HERPÈS
Traitement. — Les indications fournies par le genre sont peu nombreuses : ou s'efforcera de modérer les sueurs en ne surcliai'geant pas le malade de couvertures, en renouvelant l'air et le linge du malade et lui donnant des boissons acidulées.
DE l'herpès.
Définition. — L'herpès est une allection cutanée caractérisée par des vésicules groupées les unes à coté des autres, reposant sur une surface saine ou rouge et enflammée, persistant intacte pendant trois ou quatre jours et doiniant ensuite naissance, parla dessiccation du lit{uide qu'elles contiennent, à des croûtes dont la durée ne dépasse pas huit à dix jours et qui laissent, après s'être détachées de la surface malade, soit des maculatures rougeàtres, soit des ulcérations marchant rapidement vers la cicatrisation.
Symplomaiologie. — Tantôt cette atiection apparaît suintement au milieu de la santé la plus parfaite ; tantôt elle est précédée lie phénomènes précurseurs, tels que malaise général, anorexie, courbature, sensation, au niveau des parties qui doivent être le siège de l'affection , de fourmillements , de picotements et même de douleurs lancinantes très-vives; i|ue ces sj'^mptômes prodromiqucs aient existé ou non, les vésicules apparaissent sur une surface tégumentaire qui n'a subi aucune modification de sa coloration ou présente une rougeur plus ou moins vive.
Ces vésicules, petites et miliaires à leur origine, vont chaque jour en grossissant et atteignent un volume variable de celui d'un grain de mil à celui d'un petit pois. Elles sont souvent réunies les unes à côté des autres au nombre de dix, quinze, et forment un groupe herpétique tantôt unique, isolé, tantôt séparé d'un aûtre groupe par un intervalle de peau saine plus ou moins grand.
Le liquide contenu dans ces vésicules, primitivement transparent, se trouble bientôt, devient opaque et se concrète vers le troisième ou le sixième jour de leur existence en une croûte
mince, aplatie, offrant une coloration jaunâtre ou ])runàtre, persistant sept ou huit jours et laissant après sa chute, soit une simple rougeur des téguments qui disparaît lentement, soit une légère ulcération qui ne tarde pas à se cicatriser.
11 est rare que l'aljsorption du liquide ait lieu et soit suivi(i d'une exlbUation épidermique.
La forme arrondie est, en général, celle que présentent les groupes herpétiques : alors on observe des cercles dont les dimensions varient de celles d'une pièce de -1 franc à celles d'une pièce de 5 francs, cercles qui présentent des A'ésicules à leur périphérie, et au centre une desquamation lamelleuse d'un gris blanchâtre, indice de l'existence antécédente de vésicules et de la marche excentrique de l'affection (herpès circiné) ; quelquefois cependant les vésicules sont réunies les unes à côté des autres, de manière à figurer par leur ensemble une bande (herpès en trainée de Devergie); enfin la configuration des groupes peut être irrégulière et ne se rattacher à aucune forme géométrique.
L'herpès peut occuper toutes les régions du corps ; mais les lèvres, la partie postérieure du pavillon de l'oreille, les paupières, le prépuce, la vulve, sont les sièges de prédilection de cette affection. On l'observe fréquemment aussi sur la membrane muqueuse de la bouche, sur celle du pharynx, sur le col de l'utérus.
Dans une espèce d'herpès (zona), les groupes herpétiques sont situés sur le trajet des nerfs sensitifs, des intercostaux au thorax, des nerfs du plexus cervical au cou, etc. Ils n'occupent jamais qu'une moitié du corps et forment par leur réunion luie demi- ceinture caractéristique. (Voyez Affections pscudoexanthémaliques, zona.)
L'herpès revêt une marclie aigut'' ou clu'onique: aigu, il disparaît dans l'espace de un à trois septénaires ; chronique, il ^consiste en une série de poussées successives, séparées les unes des autres par des intervalles de temps variables ; quelquefois une poussée est à peine terminée qu'une autre se produit ; dans d'autres circonstances, ([ueUpies jours, quelcpies mois séparent
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deux éruptions, l't, [lar ces récidives opiniâtres, i'Jierpes peut se Ijrolong'cr ainsi indélinimcnt (herpès successif et chronique).
Les auteurs ont décrit, en se l)asant sur la forme de l'éruption : uu herpès phlycténodos, nn zona, un herpès circiné, un herpès iris.
L'herpèfi phlyctcnodes, qui présente les caractères généraux du genre herpès, est tantôt une affection pseudo-exauthématique, tantôt une atlection arthritique, tant(jt une affection critique ou artilîcielle ; h; zona est une affection pseudo-exanthématique ; l'herpès ('irciuf! est arthriti(|ue ou parasitaire et l'herpès iris n'a pas de raisou d'être : celui de Bateman n'est autre chose que l'iiydroa vésiculeux, et celui de Biett est un herpès parasitaire. Nous décrirons ces divers herpès au sujet des affections spéciales.
Diafinostic. — L'herpès peut être confondu avec l'eczéma, la miUaire, la varicelle, l'érysipèle, le pemphigus, le chancre et la plaque muqueuse.
Mais l'eczéma est caractérisé par des vésicules, petites, nomhreuses et dont la durée ne dépasse pas dix-huit à trentesix heures; dans l'herpès, au contraire, les vésicules sont peu nomhreuses, grosses et persistent trois ;1 quatre jours.
Dans l'eczéma existe un prurit permanent; dans l'herpès la sensation de fourmillements, de picotements, de hrùlure, dont l'éruption est accompagnée, disparait après la formation des croûtes.
La varicelle se distingue facilement par la forme acuminée et l'isolement de ses vésicules.
L'érysipèle, caractérisé par une surface rouge, saillante audessus des parties environnantes, à bords festonnés et sur laquelle apparaissent accidentellement des bulles ou des phlyctèues dé forme irrégulière et auxquelles on ne saïu-ait assigner une marche régulière, l'érysipèle ne saurait être confondu a\ ec l'herpès.
Les vésicules d'herpès peuvent, en se réunissant, constituer de petites bulles (ju'un oùl iuattcntif ou peu exercé pourrait prendre pour clcs bulles de pemphigus. Mais les vésicules ou
bulles rudimciitaircs de l'herpès sont groupées sur des surl'aces rouges, tandis que les bulles pcmpbigoïdes sont isolées, entourées seulement d'une légère auréole rose et disséminées sui- la surface du corps.
Le pemphigus à petites bulles pourrait être confondu avec l'herpès, mais le plus souvent il constitue une variété d'hych-oa ou d'herpès successif : l'hydroa huileux.
Le chancre et l'herpès sont aussi essentiellement différents à leurs diverses périodes : à la première période, le chancre est caractérisé par une pustule et l'herpès par une vésicule ; il existe, en général, plusieurs vésicules herpétiques groupées les unes à côté des autres, tandis que l'on n'observe qu'une seule pustule chancreuse. A la période de dessiccation du liquide, on observe une croûte mince et jaunâtre dans l'herpès; une croûte brunâtre, épaisse et enchâssée dans l'ulcère sous-jacent, s'il s'agit d'un chancre. A la période ulcéreuse, il existe une simple érosion du derme dans l'herpès, et au contraire un ulcèi'e profond dont les bords sont taillés à pic et le fond recouvert d'un liquide sanieux et grisâtre, lorsqu'on a un chancre sous les yeux.
La plaque muqueuse est constituée au début par un soulèvement du derme avec dépression centrale, tandis que l'herpès commence par une tache rouge sur laquelle naissent des vésicules ; à une période plus avancée de la vésicule herpétique existent des croûtes recouvrant des ulcérations superiicielles, arrondies et nettement circonscrites, tandis que si la plaque muqueuse siège sm* les organes génitaux, on ne constate pas de croûtes, mais quelquefois une ulcération superficielle à bords mallimités, et que si elle occupe la peau, on observe un bourrelet circonférentiel qui entoure une croûte centrale.
Pronostic. — L'herpès constitue une affection simple, disparaissant spontanément après une; courte durée et constituant même un phénomène critique de ])on augure dans les maladies aiguës.
Cependant on peut oljscrver, à la suite du zona, des névralgies rebelles et douloureuses au point de déterminer de cruelles