CAUDALES
bifides. Os postfrontaux .
Inon sillonnés .
sillonnés., absents .
Dexdraspides.
NAimES.
Élapides.
Les Hydrophides ou Protéroglyphes platycerques sont exclusivement marins ; ils se trouvent souvent à l’embouchure des fleuves, mais ne les remontent pas à une grande distance; ils ne vont jamais à terre. La tête est petite, peu distincte du tronc, couverte de grandes plaques, parfois protégée par des écailles [Acalt/ptus). Le corps est arrondi en avant, comprimé latéralement en arrière ; la queue est encore plus comprimée et ressemble à une rame.
Ces Serpents sont ovovivipares, tout au moins ceux du genre Hydropkis. On en distingue huit genres {Platurus, Æpysurus, Pelagophis, Distira, Âcalyptus, Hydrophis, Enhydrina, Pelamis). Ils sont répandus dans l’Océan Indien et dans l’Océan Pacifique. On les trouve depuis Madagascar jusque sur les côtes de l’Inde, de rindo-Chine, de la Malaisie, de la Chine et du Japon. Ils abondent en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Nouvelle-Calédonie et se retrouvent dans toute l’Océanie; ils s’avancent aussi jusque sur la côte occidentale de l’Amérique tropicale. De taille moyenne, ils n’ont guère plus d’un mètre de longueur, mais quelques-uns mesurent jusqu’à 4 mètres. Les accidents causés par eux sont néanmoins assez rares chez l’Homme, car
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leur présence, jointe à celle des Requins qui infestent ces mêmes mers, fait qu’il est imprudent de se baigner en pleine eau. Les pêcheurs les ramènent souvent dans leurs filets ; aussi est-ce chez eux que les morsures sont le plus fréquentes.
Gantor a fait jadis des expériences sur les effets du venin des Hydrophides et a pu démontrer ainsi sa grande activité : il tue un Oiseau en quelques minutes, une Tortue {Trionyx gangetica) en vingt-cinq minutes, une Couleuvre en une demi-heure, un Tétrodon en dix minutes. L’Homme lui-même succombe fréquemment à la morsure des Serpents de mer. En 1837, un matelot de VAlgérine, alors en rade de Madras, fut mordu à la main par un Serpent long d’environ 2 mètres : une demi-heure après, il fut pris de vomissements, le pouls tomba et devint intermittent; puis l’état général continua à empirer et la mort survint environ quatre heures après la morsure. La mort peut être moins rapide, comme le montra le cas d’un capitaine de navire qui, mordu au tendon d’Achille, en se baignant sur la côte de Birmanie, en 1873, n’éprouva les premiers symptômes de l’envenimation qu’au bout de trois heures et ne mourut qu’au bout de soixante-onze heures.
Les trois dernières familles des Protéroglyphes constituent le groupe des Conocerques : tous les Serpents qui le composent sont terrestres et ont la queue arrondie.
Les Dendraspides comprennent le seul genre Dendraspis Schlegel {Dinophis Hallowell) ; il n’y a pas de dents pleines derrière le crochet à venin; les plaques anales et subcaudales sont divisées; les écailles sont lisses.
Les Najides habitent les parties chaudes du globe : on en trouve à peu près un nombre égal d’espèces en Afrique, en Amérique, en Australie et dans le sud de l’Asie, mais toutes ces espèces ne sont pas également redoutables. Les Indes ont le triste privilège de nourrir, non le plus grand nombre d’espèces, mais les espèces les plus meurtrières. Aucun de ces Serpents ne se trouve en Europe. On les divise en dix-neüf genres.
Les genres Denisonia (1 espèce), Pseudechis (3 espèces), Tropidechis (t espèce), Biemenia (6 espèces), Pseudonaja (1 espèce), Purina (2 espèces), CacopMs (6 espèces) et Hoplocephalus (18 espèces) sont australiens; quelques-uns se retrouvent aussi en Tasmanie. La morsure de la plupart de ces Serpents est mortelle.
Le genre Bungarus Daudin comprend des Serpents dont le dos, comprimé en carène, est couvert d’écailles hexagonales, plus grandes nue les autres. B. fasciatus, long de 1“,85, habite les Indes, la Birmanie, rindo-Chine, la Chine et l’archipel malais; B. cœruleus, long de 1“ iOj vit au Bengale, aux Indes et en Assam. Les expériences de Russe!, de Cantor et surtout celles, très nombreuses et très variées, de Fayrer prouvent que la morsure de ces animaux est des plus redoutables. Fayrer leur attribue 369 décès sur 10,810 survenus au Bengale en 1869, soit une proportion de 3,40 p. 100 seulement.
Les Najas ou Serpents à coiffe ont l’habitude, quand ils sont excités, de redresser toute la partie antérieure de leur corps et de dilater leur cou ; dans cette région, les côtes sont longues et donnent insertion à des muscles puissants ; la tête est petite, mais la bouche est largement fendue. Ces Serpents redoutables, au nombre de quatre espèces seulement, sont particuliers à l’Afrique, au sud de l’Asie et à la Malaisie.
Naja haje Laurenti, 1768. — L’Haje ou Serpent de Cléopâtre (1) atteint une longueur de 2 mètres; son cou est très dilatable 11 est répandu par toute l’Afrique, où il se tient dans les endroits arides, mais ombragés. Il est très commun dans tout le bassin du Nil, en Égypte, en Tripolitaine. Valéry Mayet l a rencontre dans toute la région désertique de la Tunisie; on l a vu encore dans la région des grands cbotts et aux environs de Gabès; sa présence en Algérie, dans le sud de la province de Constantine, est au moins douteuse. Il habile encore 1 Arabie, la Perse et l’Afghanistan. Scblimmer l’indique comme très commun aux environs d’Ispaban ; sa piqûre est presque instantanément mortelle.
Naja nigmcolus Reinhardt, 1843. - Cette espèce est de la côte occidentale d’Afrique ; Trémeau de Rochebrune la signale au Sénéga .
Naja tripudians Merrem.
Ce Serpent a reçu des Portugais, quand ils s’établirent aux Indes, le nom de Cobra de capello. Son cou, plus dilatable que celui de l’Haje, est marqué à sa face supérieure d une lacuo
(1) C’est par ce Serpent que Cléopâtre se fit piquer, après la tium, pour échapper à Octave. Du temps de Galien, il était d usage a drie de faire piquer par cet animal les condamnés à mort. Viaud-Granaa émis l’opinion que Cléopâtre n’était pas morte à la suite d une p 9 d’Haje, mais s’était intoxiquée par l’oxyde de carbone !
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ayant la forme d’une face à main, d’où le nom de Serpent àlunetles. Günther en distingue huit variétés, différant par la coloration et la netteté plus ou moins grande des lunettes; dans la variété sputatrix Reinhardt, de la Malaisie, celles-ci manquent totalement.
Le Cobra se trouve dans tout le sud de l’Asie, depuis l’Indus et le Suttlej jusqu’en Chine, où on le trouve encore par le travers des îles Tchou-San. On le connaît de l’archipel malais, mais il manque à Timor, aux Moluques et aux Célèbes. Il est très répandu en Hindoustan et abonde surtout au Bengale ; il est arrêté au nord par l’Himalaya et ne dépasse pas le trentième degré de latitude. Il atteint et dépasse même une taille de 1“,70 et est vivipare. Ordinairement caché dans les vieilles souches d’ arbre, les buissons et les vieux murs, il grimpe parfois sur les arbres et s’introduit ainsi dans les maisons, à travers les paillettes qui les recouvrent; il nage aussi fort bien et Günther assure qu’on l’a pris en mer à plusieurs milles au large.
Aux Indes, on ne, compte pas moins de 37 espèces de Serpents venimeux, dont 18 Protéroglypbes et 19Solénoglypbes{l). Le Gobra^t le plus répandu et le plus redoutable de tournes Serpents : aussi est-ce à lui qu’il convient d’attribuer la plus grande part de la mortalité par morsures venimeuses. Cette mortalité est véritablement effrayante ; elle atteint un chiffre si élevé, qu’on n’exagère pas en disant que les Serpents venimeux sont pour les Indes un fléau plus redoutable que lé choléra. Fayrer a publié de nombreuses statistiques, desquelles il appert que chaque année 20,000 personnes en moyenne sont tuées aux Indes par les Serpents, soit un décès sur 12,000 habitants, la population de l’Hindoustan étant évaluée à 240 millions. D’après les documents officiels, le chiffre des décès par écbidnisme dans toute la péninsule a été de 19,060 en 1880, de 18,610 en 1881, de 19,740 en 1887, de 22,134 en 1886; ce dernier chiffre n’avait pas encore été atteint.
(1) L’Australie possède encore un plus grand nombre de Serpents venimeux : sur 108 espèces d’Ophidiens qui s’y trouvent, 73 sont venimeuses, dont 58 espèces terrestres; le nombre des accidents est néanmoins à peu près nul, suivant Macleay. L’Amérique n’a guère qu’une vingtaine d’espèces venimeuses ; l’Afrique en a davantage, mais on ne saurait encore en fixer le chiffre approximatif. L’Europe est favorisée. à cet égard et n’a que cinq espèces venimeuses.
Dans le but de combattre ce terrible fléau, diverses mesures ont été prises. En 1858, le gouvernement local proposait une prime de 4 annas (Qf^SO) pour tout Serpent tué et présenté à l’autorité : le résultat ne se fit pas longtemps attendre; des individus s’instituèrent chasseurs de Reptiles et, dans un seul cercle, touchèrent une prime de 4,628 francs pour 15,425 Serpents. La dépense devenant considérable, on crut pouvoir diminuer la prime de moitié, mais personne ne voulut plus se livrer à une chasse dangereuse pour une rétribution aussi modicfue et le nombre des Serpents présentés à 1 autorité en 1860, dans ce môme cercle, ne fut que de 250. On fut donc contraint de relever la prime à son taux primitif et la chasse recommença avec ardeur; du 29 mai au 20 octobre 1862, on présenta 18,423 Serpents, soit 110 par jour en moyenne; du 15 octobre au 17 décembre de la même année, on en livra 26,029, soit 463 par jour! Depuis cette époque, la destruction des Serpents, encouragée par des primes, se fait avec ardeur par toute l'Inde ; en 1886, on en a tué 417,596; de 1878 à 1886, on en a détruit 2,672,407, chiffres officiels qui ne donnent évidemment qu’une approximation et restent au-dessous de la vérité.
Pour rendre la chasse plus efficace, le gouvernement a fait distribuer dans les villages des cbromolithographies représentant les espèces venimeuses et, non content d’avoir fait appel à 1 initiative de chacun, il a organisé dans les provinces les plus éprouvées, notamment dans le nord-ouest, des corps de Kanjars, spécialement destinés à chasser les Serpents. Chaque Kanjar reçoit une solde mensuelle de 2 roupies (5 francs) et doit tuer 20 Serpehts ; au-dessus de ce chiffre, il touche 2 annas (0f‘',13) par Serpent abattu. C’est ainsi qu’il a été payé en 1880 une somme de 11,633 roupies (29,082^'',50) pour 212,776 Serpents et en 1881 une somme de 11,661 roupies (29,902f',50) pour 254,968 Serpents.
Ophiophagus ei.aps Günther. — L’Hamadryas ou Serpentivore est le plus formidable de tous les Serpents venimeux ; sa taille peut dépasser 4 mètres. D’après Tirant, il est plus commun en Birmanie et en Cochinchine que dans les Indes; on le trouve encore dans la presqu’île malaise, aux îles Andaman, dans l’Archipel malais, aux Philippines et dans le nord de la Nouvelle-Guinée. Non seulement il se jette sur l’Homme, mais il le poursuit même avec vivacité, ce que ne fait aucun autre Serpent. Les expériences de Cantor prouvent que son venin est extrêmement actif : un Chien succombe en moins d’un quart d’heure à une seule morsure, un Éléphant meurt en trois heures.
Sepedon hæuachates Merrem. — Le Serpent cracheur habile toute l’Afrique australe; il n’a guère qu’un mètre de longueur. Quand il est
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courroucé, le veuin s’échappe de sa gueule : aussi a-t-il la réputation de le projeter à quelque distance, en Yisant les yeux de son ennemi.
Caliophis Macclellanoi. — Les Callophis sont de beaux Serpents du sud de l’Asie, au corps cylindrique et présentant par places une vive coloration rouge vermillon. De petite taille, ils ne sont point redoutables et ne cherchent qu’ exceptionnellement à mordre; leur venin ne leur sert donc guère qu’à immobiliser les Calamariens dont ils font leur nourriture exclusive. G. Macqlellandi, du Nepaul et- de l’Âssam, est long de 0'^,70 ; G. trimaculatus et G. annularis sont des Indes ; G. intestinalis, G. bivirgatus et C. maculiceps spnt de Cochinchine.
Peters a créé le genre Ademophis pour certaines espèces chez lesquelles les-glandes à venin acquièrent un énorme développement et débordent dans la cavité générale, au point da.refouler le cœur en -arrière.
Acanthopeis cerastinus Daudin. — Le Cérastin ou Yipère de la mort est le plus dangereux des Serpents australiens; il -a une longueur d’un mètre au maximum ; la queue porte à son extrémité des écailles hérissées, imbriquées, terminées chacune par un aiguillon corné. Il est très commun dans le Queensland, la Victoria et la Nouvelle-Galles du sud ; un Chien succombe rapidement à une seule morsure, au milieu de très violentes convulsions.
Les ÉLAPiDES sont au nombre des Serpents les plus élégants ; leur taille est toujours petite ; leur corps est d’une belle teinte rouge corail ou écarlate, parfois jaune ou verte, interrompue par des anneaux noirs diversement disposés suivant les espèces. Leur venin est très actif, mais leur bouche est petite, peu fendue, et ils cherchent rarement à mordre. On en distingue trois genres :
a. Plaque internasale touchant latéralement la nasale
b. Une nasale . .