DE LA MILIAIRE
On désigne sous le nom de miliaire une affection de la peau caractérisée par de petites vésicules du volume d'un grain de millet, accumulées en grand nombre sur de larges surfaces, contenant un liquide transparent d'abord, opaque ensuite, suivies d'une légère furfuration et ne laissant jamais après elles de cicatrice.
Symptomatologie. — Précédée ou non de phénomènes généraux, selon qu'elle est due à une cause interne ou à une cause externe, la miliaire est caractérisée par de petites taches rouges, discrètes ou confluentes, présentant immédiatement après leur
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apparition de légères saillies vésiculeuses à leur centre. Ces vésicules contiennent un liquide transparent à travers lequel on aperçoit la couleur rouge du derme (miliaire rouge) ; mais vingt-quatre à trente-six heures après leur naissance, le liquide se trouble, devient purulent et donne à la vésicule un aspect laiteux (miliaire blanche). Après deux ou trois jours d'existence, les vésicules se flétrissent, s'affaissent et font place aune légère exfoliation épidermique.
Le volume des vésicules dépasse rarement celui d'une tète d'épingle ; la durée de chacune d'elles est de deux à trois jours, mais il est fréquent de constater plusieurs éruptions successives, de sorte que l'on peut suivre sur un même malade, et à un moment donné, toute l'évolution des vésicules, et que l'affection peut se prolonger pendant plusieurs septénaires.
Marche, durée, terminaison. — La miliaire est aiguë ou chronique : aiguë, elle dure de huit à quinze ou vingt jours ; chronique, elle persiste pendant des mois : cette durée se constate lorsque la miliaire existe chez des individus cachectiques.
Pronostic. — Par elle-même, la miliaire n'a aucune gravité; mais la maladie qui lui donne naissance est quelquefois sérieuse, témoin la suette miliaire.
Diagnostic. — La miliaire constitue un genre distinct de l'herpès, dont les vésicules, plus grosses, sont groupées sur une surface limitée ;
Des sudamina caractérisés par de petites vésicules transparentes, hémisphériques, ne reposant pas sur une surface rouge, n'occasionnant pas de prurit et dont la sérosité ne devient jamais purulente ;
De l'eczéma aigu caractérisé par des vésicules plus petites que celles de la miliaire, reposant sur une surface rouge, se rompant après une courte durée et laissant à nu une surface, siège d'un suintement plus ou moins abondant ;
De l'acné miliaire, constituée par des pustules acuminées, traversées à leur centre par un poil et entourées d'une légère auréole rouge.
Etiologie. — Il existe une miliaire de cause externe et une tniliairo de cause interne.
46 AFFECTIONS GENERIQUES.
La miliaire de cause externe est due à la production de sueurs profuses, à l'action sur la peau de préparations sulfureuses ou mercurielles (miliaire provoquée directe), et, d'après Imbert-Goubeyre, à l'ingestion de l'arsenic (miliaire pathogénétique).
Il existe plusieurs espèces de miliaires de cause interne.
M. Bazin a^met une fièvre miliaire idiopathique, analogue à la fièvre ortiée ; c'est un pseudo-exanthème bénin, se terminant spontanément par la guérison.
La miliaire est une des manifestations de la suette, pyrexie épidémique et quelquefois grave.
Le D r Gueniot a considéré la miliaire des femmes en couche comme une espèce spéciale, se séparant par des caractères distincts de la suette miliaire, de la miliaire sudorale.... M< Bazin n'accepte pas cette opinion et professe que cette éruption constitue seulement un phénomène secondaire et le plus souvent sans importance. — Il en est ainsi, à ses yeux, de la miliaire que l'on observe dans le cours de la scarlatine, de la dothiénentérie, du typhus, de la fièvre purulente, du rhumatisme articulaire aigu, de la fièvre intermittente, etc.; cette éruption est alors un simple épiphénomène de ces maladies et peut-être doit-elle être même considérée comme le résultat des sueurs abondantes que présentent les malades, et rangée parmi les miliaires de cause externe.
Au point de vue étiologique, nous pouvons donc admettre les espèces suivantes de miliaire :
if Due a l'action de la sueur, —
Miliaire provoquée \ sudorale.
directe. j Due à l'action de substance toédi-
' camenteuse,— médicamenteuse*
Pathogénétique. } Consécutive à l'ingestion de l'ar-
) senic.
IPseudo -eianthématique.
Pyrétiqiie. | Suette miliaire.
i Fièvre pulrpêrale ;
Survenant dans le. I Variole;
cours des mala- / Scarlatine ;
dies fébriles. i Fièvre typhoïde;
V Rhumatisme articulaire, etc*
Traitement. — Les indications fournies par le genre sont peu nombreuses : on s'efforcera de modérer les sueurs en ne surchargeant pas le malade de couvertures, en renouvelant l'air et le linge du malade et lui donnant des boissons acidulées.