SOUS-CLASSE DES SAURIENS
La classe des Reptiles se divise ea quatre sous-classes, si on n’envisage que les formes actuelles ; ce sont les Chéloniens, les Ophidiens, les Sauriens, et les Hydrosauriens ou Crogodiliens. Tous sont ovipares et pondent des œufs identiques à ceux des Oiseaux (tome I, page 134) ; tous ont aussile cœur composé d’un ventricule et de deux oreillettes, en sorte que, sauf des différences de détail, la circulation se fait comme chez les Amphibiens ; à cet égard, les Grocodiliens présentent pourtant une différenciation remarquable.
Sous-classe des Sauriens.
La notocorde persiste durant toute la vie, chez les quelques types qui ont des vertèbres amphicœles {üatteria, Ascalabotes) ; chez tous les autres, elle disparaît à l’âge adulte : les vertèbres sont alors procœles, ce qui est la règle chez les Reptiles actuels. Les vertèbres cervicales sont au moins au nombre de sept : les deux premières sont Vatlas et Vaxis ou epistropheus. Le corps de Taxis se prolonge en avant par Vapophyse odontoïde, qui s’enfonce dans le trou rachidien de Tatlas. Les régions dorsale et lombaire sont ou non confondues, suivant que toutes les vertèbres portent ou non des côtes. La région sacrée comprend au moins deux vertèbres ; la queue en renferme un plus ou moins grand nombre.
Un nombre variable de côtes antérieures sont assez longues pour se rencontrer sur la ligne médio-ventrale : deux côtes successives d’un même côté s’unissent alors par une copule ; les deux copules symétriques peuvent alors se fusionner en une ste/nèôre. L’ensemble des sternèbres ainsi formées constitue le sternum. Les côtes qui s’unissent ainsi par des copules sont les vraies côtes {costæ veræ) ; les autres sont les fausses côtes {costæ spuriæ). Les premières s’unissent au sternum par une articulation interslernébrale: elles sont d’ailleurs formées de deux parties, une partie dorsale osseuse et une partie sternale cartilagineuse. Seul des Sauriens actuels, Hatteria a des côtes munies d'apophyses uncinées, comme les Grocodiliens et les Oiseaux. Ge même animal a encore des côtes abdominales, résultant de la chondrification ou de l’ossification des intersections aponévrotiques du muscle droit de l’abdomen : ces côtes s’unissent sur la ligne médioventrale, mais sont sans connexion avec le rachis; elles existaient chez beaucoup de Sauriens fossiles ; les Grocodilliens actuels en ont encore huit paires.
Le crâne diffère considérablement de celui des Amphibiens, mais se
rattache à celui des Stégocéphales. Le basi-occipital porte un condyle impair et médian qui s’articule avec l’atlas, caractère commun à tous les Reptiles. Un os particulier, Vépiptérygoîde, monte verticalement du ptérygoïde au pariétal ; on l’appelle parfois columelle, bien qu’ü ne soit pas homologue à la columelle de l’oreille. Un nouvel os le lacrymal, se voit dans l'angle antérieur de l’œil. L’os trans'oerse va du ptérygo'ide au maxillaire supérieur. Ce dernier porte des dents • le ptérygoïde en est lui-même fréquemment armé. Le prémaxillaire est impair et bien développé; il est muni de dents. Les deux moitiés de la mâchoire inférieure sont unies par une suture : chacune d’elles comprend un dentaire de grande taille, un articulaire, un angulaire et un supra-angulaire, os communs à tous les Reptiles; les Sauriens et les Grocodiliens ont en outre, à la face interne, un complémentaire et un operculaire. Le cartilage de Meckel disparaît totalement ou ne laisse que quelques traces.
La ceinture scapulaire a d’étroites connexions avec le sternum ; par l’intermédiaire des Ichlhyosaures, elle se rattache à celle des Batraciens; chez jffaïima et les Chéloniens, elle est encore constituée comme chez les ürodèles. Elle est plus compliquée chez les Sauriens: un os en t, Vépisternum ou inter -clavicule, occupe la ligne médiane et réunit les clavicules au sternum. Bon nombre de Sauriens apodes, tels que les Amphisbéniens et les Scincoïdiens, ont encore une ceinture scapulaire : ils avaient donc jadis des membres antérieurs; ceux ci ne sont pas disparus depuis longtemps chez Anpwis, puisqu’ils se développent encore chez l’embryon.
Le bassin comprend de chaque côté trois pièces qui se l’éunissent dans la cavité cotyloïde perforée. Les pubis et les ischions se rencontrent respectivement sur la ligne médiane : ils laissent entre eux un large espace ou foramen cordiforme, qu’un cartilage antéro-postérieur divise en deux moitiés. Le cartilage marsupial se retrouve chez Hatteria et chez les Chéloniens.
L intermédiaire du carpe reste rudimentaire; il n’existe plus chez les Ascalabotes, même à l’état embryonnaire. On voit souvent, en rapport avec le cubitus, un petit os s^samoï(ie, indice d’un sixième doigt [Lacerta). Au tarse, la première rangée est représentée par une seule pièce cartilagineuse, qui ne s’ossifie que par deux points correspondant au libial et au péronier ; les tarsiens i et 2 font défaut ; les trois autres restent distincts ou se réduisent à deux, par suite de la fusion des tarsiens 4 et 3.
La peau est couverte d’éminences plus ou moins marquées, fort variables suivant les régions du corps et improprement appelées écailles : ce ne sont, en effet, que de larges papilles dermiques ; des lamelles osseuses ne s’observent que dans quelques cas (Scincoïdiens).
SOUS-CLASSE DES SAURIENS. T'ai
l’éDÎderme est peu épais; les couches superficielles de sa couche cornée sont rejetées périodiquement et se séparent tout d’une piece.
T e derme renferme à sa surface des iridocytes et des chromatophores .liversement teintés ; le jeu de ces derniers est la cause des changements de couleur que présentent certaines espèces {Chamælon,
'To“™ÎeLnt .ax Amphibieas, les Reptiles soet très pauvres en Blendes cutanées. Chee les Sauriens, on ne trouve de productions de L genre qu’a côté du cloaque {Hatteria), en avant du cloaque {Stelho, Lama), ou plus souvent le long du bord interne de la cuisse tlophiura, Chlamydosaurus, Phrynosoma, TJromashx, Zonums, Lacerta, [Jeiva, etc.). Les pores fémoraux sont surtout développes a 1 epoque de la reproduction : ce sont des sortes de glandes sebacees dont l’épithélium prolifère activement et sort sous forme d une papille qui ne semble pas avoir d’autre but que d’aider à la fixation des animaux lors de la copulation . ■ . o •
Sans parler des épines dont sont hérissés certains Sauriens (Phrynosoma), on doit rattacher encore au tégument les ongles ou griffes qui se développent à l’extrémité des doigts, grâce a une prolueUon exubérante «pilhélmm corné; ces producUons se relrouvent désormais chez tous les Vertébrés, sous des aspects varies.
La dentition des Reptiles est disposée d’après trois types, qui se trouvent réalisés chez les Sauriens. Les dents acrodontes sont fixées sur le bord libre des mâchoires et ordinairement soudees a ceUes-ci iTrogonophis, Champion, Iguanides de l’hémisphère , oriental, Agames de l’Inde et de l’Afrique). Les -pleurodontes sont fixées par leur racine élargie sur la face interne des mâchoires {Amphisbæna, Iguanides de l’hémisphère occidental, Agames d’ Amérique, Fissihngues). Les dents thécodontes sont enchâssées dans des alvéoles ou dans un sillon alvéolaire (Ascalabotes) ; cette disposition s observe encore chez les Crocodiliens; elle était très répandue chez les Reptiles anciens. Un certain nombre d’Iguaniens ont encore une rangée de dents sur les ptérygoïdes. On peut distinguer les dents en pléodontes et en cœlodontes, suivant qu’elles sont pleines et solides ou creusées à leur base d’une cavité contenant une pulpe vasculo-
’^Ta^forme de langue varie d’un groupe à l’autre, mais reste fixe dans un même groupe naturel : aussi a-t-on pu tirer de son etude d’importants caractères pour la classification. L’intestin grêle et le gros intestin sont séparés par une valvule iléo-cæcale ou valvule de Bauhin. Le début du gros intestin présente un petit diverticule, rudiment du cæcum. La vessie urinaire existe chez les Lacertiliens et les
Chéloniens, mais manque chez les autres Reptiles.
Blanchard. — Zool. méd.
Le système lymphatique est très développé. Deux cœurs lymphatiques, constitués par des muscles striés, existent toujours sur les apophyses transverses des vertèbres situées à l’origine de la queue.
Le larynx ne comprend encore qu’un cartilage cricoïde annulaire, surmonté de deux- cartilages aryténoïdes. La trachée est consolidée par un grand nombre d’anneaux cartilagineux, développés dans son épaisseur. Les bronches ne se divisent pas dichotomiquement, mais chacune d’elles traverse dans toute sa longueur le poumon correspondant, auquel elle donne des rameaux latéraux ou bronchioles ; le système alvéolaire est déjà très compliqué. Chez les Sauriens serpentiformes, le poumon droit est très allongé, le gauche restant plus ou moins rudimentaire : les alvéoles ne sont alors développés que dans la partie antérieure et le reste de l’organe est un simple réservoir aérien. Semblable disposition s’observe chez les Ophidiens.
Les hémisphères cérébraux ont acquis un développement notable ; le corps pinéal est lui-même de grande taille. C’est, en effet, chez les Sauriens que l’œil pariétal atteint sa plus grande perfection [Eatteria, Yaranus, Chamæleo, Lacerta, etc.). Chez tous ces animaux, tant vivants que fossiles, le crâne présente un Eou pariétal, dans lequel s’engage l’œil du même nom. Cet œil est recouvert par une écaille plus ou moins transparente ; chez les Lézards, ce rôle protecteur est dévolu à la plaque interpariétale. Ordinairement simple, l’œil pinéal peut néanmoins être accompagné de deux ou trois yeux supplémentaires, résultant d’un bourgeonnement de sa tige (M. Uuval et Kalt).
L’organe de l’olfaction comprend deux parties : les narines, sorte de vestibule revêtu d’un épithélium pavimenteux, et les fosses nasales, tapissées par la muqueuse pituitaire, dont l’épithélium est vibratile. De chaque fosse nasale, se sépare chez l’embryon une cavité qui reçoit des rameaux des nerfs trijumeau et acoustique, présente un épithélium vibratile et constitue Y organe de Jacobson. Cet organe débouche à la région antérieure du palais, de chaque côté de la ligne médiane, par le canal de Stenson; on ne le connaît pas encore chez les Chéloniens, les Crocodiliens et les Oiseaux, mais il est très répandu chez les Mammifères (Périssodactyles, Ruminants, Rongeurs), où il s’ouvre par des canaux qui traversent l’os intermaxillaire; il ne s’observe chez l’Homme que pendant la vie embryonnaire. Son rôle est sans doute de soumettre les aliments au contrôle direct des nerfs olfactifs.
La rétine de tous les Vertébrés a sa couche externe, en contact avec la choroïde, constituée par deux sortes d’éléments, les bâtonnets et les cônes, dont le nombre varie beaucoup. Les premiers représentent l’élément sensoriel primordial, dont les cônes ne sont qu’une