laque se trouve sur cette plante en quantité suffisante pour faire l’objet d’une exploitation. L’incrustation n’est pas aussi épaisse que celle de Tachardia lacca; elle dépasse rarement 3““,6. De plus, les masses de laque excrétées par les divers individus ne se fusionnent pas d’une manière aussi intime que chez l’espèce indienne : elles gardent au contraire une forme plus ou moins globuleuse.

T. larreæ est une Cocbenille de petite taille. La femelle adulte n’a que 2 millimètres de diamètre. Son corps est à peu près circulaire et l’on voit faire saillie à sa surface les tubes de la laque et le tubercule anal. Le mâle est encore mal connu; sa longueur est d’environ 1 millimètre, y compris un long style qui, à lui seul, représente les deux septièmes de la longueur totale.

V. Signoret, Sur des Cochenilles du Larrea mexicana. Annales de la Soc. entomol. de France, (6), VI, 1887. Bulletin, p. lxii.

Tachardia mexicana R. Bld, 1886.

Synonymie ; Carteria mexicana Comstock, 1880.

Cette Cochenille, encore peu connue, a été rencontrée à Tampico (Mexique), où elle vit sur des branches de Mimosa, à l’intérieur d’incrustations de laque, globuleuses ou plus ou moins étoilées, isolées ou réunies en petit nombre. Chaque incrustation présente à sa base six lobes, plus accentués chez les individus jeunes que chez les adultes ; cet aspect est occasionné par une forme semblable de l’animal qui la produit.

De même que chez T. lacca, la femelle ne se lient pas à plat sur la branche, mais bien perpendiculairement à celle-ci. En considérant de face la branche sur laquelle s’est fixé l’Insecte, ce n’est donc pas de face que celui-ci se montrera, mais bien par son extrémité caudale.

Le mâle est inconnu.

J. Alzate y Ramirez, Memoria acerca del ambar amariUo {Karabe o suceino), y de la goma lacca {résina). Gaceta de literatura. Mexico, 20 de febrero de 1790. Réimprimé dans La Naturaleza, VI, entregas .21 y 22, Appendice, p. 172, 1884. Voir p. 179.

Kermes vermilio Planchon, 1864.

Celte Cochenille vit sur le Chêne garrouille {Quercus coccifera Linné), qui pousse dans toute la région méditerranéenne. Depuis l’antiquité, elle est employée comme teinture et a joué en médecine un rôle considérable.

Le mâle est inconnu. La femelle, dépourvue de pattes et d’antennes, a l’aspect d’une baie rouge, lisse et globuleuse, attachée aux petits rameaux. Au commencement de mars, elle est plus petite qu’un grain de Millet; en avril, elle atteint déjà un diamètre de o à 8 millimètres et est de la grosseur d’une groseille (fig. 689) ; elle est entièrement dévelop- pée en mai. Elle pond alors de 1,800 à 2,500 œufs, puis meurt ; son cadavre reste au-dessus des œufs et les protège. Vers la fin de mai, les larves éclosent Fig. 689. - Kermes vermilio se répandent sur les branches. Après surunrameaudeGaiTouille. deux ou trois jours d’une vie très active, elles se fixent sur une partie un peu tendre de la tige ou des rameaux ; elles demeurent alors immobiles et restent jusqu’au mois de mars sans se modifier notablement.

C’est cette Cochenille qui, recueillie avant l’éclosion des jeunes, puis desséchée, est connue sous les noms de Kermes animal, Kermès végétal, graine de Kermès, graine d'écarlate, grana chermes, baies de Karmésine, baies de Kermès, etc. Les plus anciens auteurs la signalent déjà et prônent ses vertus, mais sa nature animale n’a été démontrée qu’en ISol parQmqueran de Beaujeu, évêque de Senez.

Jusqu’à la découverte de l’Amérique, le Kermès a servi

ORDRE DES HÉMIPTÈRES, nrpsaue exclusivement à teindre la laine et la soie en pourpre ^ en écarlate; depuis, il a été en grande partie supplanté par L Cochenille à carmin. Il semble avoir été employé dès l’énoauela plus reculée, car la Bible en fait mention; toutefois, il est bien difficile, lorsqu’il s’agit de l’Asie Mineure, de savoir si la teinture rouge était obtenue avec lui ou avec le Porphyronhore d’Arménie, dont il sera question plus loin.

Au point de vue chimique, Lassaigne lui a reconnu la plus grande analogie avec la Cochenille du Nopal : la matière colorante est très analogue, sinon identique, à la carminé, qui se trouve dans cette dernière espèce; à côté d’elle, on trouve encore la coccine ou zoococcine, matière albuminoïde identique encore à celle que Pelletier et Caventou ont signalée comme formant la base et constituant la chair de Coccus cacti.

Déchu de sa splendeur au point de vue industriel, le Kermès ne l’est pas moins au point de vue médical. Et pourtant, on peut affirmer qu’aucun médicament ne fut jamais aussi fameux.' Son histoire se divise en deux périodes, la première étant antérieure à Mesué. ^

Pendant la première période, on l’emploie pour 1 usage externe et ne met à profit que ses propriétés astringentes ou légèrement amères. Dioscoride l’apprécie en ces termes : « Vis huic astringere cujus ratione vulneribus nervisque sauciatis tritum ex aceto convenienter imponitur. » A l’époque de Pline, on l’appliquait sur les plaies récentes ou bien on l’mstillait dans l’œil injecté de sang : « Goccum ilicis vulneribus recentibus ex aceto imponitur. Epiphoris exaqua, et oculis suffusis sanguine, instillatur. »

Au neuvième siècle, le Kermès prit tout d’un coup une importance exceptionnelle : Mesué composa son fameux électuaire, dans lequel il faisait entrer les substances les plus disparates, telles que la soie teinte avec la graine d’écarlate, le suc de pommes, l’eau de roses, l’ambre, le bois d’Aloès, le lapislazuli, le musc et l’or. Cette Confectio alkermes eut un immense succès : il n’y avait point de maladie dans laquelle elle ne dût être héroïque. Elle régna en souveraine absolue pendant plusieurs siècles, puis l’École de Montpellier, qui avait si puissamment contribué à son succès, s’avisa, vers 1580, d’en modifier la formule.

La ConfecMo alkermes monspeliensium eut son tour de gloire jusqu’en 1748, époque où Lemery proposa une Confeclio alkermes reformata, de laquelle il excluait la soie, l’eau de roses, le suc de pommes, l’or, les perles èt le lapis-lazuli. Il n’y avait plus qu’un pas «à faire pour en arriver à l’usage pur et simple du sirop de Kermès; peu à peu, ce pas fut franchi et la Confectio alkermes tomba de plus en plus dans l’oubli.

Que reste-t-il aujourd’hui de toute cette gloire? Plus rien,qu’un élixir qui se fabrique en Italie, et qui se sert encore sur les tables, à Florence et à Naples.

Gossyparia mannifera R. Bld, 1886.

Synonymie ; Gossyparia manniparus Signoret, 1875.

Cette Cochenille se rencontre dans l’Asie Mineure, en Arménie et en Perse, sur les branches de Tamarix gallka, var. mannifera Ehrb.

Le mâle est encore inconnu. La femelle (tig. 690) est aptère, longue de 0®“,5, molle, blanche, elliptique ; sa face inférieure est plane et glabre, sa face supérieure convexe, villeuse et divisée en douze segments, dont le premier est le plus grand. Antennes à neuf articles ; pattes à quatre articles ; deux yeux à la base des antennes et à la face Inférieure. Rostre court, obtus, comprimé, à pointe dirigée entre la première paire de pattes'.

Les fines branches du Tamarix sont ordinairement recou vertes d’un nombre considérable d’insectes; le long de ces branches coule un liquide semblable à du miel, formant çà et là des gouttelettes qui tombent jusqu’à terre (flg. 691). Cette sorte de miel est connue des Arabes sous le nom de man. Angélus, en 1618, la signale sous le nom de guezengebin, c’est-à-dire, en persan, miel de Tamarix; il la fait provenir des environs de Bassora, en Arabie. Il y a lieu de penser que cette manne est

Fig. 690. — Gossyparia mannifera, jeune femelle vue par la face dorsale et par la face ventrale, d’après Ehrenberg.

ORDRE DES HÉMIPTÈRES. 4b7

précisément celle dont se nourrissaient les Hébreux, conduits «T. UnUp au travers du désert.

^ Scblimmer l’indique sous le nom de guèze Khounçar; le Tamarix sur lequel on la recueille est répandu à peu près par toute la Perse, mais il ne donnerait de la manne que dans la petite province de Khounçar. Si le fait est exact, il prouve sans doute qué la Cochenille a moins d’extension géographique que l’arbre qui la nourrit.

On admet généralement que la manne est un suc limpide excrété par la plante, sous l’influence de la piqûre des Cochenilles ; mais il est presque certain que des observations nouvelles viendront prouver qu’elle n’est autre chose qu’un miellat sécrété en abondance par l’innombrable colonie d’insectes Fig- 691 • - Brandie de Tamarix ^

... Codienilles et portant un amas de manne,

qui a élu domicile sur Ehrenberg.

. l’arbuste.

Berthelot a fait l’analyse d’un échantillon de manne arrivé fraîchement du Sinaï. Elle avait l’aspect d’un sirop jaunâtre, épais ; sa composition centésimale, abstraction faite des débris végétaux et de l’eau, était la suivante :

Sucre interverti (lévulose et glycose) . 2a

Dextrine et pi-oduits analogues . .20

Ce savant publiait en même temps l’analyse d’une autre sorte de manne provenant du Kurdistan, et recueillie dans les montagnes.au

nord-esl de Mossoul. Les Kurdes s’en servent sans la purifier et la mélangent à de la pâle et même à de la viande. L’arbre qui la porte est fort différent du Tamarix, mais ne semble pas avoir été déterminé avec une précision suffisante. La composition de cette manne du Kurdistan était la suivante ;

Saccharose . 01

Sucre interverti (lévulose et glycose) . . . 10 5

Dextrine et produits analogues . 22,5

La composition des deux mannes est donc presque identique, bien qu’elles aient été recueillies sur des végétaux d’espèces fort différentes. C’est là un argument de valeur en faveur de fopinion qui considère la manne comme une sécrétion de l’animal, comme une production exubérante de miellat.

En raison de la nature des substances qui entrent dans sa composition, on conçoit très bien que la manne puisse être prise comme aliment. On la récolte en petite quantité, pendant les mois de juin et de juillet, mais son emploi en médecine est des plus restreints. Les Arabes et les moines grecs la recueillent et la mangent avec le pain, comme on fait du miel; Angélus lui attribue les mêmes usages. Son prix, d’après Schlimmer, est moins élevé que celui de la manne du Chêne; aussi les confiseurs persans la recherchent-ils pour en faire des tablettes.

Coccus cacti Linné, 1740.

Cette Cochenille vit sur le Cactus nopal [Opuntia coccinellifera) et sur quelques autres Cactées (0. vulgaris, 0. tuna); on l’y trouve à l’état de larve et de femelle adulte.

Le mâle (fig. 692, a) n’a guère qu’un millimètre de longueur. Il est d’un rouge intense, ses pattes et ses antennes sont brunes, ses deux ailes d’un gris blanchâtre. Les antennes ont 10 articles ; les ailes, pourvues d’une seule nervure bifurquée, sont beaucoup plus longues que l’abdomen ; les balanciers font défaut. L’extrémité postérieure porte deux longs filaments qui sortent des filières.

La femelle adulte (fig. 692,6) est d’un brun rouge foncé; elle est longue de 6 à 7, parfois même à 10 millimètres, large de 4 et épaisse de 2 à 3. Son corps est annelé et est parcouru par une sorte de carène dorsale. Les antennes sont courtes, coniques, à 7 articles. Elle sécrète par toute sa surface une matière cireuse blanche qui l’enduit comme d une poussière cotonneuse, et qui, lorsqu’elle devient trop abondante, se dépose çà et là sous forme de petits amas sur les raquettes du Nopal (fig. 693).

Le mâle meurt aussitôt après l’accouplement. La femelle dépose

fc Rans les amas cotonneux, suivant les uns, fait des petits rif suivant les autres, puis meurt à sou tour : son rostre altau- " l’a Triante et son cadavre tombe à terre. ^ .

TL" larves ne sortent de leur nid cotonneux qu’au bout d une huitaine de jours : elles sont alors assez sem- ^

blables à la mère, mais plus petites. Dans . Z . ^ *

l’espace de deux semaines, elles ont subi

toutes leurs mues et achevé leur crois- iW\ t

sance. Celle qui doit devenir une femelle

s’est simplement fixée au Nopal et accom- ^||| p

plit sur place ses métamorphoses. Celle qui doit devenir uu mâle se construit au con- 7X j |

traire, à l’aide de sa matière cireuse, une \ i

sorte de cocon ouvert en arriéré : c esUa 1

qu’elle accomplit ses dernières mues ; 1 In- \

secte, parfait en sort à reculons au bout / y

d’une huitaine de jours.

Avant la découverte de l’Amérique, le» «i- “.^,7. '“f ’ Aztèques connaissaient déjà les propriétés , i ’ tinctoriales de la Cochenille du Nopal. A „ .KaK

IC^e de Loperde Gomara,,nienmieprem.erme„Uon,e„ 15».

on la considéra comme une graine, jusqu au jour 0 ■ ^

en 1666, vint prétendre que c’était uu Insecte voisin des Punaise». Le

fait fut mis hors de doute, quand de Ruusscher eut publié, en 1729, les curieux documents qu’il avait recueillis.

Au Mexique et dans les pays où elle a été introduite, aux Canaries, la Cochenille à carmin est l’objet d une culture

logue à celle du Ver à soie. Cette culture a perdu beaucoup de son importance, depuis la découverte des couleurs d’aniline.

Quand la Cochenille est mûre, c’est-à-dire bien adulte, on procède à la moisson. On brise les branches des Cactus, puis on les brosse avec un petit balai, de manière à détacher les Insectes qui y sont fixés. Ceux-ci sont alors disposés sur des claies par couches d’une faible épaisseur, puis desséchés ou torréfiés à une température d’environ 40°. Dès que la Cochenille est convenablement desséchée, on procède à son nettoyage : on se sert pour cela d’un tamis, qui la sépare des épines de Nopal et du feutrage blanc qui la recouvre. La Cochenille qui n’a pas servi à la reproduction, c’est-à-dire la plus grande partie, garde une teinte argentée et constitue une sorte commerciale connue sous le nom de plateada. Celle, au contraire, qui a servi à la reproduction perd dans les diverses manipulations son feutrage blanc; elle est facilement reconnaissable à ce que son corps, vide des larves qui le remplissaient tout d’abord, s’est creusé après la ponte : on l’appelle Cochenille noire ou madrés.

En les considérant d’après leur provenance, et non plus d’après leur mode de préparation, on a distingué parmi les Cochenilles trois sortes commerciales : 1° la Cochenille mestèque ou fine [Grana fina ou Grana mestica), cultivée à Mestèque dans la République de Honduras ; 2“ la Cochenille noire; 3° la Cochenille sylvestre [Grana silvestra), qui n’est point le résultat de la culture, mais qui s’est librement développée sur des Cactus sauvages.

La Cochenille est recherchée pour la belle couleur rouge qu’elle produit et dont les applications sont sans nombre dans les arts, dans la peinture, dans l’industrie. Cette couleur, le carmin, intéresse aussi au plus haut point l’histologiste, qui trouve en elle un auxiliaire précieux, depuis que Gerlach, en 18o8, a découvert la sélection dont ses dissolutions ammoniacales sont douées vis-à-vis des éléments anatomiques.

Pour extraire le carmin de la Cochenille, on réduit celle-ci en poudre, on l’additionne d’un sel minéral, tel que le salpêtre, on fait bouillir avec de 1 eau et on filtre; si la liqueur est suffisamment concentrée, le carmin se dépose au bout de quelque temps : c’est l’acide carrniniquc brut, qu’ont découvert Pelletier et Caventou.

Cet acide cristallise en aiguilles agglomérées, d’une saveur nettepnf acidulée ; c’est une sorte dé glucoside qui se dédouble facilement Tr bydr^t'^tion en un corps ou (OH)^ (CH^) CO^H, le rouge

de carmin, et une matière sucrée dépourvue de pouvoir rotatoire.

A l’époque où le Kermès obtenait en médecine l’immense faveur

l’on sait, la Cochenille du Nopal était elle-même communément Lployée; toutefois, elle fut toujours bien loin d’avoir la vogue de la graine d’écarlate. A présent, on a bien oublié les propriétés thérapeutiques qui lui avaient été empiriquement attribuées ; on ne se Luvient plus que Hernandez la recommandait comme cordial, que Delius la conseillait dans les maladies exanthématiques, que Lister, Struve et d’autres la préconisaient comme lithontriptique, comme diaphorétique et diurétique. Dès 1813, Chaumeton fait observer que la Cochenille était déjà chassée à peu près complètement de la matière médicale et qu’elle n’était plus employée que pour ses propriétés tinctoriales, pour donner un aspect agréable aux préparations pharmaceutiques. Toutefois, cette exclusion serait trop absolue; Laboulbène dit qu’elle rend quelques services contre les quintes spasmodiques de la toux nerveuse et O. Larcher la prescrit avec succès dans le spasme convulsif de l’appareil respiratoire, dans les accès d’asthme nerveux, contre les quintes convulsives de la coqueluche.

Llaveia axin Signoret, 1875.

- SïNONYMiE : Coccus udipofeva J. Doiidé Ibarra, 1883.

L’Axiii vit, au Mexique, sur des arbres appartenant à des familles très diverses : aux Légumineuses {Erythrina), aux Euphorbiacées [Jatropha curcas), aux Rutacées {lanthoxylum elava-Herculis) ; il affectionne tout spécialement les Térébinthacées et s’observe sur certains Schinus et sur un assez grand nombre de Spondias {Sp. myrohalanus, Sp. mombin, Sp. mira).

Le mâle est une petite Mouche rouge, longue de 15 millimètres, et pourvue de deux ailes à trois nervures. Il présente deux yeux noirs et deux antennes filiformes à 18 articles. L’abdomen est terminé par 6 à 8 longues soies.

La femelle est le géant des Coccides. Elle est longue de 19 à 2o et même à 30 millimètres, large de 12 à 15 et épaisse de 7. Elle est recouverte d’une sorte d’épaisse bourre blanche, ressemblant à de la farine, et qui, si on l’enlève, se régénère rapidement. Cette couche de cire étant enlevée, on voit que l’animal est d’une couleur rose uniforme ; dans l’alcool, il prend une teinte rouge vermillon. Les pattes à 0 articles, les antennes à 10 articles et le rostre sont d’un gris noi-

râlre; les ailes font défaut. L’abdomen est formé de neuf anneauxl’anus s’ouvre à la face supérieure, immédiatement en arrière du huitième anneau.

La femelle n’atteint son complet développement qu’en novembre ou décembre. Elle s’enveloppe alors d’un cocon blanc, soyeux, mou et friable, à l’intérieur duquel elle pond environ 1,500 œufs; ceux-ci donneront naissance aux larves au mois d’avril suivant.

La larve, étudiée par Alfred Dugès, est d’un rouge obscur, avec les extrémités noirâtres. Elle est velue et porte en arrière cinq poils plus grands et plus forts. Les antennes ont 7 articles; les pattes en ont quatre, dont le dernier porte une seule griffe. Elle ne mue qu’une seule fois, en juillet ou août, et cette mue coïncide avec le passage à l’état parfait.

Quand elles sont arrivées à leur complet développement, mais avant le moment de la ponte, on recueille les femelles et on procède à l’extraction de la graisse qui s’est accumulée dans leurs tissus. On lave d’abord les Insectes à l’eau froide, puis on les jette dans l’eau bouillante et on maintient l’ébullition jusqu’à ce qu’ils tombent en bouillie. On les exprime alors, on abandonne le liquide pendant vingt-quatre heures, puis on décante la graisse qui surnage : celle-ci est lavée de nouveau, chauffée jusqu’à ce que l’humidité disparaisse, puis finalement tamisée.

On extrait ainsi des Cochenilles de 26 à 28 p. 100 de leur poids d’une graisse connue sous le nom A'axine. Récemment préparée, elle a la consistance du beurre; elle a une odeur sui generis, analogue à celle de l’axonge rance; sa couleur est d’un beau jaune ou d’un jaune plus ou moins obscur. L’axine joue un rôle important dans la médecine populaire mexicaine. Les Aztèques l’utilisaient déjà et l’usage s’en est perpétué jusqu à nos jours; elle se vend communément dans les drogueries et les pharmacies du Yucatan.

L’axine fond vers 36°. Insoluble dans l’eau et dans l’alcool froid, à peine soluble dans l’alcool bouillant, elle se dissout dans le bisulfure de carbone, l’éther, Fessence de térébenthine, la benzine, le chloroforme. Elle devient insoluble dans tous ces réactifs, quand elle a été exposée à l’air; dans ces conditions, elle se recouvre immédiatement, par oxydation, d’une pellicule fortement ridée, qui protège les parties sous-jacentes contre l’accès de l’air et par conséquent contre toute

ouvelle oxydation; mais si on a soin d’enfoncer celte pellicule dans r masse au fur et a mesure qu’elle se forme, l’axine se transforme fLt entière en une substance résineuse insoluble et infusible. Celte transformation est le fait de l’acide axinique, dont il va être

*^Taxine développe, par la distillation sèche, une forte odeur d’acroléine preuve évidente de la présence de la glycérine. Elle se saponifie aisément et donne de l’acide laurique ou laurostéarique, associé à une petite quantité d’acide stéarique ou d’acide palmitique. En décomposant par l’acide chlorhydrique, dans un courant d’air, la partie du savon de potasse qui est restée en dissolution dans l’alcool, on obtient l’acide axinique, qui est de consistance huileuse. Même à 0°, il absorbe l’oxygène avec une très grande avidité et se recouvre rapidement de la pellicule blanche dont nous avons déjà parlé; il est insoluble dans l’eau, mais soluble dans l’alcool et l’éther. Les produits de son oxydation à l’air seraient l’acide hypogéique et une substance mal définie, Vagênine, dont la formule n’a pas été déterminée.

L’axine est la substance huileuse la plus siccative que l’on connaisse. Elle constitue un excellent vernis pour le bois, les métaux, la porcelaine, etc. Sa solution dans la térébenthine peut être d’un grand avantage dans les arts, si on lui incorpore des couleurs fines. Cette substance a encore la propriété de rendre les objets absolument imperméables, sans rien leur enlever de leur souplesse. A 1 instigation du gouvernement, la culture de l’Axin est en train de se développer au Mexique et on peut prévoir que ce sera avant peu une source de richesses pour ce pays.

R. Blanchard, UAxin ou Cochenille à graisse. Revue scientifique, XXXVII, p. 307, 1886.

Porphyrophora polonica Burmeister, 1832.

« La femelle est semi-globuleuse, d’une grandeur de 7 millimètres sur 4 de largeur, d’un brun noirâtre qui devientd’unbeau rougepourpre dans la potasse; elle est recouverte d’une rare, très fine et longue pubescence. Les pattes, déformées, sont très courtes, épaisses, propres à fouir, et présentent un crochet excessivement développé, creusé en dedans et dentelé. » (Signoret). La femelle est aptère, mais le mâle, de très petite taille, porte deux ailes délicates.

L’œuf donne naissance à une larve qui se fixe aux racines de certaines plantes, telles que Polygonuni cocciferum, Scleranthusperennis, Herniaria glabra. Devenue immobile, cette larve'accomplit ses mues elle vieux tégument, au lieu de tomber, reste autour d’elle et l’en-

GL4SSE DES INSECTES

globe. Au bout d’un certain temps, lorsque la larve a achevé son évolution, la coque se fend et l’on en voit sortit l’animal parfait. La femelle est d’abord mobile, puis se contracte, se recouvre sur toute son étendue d’un duvet blanc, pond ses œufs et meurt.

Cette Cochenille se rencontre dans toute la Pologne, dans une grande partie de la Russie (Ukraine, Podolie, Volhynie, Lithuanie), dans l’Allemagne du Nord-Est, en Hongrie, en Suède. Elle a joué à une certaine époque, en tant que matière tinctoriale, un rôle presque aussi considérable que celui du Kermès. Au point de vue médical, elle a été un succédané de ce dernier, dont on lui attribuait les vertus merveilleuses et, dans les pays du Nord, dont le Kermès n’est point originaire, on la faisait entrer dans la confection alkermès.

Porphyrophora Hameli Targioni-Tozzetti.

Cette espèce vit en Arménie, dans la province d’Erivan et dans la vallée de l’Araxes, sur les racines de Poa pungens. Elle est très voisine de la précédente, mais notablement plus grosse, et est, à poids égal, plus riche en matière colorante. Elle a joué un rôle important dans le commerce de l’Orient, jusqu’au jour) où l’introduction en Europe delà Cochenille américaine vint la plonger dans l’oubli, en tuant l’industrie dont elle était l’objet.

R. Blanchard, Les Coccidês utiles. Thèse d’agrégation, 188-3. Bulletin de la Soc. Zool. de France, VIII, p. 217, 1883.

E. Witlaczil, Zur Morphologie und Anatomie der Cocciden. Z. f. w. Z., XLIII, p. 149, 1886. — Id., Der Saiigapparat der Phytophthires. Zoolog. Anzeiger, IX, p. 10, 188G.

Les Aphides ou Pucerons ont de longues antennes à o ou 7 articles, un rostre triarticulé et deux paires d’ailes transparentes; ces dernières manquent parfois chez la femelle, plus rarement chez le mâle. Beaucoup d’entre eux portent à la face supérieure de l’abdomen deux tubes par lésquels vient sourdre un liquide sucré dont les Fourmis se montrent très friandes.

La reproduction de ces Insectes présente des particularités très remarquables. En automne, on trouve des Pucerons des deux sexes; les mâles sont ailés, les femelles généralement aptères. Ces dernières pondent sur les tiges des œufs fécondés qui éclosent au printemps : les animaux qui en sortent sont tous des femelles, généralement ailées. Au bout de 10 à 12 jours, celles-ci ont pris tout leur accroissement; elles commencent alors à mettre au monde par parthénogenèse, c’est-à-dire sans fécondation préalable, des petits vivants; chacune donne naissance en moyenne à 90 jeunes, à raison de 3, 4,

ORDRE DES HÉMIPTÈRES. 46o

7 par jour. Tous ces jeunes sont encore des femelles, qui -Annpnt aptes à la reproduction aussi rapidement que leur mère, n oiUinsi 9 à M générations de femelles se succéder pendant le de la belle saison. La dernière génération, qui se montre au Commencement de la mauvaise saison, donne naissance tout à la

fCûis à des mâles et à des femelles ovipares.

la fécondité de ces animaux est extrême : à supposer qu il y ait in générations successives, dont tous les individus viennent à bien et que chaque femelle vivipare produise 90 jeunes, une femelle pro-

Fig. 694. — Phylloxéra vastatrix. — 1, œuf de femelle agame; 2, larve, ■ 3, femelle agame, aptère, vue en dessous ; 4, la même, vue en dessus; 5, nymphe avec des rudiments d’ailes; 6, femelle ailée; 7, ceut maie, 8, œuf femelle; 9, individu sexué mâle; 10, individu sexué femelle.

venant de l’œuf d’hiver est annuellement la souche de plus de 7 quintillions de descendants !

Les Pucerons vivent en groupes nombreux sur les racines, les tiges ou les feuilles des végétaux dont ils amènent le dépérissement par leur succion : ce sont, malgré leur taille minime, des animaux extrêmement nuisibles; on ne connaît que trop les ravages incalculables causés parle Phylloxéra de la Vigne (fig. 694).

La piqûre de quelques espèces produit, sur diverses parties des plantes, une irritation qui a pour conséquence une hypertrophie et un soulèvement des tissus autour de 1 Insecte. Les bords de ce bourrelet se rejoignent, puis se fusionnent et ainsi Blanchard. — Zool. méd. IL

se forme une coque ou fausse galle, production vésiculeuse d’aspect et de dimensions très variables. Cependant, le Puce ron qui y est renfermé s’est multiplié par voie agame et a été le point de départ de générations successives qu’on retrouve à l’intérieur de la coque. Celle-ci va sans cesse en augmentant de taille, par suite de l’irritation produite par la piqûre de ses habitants et tant que les sucs circulent dans la plante; sa croissance prend fin quand, la période de végétation touchant à son

terme, il naît des Pucerons sexués qui percent sa paroi pour s’accoupler au dehors.

On utilise en médecine et dans l’industrie un certain nombre de coques, à cause du tannin qu’elles contiennent; en général, les Pucerons qui les produisent ne sont qu’imparfaitement connus.

Aphis chinensis'Q&W, 1848, produit sur les feuilles d’un Sumac {Mus semialala Murray, var. Osbecki DC.) de la Chine, du Japon et du nord de l’Inde, des coques irrégulières mesurant de 3 à 6 centimètres sur 1 à 3 (flg. 695). Ces coques, connues sous le nom de galles de Chine ou du Japon ou encore sous le nom Camois, Ou-poey -tse, fournissent de 63 à 95 p. 100 d’un tannin qui, suivant Stenhouse, serait identique à celui de la galle

j’dIpD Elles sont utilisées en Europe pour la fabrication des addel lannique et gallique ; les Chinois les emploient pour la

teinture ou, en médecine, comme astringent.

k un Telraneum sont dues les galles du Lenstique, dévelopnâes sur les feuilles et les jeunes branches (fig. 696), Ce sont, L contraire, des suivant Passenm et Derbès qui

produisent les galles du Térébinthe. Ces galles des Pistachiers

(59,5. Rameau de Pisiacia lentiscus portant des galles.

sont encore mal connues; on en distingue plusieurs sortes

commerciales. ^

Le caroube de Judée ou pomme de Sodome (fig. 697) est long de 16 à 18 centimètres et large de 30 à 35 millimètres; cest une galle siliquiforme, rouge, à odeur térébinlhacée, à saveur

astringente. . , . i

Les galles de Bokhara (fig. 698) sont plus ou moins globuleuses, simples ou lobées, de couleur rougeâtre ou brunâtre et du volume d’une petite cerise; on les importe dans l’Inde, ou on leur donne le nom gool i pistah ou de haisonges, de 1 hm-

doustani hazgJmnj. C’est elles, pensons-nous, que signale Schliramer comme poussant sur le Pistachier du Khoraçan et

Fig. 697. — Galles de Pistaeia terehinthus ou caroubes de Judée.

comme étant « très abondantes dans les bazars de Téhéran et de Yèzde ; elles constituent l’objet d’un commerce important et sont employées par les tanneurs et les teinturiers du pays. »

C’est encore à un Puceron qu’on doit attribuer la formation, sur les feuilles de Terminalia chebula Gær^ tner, de galles d’un jaune verdâtre, longues de 25 à 30 millimètres et décrites par Dale et par Geoffroy, sous le nom de fèves du Bengale (fîg. 699). Roxburg assure qu elles sont très astringentes et aussi bonnes que la noix de

galle pour la teinture en noir,

ceux de leurs produits qui sont employés en pharmacie. These d’agrégation de pharmacie Paris, 1869.

Fig. 698. — Galles de Bokhara.

r. V rh Bcauvisage, Les galles utiles. Thèse d’agrégation. Paris, 1883.

N B.' Nabias, Les galles et leurs habitants. Thèse d’agregation . Pans, 1886.

Les Homoptères ou Gicadaires sont de plus grande taille que les Infectes précédents. Ils ont toujours deux paires d’ailes, généralement membraneuses; les antérieures sont parfois coriaces, non transpa-

Fig. 699. — Galles des Myrobalans.

rentes et colorées. Le rostre a 3 articles, les antennes de 2 à 7, le tarse 3. La femelle possède un oviscapte, au moyen duquel elle pond ses œufs sous l’écorce des plantes.

Les Fulgorides habitent les régions chaudes de l’Amérique e e l’Asie. Le front se prolonge en une sorte de vessie qui, chez es

Fig. 700. — Fulgora candelaria.

Fulgores (fig. 700), est aussi large que la tête et à peu près aussi longue que le corps; on a cru longtemps, d’après les assertions de Meriam, que cette «lanterne » était lumineuse pendant la nuit. Chez beaucoup de ces Insectes, il se trouve, dans l’interstice des anneaux de l’abdomen, des glandes qui produisent une matière cireuse blap/îhe; celle-ci est assez abondante chez^une espèce chinoise, Flata limhaia, pour qu’on la trouve dans le commerce.

Les Cigales ont le corps épais, la tête large et courte, les ailes antérieures plus longues et plus étroites que les postérieures (fig. 701) Le mâle porte à la face ventrale, entre le thorax et l’abdomen uii double appareil musical, bien étudié par Carlet ; on doit le considérer comme destiné à attirer les femelles. Ces Insectes habitent encore les régions chaudes du globe; quelques-uns se rencontrent dans

l’Europe méridionale. Gicadu plebeja et G. orni (üg. 701) vivent sur les Frênes : la piqûre que cette dernière produit sur les branches de Fraxmiis ornus a pour conséquence l’écoulement d’un liquide sucré qui, en se durcissant, forme la manne. Cette substance s’obtient encore artificiellement, en pratiquant des incisions sur l’écorce.

Les Grecs, au dire d’Aristote et de Pline, considéraient les Cigales comme une délicate friandise. L’emploi de ces Insectes comme aliment a disparu de nos moeurs, mais il s’observe encore actuellement chez diverses peuplades sauvages. Les indigènes de l’Australie mangent crues certaines Cigales .qu’ils appellent galmig galang ; dans les années de disette, les Indiens du Texas recherchent la Cigale de 17 ans. (Cicaia septemdecim); dans l’Afrique centrale, Giraud a vu les femmes et les enfants « passer leur journée à chasser sur les arbres des Cigales qu’ils faisaient ensuite rôtir sans même leur couper les ailes. »

On a récemment attiré l’attention sur Huechys sanguinea, en lui attribuant des propriétés vésicantes; Fumouze a reconnu l’inexactitude de cette opinion.

V. Giraud, Deux ans aux lacs de l’Afrique centrale. Revue scientifique, XXXV, p. 466, 1885.

Ai’uaud et Ch. Brongniart, Sitr une Ciqale vésicante de la Chine et du Tonlfki. Comptes rendus do l’Acad. dos sciences, CVI, p. 607, 1888.

A. Fumouze, Sur l'Huechys sanguinea (Cicadn sanquinolenla d’Olivier). Ibidem, p. 7.69.

ORDRE DES RÉMIPTÈRES.

laire, sur le dos; les postérieures, sont membra-

fet;L Z ”eS d'e,péces..ont aptères, soit d.os les doux

Fig. 104. — Corisa Geoffroyi.

„,r lesNèpes (6g. 702), les Notonectes {Og. 703) et lesCorises (Og. 704). St ;îuleuL”especes sont commnnes dans nos rntsseaux et nos

étangs.

Co..« ««ennrinsay et C. A«™“ en telle abondance dans les lacs de Chalco et Mexique, que les Aztèques avaient eu 1 tdee même

ceuts pour s’en nourrir ; celte coutume existe “‘ “ Ts

été adoptée par les Espagnols. Pour se procui er ,

place verticalement dans le lac, A que que is . ne douze

Ses fascines formées de Joncs pliés en deux ; au bout de douze

a quinze jours, ces fascines sont entièrement recouvertes p la ponte des Cerises : on les relire alors, on les laisse «e^er au soleil sur un drap, et les «“f* “ détachent facilement. Ce^

œufs sont ensuite tamisés et utilisés, sous e nom ,

ahnautle, pour la préparation de gMeaux ou de galettes dont les Indiens sont très friands.

P. de la Llave, El aincautle. Registro f Réimprimé dans La Naturaleza, VU, 1885. ^péadice p. 1». ^

ValL. Comptes rendus de l’Acad. des sciences, XXIU, P- ^ L

Virlet d’Aoust, Sur des œufs d'insectes servant à C alimentalmr, n l’Hom^ne et donnant heu- à la formation d’oolithes dans des calcaire, L très, au Mexique. Ibidem, XLV, p. 865, 1857. caicaues lacus-

Guéi-in-Méneville, Extrait d’un mémoire sur trois espèces d’ Insectes hêm' téres du groupe des Punaises aquatiques. Annales de la Soc entomnl ^ France, V, 1857. Bulletin, p. cxlviii. Bull, de la Soc. d’acclimatation ‘iv p. 578, 1857. Journal de pharmacie, XXXIII, p. 357, 1853. ’ ’’

Guérin-Ménevillc et Virlet d’Aoust, Observations sur des œufs d'insectes oui servent à l’alimentation de l’Homme au Mexique. Annales des sc nat logie, (4), VII, p. 366, 1857. ' ’’

Les Géocorises, Gyranocères ou Punaises lerreslres comprennent un grand nombre de formes. Les Hydromètres (fig. 703) appar-

Fig. 705. — Limnobates Fig. 706. - lieduvius personatus

stagnorum. et sa larve.

tiennent à ce groupe, bien qu’ils courent à la surface des ruisseaux.et des eaux stagnantes.

Le Réduve masqué (flg. 706) vole dans les bois, où il chasse les Insectes; il vient pondre dans les habitations. Sa larve se dissimule en se couvrant de poussière et de détritus ; grâce à ce déguisement, elle peut attaquer d’autres Insectes, notamment la Punaise des lits, dont elle fait grand carnage.

. A l’aide de son rostre puissant (fig. 707), l’adulte est capable de piquer l’Homme et de provoquer des accidents qui ne manquent pas de gravité.

Latreille fut atteint une fois à l’épaule et eut le bras engourdi pendant plusieurs heures. Mégnin a rapporté l’observation d’un

Fig. 707. — Tète de Réduve. — a, labre ; b, premier article du rostre; c, second article ; d, troisième article ; e, stemmate; f, ocelle.

• ,irp connu qui, en traversant un taillis, fut victime d un r/duve qui lui «ail tombé dans le cou : en quelques minutes f™t tout le torse couvert de piqûres tellement douloureuses el Mssonnait; la sensation de démangeaison et de bru-

’”Bl1i“rq:rdu:nd.onconnaUsouslenomdeW

S Benchuca une espèce (Co»or«»s «tjro«s) dont la ntaûre est très redoutée et fait enBer d'une manière inquié- S le Lmbre attaqué. Des accidents du même genre sont causés par Jteduvius amdnus, è Bornéo, et par B. sert a us cTuentus, aux Indes.

Dai-win, ymjmi dun îe Fïmcï.'lSW. Balletia, p. mi.

rS'aS «nda, de .a

Soc. de biologie, (8), IV, p. 563, 1887.

Les Punaises membraneuses ou Acanlhiades ont le corps aplati, les tarses biarliculés, le rostre triarliculé et applique dans une goûttSrè”oTgitudinale creusée sous le Ihorax ; le prolhoras. nettement distinct, présente des expansions membranenses et parfois aussi 1 domen. A ce groupe appartient la Punaise des lus.

Acanthia lectularia Fabricius, 1794.

Synonymie ; Gimex ledularius Merrett, 1667.

Cet Insecte (lig. lOS et 709) est de forme ovale, long de S millimèlres, large de 3 millimètres, un peu relreci en avant,

très déprimé, à bords minces; il est d'un rouge brun clair ou

de teinte ferrugineuse et porte des poils

jaunâtres, courts et serrés. «

La tête est losangique, munie de deux stemmates noirs arrondis, mais dépoiiivue d’ocelles, et porte deux antennes séti-

formes quadriarticulées. Les ailes font __ Acmthia

défaut; toutefois, on voit sur le mesotho- %çtularia de grau-

rax deux lobes arrondis, qui sont des ély- deur naturelle.

très rudimentaires. L’abdomen est frangé fooîiampnt

sur les bords; il a peu de consistance et *

sous les doigts. Les pattes se terminent parjJaixioUs çioçnes5.

non accompagnés d’ambulacres.

La femelle pond en mars, mai, juillet et septembre - elle émet chaque fois environ 50 œufs blanchâtres et cylindriques longs de qu’elle dépose dans les fentes les plus étroites

et les plus obscures des boiseries, des parquets, des bois de lit, des tentures. Les Jeunes qui proviennent de la dernière ponte meurent généralement; ils sont encore trop faibles quand surviennent les froids, et des individus plus âgés sont seuls capables de les supporter.

, Le développement complet dure 'à peu près onze mois. Depuis le moment

?i,:m.-Acanma,ectu. t.TXT-T

laria grossie. ® est-a-dire pendant toute la pé¬

riode larvaire, la jeune Punaise porte trois glandes cutanées odoriférantes, émettant une odeur infecte, qui occupent la partie médiane des trois premiers segments de l’abdomen et débouchent sur le bord postérieur du segment par deux orifices transversaux, situés de part et d’autre de la ligne médiane. A la dernière mue, cet appareil glandulaire s’atrophie et est alors remplacé par deux glandes qui viennent, s’ouvrir, chacune par un orifice distinct, à la face inférieure du mélathorax, en dedans de l’insertion des pattes postérieures et de part et d’autre d’un prolongement du mésosternum qui s’étend entre celles-ci.

La Punaise des lits est essentiellement nocturne. La nuit venue, elle quitte sa " '’fitraite et commence sa chasse : quelque

Fig. 710. — Tête d’^caw- P’’®caution qu’on prenne, l’abject animal,

— a, rostre ; 6, labre ; toujours par atteindre savic-

c, antennes ; rf, yeux, time, au besoin en se laissant tomber du /-fi,.. enfonce son rostre dans la peau

(ho- /lO ; sa piqûre détermine une vive douleur, et l’évacuation

nln un afOux de sang

tanis auquel l’Insecte se gorge en peu d’ins-

tanls. Quand 11 aWclié prise, l’endroit piqué est encore le siège

ri^manseaison ; il est d’ailleurs reconnaissable à d-ane viveo^ large de 6 à 8 millimètres et au centre de lavoit ^le point d’implantation du rostre. A cela se bor- ‘‘“1 rt'ordtaairetes accidents, si ce n’est qu’on a vu plus d une uiLl nénétrer dans l’oreille et, s’empêtrant dans le lémmen, occasionner les mêmes inconvénients que tout autre

“SSard et d’autres auteurs sont d’avis quelaPunaise

SSœ-—

''ofnr“onne à Strasbourg qu’à partir du onzième

Tés mat Moutet l donne, en .634, une ^-criptron eom Diète et parle de deux dames de Londres qm, en ioOS, au a ttdt'piqùres de Punaises pour les premières attentes de la

‘’ltourd’bui, la Punaise est cosmopolite; les Européens l’ont

transportée partout avec eux. Certains ™

qu’aux Indes elle acquérait des ailes, e en raison de

Le, mais ne saurait être admis sans vérification, en raison de

ses habitudes sédentaires et quasi parasitaires.

Pline, Eistoria naluralis, lib. XXIX, cap. thectrum. Londoni,

Th. Moufet, Insectorum sive mimmorum ammalmm theo.um

1634. Voir lib. II, cap. 35, p. 269, "ce- 1638. Voir lib. V,

Âldrovande, De animalibus insedis Ithri VIL Bouoniæ,

.iîiSïfpïSSr»

Quin et citra fabas. dévorât), de rno i vino aut aceto poti

tione effectas oUactu Ji, urinæ difficultati medentup »

ÎDi“riî;: n,^p.’vxx,., «h,.,, u.

Curtis entonioloipj. London, 1835. Voir XII no ^bq

L. Landois, Anatomie von Cimex lectidarius mit Benieh Jouter Hemipterengeschlechter. Z. f. w.Z.,XVIII r20fi i Hénocque, Observation de corps étranq-r de Poreillp plf' rendus de la Soc. de biologie, (6), I, p. 282, 1874. '

Nord%. 536, 1881. du

Conrptes renduîdt^lSf^d’esI Ir

I88b. — Id., La Punaise de ht et ses appareils odoriférrmu rh^^’ situation et de forme de ces appareils aux différents âges d 'eVlnS^^PoJ'^ tes rendus de la Soc. de biologie, (8), III n 375 ISSfi th i. \ les stand,, oderifisue, de, T

de la Panais, de lit mcanism, d, la sjétim.

Assoc. franç. pour 1 avancement des sciences, XV, p. 528, 1886. ^ ^

Nous mentionnons ci-après deux Punaises qui ont été considérées comme des especes distinctes, mais qui, plus ïraisemblablement, ne sont que des variétés de la précédente.

Acanthia ciliata Eversmann, 1841.

Punaise pubescente d’un gris roux, trouvée à Kasan. Eversmann en donne la description suivante :

« Multo minor quam Acanthia lectularia. Corpus longe ovalum (longi U O 1/2 latitudinis) depressum planumrugulosum griseo-rufum opacum, undique pilis griseis vel lutescentibus hirsutiusculum, puisque laterahbuslongioribus ciliatum.

« Acanthia haec, quæ ex nonnullis annis in pluribus urbis Casanensis domibus adparuit, non tantum formâ, sed etiam naturâ suâ ab Acanthia lectularia diversa : non haeret socialis rimis et cominissuns ut Acanthia^ lectularia, sed singulæ ambulant in mûris et eu icu I egmentis ; pigra est et tardis pedibus ingreditur; semper se a e in s atu stupido, vel tanquam ut Insectum frigore torpidum. Illius punctura in corpore humano tumores magnos et longe perduran es pro ucit, et magis dolorosa est quam punctura Acanthiæ lectulariæ, quod proboscide illius longiore facile intellectu. »

vatæ ^Buir*!nf 'l'a ^ Insectorum species novæ, in Bossia orîentali observatæ. Bull, de la Soc. imp. des naturalistes de Moscou, XIV, p. 361, 1841.

Acanthia rotundata Signoret, 1832.

Cette Punaise (flg. 711 habite l’île de la Réunion ; elle est un peu moins grande que celle des lits.

« Corme en général moins orbiculaire, couleur beaucoup plus

P 'a Pt surtout prothorax présentant des bords arrondis, et non '°^'g?nés l’espèce commune, ce qm Un donne une

ai'lres pto clairs, ainsi que le bord anlérieur du prolliorax. Patles jaunes. >'

AT 4- ^ rniplMies Hémiptères nouveaux ou peu connus. Ann. aeVr:— rr^ré! W X. ; »», ISa,. y.,r aas. p., XV,, «g. T et 2 a.

rao rtPiï fipocorises appartiennent encore les Capsides ,Ca;«r«).les L,8Cides flg. 7,.; les Coréides

Fig. 711. — Acanthia rotundala grossie.

(Coreus, Alydm), et les Pentatomides {PenMoma,^ Cydnus, Scutelîera). Cette dernière famille comprend les Punaises grise et verte, si communes dans les jardins.

H. Wedde, Beitrüge zur Kenntnm des Rhyncho'enrüssels . Inaug. Diss. Leipzig, 1885.

Ces animaux tirent leur nom de ce qu’ils ne possèdent qu’une seule paire d’ailes membraneuses, parcourues par^ des nervures dont la disposition est caractéristique des principaux groupes

(fig. 727 et 747). , .. u *

Les ailes postérieures sont transformées en deux petits boutons pédonculés, les balanciers ou haltères (fig. 703) ; ces organes, insérés sur les côtés du thorax, un peu en arrière du stigmate postérieur, ont pour rôle de maintenir l’Insecte en équilibre pendant le vol (Robineau-Desvoidy); à leur base se trouve un ganglion avec des terminaisons nerveuses, que Leydig considère comme un organe auditif.

Si l’on coupe un seul balancier, l’animal peut encore prend > essor, mais il ne vole plus que du côté sain, tandis qu’il t7 f “ tomber du côté opéré; sa chute ne se fait guère attendre. Après la section des deux balanciers le Diptère ne peut plus voler’ le lance-t-on en l’air, il ne peut plus s’y soutenir et il retombe aussitôt, presque toujours en tournant plusieurs fois sur luimême; il n’est plus capable que d’opérer des sauts analogues a ceux qu’il fait après l’ablation tolale des ailes.

La tête des Diptères est arti-

Fig 713. — Ceria conopsoides. Culée avec le thorax par un mince filament et est mobile latéralement. Elle porte deux gros yeux à facettes et, d’ordinaire trois ocelles; les stemmates sont nus ou velus; chez le mâle, ils se touchent souvent sur le vertex, mais ils restent séparés chez la femelle, ne fût-ce que par une étroite bande frontale. En raison de ce grand développement des yeux, la tête se trouve divisée en deux régions, l’une inférieure ou êpistome, l’autre supérieure ou épkrâne. Les antennes sont conformées de façon variable et servent ainsi à. caractériser les différents groupes.

Les pièces de la bouche sont disposées pour sucer ou piquer.

Comme chez les Hémiptères, la lèvre inférieure est transformée en une trompe, appelée encore proboscis ou hausteîlum ; elle se termine par les deux paraglosses (fig. 714; b], parties charnues qui, vues de profil et au repos, simulent un petit marteau et, vues de face et en action, représentent une ventouse. Les autres pièces sont transformées en soies perforantes et s’atrophient plus ou moins; les mandibules n’existent plus chez les Syrphides ; les mâchoires elles-mêmes ont disparu chez les Muscides, mais leurs palpes, i,

. persistent. Le labre fait défaut; il est rem-

p ace par lépipharynx, pièce qui n’est autre chose que le prolongement de la face dorsale du pharynx et à laquelle répond Vhypopharynx, prolongement de la face ventrale. Chez les Mouches, ces deux pièces se soudent en un canal, ep, par lequel s’écoule la salive. Künckel et Gazagnaire ont décrit, à la face interne de la trompe, de délicates

Fig. 7 14. — Trompe de Tachina grossa. — a, trompe ; 6, paraglosses ; ep, épipharynx ; i, palpes maxillaires.

terminaisons nerveuses représentant l’organe de k gestation Les pattes, pourvues d’un irochanter et d’un tarse a cinq articles, se teSnt par deux grilTes : enlre cdles-ci se voit partes une gnffe accessoire, plus souvent encore deux ou trois pelotes mpulmlUs en e de semelles (flg. 715), dont la face inférieure est couverte de

Fier 71 Dernier article du tarse de Musca vomitaria, vu par la face infé¬

rieure et grossi 200 fois. - g, griffes; p, pulvilles couverts de petites ventouses.

milliers de ventouses pédonculées, grâce auxquelles les Diptères peuvent marcher sur les surfaces les plus lisses et malgré les lois de

la pesanteur. ,, , ,

Un étranglement notable s’observe entre le thorax et 1 abdomen ; celui-ci est sessile, rarement pédiculé, et se divise en 4 à 8 anneaux. Les organes sexuels font souvent saillie en arrière; l’oviducte est

^lef œufs sont pondus dans les milieux les plus divers, mais toujours dans des conditions telles que les larves trouvent de la nourriture à leur portée. Celles-ci, en effet, se rencontrent, suivant les cas, dans la terre, dans des substances organiques en décomposition ou même dans l’eau; elles peuvent encore se développer dans divers organes des plantes, chez d’autres Insectes ou chez des animaux a sang chaud ou à sang froid. Elles sont apodes et progressent au moyen de mouvements de reptation; on les connaît sous le nom impropre de Vers. Elles subissent d’ordinaire une mue avant de passer à l’état de nymphe; quelquefois pourtant, et c’est le cas des Mouches, elles ne muent point ; la nymphe prend alors le nom de pupe. Suivant qu’elles ont ou non une teinte distincte et suivant la

façon dont, leur peau se déchire, les larves présentent d’importants caractères sur lesquels nous aurons à revenir.

Depuis Hope, on connaît sous le nom de myinsis ou de myase les accidents produits chez l’Homme par les larves de Diptères ou, plus simplement, le fait de la présence de ces larves dans l’organisme.

Les Diptères se divisent en quatre sous-ordres, les Aphaniptères, les Pupipares, les Brachycères et les Nématocères. Les cas de myase se rapportent tous au groupe des Brachycères.

Sous-ordre des Aphaniptères.

Les Aphaniptères, dont Degeer faisait l’ordre des Suceurs et Latreille celui des Siphonaptères, sont des Diptères sauteurs et parasites. Le corps est comprimé latéralement. La tête, petite et intimement unie au prothorax, ne porte que deux ocelles, derrière lesquels se voient, insérées dans une fossette, de courtes antennes à 3 articles. Les trois segments thoraciques sont distincts, contrairement à ce qui a lieu chez les autres Diptères : en guise d’ailes, les deux derniers portent des appendices en forme de plaques. Les pattes sont puissantes et bien disposées pour le saut. L’abdomen comprend 9 segments, dont les arceaux dorsal et ventral ne sont pas soudés ; aussi cette partie du corps est-elle capable de subir parfois une énorme distension. Les métamorphoses sont complètes; les pièces buccales sont disposées pour la mastication chez la larve, pour la succion chez l’adulte. Les nymphes se tissent un cocon soyeux.

Ces animaux sont parasites des Vertébrés à sang chaud ; la plupart vivent sur les Mammifères, quelques-uns sur les Oiseaux. On distingue deux familles, les Pulicides et les Sarcopsyllides.

Les Pulicides ont la tête petite, la fossette antennaire parfois recouverte d’une lamelle chitineuse, les palpes labiaux quadriarticulés. La femelle n’est un parasite stationnaire à aucune époque de son existence; son abdomen ne se dilate jamais au point de perdre sa forme primitive.

Hystrichopsylla oblusiceps est aveugle et vit sur la Taupe et le Campagnol des champs. Le genre Typhlopsylla comprend huit espèces, aveugles ou à yeux rudimentaires, chez lesquelles la face inférieure de la tête et du pronotum porte des épines chitineuses ; ces animaux sont parasites des Chéiroptères, des Insectivores et des Rongeurs.

T P senve pulex a la tête arrondie supérieurement et pourvue R’veux Une quinzaine d’espèces s’attaquent aux Carnassiers, aux Rongeurs, aux Oiseaux, ainsi qu’à quelques Ruminants, Édentés et Monotrèmes. Une espèce s’attaque à 1 Homme.

Pulex irritans Linné, 1758.

Synonymie : Pulex ater Linné,

P. vulgaris Degeer, 1778.

P. hominis Dugès, 1832..

T a Puce (flg. 716) a le corps ovale, aplati transversalement, caréné aux faces dorsale et ventrale ; sa couleur varie du brun rougeâtre au noir intense ; les pattes sont un peu plus claires.

Le mâle est long de 2 millimètres à 2““,5 et haut de 1“™,5. La femelle ovigère est longue de 3 à 4 millimètres et haute de 2 millimètres. Ce ne sont là d’ailleurs que des dimensions moyennes, la taille pouvant subir de notables variations. Dugès a trouvé « sur la plage sablonneuse de la Méditerranée, au voisinage de Cette pig. -le. - Pulex irritans. et de Montpellier, des Puces d’un brun

presque noir et d’une énorme grosseur; la Mouche commune

n’est pas le double de leur taille. » , , r -i

La tête, lisse et brillante, porte deux soies en avant de 1 œil et une soie en arrière de la fossette antennaire ; elle n a pas d’épines en dents de peigne et le prothorax en est également dépourvu. Le dernier article des antennes est profondément incisé à sa face antérieure.

Les pièces buccales sont disposées pour sucer. La lèvre supenéurô manqué; les mâchoires sont deux courtes lamelles, dont chacune porte à sa base un palpe quâdriarticulé (fig. 71 o pm). a ®

rieure est un organe impair à sa base, bifurqué à son extremUe et prolongé en deux palpes à 4 articles, pl; chacune de ses moitiés es excavée^ en sorte que leur réunion constitue une game renfermant lès autres pièces de la bouche. Les mandibules, md-, sont allongées en forme de scies, dentées sur leurs bords et excavees a leur face interne : elles forment aussi une sorte dé gouttiere^qm renferme Blanchard. — Zool. rüéd.

l’épipharynx ou langue, Is. Celle dernière pièce a la forme d’une gouttière ouverte inférieurement et dont le bord supérieur est con¬

stitué par une arête dentée ; c’est elle qui représente le véritable appareil de succion.

Le bord postérieur de chaque anneau du thorax et de l’abdomen est orné de 4 à O poils de chaque côté, dans la moitié supérieure ; les anneaux de l’abdomen en portent en outre 3 ou 4 à la face inférieure. Pour les pattes de la première paire, les 3 articles du tarse se rangent

Fig. 717. — Pièces buccales dans l’ordre suivant, en tenant compte de

de Pulex inntans. — Is, épi pharynx ; md, mandibules; pl, palpes labiaux; les mâchoires sont courtes

la taille et en commençant par le plus court, 4, 1, 3, 2 et 3. L’ordre serait 4, 3, 1,2 et 3 pour les pattes de la seconde

etinvisibles;pm, leur palpe paire, et 4, 3, 2, 3 et 1 pour celles delà

maxillaire.

troisième paire ; chez ces dernières, les

articles 2 et 3 sont de même longueur.

On voit une paire de stigmates sur les côtés de chaque anneau du thorax et de l’abdomen, à l’exception des deux derniers. Le neuvième ou dernier porte le^loaque qui, chez le mâle, s’ouvre à la face dorsale, en sorte que, lors de l’accouplement, la femelle doit naonteu sur le dos du mâle. Celui-ci possède d’ailleurs un appareil de fixation, constitué par deux lames aliformes.

La femelle pond dans les fentes des parquets et des tentures, dans le linge sale, dans les coins sales et poussiéreux, une douzaine d’œufs ovoïdes, blancs, longs de 0®“,7, larges de 0“'“,4. Au bout de 6 jours en été, de 10 à 12 jours en hiver, il en sort une larve vermiforme, blanche, dont la tête porte deux yeux et une corne frontale, qui lui a

Servi à percer la coque de l’œuf (flg. 718). Elle est formée de 14 anneaux ; le premier correspond à la tête et porte une armature buccale complète, conformée pour broyer; les autres anneaux sont ornés sur les côtés de petites soies qui servent de point d’appui à l’animal et lui

ORDRE DES DIPTÈRES, nerraettent de ramper assez vivement ; le dernier présente deux nseudopodes. On vante souvent la sollicitude de la Puce pour ses larves qu’elle nourrirait en dégorgeant du sang dans leur bouche , mais ce n’est là qu’une fable : la larve cherche

seule ses aliments et se nourrit de diverses matières organiques. Fig.719.— Nymphe

Vers le onzième jour après sa naissance, la larve de Puce, a atteint toute sa croissance : elle se tisse un petit cocon blanc, auquel adhèrent toutes sortes de détritus et de poussières, puis mue et se transforme en nymphe (fig. 7t9). Au bout de U jours, l’animal parfait sort du cocon.

Celui-là seul est parasite de l’Homme, dont il suce le sang ; sa piqûre est connue de chacun, ainsi que la petite rougeur locale qui en résulte. Il s’observe jusque dans les maisons les mieux tenues et sur les personnes les plus soigneuses; on le rencontre dans l’univers entier.

Chez les animaux vieux ou malades, incapables de se débarrasser de leurs Puces, celles-ci pondent parfois leurs œufs dans le pelage. De même, Pulex irrilans peut pondre sur la peau d’individus très malpropres : Hebra et Küchenmeister ont trouvé ses œufs sous les ongles, où ils avaient été amenés par le grattage. Castenschjold, de Nestved, Danemark, a même vu les larves vivre dans les squames et à la surface des érosions produites par le grattage, chez une femme atteinte de psoriasis et vivant dans la plus grande saleté ; l’observation est rapportée par Bergh, qui a vu ces larves se métamorphoser et a pu ainsi déterminer leur nature.

O. Taschenberg, Die Flohe. Die Arten der Insectenordung Suctoria nach ihrem Chitinskelet monographisch dargestellt. Halle, in-4® de 120 p., 1880. — A consulter pour la bibliographie des Aphaniptères.

R. Bergh, To sjeldene tilfælde af pseudoparadter hos Mennesket. Hospitalstidende, 1885. — Id., Die Flohlarve als Pseudoparasit des Mensclien. Monatshefte für prakt. Dermatologie, IV, p. 209, 1885.

Les Puces ne quittent pas volontiers l’espèce animale sur laquelle elles vivent habituellement; pourtant. Pute irriians peut se rencontrer accidentellement sur les animaux domestiques ; de même, la Puce du Chien ou d’un autre animal peut s’établir passagèrement sur l’Homme. Le tableau suivant permettra de déterminer les principales espèces, savoir : Pulex irritans, de l’Homme; P. globiceps du Renard et du Blaireau; P. melis, du Blaireau; P. sciurorum, de l’Ecu-

reuil; P. avium, des Oiseaux; P. senatkeps, du Chien; P. erinacei du Hérisson ; P. goniocephalus du Lapin et du Lièvre. ’

Épines en dents ' de peigne au bord ( postérieur du

prothorax

manquent. 3® article | .

des antennes . |

existent.

Peigne à la face inférieure de la tête

[ 18 épines. i •

anque. Corps ' ,

long de

existe.

Tête

'•arrondie. [ 7 à 9 épi-

) Prothorax ) nés....

portant ^ < ,

de chaque!

, côté t 3 'épine s.

I anguleuse. Prothorax f avec 6 épines de 1 chaque côté . P

Pülexirritaks.

P. GLOfilCEPS.

P. MELIS.

P. SCIÜRORUM.

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