SOUS-CLASSE DES HYDROSAURIENS
Lés Chersites ou Tortues terrestres ont une carapace très bombée, sous laquelle la tête et les pattes peuvent se retirer entièrement ; la dossière et le plastron sont intimement soudés. Les doigts sont réunis en une sorte de moignon et terminés par des ongles en forme de sabots. Ces Tortues vivent dans les bois ou les lieux bien fournis d’herbe; elles se creusent dans le sol des terriers peu profonds où, dans tes climats tempérés, elles s’engourdissent pendant Thiver ; elles se nourrissent de Mollusques terrestres, mais surtout de végétaux.
La Tortue bordée {Testudo campanulata) est de Grèce et d’Egypte;
T. græca est d’Asie-Mineure et du sud-est de l’Europe. La Tortue mauresque (T. résilia), du nord de l’Afrique et d’Asie-Mineure, se trouve souvent sur les marchés de Paris. Ces Tortues sont de petite taille ; la plus grande n’a pas 0“,50 de longueur.
On range encore dans le genre Testudo des Tortues géantes qui sont localisées dans un petit nombre d’îles situées entre l’équateur et le tropique du Capricorne, les unes dans la partie occidentale de l’Océan Indien, les autres dans la partie orientale de l’Océan Pacifique. T. elephantina, longue de 65 et d’un poids de 870 livres anglaises, habite l’archipel Aldabra et l’île Rodriguez; elle est le dernier survivant d’un groupe intéressant de Tortues géantes qui, dans la première moitié du siècle actuel, étaient encore répandues aux Mascareignes et aux Seychelles.
Les îles Galapos nourrissent encore cinq espèces de grande taille (T. elephaiitopus, T. microphijes, etc.), dont le nombre diminue rapidement; quelques-unes ont même été détruites récemment par l’Homme (T. ephippium). Quelques formes fossiles atteignaient encore des dimensions plus gigantesques : Colossoehelys atlas Falconer, des Sivalik Hills, avait une longueur totale d’environ 7“,2o ; la carapace avait à peu près 4 mètres de longueur.
Sous-classe des Hydrosauriens.
Les Hydrosauriens sont des Reptiles aquatiques, dont les Crocodiliens actuels sont les derniers survivants. Ils étaient représentés dans les temps géologiques par des animaux puissants, aux formes variées et qu’on peut diviser en deux groupes [Ênaliosauriens et Cro- Godiliens), suivant qu’ils sont marins ou d’eau douce, et qu’ils ont la peau nue ou renforcée de plaques dermiques osseuses.
Les Ênaliosauriens ou Hydrosauriens marins comprennent deux ordres.
l.es Sauroptérvgiens étaient très nombreux dans les mers secondaires. Le cou est très long, la queue est courte ; le pied et la main,
transformés en nageoires, sont pentadactyles et ont 9 ou 10 phalanges à certains doigts. Quelques-uns avaient 3 mètres de longueur • d’autres étaient presque aussi grands que nos Baleines. Genres Nothosaurus, Plesiosaurus, etc.
Les IcHTHYOPTÉRYGiENs Ont le corps pisciforme, le cou très court la queue assez longue et munie d’une membrane natatoire. Les membres sont courts, malgré l’allongement considérable de la main et du pied, qui comprennent un grand nombre de phalanges et deux doigts marginaux supplémentaires. Ces animaux sont encore de l’époque secondaire, notamment du jurassique; ils étaient vivipares. Genres Sauranodon, Ichlhyosaurus.
Les Crocodiliens ou Cuircmés {Loricata) sont de structure plus uniforme que les précédents. La peau est écailleuse et présente à la région dorsale un nombre variable de plaques osseuses développées aux dépens du derme ; les pattes sont conformées pour la marche et en partie armées de griffes ; les dents n’existent qu’aux deux mâchoires. On en distingue trois ordres.
Les Bélodontides ou Parasuchia sont fossiles dans le keuper et le trias. Genres Bèlodon, Aëtosaurus.
Les Téléosaüriexs ou Mesosuchia ont, comme les précédents, des vertèbres amphicœles. Le crâne est allongé en un étroit museau ; un puissant squelette dermique est développé aux faces ventrale et dorsale; les pattes antérieures sont pentadactyles, les postérieures tétradactyles.
ORDRE DES CROCODILIENS
Les Crocodiliens ou Eusuchia étaient autrefois rangés parmi les Sauriens, mais ils en diffèrent par d’importants caractères, sans parler de la taille. Ils comprennent un grand nombre d’espèces fossiles, mais seulement une vingtaine d’espèces vivantes, réparties entre les trois genres Alligator, Crocodilus et Gavialis.
Les vertèbres sont procœles et séparées les unes des autres par des disques ligamenteux, ainsi que chez les Oiseaux et les Mammifères. En outre du sternum et des côtes vraies, il existe des côtes abdominales non articulées avec le rachis. Les vertèbres du cou portent de courtes côtes qui empêchent les mouvements de latéralité de la tête; l’apophyse odontoïde de l’axis en est elle-même pourvue, ce qui prouve bien qu on doit l’envisager comme un corps vertébral modifié. Le crâne est large, plat et d’une épaisseur exceptionnelle; les mâchoires s’allongent en un museau armé de dents puissantes.
La clavicule fait défaut. Le radial et le cubital sont très allongés, 1 intermédiaire est absent; le reste du carpe est réduit à deux cartilages. Puis viennent cinq métacarpiens et cinq doigts.
ORDRE DES CROCODILIENS. 173
Le bassin comprend trois os pairs; les pubis ne se réunissent pas sur la ligne médiane et ne prennent aucune part à la formation de la cavité cotyloïde. L’iiion se dilate et porte deux prolongements, le postérieur assez long, l’antérieur plus court. Le sacrum est constitué par les deux vertèbres 25 et 26.
Les doigts et les orteils sont réunis par une membrane plus ou moins large; ils se terminent ordinairement par une griffe.
La peau est écailleuse à la façon de celle des Sauriens; la face inférieure est marquée de larges gastrostèges. La face dorsale est encroûtée de tissu osseux, qui se dépose sous forme de plaques fort résistantes, étroitement juxtaposées et en nombre variable suivant les espèces ; chezles Caïmans [Alligator], des plaques analogues se trouvent également à la face ventrale. Le tégument est dépourvu de glandes, sauf en deux points ; sous la gorge et tout près de là mandibule, on voit de chaque côté une glande en grappe qui produit une substance grasse très odorante, analogue sinon identique au musc du Chevrotain. Une glande toute semblable est encore logee dans l’épaisseur des deux lèvres cloacales.
Les dents sont très nombreuses, coniques, à couronne striée, profondément enfoncées dans des alvéoles. Elles tombent facilement et sont alors remplacées par des dents nouvelles, qui sont emboîtées à leur intérieur et les usent progressivement. La langue est fixée par toute sa face inférieure au plancher de la bouche; elle est d ailleurs très peu développée. Le cloaque s’ouvre au dehors par une fente
longitudinale. ^ i .
Le cœur comprend quatre cavités bien distinctes; le ventricule est dédoublé par une cloison complète et imperforée. L’oreillette et le ventricule droits ne renferment que du sang veineux, l’oreillette et le ventricule gauches que du sang artériel. Les deux aortes charrient donc respectivement du sang noir et du sang rouge, mais le mélange des deux sangs ne tarde pas à se faire par l’intermédiaire du foramen de Panizza, orifice qui fait communiquer les. deux aortes presque au sortir du cœur, au point où elles sont encore contiguës; le mélange se fait plus complètement encore, quand les deux arcs aortiques se fusionnent pour former l’aorte abdominale.
L’encéphale est fort réduit ; il pèse 10 grammes au plus chez un Crocodile de grande taille. L’œil, dont la pupille est verticale, est protégé par deux paupières mobiles, ainsi que par une membrane nictitante. L’oreille est recouverte par un repli cutané, sorte de clapet mobile qui représente le premier rudiment de la conque auditive ou pavillon de Voreille. Les narines sont percées à l’extrémité du museau : des valvules en ferment l’entrée et s’opposent à la pénétration de l’eau.
La cavité générale s’ouvre dans le cloaque par deux canaux péritonéaux, analogues aux cæcums cloacaux des Tortues. La vessie urinaire fait défaut. Le pénis est semblable à celui de ces dernières.
Les Crocodiliens se rencontrent dans les pays chauds de toutes les parties du monde. Us vivent surtout dans les eaux saumâtres, à l’embouchure des grands fleuves ; ils se trouvent cependant aussi dans les fleuves, fort loin de la mer, mais surtout au voisinage des lagunes que ceux-ci présentent sur leur parcours. Us nagent et plongent avec beaucoup d’agilité : leur longue queue, aplatie transversalement et carénée, fonctionne comme une rame. Ils sont ovipares ; leurs œufs, entourés d’une coque dure, ont la grosseur de ceux de l’Oie; ils sont pondus dans le sable ou dans des trous creusés sur la rive des fleuves, puis abandonnés à eux-mêmes.
Dans la plupart des régions qu’ils habitent, la chair et les œufs des Crocodiles sont fort appréciés ; à Ceylan et dans rindo-Ghine, on conserve ces animaux dans des viviers et on les tient en réserve pour les besoins de la consommation. Bien préparées, les masses musculaires de la queue sont réellement un mets délicat, bien qu’assez fortement musqué, ainsi que nous en avons fait l’expérience sur Crocodilus siamensis.
Quelques Crocodiliens sont de très grande taille : les plus petites espèces atteignent jusqu’à 3 mètres de longueur et il n’est pas rare d’en rencontrer qui mesurent jusqu’à 7 et 8 mètres. Tous sont carnivores et se nourrissent surtout de proie vivante. La puissance de leur mâchoire est formidable : d’un seul coup de dents, ils peuvent aisément couper en deux le corps d’un Homme. Ils s’attaquent ordinairement à des animaux beaucoup plus gros et beaucoup plus forts qu’eux, à des Bœufs, à des Cerfs, etc.
Les Caïmans {Alligator), à museau relativement court et large, ont l’intermaxillaire creusé inférieurement de deux fossettes profondes ; dans Tune s’engage la première dent de la mâchoire inférieure, dans 1 autre la quatrième dent. On connaît 8 espèces de Caïmans, vivant entre les deux lignes isothermes de -4- 15» C : six sont de l’Amérique du sud (A. niger, A. latirostris, A. sclerops, A. punctulatus, A. palpebrosus et A. trigonatus), une du bassin du Mississipi (A. mississipiensis), une autre du Yan-tse-Kiang ou Fleuve-Bleu (A. sinemis):
Les Lrocodiles [Crocodilus) ont le museau plus allongé que les Caïmans. Les dents sont au nombre de 18 paires à la mâchoire supérieure, de 15 paires à l’inférieure, au moins chez C. siamensis, ce
qui s’exprime par la formule En haut, les dents 3 et 9 sont