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Fig. 784. — Métamorphoses de Moloë cicatî'ieosus, d’après Newport. — A, première larve ou ïriongulin; B, deuxième larve; C, pseudo-chrysalide; D, nymphe dans sa dernière peau de larve.
déjà sa véritable nature. Kirby est tombé' dans la même erreur et l’a appelée Pediculus melittae.
Le Triongulin grimpe en effet sur les fleurs des Ombellifères, des Renonculacées, des Labiées, des Crucifères, etc., et se fixe à la première Abeille qui vient les visiter. Transporté dans la ruche, il quitte le corps de l’Abeille, se pose sur l’œuf pondu dans l’alvéole et se trouve bientôt emprisonné par un couvercle de cire à l’intérieur de ce dernier. II commence alors par dévorer l’œuf, puis mue et se transforme en une larve molle, organisée pour se nourrir de miel.
La deuxième larve. B, est formée de 12 anneaux, dont les deux extrêmes sont dépourvus de stigmates : les yeux font défaut, les mandibules sont fortes et courtes, les antennes et les pattes sont triarticulées. Ces dernières se terminent par une griffe simple.
. .IIP a consommé sa provision de miel et atteint son complet ^f^ment la deuxième larve mue et passe à l’état de fausse déveloPP"'®® ’ udo-clirysalide, c. c’est un être inerte, de consisîiymphe o millimètres, incurvé en arc; sa tele porte
prsaillies immobiles, ses trois premiers anneaux ont de simples hLnces àlaplace des pattes. L’enveloppe cornée de là pseudo-. Me finit par s’isoler : elle enveloppe alors une troisième larve chrysalide fi P semblable à la seconde, mais qui reste
inolle e verm nourriture. Cette nouvelle larve ne se
^"”1 au’après Phiver : en très peu de temps, elle se transforme TÛm nympke véritable, D. de laquelle l'adulte lui-méme ptov.ent bientôt.
G. Neupart, O. ,l.e
B, elle, Mehs more ‘„„l iimtomy ofMeloe, md U,
history OfMeloe. - and Anoplura, with reference
Linn. Soc. Londoü,XX, p. 297 et 321, 18ii.
n «rv Pot Trmprte T'SS) est d un noir \er-
MELOEVARiEGATüsDonovan. — Cet insecte i „ - n,irnures-
dâtre bronzé ou d’un vert métallique bleuâtre ou a reflets pu^pures cents - sa longueur varie de li à 2b millimètres, suivant que a larve s'eal nourrie d'une plus ou moios grande 1““''!' ’
le corselet et les élytres sont marqués de ponctuations ru„ ,
antennes sont courtes, filiformes, assez épaissies ; les pattes sont bronzées et violacées. . . , .
Le Trlongulin est long de 2 d 3 millimètres, d un noir lui ant et capable de percer le tégument des Abeilles i non ^
glisse parmi les poils qui hérissent 1 abdomen de “ ' '
est capable aussi de perforer la membrane qui en réunit les divers
anneaux et détermine ainsi chez son hôte des convulsions mortell Le développement est encore inconnu.
Le Méloé bigarré se rencontre dans toute l’Europe, au Cauc et dans le nord-ouest de l’Asie; il est commun en France et Allemagne.
Meloe proscarabaeüs Linné. — Il a le même habitat que le précédent, mais est plus abondant. D’un noir bleu à reflets violacés' marqué de ponctuations sur la tête et le prothorax, il a jusqu’à 30 millimètres de longueur (fig. 786 et 787). Le corselet est presque carré, peu rétréci en arrière et arrondi aux angles ; les élytres semblent gaufrés, marqués qu’ils sont de stries transversales; ils peuvent atteindre et même dépasser l’extrémité de l’abdomen, chez les mâles de petite taille.
Le développement n’a pas encore été observé. On sait du moins que le Triongulin peut se rencontrer sur l’Abeille domestique, entre les poils du thorax, mais qu’il ne perce Jamais la peau. 11 est d’un jaune plus ou moins foncé et n’a pas 3 millimètres de longueur; sa tête est plus arrondie, moins triangulaire que dans l’espèce précédente.
D. Sharp, On the larva of Meloe -proscarabaeüs. Transact. of the entomol. DOC. of London, p, xxx, 188G.
Meloe maïalis Linné, 1758. — D’un noir mat, sans reflets métalliques, ce Méloé est long de 27 à 40 millimètres. Les antennes sont tiliformes, à sommet échancré ; la tête, le corselet et les élytres sont très peu rugueux. Les anneaux de l’abdomen sont séparés les uns des autres par une bande transversale rouge. Cet Insecte est répandu en France, en Allemagne, en Espagne et en Algérie. Pendant plus de deux siècles, il a joui d une grande réputation comme spécifique contre la rage.
Meloe tücciüs Rossi. — 11 est commun dans le midi de la France et en Italie; il est de couleur noire et long de 27 à 40 millimètres; les antennes sont courtes et filiformes ; la tête, le prolhorax et les élytres sont profondément ponctués ; le prothorax est échancré à son bord postérieur.
Meloe rdgosus Marsh. - D’un noir mat, avec des antennes épaissies au sommet et des élytres très rugueux. On le trouve dans le midi de la France.
espèces françaises, citons encore Meloe autumnalis (üg. 783), ilf. cyaneus, M. violaceus, M. purpurascens et M. brevicollis. En Amérique, on recueille M. americanus. Aux Indes, on fait usage de M. trianthemae, qui vit sur les fleurs des Cucurbitacées.
C’est sans doute aux Méloés que les anciens appliquaient le
, Bnnrestes, et non aux Insectes désignés actuellement "tte dénomination. Cachés dans l’herbage, ils peuvent liés nar le bétail, dont ils avaient la réputation de causer flnrî Fort appréciés autrefois, ainsi que les Cantharides, rTrae 'antirabiques et administrés à l’intérieur sous différentes înrtes ils auraient aussi causé, en mainte circonstance, la nTdes malades qu’ils eussent dû guérir (1). La médecine “Îérinaire les a longtemps utilisés, notamment dans certaines maladies des Chevaux; aujourd’hui, pas plus que la medecme humaine, elle n’en fait un usage régulier. Leurs propriétés vésicantes sont égales à celles des Cantharides, mais ces dernières sont préférées, parce que leur habitude de se tenir par bandes rend leur récolte plus abondante et plus facile.
R. Blanchard, Les Insectes antirabiques. Revue scientifique, I, p. 467, 1886.
Les Mylabrides ont les antennes claviformes ; le métathorax est normalement développé, par suite de la présence de deux ailes membraneuses. A ce groupe se rattachent les genres Cerocoma, Mylabris, Lydus et Hycleus.
CEaocoMAScHAEFFEKiFabricius,1801.--LesCérocomesoiitdesantem
nés à 9 articles ; le second présente chez le mâle une grande expansion foliacée. C. Scâaefen (fig; 788) se trouve dans le midi de la France et jusqu’aux environs de Paris : il vit sur les fleurs des Graminées, des Ombellifères et des Composées. C’est un bel Insecte dont la teinte varie du bleu au vert métallique ou doré, relevé de poils fins blanc cendré; il est long de 10 à 15 millimètres; la tête est petite et noire, le thorax noir, les antennes et les pattes jaunes.
Cerocoma. Schreberi F abricius , 1801. Cette es-
- pèce se rencontre en France eten Allemagne. Seslarves vivent en parasites dans les cellules de certains Hyménoptères. Lapseudo-chrysalidese trouve en octobre dansles couloirs de Colletés signala Kirby ; d’un jaune
pâle, longue de 10 millimètresetlargede5““,5,ellealaformed’unena-
celle légèrement incurvée à ses deux extrémités ; les appendices ne sont
(1) « Le Scarabé Méloé recommandé comme un remède morsure des Chiens enragés, pris en entier, par un J®
visiblement. » Romme, Observation sur V effet du Scarabé Méloé dans la âge. Journal de physique, XIV, p. ^28, 1779.
Fig. 788. — Cerocoma Schæfferi.
représentés que par de courts moignons de couleur brune ; les stigmates sontrougeâtres, un peu saillants. Elle reste en cet état pendant toutl’h!ver ; au commencement de mai, elle mue et se transforme en une larve planche, longue de 15 millimètres environ, à pattes courtes et incolores, à pièces buccales un peu jaunâtres, à antennes ayant la forme de gros moignons. Pendant 3 ou 4 jours, cette larve manifeste une assez grande activité; puis elle devient immobile. Vers le vingtième jour après son apparition, la larve mue et la nymphe apparaît.
Celle-ci est longue de 11 millimètres environ,blanc jaunâtre, à pattes et pièces buccales presque transparentes ; les antennes, teintées de jaune, sont énormes et irrégulières; les jambes delà première paire sont renflées, presque globuleuses ; les anneaux sont couverts à la face dorsale de rangées de soies raides, peu serrées. La nymphe acquiert progressivement une teinte plus foncée et, au bout d’un mois, passe à l’état parfait.
J . Vinra y Carreras, Sobre las propriedades vesicantes de los Cerocomos, de los Mylabres y de los Ænas. Revista de clinicas med. Barcelona. VII n 357 1881. .r- ,
H. Beauregard, Sur le développement des Cerocoma Schreberi et Stenoria apicalis. Comptes rendus de l’Acad. des sc., XCIX, p. 148, 1884. Comptes rendus de la Soc. de biologie, (8), I, p. 607, 1884.
Les Mylabres ont les antennes renflées en bouton à l’extrémité, formées de 11 articles dontIes2 à4 derniers sont parfois, soudés. Les élytres sont élargis en arrière et recouvrent les ailes et l’abdomen ; le fond est noir et marqué de bandes ou de taches rouges. Les cuisses et les jambes sont linéaires; ces dernières sont munies de longs éperons terminaux ; les tarses, longs et aplatis, sont armés de deux griffes.
Le genre Mylabris renferme plus de 200 espèces, confinées dans 1 ancien continent et surtout abondantes dans la région méditerranéenne; l’uniformité de leur coloration les rend fort difficiles à distinguer les unes des autres. Ces Insectes se tiennent sur les Graminées et les plantes basses exposées au soleil; leurs métamorphoses, encore ignorées, sont sans doute analogues à celles des autres Vésicants. C’est eux que les anciens désignaient sous le nom de Cantharides et qu’ils employaient pour 1 usage médical : « Les Cantharides, dit Diosc'oride, qui ont le corps allongé, épais et les élytres parés de bandes transversales jaunes, sont très efficaces; celles au contraire qui sont de teinte uniforme n’ont point de vertu. » On ne les utilise guère en France, bien que certaines espèces
soient très vésicantes et puissent même servir à l’extraction de la cantharidine.
MVT4BR1S WBIABILIS Pallas. - Corps long del8 à20 millimètres; tête tfhorax noirs et velus; élytres noirs avec trois larges bandes transfemles jaunes inégales : la première occupe la base, la seconde est ftPs Lux cinquièmes de la longueur, la troisième est a une fai- Mp distaLe de l’Ltrémité. Ce Mylabre habite l’Europe méridionale; il remonte en France jusque dans la vallée de la Loire et, par excep^ t on jusqu’aux environs de Paris ; il vit sur les fleurs des Composées. On remploie èn Italie, en Grèce, en Turquie et en Egypte. ^ mV^brib cvanescens Illiger. ~ La taille est à peu près celle du précédent. La tête et le corselet sont noirs et velus ; les ely très sont Lune brunâtre, avec trois paires détachés noires ponctiformes. Cette espèce est répandue en Espagne et dans le midi de la France; Farines, de Perpignan, la recommande comme plus vesicante que
M. variahilis. , ^
La France méridionale possède encore quelques especes . M. Fuesslini (fig. 789), M. quadripunctnta, M. duodecimpunctatci , M. ge-
Fig. 789. - Mylabris Fuesslmi. Fig. 790. - Mylabris cicimni.
minata, M. fiexuosa; cette dernière, d’après A. Richard, ne serait pas vésicante. . , • ,
En Grèce, les moines de Phanéromène, près Eleusis, emploient M. bimaculata contre la rage ; ils le pilent avec les feuilles d une Asclépiadée {Cynanchum excelsum) et l’administrent à 1 intérieur.
M. oleae Castelnau est utilisé en Algérie et au Maroc; il/, ind/m FüssL, l’est à Pondichéry; une autre espèce des Indes, M.pusMata Billberg, ne serait pas douée de propriétés épispastiques, d’apres Richard.
M. sidae Fabricius est très usité en Chine, d’où on l’exporte en Allemagne ; ses élytres sont d’un brun rougeâtre, marqués de bandes. M. cichoni (fig. 790) est également chinois : il ressemble beaucoup a M. variaUUs, mais en diffère par sa taille un peu plus grande et par
ses bandes noires plus étroites, dont l’antérieure est interrompu s’arrête avant d’atteindre le bord interne de l’élytre. ^ ^
Prestat, Note sur l’emploi du Mylabris intei'rupta, comme Cantharide. Recueil de mém. de méd. militaire, (3), XXXII,
succédané de la P- 94, 1876.
Ici se place le genre Hycleus Latreille : H. Billbergi habite le mid’ de l’Europe, H. Argus se trouve au Sénégal. *
Le genre Lydus a des antennes à 11 articles, longues et légèrement renflées vers l’extrémité.' L. algiricus et L. flavipennis sont européens.
Les Gantharidides ont les antennes grenues et non renflées à l’extrémité, les mâchoires sans appendices ; les ailes membraneuses existent. Ce groupe renferme un grand nombre de genres, dont les nombreuses espèces sont toutes plus ou moins vésicantes.
Sitaris muralis Latreille, 1806.
Synonymie : Necydalis humuralis Fabricius, 1781.
Les Sitaris sont reconnaissables à leurs élytres béants, qui ne recouvrent qu’imparfaitement les ailes membraneuses, vont en s’amincissant et se terminent en pointe obtuse; les antennes sont filiformes, les hanches postérieures sont éloignées de celles delà seconde paire; le crochet inférieur du tarse est simple ou pectiné.
S. murahs iBg. 791, A) habite l’Europe méridionale ; il est commun dans le midi de la France et remonte parfois jusqu’aux environs de Pans. Ses métamorphoses ont été observées par Fabre.
Un Hyménoptère collecteur de miel, Anthophora 2nlipes, se creuse dans la molasse ou sur les talus exposés au midi des trous profonds de 20 a 30 centimètres, au fond desquels il construit ses cellules. En mai 11 est en pleine activité : il butine le miel sur les fleurs, en remplit les cellules, pond un œuf dans chacune d’elles, puis la recouvre d un épais couvercle de terre; il meurt ensuite, la reproduction de 1 espece étant assurée.
Eti août et septembre, les Sitaris viennent s’accoupler au voisinage des n.ds de l’Anthophore ; le mâle meurt après la copulation, mats la feme le s’enfonce à reculons dans l’orllice d’une galerie et . pond ses œufs eu un monceau informe, qu’elle abandonne là sans plus en prendre sotn, 11 en sort, vers la lin de septembre ou le commencemen d octobre, des larves, B, d’un noir verdâtre ajantàpeine un mtlltmetre de longueur; elles ont de longues antennes, deuf paid ocelles, des mandibules puissantes, de Içngs palpes maxillaires
Ces larves sont pourvues de pâlies vigoureuses, terminât un seul crochet ; néanmoins, elles restent mmobi es a l en- "“‘L la galerie et ï passent tout l'hiver. Vers la Un davnl, au nt OÙ les Anthophores commencent à sortir, elles sortent de rr 1 ür eî se haent sur les miles de oes Hyménoptères; elles, eut plus tard sur les femelles, sans doute au moment de lac-
'"QuauTlAnlhophore femelle a achevé de construire ses cellules
Fig. 791. - Hypermétamorphose de Silaris mwalis,
secte adulteVB, première larve ; G, deuxieme larve ; D, pseudo-chrysalide, E, troisième larve ; F, nymphe vue par la face ventrale.
et les a remplies de miel, elle pond un œuf dans chacune e es. a larve du Sitaris abandonne alors l’Abeille et grimpe sur œu on elle rompt l’enveloppe à l’aide de ses mandibules. Au ou e ui jours, l’œuf est dévoré et la larve a grossi notablement; elle mue alors et se transforme en une seconde larve ovalaire, ap a le, longue de 2 millimètres environ, qui flotte immobile sur le miel.
De 35 à 40 jours après la mue, c’est-à-dire vers la première quinzaine de juillet, la seconde larve a atteint tout son développement (fig. 791, G) : elle est molle, blanche, longue de 12 a 13 millirnetres, large de 6 millimètres et formée de 12 anneaux, non compris la tête.
Celle-ci est dépourvue d’yeux; les antennes biarticulées et les pattes triarticulées sont rudimentaires. La face ventrale est très convexe et plonge dans le miel ; les stigmates sont reportés le plus près possible delà face dorsale aplatie, de manière ànepasêtre obstrués par le liquide Quand ses provisions sont épuisées, la larve se ramasse sur elle-.' même, mue et se transforme en une pseudo- chrysalide, D, qui resté toujours renfermée dans la peau de la seconde larve. Dans certains cas, l’état de pseudo-chrysalide ne dure pas plus d’un mois et l’Insecte peut arriver à l’état parfait à la fin d’août ou au commencement de septembre. Le plus souvent, la pseudo-chrysalide passe l’hiver et ses dernières métamorphoses ne s’accomplissent pas avant le mois de juin de la seconde année ; ses téguments se détachent tout d’une
Fig. 792. — Nid de Colletés succinctus, d’après V. Mayet. — A, cellule contenant un oeuf de Colletés; B, cellule contenant une larve de Colletés; C, cellule contenant une larve de Sitaris flottant sur le miel.
pièce, sans se rompre, et elle fait place à une troisième larve, E, assez semblable à la seconde.
La troisième larve ne reste pas plus de 4 à 5 semaines en cet état. Dans le courant de juillet, elle mue et passe à l’état de nymphe, F, toujours à l’intérieur de sa double enveloppe. Quelques semaines suffisent à la nymphe pour revêtir de plus en plus la livrée de l’adulte : au bout d’un mois, elle mue encore une fois et a acquis sa forme définitive. L’animal perce alors le double sac qui l’emprisonne et perfore le couvercle de la cellule d’Anthophore, puis il se montre au dehors et se met à la recherche de l’autre sexe.
J. H. Fabre, Mémoire sur Vhypermétamorphose et les mœurs des Méloïdes, Annales des sc. nat., Zool., (4), VII, p. 299, 1857. — Id., Nouvelles observations sur Vhypermétamorphose . Ibidem, (4), IX, p. 265, 1858. — Id., NoU‘
Veaux souvenirs entomologiqUes. Paris, 1882. Voir p. 262 et 276.
Sitaris colletis. — Ce Sitaris habile le midi de la France; ses
'tamorphoses, assez semblables à celles de S. niuralis, ont été étupar V. Mayet. La larve vit dans les cellules de Colletés succinctus. CeTHyménoptère creuse également des galeries dans les talus,
's au lieu de déposer son œuf à la surface du miel, il le colle Contre la paroi de la cellule (fig. 792, A) : aussi plusieurs larves peuvent-elles quitter le corps de l’Abeille au moment de la ponte et L trouver enfermées dans une même cellule; elles se livrent alors des combats acharnés, jusqu’à ce que l’une d’elles reste seule survivante.
V Mayet, Mémoire sur les mœurs et les métamorphoses d'une nouvelle espèce de la famille des Vésicants, le Sitaris- colletis. Annales de la Soc. entomol. de France, (5), V, p. 65, 1875.
Stexoria APICALIS Mulsant, 18d7. — Cet Insecte habite encore le midi de la France ; Lichtenstein et Beauregard l’ont étudié. De mœurs très analogues aux Sitaris, il se développe dans les cellules de Colletés signala et de C. fodiens.
Le genre Cmitharis est caractérisé par des antennes filiformes, à H articles, aussi longues que la moitié du corps, et un peu épaissies à l’extrémité, sans pourtant être claviformes ; l’épistome dépasse notablement l’insertion des antennes; les élytres recouvrent tout l’abdomen et sont un peu déhiscents à l’extrémité; l’avant-dernier article du tarse est allongé et cylindrique. On connaît un grand nombre d’espèces, appartenant toutes à l’ancien continent; l’Europe n’en a qu’un petit nombre; l’Australie, la Polynésie et l’archipel malais n’en possèdent aucune.
Cantharis vesicatoria Latreille, 1806.
Meloe vesicatorius Linné, 1758.
Synonymie : Lytta vesicatoria Fabricius, 1801.
Cet Insecte peut se rencontrer par toute l’Europe, mais abonde surtout dans le midi; il vit principalement sur le Frêne, le Troène et le Lilas, et s’observe plus rarement sur le Jasmin, le Chèvrefeuille, le Rosier, le Sureau, le Saule, etc. Rare ou introuvable pendant de longues années, il se montre soudain en prodigieuse quantité : une forte odeur trahit au loin sa présence.
La Cantharide ofacinale (fig. 793) est un bel Insecte d’un vert métallique àreflets dorés, long de 15 à 22 millimètres, large de 4 à 6 millimètres ; le mâle est plus petit que la femelle. Les antennes sont
noires, filiformes, plus longues et atteignentla moitié de longueur du corps chezle mâle ; la tête est cordiforme, un peu inclinée en dessous Le prothorax est obtusément pentagonal et présente, ainsi que la tête une profonde dépression médiane. Les élytressont flexibles, finement grenus et marqués vers leur bord interne de deux nervures lonmtudinales; les ailes postérieures sont membraneuses et transparentes. Les pattes sont grêles; le tarse filiforme se termine par deux crochets recourbés et est orné en dessous de poils serrés. L’abdomen est presque cylindrique.
On ignore encore les phases du développement normal de cet Insecte ; toutefois, Lichtenstein est
J'X parvenu à l’élever artificiellement
r nourrissant avec le miel
d’Osmia et de Ceratina chalcües.
Plus récemment, Beauregard est arrivé au même résultat, en donnant à la larve du miel de Megachile; elle s’accommodait moins bien de celui d’Osmia tridentata et, contrairement à ce que font Fig. 793. - Cantharis Fig. 794.’- i’Epicauta et de Macro-
vesicatoria. Larve. basis, était incapable de se nour¬
rir d'œufs d’Acridiens et de Sauterelles. La larve de la Cantharide (fig. 794) est donc mellivore, sans qu’on puisse dire encore à quel Hyménoptère elle s’attaque.
Après l’accouplement, la femelle fouille la terre avec ses mandibules. Quand elle acreusé une galerie profonde d’environ 3 centimètres, elle fait volte-face avant d’y pondre ses œufs. Un peu plus de 2 heures après le début du fouissement, la ponte est achevée. L’Insecte sort alors, comble le conduit avec de la terre meuble et nivelle exactement le sol. Dans ses caisses à expérience,. Beauregard a vu la ponte s’effectuer le 27 juin et l’animal devenir adulte le 3f mai suivant, c’està-dire au bout de 11 mois. .
Cantharis vesiçatoria est l’Insecte vésicant le plus généralement utilisé : à l’avantage d’être riche en principe actif, il joint celui de se rassembler par essaims considérables et d’être ainsi d une récolte fructueuse. De grand matin, lorsque les Insectes sont encore engourdis par le froid et la rosée de la nuit, on secoue les branches auxquelles ils sont cramponnés et on les recueille sur des toiles étendues sur le sol. On les tue en les exposant à la chaleur ou aux vapeurs du vinaigre bouiD
. .nis on les dessèche en les exposant au soleil ou en les lant; puis dessiccation leur fait perdre une pande
pL'tiTdeTeur poids; il en faut 13 en moyenne pour arriv
^°npsséchéS^TerCantharides doivent être renfermées dans , hp.rmétiquement clos, pour les mettre à 1 abri de
apfi'ses hermétiquement clos, pour les mettre 1 hn^dité et des divers Coléoptères [Ptinm, Anthrenus, Dervenir les ronger; on évite encore ainsi
nui nourraient venir les ronger ; on évite encore ainsi ^//émaLtions de leur principe actif, qui irriteraient la peau et
'“nSe actif ou cantharmne a été
ouet- sa formule est d’après Régnault, et C H ^0 .
d'après I/iebig. Elle eristallise en petites tables rbomboidales toches; elle est inodore, l peine soluble dans 1 eau et le Guitare de carbone, plus soluble dans l’alcool cband que froid, très soluble dans l’élber, le chloroforme, 1 acide suUurique, es huiles axes et volatiles; elle fond h 210" et se sublime en aiguilles. Pour l’obtenir, on traite par le chloroforme les Cantharides grossièrement pulvérisées; après trois ou quatre jours de macération et après avoir renouvelé a p usieurs chloroforme, on distille la liqueur; il reste un ™
foncé renfermant des cristaux de cantharidme En exprimant ce résidu entre des feuilles de papier josepb, les matières étrangères sont absorbées et le principe actif reste a l état sec on le purMe en le reprenant par l’alcool bouillant, puis en mirant; par le refroidissement, les cristaux se déposent sous forme de paillettes. Au lieu d’avoir recours au papier, Mortreux traite l’extrait chloroformique par le sulfure de carbone , celui-ci enlève les matières grasses et abandonne la canthandine à l’état insoluble et presque pure.
Galippe procède plus simplement. Il traite la POudre e Cantharide par une petite quantité d’éther acétique à la température de 30° environ. Après douze heures de mac ra ion, i décante le liquide, exprime le résidu, filtre la partie liquide, puis l’abandonne à l’évaporation. 11 obtient ainsi une hui e brunâtre et des cristaux aiguillés de cantharidine. ^
Cette substance est peu abondante dans le corps de 1 Insecte : 40 grammes de Cantharides n’en donnent que de 0« ,18 a OS', 22, ce qui fait en moyenne 5 grammes de principe aptif