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Blanchard. — Zool. meo.
par kilogramme d’insecte. La cantharidine est un vésicani d’une extrême puissance; un demi-milligramme placé sur la langue suffit pour y produire une large phlyctène. C’est en même temps un poison redoutable; à l’intérieur, elle est toxique à la dose de ûs’',lo et produit de l’engourdissement du délire et une violente irritation des organes génito-urinairesles propriétés aphrodisiaques qu’on lui attribue et en raison desquelles on faisait jadis usage de Vaqua tofana, ne sont pas Justifiées.
Beauregard a déterminé le siège exact du principe actif : il réside exclusivement dans le sang et dans l’appareil génital. Chez le mâle, les testicules et les canaux déférents sont inactifs, mais les vésicules séminales sont vésicantes à un haut degré. Chez la femelle, toutes les parties de l’appareil sont épispastiques. Les œufs ont encore cette même propriété, qui se retrouve aussi dans toute la série des transformations. '
Les Cantharides, telles qu’on les trouve dans le commerce, ont souvent subi des falsifications. On les rendplus lourdes en les immergeant dans l’huile ou dans l’eau, ou bien on en extrait la cantharidine par l’alcool ou l’essence de térébenthine; on les additionne enfin de divers autres Coléoptères à élytres d’un vert doré {Chrysomela fastuosa, Callichroma moschata-, Cetonia aurala, fig. 801, et Garabus auraius, fig. 806).
P. Berthoud, De la Cantharide officinale. Tlièse de Paris, 1856.
A. Fumouze, De la Cantharide officinale. Thèse de Paris, 1867.
Lichtenstein, Métamorphoses delà Cantharide {Lytta vesicatoria). Comptes rendus de l’Acad. des sciences, LXXXVlIf, p. 1089, 1879.
L. Périer, Note histologique sur la Cantharide. Bull, des travaux de la Soc. de pharm. de Bordeaux, mai-juin 1880.
V. Cornil, Recherches histologiques sur l’action toxique de la cantharidineet de la poudre de Cantharide. Journal de l’anatoniie, XVI, p. 566, 1880.
H. Beauregard, Note sur le siégé du principe actif chez les Vésicants. Assoc. franç.pour l’avancement des sciences, XII, p. 529, 1883.— Id., Quelques observations sur les mœurs et le développement de la Cantharide. Comptes rendus de la Soc. de biologie, (8), I, p. 485, 1884. -Id., Note sur le développement du principe vésicant chez la Cantharide. Ibidem, p. 509. —Id.,SMr le modededéveloppement naturel delà Cantharide. Comptes rendus de l’Acad.des sc.,C, p. 1472, 1885. Comptes rendus de la Soc. de biologie, (8), II, p. 383, 1885. - Id., Note sur quelques particularités du développement de la Cantharide. Assoc. franç. pour lavanc. des sc., XIV, p. 455, 1885. — Id., Note sur la spermatogenese chez la Cantharide. Comptes rendus de la Soc. de biologie, (o), IV, P» ool, 1887.
Laliousse, Recherches expérimentales sur les lésions histologiques du rein produites par la cantharidine. Anvers, 1885. '
•1 t Tniinet Sur la karyokinèse des cellules épithéliales et de l’endoobservée dans le rein à la suite de l’empoisonnement par
d. pb,.i.l.8le. XIX. p. .881.
On peut employer encore quelques autres espèces de Cantharides : nous citons les principales. ^ . . . x
Cantharis collaris. -Insecte long de 27 millimétrés, originaire de frèce La tête, le corselet et les pattes sont jaunes ; l’abdomen et les élvtrei sont d’un bleu cuivreux; la tête porte deux taches noires en dedans des yeux ; le corselet porte aussi deux taches.
Cantharis erythrocephala.- Insecte long de II à 18 millimètres, originaire du midi de la Russie. Tête rougeâtre, marquée d’une ligne noire à la base; reste du corps noir; élytres et corselet bordés de iaune sale, avec une bande de même couleur sur leur milieu.
Les Cantharides sont représentées en Amérique par le genre Epicauta Dejean {Lytta Fabr.), qui comprend un grand nombre d’espèces, parmi lesquelles une très petite quantité sont propres à l’ancien continent. Ces Insectes sont ordinairement très velus, noirs ou gris ou marqués de raies noires et grises alternantes; les antennes sétacées sont plus courtes que chez Cantharis et à peine aussi longues que la moitié du corps ; le corselet est plus long que large ; les élytres sont rétrécis à la base. Les Épicautes subissent aussi une hypermétamorphose, mais leurs états successifs sont très différents des états correspondants des Méloés, des Sitaris et des Cantharides.
Epicauta vittata Dejean.
Synonymie : Cantharis vittata Latreille .
Cette Épicaute se rencontre aux États-Unis, notamment aux environs de Saint-Louis; elle se montre parfois en innombrable quantité sur les plants de Pomme de terre, dont elle dévore les feuilles, anéantissant ainsi les récoltes. Riley a découvert les curieuses métamorphoses de cette espèce; il y a été conduit par cette remarque, que les Épicautes étaient surtout abondantes pendant les années qui suivent celles où les Criquets avaient exercé leurs ravages; il a reconnu que la larve de l’Épicaute vivait aux dépens des œufs des Criquets, notamment de Caloptenus differentialis et de C. spretus. ■
Les œufs du Criquet sont pondus dans la terre, en des endroits bien exposés au soleil ; ils sont contenus au nombre de 70 à 100 dans une coque coiffée d’un petit couvercle de matière muqueuse. De juillet à octobre, l’Épicaute vient pondre dans ces mêmes endroits : elle s’y prend à plusieurs reprises pour déposer ses 4 à 300 œufs dans des trous qu’elle creuse en terre, puis qu’elle dissimule avec art. Au
bout de 8 à 10 jours, le Trionguliii apparaît (flg. 795, B) ; il arpente rapidement le sol, scrutant avec ses puissantes mandibules la moindre crevasse ; il est capable de se rouler en boule comme les Cloportes et de supporter un jeûne de 15 jours. Quand enfin il aren-
Fig. 795. — Métamorphoses à’Epicauta vittala, d’après Riley. — A, oothèque de Caloptenus differentialis avec un Triongulin dévorant un œuf, de grandeur naturelle; B, Triongulin très grossi; C, seconde larve sous la forme carabidoïdes, vue de dos ; D, la même, vue de profil ; E, la môme, sous la forme scarabæidoïdes; F, pseudo-chrysalide vue de profil; G, lam’êmevue de dos ; H, nymphe vue de profil ; I, la même vue par la face ventrale.
contré une oothèque de Caloptenus, il se fraie un chemin à travers le bouchon muqueux, puis atteint les œufs : d’un coup de mandibule, il en déchire un et en suce le vitellus, A; cet œuf vidé, il passe à, un autre.
OftDRE DÈS COLÉOPTÈRES. SéB
nuand ce festin a duré 8 jours, le TrionguUn est devenu grand et Hncaoable de se mouvoir : il change alors de peau. La seconde frve ressemble à celle d’un Carabide : elle est blanche, molle, vue de courtes pattes, C, D. Elle continue à se repaître des œufs,
^ -g au bout de 8 jours environ, subit une mue et se présente désormais sous un nouvel aspect, qui rappelle celui d’une larve de Lamelhcorne, si ce n’est que les pièces buccales et les pattes sont rudimentaires, E. , •
Six à sept jours plus tard, l’animal mue derechef, mais sans se modifier sensiblement; il continue à grandir et à dévorer les œufs.
Il ne tarde pourtant pas à façonner dans le sol une petite cavité dans laquelle il se couche, mue et se transforme en pseudo-chrysalide, F, G.
L’Insecte passe l’hiver en cet état; au printemps, il mue encore une fois et la troisième larve, qui se montre alors, est toute semblable à la dernière forme de la seconde larve. Elle fouille activement le sol, puis, au bout de quelques jours, se transforme en une nymphe, H, I, qui accomplit sa dernière métamorphose dans l’espace de o à 6 jours.
Epicadta adspersa. — Cette espèce vit au Brésil et dans 1 Uruguay sur Beta mlgaris, var. delà; on la trouve de décembre à mars. Longue de 13 à 16 millimètres, elle est d’un gris cendré, régulièrement criblé de petits points noirs ; la couleur grise est due à un dépôt pulvérulent; les antennes sont noires et les pattes roussâtres. Courbon assure qu’elle produit la vésication plus rapidement que la Cantharide et qu’elle n’occasionne aucune irritation des organes génito-urinaires.
A. Courbon, Observations sur les Coléoptères vésicants des environs de Montevideo. Comptes rendus del’Acad. des sciences, XLI, p. 1003, 1855.
E. cinerea se trouve aux États-Unis dans les mêmes conditions que E. vittata. On observe encore E. atrata et E. marginata dans 1 Amérique du nord; E. dimidiata, E. fucata, E. affinis, E. atomaria [E. punctata] à la Guyane et au Brésil ; E. cavernosa Reiche et E. Gourbom Guérin-Méneville” (E. vidua Courbon, nec Klug) dans l’Uruguay et la République Argentine.
Epicadta verticalis Illiger [Cantharis dubia Fabricius). Cet Insecte est la seule Épicaute qui vive en France ; on le trouve dans le midi, sur la Luzerne. 11 a la taille de la Cantharide officinale ; il est noir, avec la tête fauve, parcourue par une ligne longitudinale noire. Beauregard a tenté de l’élever et a pu s’assurer que ses mœurs sont très analogues à celles des espèces américaines.
Au commencement d’août, la femelle pond en terre, à 4 ou ô cen-
Umèlres de profondeur, un paquet d’une quarantaine d’œufs jaunâtres, longs de larges de 1 millimètre. La larve éclot au bout de 33 jours : elle est longue de 3 millimètres à 3““,8 et large de 1 millimètre; elle ressemble beaucoup à celle d’£. vittata; ses longues pattes rousses se terminent par trois ongles; elle porte de longs poils sur le dos et les flancs. Elle est assez agile, manifeste une grande tendance à fouir le sol et se roule en boule à la moindre alerte.
H. Beauregard, La première larve de l'Epîcauta verticalis. Comptes rendus de FAcad. des sc., XCIX, p. 611, 1884. Comptes rendus de la Soc. de biologie, (8) I, p. 560, 1884. — Id., Sur le mode de développement de l'Epicaula uerticalis. Comptes rendus de l’Acad. des sc., CI, p. 754, 1885. Comptes rendus de la Soc. de biologie, (8), II, p. 624, 1885.
A la famille des Vésicants appartiennent encore le genre européen Zonitis, dont la larve vit en parasite dans les cellules des Hyménoptères; les genres circum méditerranéens Aenas et Nemognatha;le genre américain Tetraonyx, qui tous sont vésicants. Beauregard a encore reconnu expérimentalement la même propriété dans les genres Coryna, Henous, Alosymus, Cabalia et Lagonna. Quant aux genres Horia et Tricrania, récemment réunis aux Vésicants, leurs propriétés épispastiques sont incertaines.
Mulsant et Rey, Sur les Cantharidiens. Lyon, in-8° de 99 p., 1858.