‹ Traité des affections de la peau, d'après les doctrines de M. BazinChapitre 22 sur 48 · AFFECTIONS DE CAUSE MECANIQUE · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DE CAUSE MECANIQUE

avec de l'eau additionnée de vin aromatique et on les pansera avec le cérat saturné.

C. Intertrigo. — On peut l'observer dans toutes les parties du corps où la peau est adossée à elle-même, c'est-à-dire au pli des seins, aux aisselles, derrière les oreilles, aux plis génitocruraux, aux bourses chez les hommes, aux grandes lèvres chez la femme ; par suite du contact de la peau à elle-même dans ces diverses régions, la sueur stagne, s'altère, devient irritante et produit l'érythème.

L'intertrigo s'observe principalement dans l'enfance et à l'âge critique ; chez les personnes qui transpirent abondamment, telles que les arthritiques.

Mais la sueur n'est pas le seul liquide dont le contact entre deux surfaces cutanées détermine de l'intertrigo ; on voit cette affection apparaître sous l'influence de flueurs blanches, du liquide qui s'écoule par les fistules vésico-vaginales, etc.

L'intertrigo est caractérisé par une rougeur diffuse qui débute par le fond du pli cutané, s'étend peu à peu jusqu'à ce qu'elle ait envahi toute l'étendue des surfaces en contact, et ne dépasse pas alors cette limite, à moins de complication. Pendant les premiers temps de la durée de l'intertrigo, le malade éprouve seulement des démangeaisons; plus tard l'épiderme se détruit et le derme mis à nu devient le siège d'une sécrétion muco-purulente, intertrigo purifluens.

Tel est l'intertrigo qui apparaît chez une personne exempte de toute maladie constitutionnelle; lorsque cette affection naît, au contraire, chez un individu scrofuleux ou arthritique, elle subit des modifications par suite de l'existence de la maladie constitutionnelle. (Voyez scrofulides et arthritides.)

Diagnostic. L'intertrigo pourrait être confondu avec l'eczéma, mais l'intertrigo est caractérisé par une tache érythémateuse et l'eczéma par des vésicules. Cette dernière affection ne reste pas limitée aux parties adossées, et le liquide sécrété se concrète en squames plus ou moins humides et épaisses ; il existe d'ailleurs, en général, plusieurs plaques eczémateuses.

Pronostké L'intertrigo n'offre pas de gravité et constitue seu-

lement une affection gênante, incommode et souvent rebelle.

Traitement. Il convient avant tout d'isoler les surfaces contiguës à l'aide d'un linge de toile, de saupoudrer les parties malades avec les poudres d'amidon, de tan, de lycopode, qui réussissent mieux que les corps gras.

Si Tintertrigo est ancien, on conseillera des lotions avec des liquides astringents et substitutifs, tels que la solution d'alun, de nitrate d'argent, le vin aromatique additionné d'eau, etc.

D. Ery thème par décubitus prolongé ou paratrime. — Il existe sur les points du corps qui supportent pendant longtemps une pression prolongée ; la pression est d'ailleurs favorisée dans la production de Térytbème par la position déclive des parties comprimées et partant par la stagnation du sang; par le contact des sécrétions cutanées, quelquefois même dans les maladies graves, par celui des matières fécales ou urinaires et l'affaiblissement de l'économie.

L'érythème est caractérisé par une rougeur marbrée, plus intense là où la pression est le plus développée, indolente et accompagnée seulement d'un peu de prurit et de chaleur; mais à un moment donné, une douleur fixe, continue et sourde apparaît et l'on constate au milieu de la tache érythémateuse un point bleuâtre, insensible, et indice de la mortification des tissus comprimés.

Le traitement consiste à empêcher le décubitus prolongé, c'est-à-dire à changer la position du malade, à renouveler fréquemment son linge, à user de grands soins de propreté, à. saupoudrer les surfaces érythémateuses de poudre d'amidon oi* de tan, ou à les laver avec des liquides astringents, tels que l a décoction de quinquina, l'infusion de roses de Provins, etc.

Urticaire mécanique.

De petits poils microscopiques se détachent du corps de^ chenilles de plusieurs bombyces, processionnaires, lors de leuÉ^ transformation en chrysalide, se répandent dans l'air et vonf^ s'enfoncer dans la peau qu'ils irritent : de cette irritation résul-

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