SI.- AFFECTIONS DE CAUSE ÉÉCANIQUE OU PHYSIQUE
Affections érythémateusés.
Des éruptions érythémateusés naissent physiquement sous l'influence de l'action* prolongée des rayons salaires sur la peau de l'homme, ërythemû a solare, coup de soleil 9 ou au contraire sous l'influence du froid> engelure, éry thème pernio; par suite du séjour entre deux surfaces cutanées adossées, d'un liquide irritant, inteririqo ; ou enfin consécutivement à une pression lente exercée sur la peau, telle que celle qui a lieu chez les individu* soumis à un décubitus longtemps prolongé. Ery thème porairims d'Alibert.
Ai Erythèrne solaire. — Symptomatologie. — Il consiste le plus souvent en une véritable rubéfaction de la peau, c'est-à-dire en une coloration d'un rose tendre ou d'un rouge intense, disparaissant sous la pression du doigt et accompagnée de sensations de chaleur et de cuissons Après dix-huit, trente-six heu-» res ou quelques jours de durée, la teinte rouge pâlit, s'efface; la peau devient le siège d'une exfoliation légère, de quelques démangeaisons, et tout disparait. Mais si l'exposition au soleil a été prolongée, ou si les rayons étaient très-ardents, on peut voir survenir de petites vésicules à la surface de la partie affectée ; quelquefois même naît une inflammation phlegmoneuse.
Le plus ordinairement l'érythème solaire n'est pas accompa*
AFFECTIONS Dfl CAUSE MECANIQUE. 143
gné de symptômes généraux ; dans des cas heureusement rares, on constate cependant de la fièvre, de la céphalalgie, de la soif, de l'insomnie, du délire maniaque, et la tnort ne tardé pas à arriver.
A l'autopsié» on trouve tous les phénomènes d'une oottgei* tion cérébrale ou d'une méningite.
Ges accidents graves s'observent seulement pendant les étés très-chauds ou sous le soleil ardent des régions équatorialefc* et consécutivement à l'érythème solaire de la face et du cuir chevelu.
Cet érythème étant dû à l'action des rayons solaires sur là peau ne s'observe que sur les parties découvertes, le cuir ohe« velu, la face» le cou, les mains, la poitrine, les jambes et léê pieds. Il naît d'autant plus facilement que la peau est plus fine \ aussi l'observe-t-on souvent chez les enfants.
On établira toujours facilement le diagnostic de cette espèce
a érythème en se fondant sur- son apparition subite , après
l'exposition au soleil, sur sa forme diffuse et mal arrêtée, etc.
ks pronostic est en général bénin. Il ne devient grave que si
des accidents cérébraux apparaissent.
Le traitement ne diffère paa de celui de la brûlure au premier degré, et consiste dans des applications d'eau froide, de Uniment oléo-calcaire, etc.
Contre les accidents cérébraux on mettra en usage la médication antiphlogistique locale et générale, on conseillera l'application de vessies de glace sur la tète, des révulsifs intestinaux, etc.
B. Erythème ptrnio ou engelure. — Cet érythème est caraété» risé par une rougeur congestive plus ou moins vive occupant, &n général, les doigts des mains ou des pieds, plus rarement le ûez, les oreilles ; cette rougeur devient de plus en plus foncée et acquiert une teinte violacée ; elle est accompagnée de tufnéfaetion des parties affectées, d'une sensation de chaleur, de tension, de prurit qui porte les malades à se gratter; ces sensations augmentent sous l'influence de la chaleur d'un foyer ou dalit et se calment pendant la journée.
Là peuvent se borner les phénomènes par lesquels est caractérisée l'engelure et, après un temps variable, la rougeur, la tuméfaction diminuent et disparaissent. Mais quelquefois on voit apparaître des phlyctènes remplies d'une sérosité roussâtre, qui ne tardent pas à se rompre, et au-dessous desquelles on constate l'existence d'exulcérations devenant bientôt de véritables ulcères dont le fond est blafard, grisâtre, qui n'ont pas de tendance destructive bien marquée, mais aussi pas de tendance à la cicatrisation et sont accompagnées de douleurs assez vives.
L'engelure reconnaît comme cause première le froid et comme causes prédisposantes l'enfance et le tempérament lymphatique. Chez les enfants lymphatiques, elle persiste souvent pendant tout l'hiver et ne disparaît qu'à l'approche de l'été. Lorsqu'elle apparaît chez des enfants scrofuleux, elle peut persister en l'absence de la cause première, c'est-à-dire du froid, et exister pendant toute l'année : alors il semble, selon l'expression de M. Bazin, que la scrofule trouvant une manifestation toute préparée s'en empare et la perpétue en l'absence de la cause. L'engelure est devenue, dès lors, une manifestation scrofuleuse.
Le diagnostic de l'engelure est en général très-facile et je crois qu'il suffit de signaler la possibilité d'erreur avec le lupus érythémeux, l'acné rosée, si elle siège à la face ; avec l'érythème papulo-tuberculeux, si elle siège aux membres supérieurs, etc., pour qu'on évite de la commettre.
Traitement. — On a conseillé comme traitement préventif contre l'engelure les lotions avec l'eau-de vie, les frictions avec la neige, l'usage habituel de l'eau froide, tous les moyens propres, en un mot, à réveiller l'activité fonctionnelle de la peau.
Lorsque l'engelure existe et est à l'état érythémateux, on conseille un grand nombre.de topiques dont bien peu ont de l'efficacité réelle : les meilleurs sont la solution ou la pommade au sous-acétate de plomb, la solution de sublimé au i/300 ou au i/000 , le cérat opiacé, le cérat saturné, la glycérine, le Uniment oléo-calcaire.
Si des ulcères existent, on excitera leur vitalité en les lavant