SOUS-CLASSE DES CHÉLONIENS
inférieure par un sillon longitudinal qui sert à diriger le jet du sperme. Les uretères et les conduits sexuels débouchent dans le col de la vessie.
La chair et les œufs d’un grand nombre de Tortues sont recherchés et fort appréciés. L’ingestion de la chair de certaines espèces cause parfois des accidents qui sont vraisemblablement de môme nature que ceux du botulisme.
La sous-classe des Chéloniens forme un seul ordre, qui comprend cinq familles distinctes.
Les Ghélonides ou Thalassites vivent dans la haute mer, s’accouplent dans l’eau et ne viennent à terre que pour pondre dans le sable du rivage leurs œufs à coque molle ; dès qu’ils sont éclos, les jeunes se rendent à la mer. La carapace est déprimée, cordiforme. Les pattes sont étalées en rames, les antérieures plus longues que les postérieures ; les doigts sont à peu près immobiles. L’orifice des narines est surmonté d’un bourrelet charnu, qui les obture au gré de l’animal. Quel- , ques-unes de ces Tortues atteignent une taille considérable et un poids de plusieurs quintaux; on les chasse pour se procurer leur chair et leur écaille.
Les Chélonines ont une carapace formée de plaques osseuses incomplètement réunies les unes aux autres.
La Tortue franche [Chelonia viridis, Ch. esculenta Merrem) se trouve . dans toutes les mers chaudes et tempérées, à l’exception de la Médh (erranée ; elle est herbivore, atteint une longueur de 2 mètres et dépasse souvent le poids de 800 kilogrammes. Ch. virgata Schweigger, de l’Océan Indien, n’est peut-être qu’une variété de la précédente. Sa chair est succulente, mais serait parfois vénéneuse, d’après Tirant; ses œufs, d’un jaune pâle, sont exquis et abondent sur les marchés de Cochinchine, au moment de laponte. Le Caret, Ch. [Caretta) imbricata, est carnivore ; sa chair est mauvaise, mais ses œufs sont excellents ; on le chasse activement, à cause de la qualité supérieure de son écaille ; il a la même distribution que la Tortue franche.
■La Caouane [Thalassochelys caouana), répandue dans l’Océan Atlantique, l’Océan Indien et la Méditerranée, est carnivore ; sa chair est 4e mauvaise qualité.
Les Sphargidines ont une carapace 'rudimentaire, représentée par des noyaux osseux disséminés dans la peau. La Tortue luth, Bermatochelys {Sphargis) coriacea, a souvent plus de 2 mètres de longueur et pèse jusqu’à 600 kilogrammes : elle se rencontre dans toutes les mers; sa chair passe pour être mauvaise. Protostega gigas Cope, de la craie du Kansas, était long de 4 mètres.
Blanchard. — Zool. niéd. ïï* ®
Les Trionychides sont des Tortues carnassières habitant les mers et les fleuves des régions chaudes; leur carapace est très aplatie, incomplètement ossifiéé et couverte d’une peau plus ou moins lisse. Les pattes, transformées en nageoires, ont cinq doigts dont les trois premiers seuls ont des griffes. Le cou est long et peut se rétracter en entier sous la carapace; à proximité d’une proie, l’animal le détend; les narines s’ouvrent à l’extrémité d’une sorte de trompe. Tnonyx ferox, des États-Unis, pèse jusqu’à 35 kilogrammes; Tr. ornatus, d’indo- Chine et de Bornéo, a plus d’un mètre de longueur et pèse non loin de 100 kilogrammes. La chair des Tortues molles est savoureuse, mais leurs œufs ont souvent une saveur nauséeuse.
Les Chélydes ont une carapace osseuse plus ou moins bombée, recouverte de plaques cornées ; la dossière et le plastron sont soudés l’un à l’autre; ce dernier est lui-même intimement soudé au bassin. La tête et les pattes ne sont pas rétractiles, mais se couchent simplement sur les côtés de la carapace; les pattes ont les doigts libres, palmés et armés de griffes. La plupart de ces Tortues sont des régions chaudes de l’Amérique du Sud [Chelys, Podocnemis, Platemys, Hydromedusa); d’autres sont de l’Afrique tropicale et de Madagascar {Sthernotherus). Elles habitent les grands fleuves.
Les Émydes ou Elodites vivent aussi bien à terre que dans Teau ; elles préfèrent les petits cours d’eau, les étangs et les marécages. La carapace est complètement ossifiée; les doigts sont libres, mobiles, palmés et garnis d’ongles. Ces Tortues sont ordinairement de petite taille ; elles déposent leurs œufs dans des trous creusés au voisinage de l’eau.
Dans le genre Cistudo, le plastron s’applique incomplètement contre la dossière. C. Maria Gesner (C. europæa Schneider) atteint 0®, 30 de longueur : elle est répandue en Algérie, dans tout le sud de l’Europe, en Sardaigne, en Bavière, en Prusse, dans le Mecklembourg, en Perse; on la trouve en France dans tout le Midi et jusque dans la Vienne, l’Ailier et la Charente-Inférieure ; il est fréquent de la voir vendre dans les rues de Paris. Elle abonde aux environs de Venise, d’après Ninni : un pêcheur peut en prendre 50 à 60 par jour ou même davantage; voilà quelques années, ces Tortues se vendaient à Venise, de 20 à 25 francs le cent, mais leur prix actuel est de 90 francs le mille. Ninni estime qu’on en prend au moins 200,000 pendant les cinq mois de pêche; on en fait une destruction inconsidérée.
Dans le genre Emys, le plastron est formé de 12 plaques, comme chez les Çistudes, mais n’est pas mobile. £. caspica est de Grèce, du Caucase et d’Asie-Mineure ; AI. leprosa est du nord de l’Afrique; E. insculpta des États-Unis. Batagur baska et B. afflnis, d’Indo-Chine, sont les plus grandes des Élodites ; leur chair est réputée très bonne.