SOUS-CLA.SSE DES OPHIDIENS
Les dents sont enchâssées dans des alvéoles etcr-eusées d une cavité pulpaire, au moins dans leur partie basilaire; elles ont laforme de crochets très acérés, incurvés en arrière, ennornhre narfois très considérable. Ces crochets lisses et pleins existent chez tous les Ophidiens; ce sont les seules dents des Serpents laon venimeux ou Aglyphodontes (fig. 865). Les Serpents venimeux nossèdenten outre des dents d’une autre nature, qui se développent uniquement sur le maxillaire supérieur et sont en rapport Lee une glande à venin, dont elles sont chargées d inoculer le produit de sécrétion.
Ces dents venimeuses dérivent des premières par enroulement sur elle-même de la face antérieure et affrontement plus ou moins exact ou soudure intme des deux bords. Ainsi se forme, suivant les cas, un sillon ou un, canal qui parcourt la dent suivant sa longueur et s’ouvre librement à sa face antérieure, en haut par un large orifice dans lequel vient aboutir le canal excréteur de la glande, en bas par une sorte de biseau voisin de lapointe. , ,
Les dents cannelées s' oUevvent dans deux groupes distincts de Serpents : chez les Opisthoglyphes, elles sont reportées dans le fond de la houche : le maxillaire est très allongé et porte en avant d’elles une série de dents pleines et de petite taille (fig. 866) . Chez les Protéroglypkes, elles occupent au contraire la partie antérieure de la bouche : le maxillaire est très raccourci et ne porte pas de dents pleines (fig. 868).LesProtérogiyphes sont tous des Serpents très venimeux. Les Opisthoglyphes sont souvent venimeux, mais il semble que, chez certains d entre eux, la glande à venin, bien que différencie histologiquemmt4u^ste de la glande labiale^ixp^ieure, n’ait pas encore acquis de propriétés venimeuses : ces animaux se rattachent ainsi insensiblement aux Aglyphodontes. La transition entre les Serpents venimeux et les Serpents non venimeux devient encore plus étroite, quand on envisage, par exemple, l’inoffensive Couleuvre à collier, qui possède une glande à venin bien différenciée histologiquement, sinon physiologiquement, et qui serait un véritable Opisthoglyphe, si les grands crochets qui terminent en arrière sa rangée de dents maxillaires n’étaient lisses et sans sillons (fig. 867).
Les dents canaliculées sont caractéristiques des 5o/éno-
glypkes v le niaxillaire est court et ne porte pas de dents pleines (fig. 869).
A'quelque type qu’elle appartienne, la dent venimeuse n’est pas enfoncée dans un alvéole, mais est unie au maxillaire par des ligaments. On voit de chaque côté plusieurs dents cannelées ou canaliculées, disposées les unes derrière les autres, et d’autant plus grandes qu’elles sont plus antérieures : on en compte neuf de chaque côté chez Vipera berus, quinze chez F. ammodytes. La plus grande est seule en rapport avec le conduit excréteur de la glande à venin et seule ankylosée avec le maxillaire; les autres sont des dents d’attente, destinées àremplacer celle qui fonctionne, quand elle vient à se briser ou à être arrachée. Ce renouvellement semble se faire normalement une fois par an, peut-être même plus souvent; il suffit parfois de trois jours pour que la dent brisée soit éliminée et que la première dent de réserve fonctionne aussi bien que celle dont elle vient prendre la place.
Les dents venimeuses sont dures, cassantes, extrêmement pointues. Elles sont en général plus courtes chez les Serpents diurnes que chez les nocturnes ; réduites à une longueur de 3 à 4 millimètres chez Vipera berus, elles mesurent jusqu’à 2S millimètres chez Bothrops lanceolatus.
La langue est, .comme chez les Lacertiliens, protractile et profondément bifide. La bouche renferme un certain nombre de glandes: on trouve toujours deux glandes sublinguales, une glande labiale supérieure et une glande labiale inférieure.
La glande labiale inférieure ou glande salivaire sous-maxillaire est disposée en ler-à- cheval autour delà lèvre inférieure; ses deux moitiés se réunissent en avant sur la ligne médiane. Elle est constituée par un grand nombre de glandules en grappe qui débouchent tout le long du bord interne de la lèvre inférieure, par une série d’orifices visibles à la loupe; ses canaux sont tapissés de cellules cylindriques claires, au milieu desquelles sont éparses des cellules muqueuses.
La glande labiale supérieure ou glande salivaire sus-maxillaire est disposée en fer-à-cheval autour de la lèvre supérieure; sa partie médiane ou antérieure s’isole des parties latérales pour former la glande du museau ou glande rostrale. Elle a la même structure que la glande labiale inférieure.
Chez Tl opidonotus natrix et d’autres Aglyphodontes, la por-